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Cours : Dynamique des solides

Le module de la dynamique des solides indéformables en PSI vise à relier les actions mécaniques (forces et moments) exercées sur un système matériel à son mouvement (cinématique).

Un solide SS est un ensemble indéformable de points matériels PP. La distance entre deux points quelconques P1P_1 et P2P_2 de SS est constante au cours du temps : ∀(P1,P2)∈S2,ddt∥P1P2→∥=0\forall (P_1, P_2) \in S^2, \quad \frac{d}{dt} \| \overrightarrow{P_1P_2} \| = 0

  • Torseur cinématique du solide SS par rapport au repère galiléen R0\mathcal{R}_0 : {V(S/R0)}={Ω⃗(S/R0)V⃗(P∈S/R0)}P\{\mathcal{V}(S/\mathcal{R}_0)\} = \left\{ \begin{array}{c} \vec{\Omega}(S/\mathcal{R}_0) \\ \vec{V}(P \in S/\mathcal{R}_0) \end{array} \right\}_P où Ω⃗(S/R0)\vec{\Omega}(S/\mathcal{R}_0) est le vecteur taux de rotation et V⃗(P∈S/R0)\vec{V}(P \in S/\mathcal{R}_0) la vitesse du point PP.

  • Torseur cinétique du solide SS par rapport à R0\mathcal{R}_0 au point PP : {CP(S/R0)}={R⃗c(S/R0)=mV⃗(G/R0)σ⃗P(S/R0)}P\{\mathcal{C}_P(S/\mathcal{R}_0)\} = \left\{ \begin{array}{c} \vec{R}_c(S/\mathcal{R}_0) = m \vec{V}(G/\mathcal{R}_0) \\ \vec{\sigma}_P(S/\mathcal{R}_0) \end{array} \right\}_P avec mm la masse totale du solide, GG son centre d’inertie, et σ⃗P\vec{\sigma}_P le moment cinétique au point PP.

Le torseur dynamique du solide SS par rapport au repère galiléen R0\mathcal{R}_0 au point PP est défini par : {DP(S/R0)}={R⃗d(S/R0)=ddt(R⃗c(S/R0))R0=mγ⃗(G/R0)δ⃗P(S/R0)=ddt(σ⃗P(S/R0))R0+V⃗(P/R0)∧mV⃗(G/R0)}P\{\mathcal{D}_P(S/\mathcal{R}_0)\} = \left\{ \begin{array}{c} \vec{R}_d(S/\mathcal{R}_0) = \frac{d}{dt}\left(\vec{R}_c(S/\mathcal{R}_0)\right)_{\mathcal{R}_0} = m \vec{\gamma}(G/\mathcal{R}_0) \\ \vec{\delta}_P(S/\mathcal{R}_0) = \frac{d}{dt}\left(\vec{\sigma}_P(S/\mathcal{R}_0)\right)_{\mathcal{R}_0} + \vec{V}(P/\mathcal{R}_0) \wedge m\vec{V}(G/\mathcal{R}_0) \end{array} \right\}_P


📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

2.1. Principe Fondamental de la Dynamique (PFD)

Section titled “2.1. Principe Fondamental de la Dynamique (PFD)”

Dans un repère R0\mathcal{R}_0 galiléen, le torseur dynamique du solide est égal au torseur des actions mécaniques extérieures exercées sur le solide : {DP(S/R0)}={Fext→S}P\{\mathcal{D}_P(S/\mathcal{R}_0)\} = \{\mathcal{F}_{\text{ext} \to S}\}_P

Ce torseur se décompose en deux équations vectorielles fondamentales :

  1. Théorème de la Résultante Dynamique (TRD) : R⃗ext=mγ⃗(G/R0)\vec{R}_{\text{ext}} = m \vec{\gamma}(G/\mathcal{R}_0)
  2. Théorème du Moment Dynamique (TMD) en un point PP fixe dans R0\mathcal{R}_0 ou confondu avec GG : M⃗P(ext→S)=(dσ⃗P(S/R0)dt)R0\vec{M}_P(\text{ext} \to S) = \left( \frac{d\vec{\sigma}_P(S/\mathcal{R}_0)}{dt} \right)_{\mathcal{R}_0}

2.2. Démonstration : Théorème du moment cinétique par rapport à un point fixe ou au centre d’inertie

Section titled “2.2. Démonstration : Théorème du moment cinétique par rapport à un point fixe ou au centre d’inertie”

Objectif: Établir l’expression de δ⃗P\vec{\delta}_P lorsque PP est fixe dans R0\mathcal{R}_0 ou lorsque P=GP = G.*

Par définition, le moment dynamique au point PP est : δ⃗P(S/R0)=(dσ⃗P(S/R0)dt)R0+V⃗(P/R0)∧mV⃗(G/R0)\vec{\delta}_P(S/\mathcal{R}_0) = \left( \frac{d\vec{\sigma}_P(S/\mathcal{R}_0)}{dt} \right)_{\mathcal{R}_0} + \vec{V}(P/\mathcal{R}_0) \wedge m\vec{V}(G/\mathcal{R}_0)

  1. Cas où PP est fixe dans R0\mathcal{R}_0 : La vitesse de PP par rapport à R0\mathcal{R}_0 est nulle : V⃗(P/R0)=0⃗\vec{V}(P/\mathcal{R}_0) = \vec{0}. Le terme additionnel s’annule, d’où : δ⃗P(S/R0)=(dσ⃗P(S/R0)dt)R0\vec{\delta}_P(S/\mathcal{R}_0) = \left( \frac{d\vec{\sigma}_P(S/\mathcal{R}_0)}{dt} \right)_{\mathcal{R}_0}

  2. Cas où P=GP = G (Centre d’inertie) : Par définition de GG, on a PG⃗=0⃗\vec{PG} = \vec{0}, donc V⃗(G/R0)=V⃗(G/R0)\vec{V}(G/\mathcal{R}_0) = \vec{V}(G/\mathcal{R}_0). Le terme additionnel devient V⃗(G/R0)∧mV⃗(G/R0)=0⃗\vec{V}(G/\mathcal{R}_0) \wedge m\vec{V}(G/\mathcal{R}_0) = \vec{0}. Par conséquent : δ⃗G(S/R0)=(dσ⃗G(S/R0)dt)R0\vec{\delta}_G(S/\mathcal{R}_0) = \left( \frac{d\vec{\sigma}_G(S/\mathcal{R}_0)}{dt} \right)_{\mathcal{R}_0} (Remarque : Cette relation reste vraie si PP est un point quelconque du solide en mouvement dont la vitesse instantanée est colinéaire à V⃗(G/R0)\vec{V}(G/\mathcal{R}_0)).


  • Puissance des actions extérieures (Pext\mathcal{P}_{\text{ext}}) : Pext={Fext→S}⊗{V(S/R0)}=R⃗ext⋅V⃗(A∈S/R0)+M⃗A(ext→S)⋅Ω⃗(S/R0)\mathcal{P}_{\text{ext}} = \{\mathcal{F}_{\text{ext} \to S}\} \otimes \{\mathcal{V}(S/\mathcal{R}_0)\} = \vec{R}_{\text{ext}} \cdot \vec{V}(A \in S/\mathcal{R}_0) + \vec{M}_A(\text{ext} \to S) \cdot \vec{\Omega}(S/\mathcal{R}_0)
  • Théorème de l’Énergie Cinetique (TEC) : La dérivée temporelle de l’énergie cinétique Ec(S/R0)E_c(S/\mathcal{R}_0) est égale à la puissance totale des actions extérieures et intérieures : dEc(S/R0)dt=Pext+Pint\frac{dE_c(S/\mathcal{R}_0)}{dt} = \mathcal{P}_{\text{ext}} + \mathcal{P}_{\text{int}} (Pour un solide indéformable, la puissance des efforts intérieurs Pint\mathcal{P}_{\text{int}} est nulle).

💡 3. Méthodes classiques de résolution

Section titled “💡 3. Méthodes classiques de résolution”

Pour résoudre un problème de dynamique en PSI, la méthodologie rigoureuse suivante doit être appliquée :

  1. Isolement du système : Définir précisément le solide SS ou l’ensemble de solides étudié.
  2. Bilan des actions mécaniques extérieures (BAME) : Recenser toutes les forces et couples exercés sur SS en précisant leur nature (liaison, pesanteur, action à distance).
  3. Choix du référentiel : S’assurer que le repère d’étude R0\mathcal{R}_0 est galiléen (ou appliquer les lois de Newton modifiées en repère non galiléen si explicitement demandé).
  4. Choix du théorème :
    • Méthode vectorielle (TRD/TMD) : Privilégiée si l’on cherche des efforts de liaison. Attention à projeter judicieusement les équations pour éliminer les inconnues inutiles.
    • Méthode énergétique (TEC) : Privilégiée si l’on cherche une relation unique entre une position (ou un angle) et une vitesse, sans faire intervenir les efforts de liaison parfaits.

  • Oubli du caractère galiléen : Appliquer le PFD dans un repère lié à la Terre sans justifier son approximation galiléenne (ou sans ajouter les forces d’inertie si l’on travaille dans un repère non galiléen).
  • Erreur d’application du TMD : Appliquer l’égalité M⃗P(ext)=dσ⃗Pdt\vec{M}_P(\text{ext}) = \frac{d\vec{\sigma}_P}{dt} en un point PP qui n’est ni fixe dans R0\mathcal{R}_0, ni le centre d’inertie GG. C’est une erreur éliminatoire fréquente.
  • Matrice d’inertie variable : Dans le calcul de σ⃗P(S/R0)=IP(S)Ω⃗(S/R0)\vec{\sigma}_P(S/\mathcal{R}_0) = \mathbf{I}_P(S) \vec{\Omega}(S/\mathcal{R}_0), la matrice d’inertie IP(S)\mathbf{I}_P(S) est constante uniquement si elle est exprimée dans une base liée au solide. Si l’on dérive dans R0\mathcal{R}_0 alors que la base d’expression tourne, il faut dériver la matrice elle-même (ou utiliser judicieusement un théorème de transport ou une base fixe si le solide a une géométrie simple).
  • Puissance des liaisons parfaites : Ne pas oublier que pour une liaison parfaite (sans frottement), la puissance développée par les efforts de liaison est nulle, ce qui simplifie grandement le TEC.