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Exercice 2 : Équivalents classiques

Problème : Étude asymptotique d’une suite récurrente et développement de fonctions implicites

Section titled “Problème : Étude asymptotique d’une suite récurrente et développement de fonctions implicites”

Matière : Mathématiques
Filière : PCSI
Chapitre: ** Analyse asymptotique
Thème : Équivalents classiques et développements asymptotiques


Le problème s’articule autour de l’étude locale d’une fonction définie par une intégrale, puis de son application à la résolution approchée d’une équation, et enfin à l’étude d’une suite récurrente.

Soit ff la fonction définie sur [0,+∞[\left[0, +\infty\right[ par : f(x)=∫0xe−t2cos⁡(t) dtf(x) = \int_0^x e^{-t^2} \cos(t) \, dt

L’objectif est d’obtenir un équivalent simple de f(x)f(x) au voisinage de 00, puis d’étudier le comportement de la suite (un)n∈N(u_n)_{n \in \mathbb{N}} définie par la relation de récurrence : un+1=f(un),u0>0u_{n+1} = f(u_n), \quad u_0 > 0


  1. Justifier que ff est de classe C∞\mathcal{C}^\infty sur [0,+∞[\left[0, +\infty\right[ et calculer ses premières dérivées en 00.
  2. En déduire un développement limité de f(x)f(x) à l’ordre 44 au voisinage de 00.
  3. Donner un équivalent simple de f(x)f(x) lorsque xx tend vers 00 par valeurs supérieures.

Partie II : Étude d’une suite récurrente

Section titled “Partie II : Étude d’une suite récurrente”
  1. On pose u0>0u_0 > 0 assez petit. Montrer que la suite (un)n∈N(u_n)_{n \in \mathbb{N}} est bien définie, à termes strictement positifs, et déterminer sa limite.
  2. Déterminer un équivalent de unu_n lorsque ntendversn tend vers +\infty.∗Indication:Onpourraeˊtudierlasuiteauxiliaire. *Indication : On pourra étudier la suite auxiliaire v_n = \frac{1}{u_n^\alpha}pourunreˊelpour un réel\alpha$ bien choisi.*
  1. Discuter la validité de l’approximation f(x)∼xf(x) \sim x lorsque xx s’éloigne de 00. Quelles sont les limites de ce modèle asymptotique pour l’étude globale de la suite (un)(u_n) si u0u_0 n’est plus choisi au voisinage de 00 ?

  • Q1-Q2 : Utilisez les développements limités usuels de t↦e−t2t \mapsto e^{-t^2} et t↦cos⁡(t)t \mapsto \cos(t) à l’ordre convenable, puis procédez par intégration terme à terme d’un développement limité (ce qui est légitime sur un segment).
  • Q4 : Étudiez la fonction auxiliaire g(x)=f(x)−xg(x) = f(x) - x pour déterminer le signe de f(x)−xf(x) - x au voisinage de 00.
  • Q5 : Si un+1∼un−cun3u_{n+1} \sim u_n - c u_n^3, l’étude de l’inverse ou d’une puissance négative permet de faire apparaître une suite arithmétique au premier ordre.

Q1. La fonction h:(x,t)↦e−t2cos⁡(t)h : (x, t) \mapsto e^{-t^2} \cos(t) est continue ainsi que toutes ses dérivées partielles sur R2\mathbb{R}^2 (car composées de fonctions de classe C∞\mathcal{C}^\infty). Par le théorème de dérivation des intégrales dépendant d’un paramètre (théorème de Leibniz), ff est de classe C∞\mathcal{C}^\infty sur [0,+∞[\left[0, +\infty\right[. Pour tout x≥0x \ge 0 : f′(x)=e−x2cos⁡(x)f'(x) = e^{-x^2} \cos(x) En dérivant successivement :

  • f′(0)=1f'(0) = 1
  • f′′(x)=−2xe−x2cos⁡(x)−e−x2sin⁡(x)  ⟹  f′′(0)=0f''(x) = -2x e^{-x^2} \cos(x) - e^{-x^2} \sin(x) \implies f''(0) = 0
  • f′′′(0)=−2f'''(0) = -2 (par calcul direct ou en utilisant les DL)

Q2. Au voisinage de 00, nous avons les développements limités usuels : e−t2=1−t2+o(t2)e^{-t^2} = 1 - t^2 + o(t^2) cos⁡(t)=1−t22+o(t3)\cos(t) = 1 - \frac{t^2}{2} + o(t^3) En effectuant le produit des deux DL à l’ordre 22 (qui donnera une précision à l’ordre 44 après intégration) : e−t2cos⁡(t)=(1−t2+o(t3))(1−t22+o(t3))=1−32t2+o(t3)e^{-t^2} \cos(t) = \left(1 - t^2 + o(t^3)\right)\left(1 - \frac{t^2}{2} + o(t^3)\right) = 1 - \frac{3}{2}t^2 + o(t^3) Par intégration sur [0,x][0, x] (valable car le reste est continu et intégbrable) : f(x)=∫0x(1−32t2+o(t3))dt=x−12x3+o(x4)f(x) = \int_0^x \left(1 - \frac{3}{2}t^2 + o(t^3)\right) dt = x - \frac{1}{2}x^3 + o(x^4)

Q3. Du développement limité précédent, on déduit immédiatement que : f(x)∼0xf(x) \underset{0}{\sim} x


Partie II : Étude d’une suite récurrente

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Q4. Soit g(x)=f(x)−x=−12x3+o(x4)g(x) = f(x) - x = -\frac{1}{2}x^3 + o(x^4). Pour x>0x > 0 et assez petit, g(x)<0g(x) < 0, c’est-à-dire f(x)<xf(x) < x.
Si on choisit u0∈]0,ϵ[u_0 \in ]0, \epsilon[ avec ϵ\epsilon assez petit, alors :

  • u1=f(u0)∈]0,u0[u_1 = f(u_0) \in ]0, u_0[ (car ff est strictement croissante sur ce voisinage, f(0)=0f(0)=0).
  • Par récurrence immédiate, la suite (un)(u_n) est à termes strictement positifs, strictement décroissante. Étant minorée par 00, elle converge vers un réel ℓ\ell. Par continuité de ff, ℓ=f(ℓ)\ell = f(\ell). Or f(ℓ)=ℓ  ⟹  −12ℓ3+o(ℓ4)=0f(\ell) = \ell \implies -\frac{1}{2}\ell^3 + o(\ell^4) = 0, donc ℓ=0\ell = 0.

Q5. Écrivons la relation sous la forme : un+1=un−12un3+o(un3)u_{n+1} = u_n - \frac{1}{2}u_n^3 + o(u_n^3) Considérons la suite vn=1un2v_n = \frac{1}{u_n^2}. Alors : vn+1=1un+12=1(un−12un3+o(un3))2=1un2(1−12un2+o(un2))2v_{n+1} = \frac{1}{u_{n+1}^2} = \frac{1}{\left(u_n - \frac{1}{2}u_n^3 + o(u_n^3)\right)^2} = \frac{1}{u_n^2 \left(1 - \frac{1}{2}u_n^2 + o(u_n^2)\right)^2} En utilisant (1−X)−2=1+2X+o(X)(1-X)^{-2} = 1 + 2X + o(X) : vn+1=vn(1+un2+o(un2))=vn+1+o(1)v_{n+1} = v_n \left(1 + u_n^2 + o(u_n^2)\right) = v_n + 1 + o(1) On en déduit par sommation de Cesàro ou télescopage que vn∼n→+∞nv_n \underset{n \to +\infty}{\sim} n.
Ainsi, 1un2∼n\frac{1}{u_n^2} \sim n, ce qui donne l’équivalent recherché : un∼n→+∞1nu_n \underset{n \to +\infty}{\sim} \frac{1}{\sqrt{n}}


Q6. L’approximation f(x)∼xf(x) \sim x (et plus généralement le développement limité f(x)=x−12x3+o(x3)f(x) = x - \frac{1}{2}x^3 + o(x^3)) repose fondamentalement sur l’hypothèse que xx est au voisinage de 00.

  • Limites du modèle :
    1. Validité locale vs globale : Si u0u_0 n’est pas choisi suffisamment petit, la minoration f(x)<xf(x) < x n’est plus garantie. La fonction ff possède des variations globales dictées par l’intégrale complète (qui tend vers une limite finie quand x→+∞x \to +\infty).
    2. Erreur cumulée : Dans l’étude de la suite (un)(u_n), négliger les termes en o(un3)o(u_n^3) n’est rigoureux que tant que unu_n reste petit. Si le modèle asymptotique est appliqué hors de son domaine de validité, le terme d’erreur o(un3)o(u_n^3) peut devenir prépondérant devant les termes conservés, invalidateur total de l’équivalent final un∼1nu_n \sim \frac{1}{\sqrt{n}}.

En conclusion, l’analyse asymptotique est un outil puissant mais strictement local : elle nécessite impérativement un contrôle initial de la variable (ici, u0u_0 dans un voisinage adéquat de 00) pour propager les estimations d’une étape à la suivante.