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Exercice 2 : Anneaux et corps R et C

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Soit EE l’ensemble des matrices carrées réelles d’ordre 22 de la forme : M(x,y)=(x−yyx)M(x, y) = \begin{pmatrix} x & -y \\ y & x \end{pmatrix} où (x,y)∈R2(x, y) \in \mathbb{R}^2.

On munit EE de l’addition usuelle des matrices et de la multiplication usuelle des matrices. L’ensemble M2(R)\mathcal{M}_2(\mathbb{R}) étant un anneau unitaire pour ces lois, nous allons étudier la structure algébrique de (E,+,×)(E, +, \times) et son lien isomorphique avec le corps des nombres complexes C\mathbb{C}.


  1. Stabilité et structure d’anneau : Montrer que EE est un sous-groupe du groupe abélien (M2(R),+)(\mathcal{M}_2(\mathbb{R}), +). Puis, montrer que EE est stable par multiplication et contient la matrice unité. En déduire que (E,+,×)(E, +, \times) est un anneau unitaire commutatif.

  2. Isomorphisme avec C\mathbb{C} : On considère l’application Φ:C→E\Phi : \mathbb{C} \to E définie, pour tout z=x+iyz = x + iy (avec (x,y)∈R2(x, y) \in \mathbb{R}^2), par Φ(z)=M(x,y)\Phi(z) = M(x, y). Montrer que Φ\Phi est un isomorphisme d’anneaux entre (C,+,×)(\mathbb{C}, +, \times) et (E,+,×)(E, +, \times).

  3. Inversibilité et corps : Déterminer l’ensemble des matrices M(x,y)M(x, y) inversibles dans EE. En déduire que (E,+,×)(E, +, \times) est un corps commutatif isomorphe à C\mathbb{C}.

  4. Application aux équations dans EE : Résoudre dans l’anneau (E,+,×)(E, +, \times) l’équation matricielle : X2+I2=0M2(R)X^2 + I_2 = 0_{\mathcal{M}_2(\mathbb{R})} où X∈EX \in E.


💡 Pistes & Indications méthodologiques

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  • Question 1 : Pour la stabilité par multiplication, effectuez le produit général de deux matrices de la forme M(x,y)M(x, y) et M(x′,y′)M(x', y'). Pensez à identifier le résultat comme appartenant à EE. La commutativité se déduira naturellement de l’isomorphisme ou d’un calcul direct.
  • Question 2 : Un isomorphisme d’anneaux est une application linéaire (ou additive ici) bijective qui préserve le produit et l’élément neutre. Traduire ces propriétés à l’aide des nombres complexes.
  • Question 3 : Utilisez le déterminant de la matrice M(x,y)M(x, y) et le fait qu’une matrice carrée est inversible dans Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) si et seulement si son déterminant est non nul. Vérifiez que l’inverse appartient bien à EE.
  • Question 4 : Transportez le problème dans C\mathbb{C} grâce à l’isomorphisme Φ\Phi établi à la question 2, ou résolvez-le directement en posant X=M(x,y)X = M(x, y).

  • Stabilité par addition et structure de groupe : La matrice nulle 0M2(R)=M(0,0)0_{\mathcal{M}_2(\mathbb{R})} = M(0, 0) appartient à EE. Soient M(x,y)M(x, y) et M(x′,y′)M(x', y') deux éléments de EE et λ∈R\lambda \in \mathbb{R}. On a : M(x,y)+M(x′,y′)=(x+x′−(y+y′)y+y′x+x′)=M(x+x′,y+y′)∈EM(x, y) + M(x', y') = \begin{pmatrix} x+x' & -(y+y') \\ y+y' & x+x' \end{pmatrix} = M(x+x', y+y') \in E De plus, l’opposé est donné par −M(x,y)=M(−x,−y)∈E-M(x, y) = M(-x, -y) \in E. Ainsi, (E,+)(E, +) est un sous-groupe du groupe abélien (M2(R),+)(\mathcal{M}_2(\mathbb{R}), +), donc (E,+)(E, +) est lui-même un groupe abélien.

  • Stabilité par multiplication et neutre : Soient M(x,y)M(x, y) et M(x′,y′)M(x', y') dans EE. Calculons leur produit : M(x,y)×M(x′,y′)=(x−yyx)(x′−y′y′x′)=(xx′−yy′−(xy′+yx′)xy′+yx′xx′−yy′)M(x, y) \times M(x', y') = \begin{pmatrix} x & -y \\ y & x \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x' & -y' \\ y' & x' \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} xx' - yy' & -(xy' + yx') \\ xy' + yx' & xx' - yy' \end{pmatrix} On reconnait la matrice M(xx′−yy′,xy′+yx′)M(xx' - yy', xy' + yx'), qui est bien un élément de EE. La matrice identité I2=(1001)=M(1,0)I_2 = \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} = M(1, 0) appartient à EE.

  • Conclusion sur l’anneau : Puisque la multiplication des matrices est associative, distributive par rapport à l’addition, que EE contient I2I_2 et est stable par produit, (E,+,×)(E, +, \times) est un anneau unitaire. De plus, la multiplication des nombres complexes étant commutative, le calcul précédent montre que M(x,y)M(x′,y′)=M(x′,y′)M(x,y)M(x, y)M(x', y') = M(x', y')M(x, y), donc l’anneau EE est commutatif.


Montrons que Φ:C→E\Phi : \mathbb{C} \to E, définie par Φ(x+iy)=M(x,y)\Phi(x + iy) = M(x, y), est un isomorphisme d’anneaux :

  • Additivité : Pour tous z1=x1+iy1z_1 = x_1 + iy_1 et z2=x2+iy2z_2 = x_2 + iy_2 : Φ(z1+z2)=Φ((x1+x2)+i(y1+y2))=M(x1+x2,y1+y2)=M(x1,y1)+M(x2,y2)=Φ(z1)+Φ(z2)\Phi(z_1 + z_2) = \Phi((x_1+x_2) + i(y_1+y_2)) = M(x_1+x_2, y_1+y_2) = M(x_1, y_1) + M(x_2, y_2) = \Phi(z_1) + \Phi(z_2)
  • Multiplicativité : En utilisant l’identité du produit calculée à la question 1, les coefficients xx′−yy′xx' - yy' et xy′+yx′xy' + yx' correspondent exactement à la partie réelle et à la partie imaginaire du produit de deux nombres complexes zz et z′z'. Ainsi : Φ(z1z2)=Φ(z1)Φ(z2)\Phi(z_1 z_2) = \Phi(z_1)\Phi(z_2)
  • Conservation de l’unité : Φ(1)=M(1,0)=I2\Phi(1) = M(1, 0) = I_2
  • Bijectivité : Tout élément M(x,y)deM(x, y) de EE a un unique antécédent z=x+iy∈Cz = x + iy \in \mathbb{C}, et Φ(z)=0M2(R)  ⟹  M(x,y)=M(0,0)  ⟹  x=0,y=0  ⟹  z=0\Phi(z) = 0_{\mathcal{M}_2(\mathbb{R})} \implies M(x, y) = M(0,0) \implies x=0, y=0 \implies z = 0 (l’application est injective).

Φ\Phi est donc un isomorphisme d’anneaux.


Soit M(x,y)∈EM(x, y) \in E. Calculons son déterminant : det⁡(M(x,y))=x2−(−y)(y)=x2+y2=∣z∣2\det(M(x, y)) = x^2 - (-y)(y) = x^2 + y^2 = |z|^2 où z=x+iyz = x + iy.

  • Si M(x,y)≠0M2(R)M(x, y) \neq 0_{\mathcal{M}_2(\mathbb{R})}, alors x2+y2≠0x^2 + y^2 \neq 0. La matrice est donc inversible dans M2(R)\mathcal{M}_2(\mathbb{R}) et son inverse est donné par : (M(x,y))−1=1x2+y2(xy−yx)=M(xx2+y2,−yx2+y2)(M(x, y))^{-1} = \frac{1}{x^2 + y^2} \begin{pmatrix} x & y \\ -y & x \end{pmatrix} = M\left(\frac{x}{x^2+y^2}, \frac{-y}{x^2+y^2}\right) Cet inverse appartient clairement à EE.

  • La matrice nulle M(0,0)M(0, 0) n’est pas inversible.

Chaque élément non nul de EE admet un inverse dans EE. Par conséquent, (E,+,×)(E, +, \times) est un corps commutatif. Étant isomorphe à C\mathbb{C} via Φ\Phi, c’est un corps isomorphe à C\mathbb{C}.


On cherche X∈EX \in E tel que X2+I2=0M2(R)X^2 + I_2 = 0_{\mathcal{M}_2(\mathbb{R})}, ce qui s’écrit : X2=−I2X^2 = -I_2

Puisque Φ:C→E\Phi : \mathbb{C} \to E est un isomorphisme d’anneaux, résoudre cette équation dans EE revient à résoudre dans C\mathbb{C} l’équation d’inconnue zz : z2=−1z^2 = -1

Les solutions dans C\mathbb{C} sont z=iz = i et z=−iz = -i.

En revenant dans EE via l’application Φ\Phi :

  • Pour z=i=0+1⋅iz = i = 0 + 1 \cdot i, on a X1=Φ(i)=M(0,1)=(0−110)X_1 = \Phi(i) = M(0, 1) = \begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}.
  • Pour z=−i=0−1⋅iz = -i = 0 - 1 \cdot i, on a X2=Φ(−i)=M(0,−1)=(01−10)X_2 = \Phi(-i) = M(0, -1) = \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}.

L’ensemble des solutions de l’équation dans EE est donc : S={(0−110),(01−10)}\mathcal{S} = \left\{ \begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}, \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix} \right\}