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Exercice 2 : Lois usuelles

Analyse et Probabilités discrètes : Lois usuelles

Section titled “Analyse et Probabilités discrètes : Lois usuelles”

L’examinateur rappelle aux candidats que la rigueur de la rédaction, la clarté des notations et la justification systématique des passages aux limites ou des lois de probabilité conditionnelle sont des éléments prépondérants dans l’évaluation de la copie.


Soit λ>0\lambda > 0 un paramètre réel. On considère une variable aléatoire XX suivant une loi de Poisson de paramètre λ\lambda, notée X↪P(λ)X \hookrightarrow \mathcal{P}(\lambda). On rappelle que pour tout k∈Nk \in \mathbb{N}, la probabilité de l’événement {X=k}\{X = k\} est donnée par : P(X=k)=e−λλkk!\mathbb{P}(X = k) = e^{-\lambda} \frac{\lambda^k}{k!}

Dans ce problème, on s’intéresse à des transformations de cette variable aléatoire, à l’étude d’une fonction génératrice des moments et à une application asymptotique.


Partie I : Étude préliminaire et lemme d’unicité

Section titled “Partie I : Étude préliminaire et lemme d’unicité”

1. Rappeler l’expression de l’espérance E(X)\mathbb{E}(X) et de la variance V(X)\mathcal{V}(X) d’une variable aléatoire suivant la loi P(λ)\mathcal{P}(\lambda).

Correction de l’examinateur : Par définition du cours (ou par le calcul des séries entières associées), si X↪P(λ)X \hookrightarrow \mathcal{P}(\lambda), alors : E(X)=λetV(X)=λ\mathbb{E}(X) = \lambda \quad \text{et} \quad \mathcal{V}(X) = \lambda

2. Calculer, pour tout x∈Rx \in \mathbb{R}, la somme de la série entière ∑k=0+∞xkk!\sum_{k=0}^{+\infty} \frac{x^k}{k!} et en déduire que ∑k=0+∞P(X=k)=1\sum_{k=0}^{+\infty} \mathbb{P}(X = k) = 1.

Correction de l’examinateur : La série ∑k=0+∞xkk!\sum_{k=0}^{+\infty} \frac{x^k}{k!} est la série exponentielle usuelle, convergente pour tout x∈Rx \in \mathbb{R}, et sa somme est exe^x. Dès lors : ∑k=0+∞P(X=k)=∑k=0+∞e−λλkk!=e−λ∑k=0+∞λkk!=e−λ⋅eλ=1\sum_{k=0}^{+\infty} \mathbb{P}(X = k) = \sum_{k=0}^{+\infty} e^{-\lambda} \frac{\lambda^k}{k!} = e^{-\lambda} \sum_{k=0}^{+\infty} \frac{\lambda^k}{k!} = e^{-\lambda} \cdot e^\lambda = 1 Ce résultat confirme bien que la loi de Poisson est une loi de probabilité valide sur N\mathbb{N}.


Partie II : Transformation de variable et troncature

Section titled “Partie II : Transformation de variable et troncature”

On s’intéresse maintenant à un système de mesure qui ne peut détecter les événements que si X≥1X \ge 1. On définit une nouvelle variable aléatoire YY par : Y={Xsi X≥11si X=0Y = \begin{cases} X & \text{si } X \ge 1 \\ 1 & \text{si } X = 0 \end{cases}

3. Déterminer l’ensemble des valeurs prises par YY, noté Y(Ω)Y(\Omega).

Correction de l’examinateur : Puisque XX prend ses valeurs dans N\mathbb{N} :

  • Si X=0X=0, Y=1Y=1.
  • Si X≥1X \ge 1, Y=X≥1Y=X \ge 1.

Ainsi, Y(Ω)=N∗={1,2,3,… }Y(\Omega) = \mathbb{N}^* = \{1, 2, 3, \dots\}.

4. Déterminer la loi de probabilité de YY. Préciser la valeur de P(Y=1)\mathbb{P}(Y = 1) et de P(Y=k)\mathbb{P}(Y = k) pour k≥2k \ge 2.

Correction de l’examinateur : Utilisons la formule des probabilités totales ou l’identification directe des événements :

  • Pour k=1k = 1 : {Y=1}={X=0}∪{X=1}\{Y = 1\} = \{X = 0\} \cup \{X = 1\}. Comme ces deux événements sont incompatibles : P(Y=1)=P(X=0)+P(X=1)=e−λ+e−λλ=e−λ(1+λ)\mathbb{P}(Y = 1) = \mathbb{P}(X = 0) + \mathbb{P}(X = 1) = e^{-\lambda} + e^{-\lambda}\lambda = e^{-\lambda}(1 + \lambda)
  • Pour k≥2k \ge 2 : {Y=k}={X=k}\{Y = k\} = \{X = k\}, donc : P(Y=k)=e−λλkk!\mathbb{P}(Y = k) = e^{-\lambda} \frac{\lambda^k}{k!}

5. Établir l’existence et calculer l’espérance de YY, notée E(Y)\mathbb{E}(Y).

Correction de l’examinateur : Par définition, la série définissant l’espérance est ∑k=1+∞kP(Y=k)\sum_{k=1}^{+\infty} k \mathbb{P}(Y = k). Étudions la convergence absolue de cette série (termes positifs) : ∑k=1+∞kP(Y=k)=1⋅P(Y=1)+∑k=2+∞ke−λλkk!\sum_{k=1}^{+\infty} k \mathbb{P}(Y = k) = 1 \cdot \mathbb{P}(Y=1) + \sum_{k=2}^{+\infty} k e^{-\lambda} \frac{\lambda^k}{k!} Remarquons que : ∑k=1+∞kP(X=k)=E(X)=λ\sum_{k=1}^{+\infty} k \mathbb{P}(X = k) = \mathbb{E}(X) = \lambda Or, la somme de cette espérance est : ∑k=1+∞kP(X=k)=1⋅P(X=1)+∑k=2+∞kP(X=k)=e−λλ+∑k=2+∞kP(X=k)=λ\sum_{k=1}^{+\infty} k \mathbb{P}(X = k) = 1 \cdot \mathbb{P}(X=1) + \sum_{k=2}^{+\infty} k \mathbb{P}(X = k) = e^{-\lambda}\lambda + \sum_{k=2}^{+\infty} k \mathbb{P}(X = k) = \lambda Exprimons E(Y)\mathbb{E}(Y) : E(Y)=1⋅P(Y=1)+∑k=2+∞kP(Y=k)=1⋅(e−λ+e−λλ)+∑k=2+∞ke−λλkk!\mathbb{E}(Y) = 1 \cdot \mathbb{P}(Y=1) + \sum_{k=2}^{+\infty} k \mathbb{P}(Y = k) = 1 \cdot (e^{-\lambda} + e^{-\lambda}\lambda) + \sum_{k=2}^{+\infty} k e^{-\lambda} \frac{\lambda^k}{k!} En regroupant les termes : E(Y)=e−λ+e−λλ+∑k=2+∞λe−λλk−1(k−1)!=e−λ+∑k=1+∞λe−λλk−1(k−1)!=e−λ+λ∑j=0+∞e−λλjj!=e−λ+λ\mathbb{E}(Y) = e^{-\lambda} + e^{-\lambda}\lambda + \sum_{k=2}^{+\infty} \lambda e^{-\lambda} \frac{\lambda^{k-1}}{(k-1)!} = e^{-\lambda} + \sum_{k=1}^{+\infty} \lambda e^{-\lambda} \frac{\lambda^{k-1}}{(k-1)!} = e^{-\lambda} + \lambda \sum_{j=0}^{+\infty} e^{-\lambda} \frac{\lambda^j}{j!} = e^{-\lambda} + \lambda Conclusion : E(Y)=λ+e−λ\mathbb{E}(Y) = \lambda + e^{-\lambda}.


Partie III : Fonction génératrice et somme de variables indépendantes

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Soient X1X_1 et X2X_2 deux variables aléatoires indépendantes telles que X1↪P(λ1)X_1 \hookrightarrow \mathcal{P}(\lambda_1) et X2↪P(λ2)X_2 \hookrightarrow \mathcal{P}(\lambda_2), avec (λ1,λ2)∈(R+∗)2(\lambda_1, \lambda_2) \in (\mathbb{R}_+^*)^2. On pose S=X1+X2S = X_1 + X_2.

6. Rappeler la définition de la fonction génératrice GX(t)G_X(t) d’une variable aléatoire à valeurs dans N\mathbb{N} et calculer GX(t)G_X(t) pour X↪P(λ)X \hookrightarrow \mathcal{P}(\lambda).

Correction de l’examinateur : Pour toute variable aléatoire ZZ à valeurs dans N\mathbb{N}, sa fonction génératrice est définie pour tout t∈[−1,1]t \in [-1, 1] par : GZ(t)=E(tZ)=∑k=0+∞tkP(Z=k)G_Z(t) = \mathbb{E}(t^Z) = \sum_{k=0}^{+\infty} t^k \mathbb{P}(Z = k) Pour X↪P(λ)X \hookrightarrow \mathcal{P}(\lambda) : GX(t)=∑k=0+∞tke−λλkk!=e−λ∑k=0+∞(λt)kk!=e−λeλt=eλ(t−1)G_X(t) = \sum_{k=0}^{+\infty} t^k e^{-\lambda} \frac{\lambda^k}{k!} = e^{-\lambda} \sum_{k=0}^{+\infty} \frac{(\lambda t)^k}{k!} = e^{-\lambda} e^{\lambda t} = e^{\lambda(t - 1)}

7. En utilisant la propriété fondamentale des fonctions génératrices pour des variables indépendantes, déterminer la loi de la somme S=X1+X2S = X_1 + X_2.

Correction de l’examinateur : Le cours énonce que si X1X_1 et X2X_2 sont indépendantes, alors : GX1+X2(t)=GX1(t)×GX2(t)G_{X_1 + X_2}(t) = G_{X_1}(t) \times G_{X_2}(t) Calculons ce produit : GS(t)=eλ1(t−1)×eλ2(t−1)=e(λ1+λ2)(t−1)G_S(t) = e^{\lambda_1(t - 1)} \times e^{\lambda_2(t - 1)} = e^{(\lambda_1 + \lambda_2)(t - 1)} On reconnait la fonction génératrice d’une loi de Poisson de paramètre λ1+λ2\lambda_1 + \lambda_2. Par injectivité de la transformation par fonction génératrice (unicité de la loi), on conclut : S↪P(λ1+λ2)S \hookrightarrow \mathcal{P}(\lambda_1 + \lambda_2)


Partie IV : Analyse critique et asymptotique

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8. Soit X↪P(λ)X \hookrightarrow \mathcal{P}(\lambda). En utilisant l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev, majurer la probabilité P(∣X−λ∣≥ε)\mathbb{P}(|X - \lambda| \ge \varepsilon) pour ε>0\varepsilon > 0. Comment évolue cette majoration lorsque λ→+∞\lambda \to +\infty à ε\varepsilon fixé ?

Correction de l’examinateur : L’inégalité de Bienaymé-Tchebychev s’applique car XX possède une espérance (λ)(\lambda) et une variance (λ)(\lambda) finies : P(∣X−E(X)∣≥ε)≤V(X)ε2\mathbb{P}(|X - \mathbb{E}(X)| \ge \varepsilon) \le \frac{\mathcal{V}(X)}{\varepsilon^2} Soit ici : P(∣X−λ∣≥ε)≤λε2\mathbb{P}(|X - \lambda| \ge \varepsilon) \le \frac{\lambda}{\varepsilon^2} Analyse critique : Rigueur mathématique : La majoration λε2\frac{\lambda}{\varepsilon^2} devient triviale et perd tout caractère informatif dès que λ≥ε2\lambda \ge \varepsilon^2, car une probabilité est nécessairement inférieure ou égale à 11. Interprétation probabiliste : Bien que la loi des grands nombres ou le théorème de la limite centrale garantissent que la loi de Poisson se concentre autour de sa moyenne lorsque λ\lambda grandit, l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev est trop grossière dans ce régime asymptotique précis pour capturer ce resserrement. Une normalisation adéquate (centrée-réduite) est requise pour appliquer le Théorème de la Limite Centrale (TLC).


Fin du problème.