Exercice 1 : Développements limités (DL)
PROBLÈME GUIDÉ : Étude asymptotique et raccordement d’une fonction définie par une intégrale
Section titled “PROBLÈME GUIDÉ : Étude asymptotique et raccordement d’une fonction définie par une intégrale”Filière : PCSI
Matière : Mathématiques
Chapitre: ** Analyse asymptotique
Thème : Développements limités et intégration
1. Énoncé
Section titled “1. Énoncé”Le problème s’intéresse à l’étude au voisinage de de la fonction définie par :
L’objectif est de déterminer l’ensemble de définition de , d’étudier sa continuité et sa prolongeabilité en , puis d’obtenir un développement limité à l’ordre 3 de en . Enfin, une analyse critique du modèle sera menée pour comprendre les limites de l’approximation polynomiale.
2. Questions
Section titled “2. Questions”- Domaine de définition : Justifier que est définie sur .
- Prolongement par continuité :
- a) Déterminer le développement limité de la fonction integrand à l’ordre 2 en .
- b) En déduire que peut se prolonger par continuité en . On note encore ce prolongement et on précisera .
- Développement limité de :
- a) Justifier que le prolongement de est de classe sur .
- b) En utilisant une relation entre et les valeurs de la fonction intégrande aux bornes, déterminer le développement limité de à l’ordre 3 en .
- Analyse critique du modèle :
- a) Calculer la valeur approchée de obtenue grâce au DL d’ordre 3.
- b) Discuter de la pertinence de ce modèle polynomial par rapport à la réalité de l’intégrale lorsque s’éloigne de .
3. Pistes et Indications
Section titled “3. Pistes et Indications”- Q1 : Étudier les zéros du dénominateur sur .
- Q2 : Utiliser les DL usuels au voisinage de : et . Attention à bien composer les DL pour obtenir un quotient à l’ordre souhaité.
- Q3 : Si est une primitive de , alors . Dériver cette expression pour relier à et .
- Q4 : Penser à l’erreur commise lors de la troncature d’un DL (reste de Young ou de Lagrange).
4. Corrigé pas à pas
Section titled “4. Corrigé pas à pas”1. Domaine de définition
Section titled “1. Domaine de définition”La fonction sous le signe intégrale est définie si et seulement si et (avec toujours vrai). Les annulations de sur sont les pour . Pour qu’un intervalle contenant et ne rencontre pas ces points de discontinuité, et pour que les bornes d’intégration soient valides, on choisit . Pour tout , les bornes et sont du même signe et strictement comprises entre et (en évitant ), donc l’intégrale est bien définie.
2. Prolongement par continuité
Section titled “2. Prolongement par continuité”-
a) DL de l’intégrand : Au voisinage de : Le dénominateur s’écrit . On effectue le quotient : En utilisant le DL de avec : Soit .
-
b) Prolongement en : Puisque , admet un prolongement continûment dérivable en . Soit une primitive de sur . est de classe . On a . Par conséquent, . On prolonge en posant .
3. Développement limité de à l’ordre 3
Section titled “3. Développement limité de fff à l’ordre 3”-
a) Régularité : Puisque est continue sur et prolongeable par continuité en , est sur . Par opérations, est de classe sur .
-
b) Calcul du DL : On a pour tout , . À l’aide du DL de à l’ordre 2 : En injectant dans : Par intégration des développements limités (le terme étant nul) : Le développement limité de à l’ordre 3 en est donc : .
4. Analyse critique du modèle
Section titled “4. Analyse critique du modèle”-
a) Valeur approchée de : En négligeant le terme , on obtient l’approximation :
-
b) Limites du modèle et discussion :
- Validité locale : Le modèle polynomial est extrêmement précis au voisinage immédiat de car l’erreur commise est un , soit en . Pour , l’erreur relative est minime.
- Divergence globale : En s’éloignant de (par exemple pour ou ), le polynôme diverge vers alors que la fonction intégrale reste bornée et continue sur son domaine.
- Coût / Bénéfice du calcul formel : Le DL évite le calcul exact de l’intégrale (qui fait intervenir des fonctions polylogarithmiques ou non élémentaires). Cependant, il perd toute validité prédictive dès que n’est plus un infiniment petit (faute de convergence uniforme sur des intervalles larges). C’est la limite inhérente aux approximations locales en physique et mathématiques appliquées.