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Cours : Physique quantique

Le passage de la physique classique à la physique quantique s’impose pour rendre compte des phénomènes à l’échelle microscopique (atomes, molécules, électrons). Le cadre formel de la mécanique quantique non relativiste repose sur l’espace d’état et les postulats fondamentaux.

1.1. Vecteur d’état et espace de Hilbert

Section titled “1.1. Vecteur d’état et espace de Hilbert”

L’état d’un système physique à un instant tt est décrit par un vecteur ∣ψ(t)⟩\vert \psi(t) \rangle appartenant à un espace de Hilbert E\mathcal{E} complexe, séparable, muni d’un produit scalaire hermitien noté ⟨ϕ∣ψ⟩\langle \phi \vert \psi \rangle.

  • Norme et probabilité : Le vecteur d’état est normé à l’unité : ⟨ψ(t)∣ψ(t)⟩=1\langle \psi(t) \vert \psi(t) \rangle = 1
  • Principe de superposition : Si ∣ψ1⟩\vert \psi_1 \rangle et ∣ψ2⟩\vert \psi_2 \rangle sont deux états possibles du système, alors toute combinaison linéaire α∣ψ1⟩+β∣ψ2⟩\alpha \vert \psi_1 \rangle + \beta \vert \psi_2 \rangle (avec α,β∈C\alpha, \beta \in \mathbb{C}) est un état possible.

Une grandeur physique observable AA est représentée par un opérateur linéaire hermitien A^\hat{A} agissant sur E\mathcal{E}.

  • Hermiticité : Pour tout couple de vecteurs ∣ϕ⟩,∣ψ⟩∈E\vert \phi \rangle, \vert \psi \rangle \in \mathcal{E} : ⟨ϕ∣A^∣ψ⟩=⟨A^ϕ∣ψ⟩\langle \phi \vert \hat{A} \vert \psi \rangle = \langle \hat{A}\phi \vert \psi \rangle
  • Spectre : Les valeurs mesurables de l’observable AA sont nécessairement les valeurs propres de l’opérateur A^\hat{A}.

1.3. Représentation position et fonction d’onde

Section titled “1.3. Représentation position et fonction d’onde”

Dans la représentation position, un état ∣ψ⟩\vert \psi \rangle est caractérisé par sa fonction d’onde ψ(x,t)=⟨x∣ψ(t)⟩\psi(x,t) = \langle x \vert \psi(t) \rangle.

  • La densité de probabilité de présence de la particule à la position xx et à l’instant tt est : P(x,t)=∣ψ(x,t)∣2\mathcal{P}(x,t) = |\psi(x,t)|^2
  • La condition de normalisation s’écrit : ∫−∞+∞∣ψ(x,t)∣2 dx=1\int_{-\infty}^{+\infty} |\psi(x,t)|^2 \, \text{d}x = 1

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

2.1. Équation de Schrödinger dépendante du temps

Section titled “2.1. Équation de Schrödinger dépendante du temps”

L’évolution temporelle du vecteur d’état ∣ψ(t)⟩\vert \psi(t) \rangle est régie par l’équation de Schrödinger : iℏ∂∂t∣ψ(t)⟩=H^∣ψ(t)⟩i\hbar \frac{\partial}{\partial t} \vert \psi(t) \rangle = \hat{H} \vert \psi(t) \rangle où H^\hat{H} est l’opérateur hamiltonien du système, représentant son énergie totale.

2.2. Équation de Schrödinger stationnaire

Section titled “2.2. Équation de Schrödinger stationnaire”

Dans le cas où le hamiltonien H^\hat{H} ne dépend pas explicitement du temps, on cherche des solutions sous la forme de variables séparées : ψ(x,t)=φ(x)χ(t)\psi(x,t) = \varphi(x)\chi(t) En injectant cette forme dans l’équation de Schrödinger, on obtient l’équation aux valeurs propres pour la partie spatiale (équation de Schrödinger stationnaire) : H^φ(x)=Eφ(x)\hat{H} \varphi(x) = E \varphi(x) où EE est l’énergie propre associée à l’état stationnaire φ(x)\varphi(x). L’évolution temporelle associée est alors : χ(t)=exp⁡(−iEℏt)\chi(t) = \exp\left(-i \frac{E}{\hbar} t\right)

2.3. Démonstration : Conservation de la norme (Équation de continuité)

Section titled “2.3. Démonstration : Conservation de la norme (Équation de continuité)”
  • Objectif : Démontrer que si ∣ψ(t)⟩\vert \psi(t) \rangle évolue selon l’équation de Schrödinger, la probabilité totale est conservée au cours du temps (∂∂t∫∣ψ(x,t)∣2dx=0\frac{\partial}{\partial t} \int |\psi(x,t)|^2 \text{d}x = 0).
  1. Partons de l’équation de Schrödinger et de son adjointe : iℏ∂ψ∂t=−ℏ22m∂2ψ∂x2+V(x)ψi\hbar \frac{\partial \psi}{\partial t} = -\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\partial^2 \psi}{\partial x^2} + V(x)\psi −iℏ∂ψ∗∂t=−ℏ22m∂2ψ∗∂x2+V(x)ψ∗-i\hbar \frac{\partial \psi^*}{\partial t} = -\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\partial^2 \psi^*}{\partial x^2} + V(x)\psi^* (en considérant un hamiltonien standard H^=−ℏ22m∂2∂x2+V(x)\hat{H} = -\frac{\hbar^2}{2m}\frac{\partial^2}{\partial x^2} + V(x)).

  2. Calculons la dérivée temporelle de la densité de probabilité ρ(x,t)=ψ∗ψ\rho(x,t) = \psi^* \psi : ∂∂t(ψ∗ψ)=∂ψ∗∂tψ+ψ∗∂ψ∂t\frac{\partial}{\partial t}(\psi^* \psi) = \frac{\partial \psi^*}{\partial t} \psi + \psi^* \frac{\partial \psi}{\partial t}

  3. Remplaçons les dérivées temporelles par les expressions issues de Schrödinger : ∂(ψ∗ψ)∂t=(iℏ2m∂2ψ∗∂x2−iℏVψ∗)ψ+ψ∗(−iℏ2m∂2ψ∂x2+iℏVψ)\frac{\partial (\psi^* \psi)}{\partial t} = \left( \frac{i\hbar}{2m} \frac{\partial^2 \psi^*}{\partial x^2} - \frac{i}{\hbar}V\psi^* \right)\psi + \psi^* \left( -\frac{i\hbar}{2m} \frac{\partial^2 \psi}{\partial x^2} + \frac{i}{\hbar}V\psi \right) Les termes potentiels s’annulent. Il vient : ∂(ψ∗ψ)∂t=iℏ2m(ψ∂2ψ∗∂x2−ψ∗∂2ψ∂x2)=∂∂x[hˉ2mi(ψ∗∂ψ∂x−∂ψ∗∂xψ)]\frac{\partial (\psi^* \psi)}{\partial t} = \frac{i\hbar}{2m} \left( \psi \frac{\partial^2 \psi^*}{\partial x^2} - \psi^* \frac{\partial^2 \psi}{\partial x^2} \right) = \frac{\partial}{\partial x} \left[ \frac{\bar{h}}{2mi} \left( \psi^* \frac{\partial \psi}{\partial x} - \frac{\partial \psi^*}{\partial x} \psi \right) \right]

  4. On introduit le vecteur densité de courant de probabilité j(x,t)j(x,t) : j(x,t)=ℏ2mi(ψ∗∂ψ∂x−ψ∂ψ∗∂x)j(x,t) = \frac{\hbar}{2mi} \left( \psi^* \frac{\partial \psi}{\partial x} - \psi \frac{\partial \psi^*}{\partial x} \right) L’équation locale de conservation de la probabilité s’écrit alors : ∂ρ∂t+∂j∂x=0\frac{\partial \rho}{\partial t} + \frac{\partial j}{\partial x} = 0

  5. En intégrant sur tout l’espace (et en supposant ψ\psi de carré sommable tendant vers 00 en ±∞\pm \infty) : ddt∫−∞+∞∣ψ(x,t)∣2 dx=[j(x,t)]−∞+∞=0\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \int_{-\infty}^{+\infty} |\psi(x,t)|^2 \, \text{d}x = \left[ j(x,t) \right]_{-\infty}^{+\infty} = 0 La norme ⟨ψ(t)∣ψ(t)⟩\langle \psi(t) \vert \psi(t) \rangle est donc constante au cours du temps. ■\blacksquare


💡 3. Méthodes classiques de résolution

Section titled “💡 3. Méthodes classiques de résolution”

3.1. Résolution d’un puits de potentiel infini 1D

Section titled “3.1. Résolution d’un puits de potentiel infini 1D”

Considérons une particule de masse mm confinée dans le domaine [0,L][0, L] tel que : V(x)=0 si x∈]0,L[etV(x)=+∞ sinonV(x) = 0 \text{ si } x \in ]0, L[ \quad \text{et} \quad V(x) = +\infty \text{ sinon}

  1. Conditions aux limites : Par continuité de la fonction d’onde, φ(0)=0\varphi(0) = 0 et φ(L)=0\varphi(L) = 0.
  2. Équation différentielle : À l’intérieur du puits (V=0V=0), l’équation stationnaire s’écrit : d2φdx2+k2φ=0aveck=2mEℏ\frac{\mathrm{d}^2 \varphi}{\mathrm{d}x^2} + k^2 \varphi = 0 \quad \text{avec} \quad k = \frac{\sqrt{2mE}}{\hbar}
  3. Solution générale : φ(x)=Asin⁡(kx)+Bcos⁡(kx)\varphi(x) = A \sin(kx) + B \cos(kx).
  4. Application des conditions aux limites :
    • φ(0)=0  ⟹  B=0\varphi(0) = 0 \implies B = 0.
    • φ(L)=0  ⟹  Asin⁡(kL)=0\varphi(L) = 0 \implies A \sin(kL) = 0 (avec A≠0A \neq 0 pour éviter la solution triviale).
    • D’où kL=nπkL = n\pi avec n∈N∗n \in \mathbb{N}^*.
  5. Niveaux d’énergie quantifiés : En=n2π2ℏ22mL2E_n = \frac{n^2 \pi^2 \hbar^2}{2mL^2}
  6. Normalisation : ∫0L∣φn(x)∣2dx=1  ⟹  A=2L\int_0^L |\varphi_n(x)|^2 \text{d}x = 1 \implies A = \sqrt{\frac{2}{L}}. Les fonctions propres normalisées sont : φn(x)=2Lsin⁡(nπxL)\varphi_n(x) = \sqrt{\frac{2}{L}} \sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right)

Face à une barrière de potentiel de hauteur V0V_0 et de largeur aa (avec E<V0E < V_0), la fonction d’onde ne s’annule pas immédiatement. Elle décroît exponentiellement dans la barrière mais possède une amplitude non nulle de l’autre côté, traduisant une probabilité non nulle de traverser la barrière (coefficient de transmission T≠0T \neq 0).


  1. Oubli de la normalisation : Ne jamais utiliser une fonction d’onde brute ψ(x)\psi(x) sans s’être assuré qu’elle est normée ∫∣ψ∣2dx=1\int |\psi|^2 \text{d}x = 1, en particulier lors du calcul de valeurs moyennes ⟨A⟩=⟨ψ∣A^∣ψ⟩\langle A \rangle = \langle \psi \vert \hat{A} \vert \psi \rangle.
  2. Confusion entre opérateur et valeur propre : A^ψ=aψ\hat{A} \psi = a \psi (où aa est un nombre réel ou complexe) et non un opérateur. Écrire des expressions aberrantes du type H^=E\hat{H} = E est éliminatoire.
  3. Conditions aux limites de la fonction d’onde :
    • ψ(x,t)\psi(x,t) doit être continue partout.
    • Sa dérivée spatiale ∂ψ∂x\frac{\partial \psi}{\partial x} est continue partout sauf aux points où le potentiel présente une discontinuité infinie (type “mur de potentiel” ou “delta de Dirac”).
  4. Niveaux d’énergie pour n=0n=0 : Dans le cas du puits de potentiel infini, n=0n=0 donne φ(x)=0\varphi(x) = 0 partout (pas de particule). Le fondamental correspond impérativement à ** n=1n=1 **.
  5. Incompatibilité des observables : Deux observables dont les opérateurs ne commutent pas ( [A^,B^]=A^B^−B^A^≠0[\hat{A}, \hat{B}] = \hat{A}\hat{B} - \hat{B}\hat{A} \neq 0 ) ne peuvent pas être mesurées simultanément avec une précision infinie (relations de Heisenberg).