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Cours : Cristallographie

Cristallographie Géométrique et Cristallochimie

Section titled “Cristallographie Géométrique et Cristallochimie”

Ce cours traite de la description géométrique de la matière condensée cristallisée dans le cadre du modèle des sphères dures indéformables.


Définition : Cristal parfait
Un cristal parfait est un solide caractérisé par une répétition périodique et infinie dans les trois dimensions de l’espace d’un motif structural (atome, molécule, ion ou groupe d’atomes/ions).

  • Réseau cristallin : Ensemble discret et périodique de points, appelés nœuds, invariant par toute translation de vecteur : T⃗=u a⃗+v b⃗+w c⃗avec (u,v,w)∈Z3\vec{T} = u\,\vec{a} + v\,\vec{b} + w\,\vec{c} \quad \text{avec } (u,v,w) \in \mathbb{Z}^3 où (a⃗,b⃗,c⃗)(\vec{a}, \vec{b}, \vec{c}) forme la base de référence de l’espace vectoriel.
  • Motif : Entité chimique (atome, ion, molécule) associée à chaque nœud du réseau. Cristal=Reˊseau+Motif\text{Cristal} = \text{Réseau} + \text{Motif}
  • Maille : Parallélépipède construit sur les vecteurs (a⃗,b⃗,c⃗)(\vec{a}, \vec{b}, \vec{c}) permettant de paver tout l’espace par translation continue selon le réseau.
    • Maille élémentaire (ou primitive) : Maille de volume minimal ne contenant qu’un seul nœud en propre (Znœud=1Z_{\text{nœud}} = 1).
    • Maille conventionnelle : Maille non minimale mais choisie pour respecter et mettre en évidence les symétries globales du réseau (ex. cubique).

2. Règles de décompte des nœuds et multiplicité

Section titled “2. Règles de décompte des nœuds et multiplicité”

Pour une maille conventionnelle donnée, un atome situé sur un élément géométrique de la maille est partagé entre plusieurs mailles adjacentes :

Position de l’atomeNombre de mailles partageant la positionContribution à la maille
Intérieur1111
Face2212\frac{1}{2}
Arête4414\frac{1}{4}
Sommet8818\frac{1}{8}

Définition : Multiplicité (ou population) ZZ
La multiplicité ZZ est le nombre total d’entités chimiques ou de motifs appartenant en propre à la maille : Z=Nint+Nface2+Nareˆte4+Nsommet8Z = N_{\text{int}} + \frac{N_{\text{face}}}{2} + \frac{N_{\text{arête}}}{4} + \frac{N_{\text{sommet}}}{8}


3. Grandeurs caractéristiques fondamentales

Section titled “3. Grandeurs caractéristiques fondamentales”

A. Coordinence (ou indice de coordination)

Section titled “A. Coordinence (ou indice de coordination)”

Nombre des plus proches voisins d’une entité donnée dans la structure considérée (noté généralement sous la forme d’un entier, ex. : [6][6] ou [12][12]).

Dans le modèle des sphères dures de rayon RR, les atomes les plus proches sont tangents le long d’une direction cristallographique privilégiée dite direction de contact. Le paramètre de maille aa est alors relié au rayon RR.

Fraction du volume de la maille effectivement occupée par les sphères de rayon RR : C=VoccupeˊVmaille=Z×43πR3VmailleC = \frac{V_{\text{occupé}}}{V_{\text{maille}}} = \frac{Z \times \frac{4}{3}\pi R^3}{V_{\text{maille}}} Par construction physique : 0<C≤π32≈0,740 < C \le \frac{\pi}{3\sqrt{2}} \approx 0{,}74 (conjecture de Kepler / théorème de Hales).

Masse théorique par unité de volume de cristal macroscopique : ρ=mmailleVmaille=Z⋅MNA⋅Vmaille\rho = \frac{m_{\text{maille}}}{V_{\text{maille}}} = \frac{Z \cdot M}{N_A \cdot V_{\text{maille}}}

  • MM : masse molaire de l’entité constituant le motif (g⋅mol−1\text{g}\cdot\text{mol}^{-1} ou kg⋅mol−1\text{kg}\cdot\text{mol}^{-1}).
  • NAN_A : constante d’Avogadro (NA≈6,022×1023 mol−1N_A \approx 6{,}022 \times 10^{23} \text{ mol}^{-1}).
  • VmailleV_{\text{maille}} : volume de la maille (a3a^3 pour une maille cubique).

On étudie les trois réseaux cubiques d’arête aa : Cubique Simple (CS), Cubique Centré (CC), Cubique à Faces Centrées (CFC).

CS CC CFC
o------o o------o o---o--o
/| /| /| o /| /| / /|
o------o | o------o | o---o--o |
| o----|-o | o----|-o | o----|-o
|/ |/ |/ |/ |/ \ |/
o------o o------o o---o--o

  • Description : 1 atome à chaque sommet d’un cube d’arête aa.
  • Multiplicité : Z=8×18=1Z = 8 \times \frac{1}{8} = 1
  • Contact stérique : Le long des arêtes du cube. a=2Ra = 2R
  • Coordinence : Chaque sommet possède 66 voisins immédiats le long des axes ±x⃗,±y⃗,±z⃗\pm \vec{x}, \pm \vec{y}, \pm \vec{z} : Coordinence = 6.
  • Compacité : CCS=1×43πR3a3=43πR3(2R)3=π6≈0,524(52,4%)C_{\text{CS}} = \frac{1 \times \frac{4}{3}\pi R^3}{a^3} = \frac{\frac{4}{3}\pi R^3}{(2R)^3} = \frac{\pi}{6} \approx 0{,}524 \quad (52{,}4\%)

  • Description : 1 atome à chaque sommet, 1 atome au centre du cube.
  • Multiplicité : Z=8×18+1=2Z = 8 \times \frac{1}{8} + 1 = 2
  • Contact stérique : Le long de la grande diagonale du cube. La longueur de la diagonale vaut d=a3d = a\sqrt{3}. a3=4R  ⟹  a=4R3a\sqrt{3} = 4R \implies a = \frac{4R}{\sqrt{3}}
  • Coordinence : L’atome central est au contact direct des 88 atomes de sommet : Coordinence = 8.
  • Compacité : CCC=2×43πR3(4R3)3=8πR33×3364R3=π38≈0,680(68,0%)C_{\text{CC}} = \frac{2 \times \frac{4}{3}\pi R^3}{\left(\frac{4R}{\sqrt{3}}\right)^3} = \frac{8\pi R^3}{3} \times \frac{3\sqrt{3}}{64 R^3} = \frac{\pi\sqrt{3}}{8} \approx 0{,}680 \quad (68{,}0\%)

  • Description : 1 atome à chaque sommet, 1 atome au centre de chacune des 66 faces.
  • Multiplicité : Z=8×18+6×12=1+3=4Z = 8 \times \frac{1}{8} + 6 \times \frac{1}{2} = 1 + 3 = 4
  • Contact stérique : Le long de la diagonale d’une face. La longueur de la diagonale d’une face vaut dface=a2d_{\text{face}} = a\sqrt{2}. a2=4R  ⟹  a=4R2=22Ra\sqrt{2} = 4R \implies a = \frac{4R}{\sqrt{2}} = 2\sqrt{2}R
  • Coordinence : Un atome de sommet est entouré de 44 atomes par plan sécant passant par ce point (xyxy, yzyz, zxzx) : 3×4=123 \times 4 = 12. Coordinence = 12.
  • Compacité : CCFC=4×43πR3(22R)3=163πR3162R3=π32=π26≈0,740(74,0%)C_{\text{CFC}} = \frac{4 \times \frac{4}{3}\pi R^3}{(2\sqrt{2}R)^3} = \frac{\frac{16}{3}\pi R^3}{16\sqrt{2}R^3} = \frac{\pi}{3\sqrt{2}} = \frac{\pi\sqrt{2}}{6} \approx 0{,}740 \quad (74{,}0\%) Remarque: * C’est un empilement compact (compacité maximale pour un empilement régulier de sphères dures identiques).

4. Tableau comparatif des réseaux cubiques purs

Section titled “4. Tableau comparatif des réseaux cubiques purs”
RéseauZZDirection de contactRelation a↔Ra \leftrightarrow RCoordinenceCompacité CC
CS11Arêtea=2Ra = 2R66π6≈0,52\frac{\pi}{6} \approx 0{,}52
CC22Grande diagonalea3=4Ra\sqrt{3} = 4R88π38≈0,68\frac{\pi\sqrt{3}}{8} \approx 0{,}68
CFC44Diagonale de facea2=4Ra\sqrt{2} = 4R1212π26≈0,74\frac{\pi\sqrt{2}}{6} \approx 0{,}74

III. Les sites interstitiels dans le réseau CFC

Section titled “III. Les sites interstitiels dans le réseau CFC”

Les cavités laissées libres dans un réseau compact CFC d’atomes de rayon RR peuvent accueillir des atomes d’insertion (de rayon rr).

Un site est octaédrique s’il est entouré de 66 atomes hôtes formant un octaèdre régulier.

  • Positions dans la maille :
    • Au centre géométrique du cube : (12,12,12)(\frac{1}{2}, \frac{1}{2}, \frac{1}{2}).
    • Au milieu de chacune des 1212 arêtes du cube : ex. (12,0,0)(\frac{1}{2}, 0, 0).
  • Nombre de sites par maille ZOZ_O : ZO=1×1(centre)+12×14(areˆtes)=1+3=4Z_O = 1 \times 1 (\text{centre}) + 12 \times \frac{1}{4} (\text{arêtes}) = 1 + 3 = 4
  • Règle : Dans un réseau CFC, il y a autant de sites octaédriques que d’atomes du réseau : ZOZCFC=44=1\frac{Z_O}{Z_{\text{CFC}}} = \frac{4}{4} = 1

B. Habitabilité (ou rayon d’insertion maximal sans déformation)

Section titled “B. Habitabilité (ou rayon d’insertion maximal sans déformation)”

Soit une sphère de rayon maximal rOr_O insérée au centre du cube sans déformer le réseau hôte. Le contact hôte-site se fait suivant une arête du réseau : a=2R+2rOa = 2R + 2r_O Or, dans le CFC non déformé : a2=4R  ⟹  a=22Ra\sqrt{2} = 4R \implies a = 2\sqrt{2}R. D’où : 2R+2rO=22R  ⟹  rO=(2−1)R2R + 2r_O = 2\sqrt{2}R \implies r_O = (\sqrt{2} - 1)R rOR=2−1≈0,414\frac{r_O}{R} = \sqrt{2} - 1 \approx 0{,}414


2. Sites tétraédriques (notés [T][T])

Section titled “2. Sites tétraédriques (notés [T][T][T])”

Un site est tétraédrique s’il est entouré de 44 atomes hôtes formant un tétraèdre régulier.

  • Positions dans la maille : Si l’on divise la maille CFC de côté aa en 88 sous-cubes d’arête a2\frac{a}{2}, le centre de chaque sous-cube est un site [T][T] (coordonnées (14,14,14)(\frac{1}{4}, \frac{1}{4}, \frac{1}{4}) et équivalents).
  • Nombre de sites par maille ZTZ_T : Les 88 centres sont strictement à l’intérieur de la maille : ZT=8×1=8Z_T = 8 \times 1 = 8
  • Règle : Dans un réseau CFC, il y a deux fois plus de sites tétraédriques que d’atomes du réseau : ZTZCFC=84=2\frac{Z_T}{Z_{\text{CFC}}} = \frac{8}{4} = 2

Le centre du sous-cube est équidistant du sommet et des 3 centres de faces adjacents. La demi-grande diagonale d’un sous-cube d’arête a2\frac{a}{2} correspond à la droite de contact hôte-site tétraédrique : dcontact=12×(a23)=a34d_{\text{contact}} = \frac{1}{2} \times \left(\frac{a}{2}\sqrt{3}\right) = \frac{a\sqrt{3}}{4} La condition de non-déformation implique le contact : R+rT=a34R + r_T = \frac{a\sqrt{3}}{4} En injectant a=4R2a = \frac{4R}{\sqrt{2}} : R+rT=34(4R2)=R32R + r_T = \frac{\sqrt{3}}{4} \left(\frac{4R}{\sqrt{2}}\right) = R\sqrt{\frac{3}{2}} rTR=32−1≈0,225\frac{r_T}{R} = \sqrt{\frac{3}{2}} - 1 \approx 0{,}225


IV. Structures cristallines ioniques et covalentes

Section titled “IV. Structures cristallines ioniques et covalentes”

Les anions (souvent plus volumineux, rayon R−R_-) forment un sous-réseau, et les cations (plus petits, rayon r+r_+) occupent les sites interstitiels.

A. Structure Chlorure de Césium (CsCl\text{CsCl})

Section titled “A. Structure Chlorure de Césium (CsCl\text{CsCl}CsCl)”
  • Description : Les anions Cl−\text{Cl}^- forment un réseau cubique simple (aa). Le cation Cs+\text{Cs}^+ occupe le centre du cube (site cubique).
  • Coordinence : (8:8)(8 : 8). Chaque Cs+\text{Cs}^+ est entouré de 8 Cl−8\ \text{Cl}^-, et inversement.
  • Formule et multiplicité : Z(Cl−)=8×18=1Z(\text{Cl}^-) = 8 \times \frac{1}{8} = 1, Z(Cs+)=1Z(\text{Cs}^+) = 1. Formule CsCl\text{CsCl}.
  • Contact stérique : Sur la grande diagonale du cube : a3=2(R−+r+)a\sqrt{3} = 2(R_- + r_+)

B. Structure Chlorure de Sodium (NaCl\text{NaCl})

Section titled “B. Structure Chlorure de Sodium (NaCl\text{NaCl}NaCl)”
  • Description : Les anions Cl−\text{Cl}^- forment un réseau CFC. Les cations Na+\text{Na}^+ occupent la totalité des sites octaédriques [O][O].
  • Coordinence : (6:6)(6 : 6).
  • Formule et multiplicité : Z(Cl−)=4(reˊseau CFC)Z(\text{Cl}^-) = 4 \quad (\text{réseau CFC}) Z(Na+)=4(tous les sites [O])Z(\text{Na}^+) = 4 \quad (\text{tous les sites } [O]) Soit 44 unités formulaires NaCl\text{NaCl} par maille (Z=4Z = 4).
  • Contact stérique : Suivant une arête du cube : a=2(R−+r+)a = 2(R_- + r_+)

C. Structure Sulfure de Zinc : Blende (ZnS\text{ZnS})

Section titled “C. Structure Sulfure de Zinc : Blende (ZnS\text{ZnS}ZnS)”
  • Description : Les anions S2−\text{S}^{2-} forment un réseau CFC. Les cations Zn2+\text{Zn}^{2+} occupent la moitié des sites tétraédriques [T][T] (un sous-cube sur deux).
  • Coordinence : (4:4)(4 : 4).
  • Formule et multiplicité : Z(S2−)=4(CFC)Z(\text{S}^{2-}) = 4 \quad (\text{CFC}) Z(Zn2+)=12×ZT=12×8=4Z(\text{Zn}^{2+}) = \frac{1}{2} \times Z_T = \frac{1}{2} \times 8 = 4 Soit 44 unités formulaires ZnS\text{ZnS} par maille.
  • Contact stérique : Le long de la grande diagonale d’un sous-cube d’arête a2\frac{a}{2} : a34=R−+r+\frac{a\sqrt{3}}{4} = R_- + r_+

2. Critères de stabilité stérique (Règles de Pauling simplifiées)

Section titled “2. Critères de stabilité stérique (Règles de Pauling simplifiées)”

Pour qu’une structure ionique soit stable géométriquement :

  1. Les ions de signes opposés doivent être au contact : d+−=r++R−d_{+-} = r_+ + R_-.
  2. Les ions de même signe ne doivent pas s’interpénétrer (au minimum tangents) : d−−≥2R−d_{--} \ge 2 R_-.

En posant γ=r+R−\gamma = \frac{r_+}{R_-}, on en déduit les intervalles de stabilité de coordinence :

Type de siteCoordinenceRapport géométrique limite (γmin⁡\gamma_{\min})Gamme de stabilité
Linéaire22000≤γ<0,1550 \le \gamma < 0{,}155
Triangulaire3323−1≈0,155\frac{2}{\sqrt{3}}-1 \approx 0{,}1550,155≤γ<0,2250{,}155 \le \gamma < 0{,}225
Tétraédrique4432−1≈0,225\sqrt{\frac{3}{2}}-1 \approx 0{,}2250,225≤γ<0,4140{,}225 \le \gamma < 0{,}414
Octaédrique662−1≈0,414\sqrt{2}-1 \approx 0{,}4140,414≤γ<0,7320{,}414 \le \gamma < 0{,}732
Cubique883−1≈0,732\sqrt{3}-1 \approx 0{,}7320,732≤γ≤1,0000{,}732 \le \gamma \le 1{,}000

  • Description : Atomes de carbone occupant un réseau CFC + la moitié des sites tétraédriques [T][T] (structure type ZnS où tous les atomes sont des carbones).
  • Multiplicité : Z=4 (CFC)+4 (sites [T])=8 atomes de C par mailleZ = 4\,(\text{CFC}) + 4\,(\text{sites } [T]) = 8 \text{ atomes de C par maille}
  • Coordinence : Chaque atome est lié tétraédriquement à 44 voisins : Coordinence = 4 (hybridation sp3\text{sp}^3).
  • Condition de tangence : a34=2RC  ⟹  a=8RC3\frac{a\sqrt{3}}{4} = 2 R_C \implies a = \frac{8 R_C}{\sqrt{3}}
  • Compacité : Cdiamant=8×43πRC3(8RC3)3=π316≈0,340(34,0%)C_{\text{diamant}} = \frac{8 \times \frac{4}{3}\pi R_C^3}{\left(\frac{8 R_C}{\sqrt{3}}\right)^3} = \frac{\pi\sqrt{3}}{16} \approx 0{,}340 \quad (34{,}0\%) Remarque: * C’est une structure très ouverte (faible compacité), stabilisée par la directivité et l’énergie des liaisons covalentes.

Méthode 1 : Établir la masse volumique d’un composé ionique

Section titled “Méthode 1 : Établir la masse volumique d’un composé ionique”
  1. Identifier la géométrie de la maille et ses paramètres (a,b,ca, b, c).
  2. Calculer le nombre d’unités formulaires par maille (ZZ).
  3. Exprimer la masse de la maille : m=Z⋅MNAm = \frac{Z \cdot M}{N_A}.
  4. Calculer le volume de la maille : V=a3V = a^3 (système cubique).
  5. Appliquer la formule en veillant scrupuleusement aux unités : ρ=Z⋅MNA⋅a3\rho = \frac{Z \cdot M}{N_A \cdot a^3} Astuce conversion : Si aa est en pm\text{pm} (10−12 m=10−10 cm10^{-12}\text{ m} = 10^{-10}\text{ cm}), alors a3a^3 en cm3\text{cm}^3 vaut (a[pm]×10−10)3(a_{[\text{pm}]} \times 10^{-10})^3. Avec MM en g⋅mol−1\text{g}\cdot\text{mol}^{-1}, on obtient ρ\rho directement en g⋅cm−3\text{g}\cdot\text{cm}^{-3}.

Méthode 2 : Prévoir la structure d’un solide ionique AxByA_x B_y

Section titled “Méthode 2 : Prévoir la structure d’un solide ionique AxByA_x B_yAx​By​”
  1. Calculer le rapport des rayons ioniques : γ=rcationRanion\gamma = \frac{r_{\text{cation}}}{R_{\text{anion}}}.
  2. Comparer γ\gamma aux rapports critiques de Pauling :
    • Si 0,225≤γ<0,414  ⟹  0{,}225 \le \gamma < 0{,}414 \implies Coordinence [4][4] privilégiée (Type Blende ZnS\text{ZnS}).
    • Si 0,414≤γ<0,732  ⟹  0{,}414 \le \gamma < 0{,}732 \implies Coordinence [6][6] privilégiée (Type NaCl\text{NaCl}).
    • Si 0,732≤γ<1,000  ⟹  0{,}732 \le \gamma < 1{,}000 \implies Coordinence [8][8] privilégiée (Type CsCl\text{CsCl}).
  3. Vérifier que la stœchiométrie globale impose le rapport d’occupation des sites interstitiels.

VI. Pièges classiques et erreurs à éviter

Section titled “VI. Pièges classiques et erreurs à éviter”

Pièges récurrents en concours :

  1. Confusion arête / diagonale : Ne pas confondre la diagonale d’une face (a2a\sqrt{2}) et la grande diagonale du cube (a3a\sqrt{3}).

    • Contact CFC   ⟹  \implies diagonale de face : 4R=a24R = a\sqrt{2}.
    • Contact CC   ⟹  \implies grande diagonale : 4R=a34R = a\sqrt{3}.
  2. Rapport ZZ versus formule chimique : Dans NaCl\text{NaCl}, Z(Na+)=4Z(\text{Na}^+) = 4 et Z(Cl−)=4Z(\text{Cl}^-) = 4. Le nombre d’unités formulaires par maille est Z=4Z = 4, et non 88. La masse molaire à injecter dans ρ\rho est M(NaCl)M(\text{NaCl}) avec Z=4Z=4 (ou la masse atomique avec ZZ correspondant, mais ne jamais compter deux fois les masses).

  3. Erreurs de conversions d’unités :

    • 1 A˚=10−10 m=0,1 nm=100 pm1\ \text{\AA} = 10^{-10}\text{ m} = 0{,}1\text{ nm} = 100\text{ pm}.
    • 1 g⋅cm−3=103 kg⋅m−31\ \text{g}\cdot\text{cm}^{-3} = 10^3\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}.
  4. Géométrie des sites [T][T] : Les sites tétraédriques du CFC ne sont pas situés sur les diagonales des faces, mais sur les axes ternaires (grandes diagonales de la maille), à une distance a34\frac{a\sqrt{3}}{4} de chaque sommet.