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Cours : Dénombrement et Probabilités


Le dénombrement consiste à évaluer le cardinal d’ensembles finis. C’est le socle fondamental du calcul probabiliste discret.

Proposition (Principe des parties disjointes - Addition)

Section titled “Proposition (Principe des parties disjointes - Addition)”

Soient AA et BB deux ensembles finis disjoints (A∩B=∅A \cap B = \emptyset). Alors : card(A∪B)=card(A)+card(B)\text{card}(A \cup B) = \text{card}(A) + \text{card}(B) Génénalisation : Si (Ai)1≤i≤n(A_i)_{1 \le i \le n} est une famille d’ensembles finis deux à deux disjoints, alors card(⋃i=1nAi)=∑i=1ncard(Ai)\text{card}\left(\bigcup_{i=1}^n A_i\right) = \sum_{i=1}^n \text{card}(A_i).

Proposition (Principe cartésien - Multiplication)

Section titled “Proposition (Principe cartésien - Multiplication)”

Soient AA et BB deux ensembles finis. Alors : card(A×B)=card(A)×card(B)\text{card}(A \times B) = \text{card}(A) \times \text{card}(B)


Soit EE un ensemble fini de cardinal nn (n∈N∗n \in \mathbb{N}^*), et soit k∈Nk \in \mathbb{N}.

  • Arrangements avec répétition : Nombre de kk-uplets d’éléments de EE : nkn^k.
  • Arrangements sans répétition (k≤nk \le n) : Nombre de kk-uplets d’éléments distincts de EE (ou kk-arrangements) : Ank=n(n−1)…(n−k+1)=n!(n−k)!A_n^k = n(n-1)\dots(n-k+1) = \frac{n!}{(n-k)!}
  • Permutations (k=nk = n) : Cas particulier des arrangements sans répétition : n!n!.
  • Combinaisons (k≤nk \le n) : Nombre de parties de EE à kk éléments : (nk)=Ankk!=n!k!(n−k)!\binom{n}{k} = \frac{A_n^k}{k!} = \frac{n!}{k!(n-k)!} Par convention, si k>nk > n ou k<0k < 0, (nk)=0\binom{n}{k} = 0.

3. Propriétés fondamentales des coefficients binomiaux

Section titled “3. Propriétés fondamentales des coefficients binomiaux”

Théorème (Formules de symétrie et de Pascal)

Section titled “Théorème (Formules de symétrie et de Pascal)”
  1. Symétrie : Pour tout 0≤k≤n0 \le k \le n, (nk)=(nn−k)\binom{n}{k} = \binom{n}{n-k}
  2. Relation de Pascal : Pour tout 1≤k≤n1 \le k \le n, (nk)=(n−1k−1)+(n−1k)\binom{n}{k} = \binom{n-1}{k-1} + \binom{n-1}{k}
  3. Formule du binôme de Newton : Pour tous a,b∈Ca, b \in \mathbb{C} (ou dans un anneau commutatif) et tout n∈Nn \in \mathbb{N} : (a+b)n=∑k=0n(nk)akbn−k(a+b)^n = \sum_{k=0}^n \binom{n}{k} a^k b^{n-k}

  • Univers (Ω\Omega) : Ensemble des issues possibles d’une expérience aléatoire.
  • Événement : Partie de Ω\Omega. L’ensemble des événements est noté P(Ω)\mathcal{P}(\Omega) (dans le cas discret).
  • Système complet d’événements (SCE) : Famille (Ai)i∈I(A_i)_{i \in I} d’événements telle que Ai∩Aj=∅A_i \cap A_j = \emptyset pour i≠ji \neq j et ⋃i∈IAi=Ω\bigcup_{i \in I} A_i = \Omega.

Une probabilité sur un univers (au au plus dénombrable) Ω\Omega est une application P:P(Ω)→[0,1]\mathbb{P} : \mathcal{P}(\Omega) \to [0,1] telle que :

  1. P(Ω)=1\mathbb{P}(\Omega) = 1.
  2. σ\sigma-additivité : Pour toute famille (An)n∈N(A_n)_{n \in \mathbb{N}} d’événements deux à deux disjoints, P(⋃n=0+∞An)=∑n=0+∞P(An)\mathbb{P}\left(\bigcup_{n=0}^{+\infty} A_n\right) = \sum_{n=0}^{+\infty} \mathbb{P}(A_n)
  • P(∅)=0\mathbb{P}(\emptyset) = 0.
  • Pour tout événement AA, P(Aˉ)=1−P(A)\mathbb{P}(\bar{A}) = 1 - \mathbb{P}(A).
  • Si A⊂BA \subset B, alors P(A)≤P(B)\mathbb{P}(A) \le \mathbb{P}(B) (croissance).
  • Formule de Poincaré (cas n=2n=2) : P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B)\mathbb{P}(A \cup B) = \mathbb{P}(A) + \mathbb{P}(B) - \mathbb{P}(A \cap B).

3. Probabilités conditionnelles et Indépendance

Section titled “3. Probabilités conditionnelles et Indépendance”

Soit BB un événement tel que P(B)>0\mathbb{P}(B) > 0. La probabilité conditionnelle sachant BB est l’application P(⋅∣B)\mathbb{P}(\cdot \mid B) définie sur P(Ω)\mathcal{P}(\Omega) par : P(A∣B)=P(A∩B)P(B)\mathbb{P}(A \mid B) = \frac{\mathbb{P}(A \cap B)}{\mathbb{P}(B)}

Théorème (Formule des probabilités composées)

Section titled “Théorème (Formule des probabilités composées)”

Si A1,A2,…,AnA_1, A_2, \dots, A_n sont des événements tels que P(A1∩⋯∩An−1)>0\mathbb{P}(A_1 \cap \dots \cap A_{n-1}) > 0, alors : P(A1∩A2∩⋯∩An)=P(A1)P(A2∣A1)P(A3∣A1∩A2)…P(An∣A1∩⋯∩An−1)\mathbb{P}(A_1 \cap A_2 \cap \dots \cap A_n) = \mathbb{P}(A_1)\mathbb{P}(A_2 \mid A_1)\mathbb{P}(A_3 \mid A_1 \cap A_2)\dots \mathbb{P}(A_n \mid A_1 \cap \dots \cap A_{n-1})

Théorème (Formule des probabilités totales)

Section titled “Théorème (Formule des probabilités totales)”

Soit (Ai)i∈I(A_i)_{i \in I} un système complet d’événements tel que pour tout ii, P(Ai)>0\mathbb{P}(A_i) > 0. Alors, pour tout événement BB : P(B)=∑i∈IP(B∣Ai)P(Ai)\mathbb{P}(B) = \sum_{i \in I} \mathbb{P}(B \mid A_i)\mathbb{P}(A_i)

Sous les mêmes hypothèses, si P(B)>0\mathbb{P}(B) > 0, pour tout j∈Ij \in I : P(Aj∣B)=P(B∣Aj)P(Aj)∑i∈IP(B∣Ai)P(Ai)\mathbb{P}(A_j \mid B) = \frac{\mathbb{P}(B \mid A_j)\mathbb{P}(A_j)}{\sum_{i \in I} \mathbb{P}(B \mid A_i)\mathbb{P}(A_i)}

Définition (Indépendance de deux événements)

Section titled “Définition (Indépendance de deux événements)”

Deux événements AA et BB sont dits indépendants si : P(A∩B)=P(A)P(B)\mathbb{P}(A \cap B) = \mathbb{P}(A)\mathbb{P}(B) (Attention : si P(B)>0\mathbb{P}(B) > 0, cela équivaut à P(A∣B)=P(A)\mathbb{P}(A \mid B) = \mathbb{P}(A)).


Une variable aléatoire discrète XX sur (Ω,P)(\Omega, \mathbb{P}) est une application de Ω\Omega dans R\mathbb{R} telle que X(Ω)X(\Omega) est fini ou dénombrable, et pour tout x∈Rx \in \mathbb{R}, {X=x}=X−1({x})∈P(Ω)\{X = x\} = X^{-1}(\{x\}) \in \mathcal{P}(\Omega).

  • Loi de XX : Déterminée par l’ensemble des valeurs P(X=x)\mathbb{P}(X = x) pour x∈X(Ω)x \in X(\Omega).
  • Fonction de répartition : FX(t)=P(X≤t)=∑x≤t,x∈X(Ω)P(X=x)F_X(t) = \mathbb{P}(X \le t) = \sum_{x \le t, x \in X(\Omega)} \mathbb{P}(X=x).

Une variable aléatoire XX (discrète) est dite d’espérance finie (ou intégrable) si la famille (xP(X=x))x∈X(Ω)(x\mathbb{P}(X=x))_{x \in X(\Omega)} est sommable, c’est-à-dire si : ∑x∈X(Ω)∣x∣P(X=x)<+∞\sum_{x \in X(\Omega)} |x| \mathbb{P}(X=x) < +\infty Dans ce cas, l’espérance de XX est : E(X)=∑x∈X(Ω)xP(X=x)\mathbb{E}(X) = \sum_{x \in X(\Omega)} x \mathbb{P}(X=x)

  • Linéarité : Si XX et YY sont d’espérance finie, alors pour tous a,b∈Ra, b \in \mathbb{R}, aX+bYaX + bY est d’espérance finie et : E(aX+bY)=aE(X)+bE(Y)\mathbb{E}(aX + bY) = a\mathbb{E}(X) + b\mathbb{E}(Y)
  • Croissance : Si X≤YX \le Y presque sûrement, alors E(X)≤E(Y)\mathbb{E}(X) \le \mathbb{E}(Y).

Si XX est de carré integrable (E(X2)<+∞\mathbb{E}(X^2) < +\infty), on définit sa variance par : V(X)=E((X−E(X))2)=E(X2)−(E(X))2V(X) = \mathbb{E}\left((X - \mathbb{E}(X))^2\right) = \mathbb{E}(X^2) - (\mathbb{E}(X))^2 L’écart-type est σ(X)=V(X)\sigma(X) = \sqrt{V(X)}.


  • Loi de Bernoulli mathcalB(p)\mathcal{mathcal{B}}(p) (p∈[0,1]p \in [0,1]) : X(Ω)={0,1}X(\Omega) = \{0, 1\}, P(X=1)=p\mathbb{P}(X=1) = p, P(X=0)=1−p\mathbb{P}(X=0) = 1-p. E(X)=p\mathbb{E}(X) = p, V(X)=p(1−p)V(X) = p(1-p).
  • Loi Binomiale B(n,p)\mathcal{B}(n, p) (n∈N,p∈[0,1]n \in \mathbb{N}, p \in [0,1]) : Somme de nn variables de Bernoulli indépendantes de paramètre pp. X(Ω)=⟦0,n⟧X(\Omega) = \llbracket 0, n \rrbracket, P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−k\mathbb{P}(X=k) = \binom{n}{k} p^k (1-p)^{n-k}. E(X)=np\mathbb{E}(X) = np, V(X)=np(1−p)V(X) = np(1-p).
  • Loi Géométrique G(p)\mathcal{G}(p) (p∈]0,1]p \in ]0,1]) : Modèle du temps d’attente du premier succès. X(Ω)=N∗X(\Omega) = \mathbb{N}^*, P(X=k)=(1−p)k−1p\mathbb{P}(X=k) = (1-p)^{k-1}p. E(X)=1p\mathbb{E}(X) = \frac{1}{p}, V(X)=1−pp2V(X) = \frac{1-p}{p^2}.
  • Loi de Poisson P(λ)\mathcal{P}(\lambda) (λ>0\lambda > 0) : X(Ω)=NX(\Omega) = \mathbb{N}, P(X=k)=e−λλkk!\mathbb{P}(X=k) = e^{-\lambda} \frac{\lambda^k}{k!}. E(X)=λ\mathbb{E}(X) = \lambda, V(X)=λV(X) = \lambda.

  • Pour dénombrer : Toujours se poser les trois questions fondamentales :
    1. Y a-t-il remise ? (Ordonné / Non ordonné)
    2. L’ordre compte-t-il ?
    3. Les éléments sont-ils discernables ?
  • Pour les probabilités totales : Penser systématiquement à partitionner l’univers à l’aide d’un contexte pertinent (souvent lié à l’énoncé de l’expérience en plusieurs étapes).
  • Pour le calcul d’espérance de lois complexes (ex: Binomiale, Géométrique) : Penser à la linéarité de l’espérance (décomposer une loi binomiale comme somme de nn Bernoullis) ou utiliser la dérivation de séries entières pour les lois géométriques/Poisson.

2. Pièges classiques (Attention aux erreurs de MPSI !)

Section titled “2. Pièges classiques (Attention aux erreurs de MPSI !)”
  • Confondre arrangements et combinaisons : Oublier de diviser par k!k! lorsqu’il n’y a pas d’ordre est l’erreur numéro un en dénombrement.
  • Indépendance vs Incompatibilité :
    • Deux événements AA et BB non impossibles sont incompatibles si A∩B=∅A \cap B = \emptyset (donc P(A∩B)=0\mathbb{P}(A \cap B) = 0). S’ils sont indépendants, P(A)P(B)=0  ⟹  P(A)=0\mathbb{P}(A)\mathbb{P}(B) = 0 \implies \mathbb{P}(A)=0 ou P(B)=0\mathbb{P}(B)=0. Deux événements non de probabilité nulle ne peuvent pas être à la fois incompatibles et indépendants.
  • Indépendance globale vs Indépendance deux à deux : Pour une famille (Ai)i∈I(A_i)_{i \in I}, l’indépendance mutuelle (pour toute sous-partie finie) est plus forte que l’indépendance deux à deux. Ne jamais confondre les deux notions.
  • Existence de l’espérance : Avant d’écrire E(X)\mathbb{E}(X), il est obligatoire de vérifier la convergence absolue (∑∣x∣P(X=x)<+∞\sum |x|\mathbb{P}(X=x) < +\infty), en particulier pour les variables à support infini dénombrable (N\mathbb{N} ou N∗\mathbb{N}^*).