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Cours : Espaces euclidiens et algèbre bilinéaire

Soit EE un R\mathbb{R}-espace vectoriel.

  • Forme bilineaire : Une application φ:E×E→R\varphi : E \times E \to \mathbb{R} est dite bilineaire si elle est lineaire par rapport a chaque variable.
  • Forme bilineaire symetrique : φ\varphi est symetrique si, pour tout (x,y)∈E2(x, y) \in E^2, φ(x,y)=φ(y,x)\varphi(x, y) = \varphi(y, x).
  • Forme quadratique : C’est l’application q:E→Rq : E \to \mathbb{R} associee a une forme bilineaire symetrique φ\varphi definie par q(x)=φ(x,x)q(x) = \varphi(x, x). On a l’identite de polarisation : φ(x,y)=12(q(x+y)−q(x)−q(y))\varphi(x, y) = \frac{1}{2} \left( q(x+y) - q(x) - q(y) \right)
  • Espace euclidien : C’est un R\mathbb{R}-espace vectoriel EE de dimension finie, muni d’un produit scalaire, c’est-a-dire une forme bilineaire symetrique, definie positive, notee (x∣y)(x \mid y) ou ⟨x,y⟩\langle x, y \rangle.
  • Matrice d’une forme bilineaire : Soit B=(e1,…,en)\mathcal{B} = (e_1, \dots, e_n) une base de EE. La matrice A∈Mn,n(R)A \in \mathcal{M}_{n,n}(\mathbb{R}) de φ\varphi dans B\mathcal{B} est definie par : Ai,j=φ(ei,ej)A_{i,j} = \varphi(e_i, e_j) Si XX et YY sont les vecteurs colonnes des coordonnees de xx et yy dans B\mathcal{B}, alors φ(x,y)=XTAY\varphi(x, y) = X^T A Y.

📐 2. Theoremes fondamentaux & Demonstrations cles

Section titled “📐 2. Theoremes fondamentaux & Demonstrations cles”

Soit (E,(⋅∣⋅))(E, (\cdot \mid \cdot)) un espace euclidien. Pour tout (x,y)∈E2(x, y) \in E^2 : ∣(x∣y)∣≤∥x∥∥y∥| (x \mid y) | \leq \|x\| \|y\| avec egalite si et seulement si xx et yy sont colineaires.

Demonstration : Si y=0y = 0, l’inegalite est triviale. Supposons y≠0y \neq 0. Pour tout λ∈R\lambda \in \mathbb{R}, considerons le polynome du second degre en λ\lambda : P(λ)=∥x+λy∥2=∥x∥2+2λ(x∣y)+λ2∥y∥2P(\lambda) = \|x + \lambda y\|^2 = \|x\|^2 + 2\lambda (x \mid y) + \lambda^2 \|y\|^2 Par definition d’une norme, P(λ)≥0P(\lambda) \geq 0 pour tout λ∈R\lambda \in \mathbb{R}. Le discriminant reduit Δ′\Delta' de ce trinome doit donc etre negatif ou nul : Δ′=(x∣y)2−∥x∥2∥y∥2≤0\Delta' = (x \mid y)^2 - \|x\|^2 \|y\|^2 \leq 0 D’ou (x∣y)2≤∥x∥2∥y∥2(x \mid y)^2 \leq \|x\|^2 \|y\|^2, ce qui donne le resultat en prenant la racine carree. ■\blacksquare

Theoreme 2 :Procede d’orthogonalisation de Gram-Schmidt

Section titled “Theoreme 2 :Procede d’orthogonalisation de Gram-Schmidt”

Toute base (e1,…,en)(e_1, \dots, e_n) d’un espace euclidien EE peut etre transformee en une base orthonormee (u1,…,un)(u_1, \dots, u_n) telle que pour tout k∈{1,…,n}k \in \{1, \dots, n\}, Vect(e1,…,ek)=Vect(u1,…,uk)\text{Vect}(e_1, \dots, e_k) = \text{Vect}(u_1, \dots, u_k).

Theoreme 3 :Reduction des formes quadratiques (Theoreme de Gauss)

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Toute forme quadratique sur EE se decompose en une somme (ou difference) de carrees de formes lineaires independantes.


Algorithme de Gauss pour la reduction des formes quadratiques

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Soit qq une forme quadratique sur Rn\mathbb{R}^n.

  1. Cas avec termes carres non nuls : On regroupe tous les termes contenant la premiere variable x1x_1 : q(x1,…,xn)=a1x12+2x1L(x2,…,xn)+q1(x2,…,xn)q(x_1, \dots, x_n) = a_1 x_1^2 + 2x_1 L(x_2, \dots, x_n) + q_1(x_2, \dots, x_n) On met sous forme canonique : a1(x1+1a1L(x2,…,xn))2−1a1(L(x2,…,xn))2+q1(x2,…,xn)a_1 \left( x_1 + \frac{1}{a_1} L(x_2, \dots, x_n) \right)^2 - \frac{1}{a_1} (L(x_2, \dots, x_n))^2 + q_1(x_2, \dots, x_n)
  2. Cas sans terme carre : Si q(x1,…,xn)q(x_1, \dots, x_n) ne contient pas de terme en x12x_1^2 mais contient un terme en x1x2x_1 x_2 (avec a1,2≠0a_{1,2} \neq 0), on effectue le changement de variables de polarisation : x1=y1+y2etx2=y1−y2x_1 = y_1 + y_2 \quad \text{et} \quad x_2 = y_1 - y_2 Ce qui fait apparaitre un terme en y12−y22y_1^2 - y_2^2.

Soit f∈L(E)f \in \mathcal{L}(E). Il existe un unique endomorphisme note f∗∈L(E)f^* \in \mathcal{L}(E) tel que : ∀(x,y)∈E2,(f(x)∣y)=(x∣f∗(y))\forall (x, y) \in E^2, \quad (f(x) \mid y) = (x \mid f^*(y)) Si M∈Mn,n(R)M \in \mathcal{M}_{n,n}(\mathbb{R}) est la matrice de ff dans une base orthonormee, alors la matrice de f∗f^* est MTM^T.


  1. Confusion entre definitude et positivite : Une matrice symetrique dont tous les minimes principaux sont positifs (mais pas tous strictement) est seulement positive, pas necessairement definie positive. Attention aux conditions strictes du critere de Sylvester.
  2. Oubli de la base orthonormee : La formule AT=A−1A^T = A^{-1} pour la matrice d’un endomorphisme orthogonal n’est valable que si la matrice est exprimee dans une base orthonormee. Dans une base quelconque, cette relation est fausse.
  3. Produit scalaire canonique vs general : Ne pas appliquer systematiquement les formules de Rn\mathbb{R}^n standard (∑xiyi\sum x_i y_i) a un espace euclidien general dont le produit scalaire est defini par une integrale ou une autre forme bilineaire.
  4. Symetrie de l’adjoint : Ne pas oublier que l’existence de l’adjoint repose fondamentalement sur le fait que l’espace est de dimension finie et muni d’un produit scalaire.