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Exercice 2 : Circuits en régime sinusoïdal

Physique-Chimie : Optique et Électrocinétique

Section titled “Physique-Chimie : Optique et Électrocinétique”

Thème : Circuits en régime sinusoïdal forcé et résonance

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L’examinateur rappelle aux candidats que la rigueur de la rédaction, l’utilisation systématique de l’analyse dimensionnelle et la mise en valeur des résultats finaux (encadrés) seront des critères prépondérants dans la notation. L’emploi de la notation complexe est exigé.


On considère le circuit électrique de type RLCRLC série, alimenté par un générateur idéal de tension sinusoïdale de force électromotrice e(t)=E0cos⁡(ωt)e(t) = E_0 \cos(\omega t), où E0>ۍ0E_0 >ۍ 0 et ω\omega est la pulsation du générateur.

Le circuit comporte :

  • Une résistance RR.
  • Une bobine réelle modélisée par une inductance LL et une résistance interne rr.
  • Un condensateur parfait de capacité CC.

L’intensité du courant traversant le circuit est notée i(t)i(t), et la tension aux bornes du condensateur est notée uC(t)u_C(t).


Partie I : Modélisation et Fonction de Transfert

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Établir l’équation différentielle régissant l’évolution de la tension uC(t)u_C(t) aux bornes du condensateur.

Correction pas à pas : D’après la loi des mailles, la tension totale du générateur e(t)e(t) s’exprime comme la somme des chutes de tension aux bornes de chaque dipôle : e(t)=uR(t)+ubobine(t)+uC(t)e(t) = u_R(t) + u_{\text{bobine}}(t) + u_C(t)

En exprimant chaque tension en fonction du courant i(t)=CduCdti(t) = C \frac{du_C}{dt} :

  • Aux bornes de la résistance RR : uR(t)=Ri(t)=RCduCdtu_R(t) = R i(t) = R C \frac{du_C}{dt}
  • Aux bornes de la bobine (résistance interne rr et inductance LL) : ubobine(t)=ri(t)+Ldidt=rCduCdt+LCd2uCdt2u_{\text{bobine}}(t) = r i(t) + L \frac{di}{dt} = r C \frac{du_C}{dt} + L C \frac{d^2u_C}{dt^2}
  • Aux bornes du condensateur : uC(t)u_C(t)

En regroupant les termes, on obtient l’équation différentielle : LCd2uCdt2+(R+r)CduCdt+uC(t)=e(t)L C \frac{d^2u_C}{dt^2} + (R + r) C \frac{du_C}{dt} + u_C(t) = e(t)

En introduisant les grandeurs complexes associées E‾\underline{E} et U‾C\underline{U}_C, déterminer la fonction de transfert complexe H‾(jω)=U‾CE‾\underline{H}(j\omega) = \frac{\underline{U}_C}{\underline{E}}.

Mettre H‾(jω)\underline{H}(j\omega) sous la forme canonique : H‾(jω)=K1+2jξω0ω−ω2ω02\underline{H}(j\omega) = \frac{K}{1 + \frac{2j\xi}{\omega_0}\omega - \frac{\omega^2}{\omega_0^2}} Exprimer la pulsation propre ω0\omega_0, le facteur de qualité QQ (ou le coefficient d’amortissement ξ=12Q\xi = \frac{1}{2Q}) et le gain statique KK en fonction des paramètres du circuit (RR, rr, LL, CC).

Correction pas à pas : En régime sinusoïdal forcé, on associe à chaque grandeur temporelle sa grandeur complexe (en notation ejωte^{j\omega t}) :

  • E‾=E0\underline{E} = E_0
  • U‾C\underline{U}_C
  • duCdt↔jωU‾C\frac{du_C}{dt} \leftrightarrow j\omega \underline{U}_C
  • d2uCdt2↔−ω2U‾C\frac{d^2u_C}{dt^2} \leftrightarrow -\omega^2 \underline{U}_C

L’équation différentielle devient dans le domaine complexe : −LCω2U‾C+jω(R+r)CU‾C+U‾C=E‾-L C \omega^2 \underline{U}_C + j\omega (R + r) C \underline{U}_C + \underline{U}_C = \underline{E}

En factorisant par U‾C\underline{U}_C : U‾C[1−LCω2+jω(R+r)C]=E‾\underline{U}_C \left[ 1 - L C \omega^2 + j\omega (R + r) C \right] = \underline{E}

On en déduit la fonction de transfert : H‾(jω)=11−LCω2+jC(R+r)ω\underline{H}(j\omega) = \frac{1}{1 - L C \omega^2 + j C (R + r) \omega}

Par identification avec la forme canonique, on obtient :

  • Le gain statique : K=1K = 1
  • La pulsation propre : ω0=1LC\omega_0 = \frac{1}{\sqrt{LC}} (rad⋅s−1\text{rad}\cdot\text{s}^{-1})
  • Le facteur de qualité : Q=1(R+r)LCQ = \frac{1}{(R + r)}\sqrt{\frac{L}{C}} (sans dimension)
  • Le coefficient d’amortissement : ξ=12Q=(R+r)2CL\xi = \frac{1}{2Q} = \frac{(R + r)}{2}\sqrt{\frac{C}{L}}

Partie II : Étude de la Résonance en Tension

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Exprimer le module H(ω)=∣H‾(jω)∣H(\omega) = |\underline{H}(j\omega)| de la fonction de transfert en fonction de ω\omega, ω0\omega_0 et QQ.

Correction pas à pas : Le module d’un nombre complexe s’obtient en faisant le rapport des modules du numérateur et du dénominateur : H(ω)=1(1−ω2ω02)2+(1Qωω0)2H(\omega) = \frac{1}{\sqrt{\left(1 - \frac{\omega^2}{\omega_0^2}\right)^2 + \left(\frac{1}{Q}\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2}}

Déterminer la pulsation de résonance ωr\omega_r pour laquelle le module H(ω)H(\omega) est maximal. Pour quelles valeurs du facteur de qualité QQ cette résonance existe-t-elle ?

Correction pas à pas : Le module H(ω)H(\omega) est maximal lorsque le terme sous la racine au dénominateur est minimal. Posons x=ωω0x = \frac{\omega}{\omega_0} et étudions la fonction g(x)=(1−x2)2+1Q2x2g(x) = (1 - x^2)^2 + \frac{1}{Q^2}x^2. Dérivons g(x)g(x) par rapport à xx : g′(x)=2(1−x2)(−2x)+2xQ2=2x[−2(1−x2)+1Q2]=2x(2x2−2+1Q2)g'(x) = 2(1 - x^2)(-2x) + \frac{2x}{Q^2} = 2x \left[ -2(1 - x^2) + \frac{1}{Q^2} \right] = 2x \left( 2x^2 - 2 + \frac{1}{Q^2} \right)

Les extremums s’annulent pour x=0x = 0 ou pour 2x2−2+1Q2=02x^2 - 2 + \frac{1}{Q^2} = 0, soit : xr2=1−12Q2x_r^2 = 1 - \frac{1}{2Q^2}

Pour que cette pulsation de résonance ωr=xrω0\omega_r = x_r \omega_0 soit réelle et strictement positive, il faut que xr2>0x_r^2 > 0, c’est-à-dire : 1−12Q2>0  ⟹  Q>12≈0,7071 - \frac{1}{2Q^2} > 0 \implies Q > \frac{1}{\sqrt{2}} \approx 0{,}707

Si Q≤12Q \le \frac{1}{\sqrt{2}}, la fonction g′(x)=0g'(x) = 0 n’a de solution positive que pour x=0x = 0 : il n’y a pas de résonance en tension aux bornes du condensateur (le gain est strictement décroissant).


Partie III : Analyse Critique et Discussion

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On donne les valeurs numériques suivantes : L=100 mHL = 100\,\text{mH}, C=1,0 μFC = 1{,}0\,\mu\text{F}, r=10 Ωr = 10\,\Omega et E0=5,0 VE_0 = 5{,}0\,\text{V}. Le circuit est réglé pour une résistance variable R=0 ΩR = 0\,\Omega.

  1. Calculer la valeur de ω0\omega_0 et du facteur de qualité QQ.
  2. En déduire l’amplitude maximale de la tension aux bornes du condensateur.
  3. Analyse critique : Que se passerait-il théoriquement si la résistance totale R+rR+r était rigoureusement nulle ? Commenter la validité physique du modèle à la résonance.

Correction pas à pas :

  1. Application numérique :

    • Pulsation propre : ω0=1100×10−3×1,0×10−6=110−7=10310≈3162 rad⋅s−1\omega_0 = \frac{1}{\sqrt{100 \times 10^{-3} \times 1{,}0 \times 10^{-6}}} = \frac{1}{\sqrt{10^{-7}}} = 10^3\sqrt{10} \approx 3162\,\text{rad}\cdot\text{s}^{-1}
    • Facteur de qualité (avec R=0 ΩR = 0\,\Omega) : Q=110100×10−31,0×10−6=110105=316,2210≈31,6Q = \frac{1}{10} \sqrt{\frac{100 \times 10^{-3}}{1{,}0 \times 10^{-6}}} = \frac{1}{10} \sqrt{10^5} = \frac{316{,}22}{10} \approx 31{,}6 Puisque Q>0,707Q > 0{,}707, il y a bien résonance.
  2. Amplitude maximale de uCu_C : Le gain maximal Hmax⁡H_{\max} (ou résonance) se calcule en remplaçant xrx_r dans l’expression de H(ω)H(\omega) : Hmax⁡=Q1−14Q2≈Q (car Q est grand devant 1)H_{\max} = \frac{Q}{\sqrt{1 - \frac{1}{4Q^2}}} \approx Q \text{ (car } Q \text{ est grand devant } 1\text{)} Application numérique : Hmax⁡≈31,6H_{\max} \approx 31{,}6. L’amplitude maximale de la tension est donc : UC,max⁡=Hmax⁡⋅E0≈31,6×5,0≈158 VU_{C,\max} = H_{\max} \cdot E_0 \approx 31{,}6 \times 5{,}0 \approx 158\,\text{V}

  3. Analyse critique :

    • Cas limite R+r=0R+r = 0 : Si la résistance totale était rigoureusement nulle, le facteur de qualité QQ tendrait vers l’infini. L’expression de Hmax⁡H_{\max} montrerait une tension aux bornes du condensateur tendant vers l’infini (∞\infty), ce qui traduirait une rupture du modèle linéaire (catastrophe physique due à l’absence d’amortissement et de dissipation d’énergie par effet Joule).
    • Limites du modèle réel : En pratique, la bobine possède toujours une résistance interne non nulle (r>0r > 0). De plus, à très haute tension, les phénomènes de claquage du condensateur ou les pertes par rayonnement et effet de peau dans les spires de la bobine limitent l’amplification réelle. Le modèle linéaire stationnaire du premier ordre ou du second ordre trouve ici ses limites de validité expérimentale.