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Exercice : Calcul de liaisons équivalentes et systèmes isostatiques

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

On s’intéresse à un mécanisme extrait d’un système de levage lourd utilisé dans le domaine industriel. Le schéma cinématique spatial (associé au repère galiléen R0(O,x⃗0,y⃗0,z⃗0)\mathcal{R}_0(O, \vec{x}_0, \vec{y}_0, \vec{z}_0)) est composé de 4 solides indéformables :

  • S0\text{S}_0 : Le bâti (fixe).
  • S1\text{S}_1 : Un bras oscillant de longueur LL, relié à S0\text{S}_0 par une liaison pivot d’axe (O,z⃗0)(O, \vec{z}_0).
  • S2\text{S}_2 : Une bielle de commande, reliée à S1\text{S}_1 par une liaison pivot d’axe (A,z⃗0)(A, \vec{z}_0) (avec OA→=Lx⃗1\overrightarrow{OA} = L\vec{x}_1) et à un coulisseau S3\text{S}_3.
  • S3\text{S}_3 : Un coulisseau en translation par rapport au bâti S0\text{S}_0 suivant l’axe (O,y⃗0)(O, \vec{y}_0). La liaison entre S2\text{S}_2 et S3\text{S}_3 est modélisée par une liaison pivot d’axe (B,z⃗0)(B, \vec{z}_0).

L’objectif de l’étude est de déterminer la mobilité utile du mécanisme, de calculer la liaison équivalente d’une sous-famille, et d’analyser son degré d’hyperstatisme afin de valider sa robustesse vis-à-vis des efforts transmissibles.


  1. Paramétrage et Graphe des liaisons

    • Préciser l’ensemble des solides et lister les liaisons mécaniques en précisant leurs centres et leurs torsors cinématiques ou statiques associés.
    • Tracer (sous forme textuelle ou structurée) le graphe des liaisons du mécanisme.
  2. Mobilité cinématique

    • Appliquer la formule de Grübler (ou formule générale de la statique/cinématique) pour déterminer la mobilité potentielle mm du mécanisme.
    • Identifier la mobilité utile mum_u et la ou les éventuelles mobilités internes mim_i.
  3. Étude d’une sous-famille et liaison équivalente

    • Isoler la bielle S2\text{S}_2. Quelle est sa particularité en tant que solide intermédiaire soumis à deux liaisons ?
    • Déterminer le torseur de la liaison équivalente entre le bras S1\text{S}_1 et le coulisseau S3\text{S}_3 si l’on considérait l’ensemble S2\text{S}_2 comme un sous-ensemble transmettant des efforts. (Note : on raisonnera plus globalement sur le cycle fermé).
  4. Analyse de l’hyperstatisme

    • Calculer le degré d’hyperstatisme hh du mécanisme complet.
    • Conclure sur son caractère isostatique ou hyperstatique. Quel est l’impact pratique sur sa fabrication et son montage ?

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Indication 1 (Graphe) : N’oubliez pas que le bâti S0\text{S}_0 peut apparaître en plusieurs nœuds sur le graphe si les liaisons ne sont pas adjacentes au même endroit, mais ici le cycle est simple : S0−S1−S2−S3−S0\text{S}_0 - \text{S}_1 - \text{S}_2 - \text{S}_3 - \text{S}_0.
  • Indication 2 (Mobilité) : La formule générale pour un mécanisme spatial est m−r=6(N−1)−∑i(6−Ifi)m - r = 6(N - 1) - \sum_{\text{i}} (6 - If_i), où NN est le nombre de solides (bâti inclus), IfiIf_i le nombre d’inconnues indépendantes de la liaison ii, mm la mobilité et rr l’hyperstatisme.
  • Indication 3 (Solide bipotentiel) : Une bielle S2\text{S}_2 parfaite, en liaison parfaite par deux pivots d’axes parallèles à z⃗0\vec{z}_0 à ses extrémités, se comporte dans le plan (O,x⃗0,y⃗0)(O, \vec{x}_0, \vec{y}_0) comme une barre transmettant un effort purement axial (effort normal).

  • Solides : N=4N = 4 solides (S0,S1,S2,S3\text{S}_0, \text{S}_1, \text{S}_2, \text{S}_3).

  • Liaisons :

    • L01\text{L}_{01} : Liaison Pivot entre S0\text{S}_0 et S1\text{S}_1 d’axe (O,z⃗0)(O, \vec{z}_0). Centre OO.
      • If01=5\text{If}_{01} = 5 (1 rotation permise).
    • L12\text{L}_{12} : Liaison Pivot entre S1\text{S}_1 et S2\text{S}_2 d’axe (A,z⃗0)(A, \vec{z}_0). Centre AA.
      • If12=5\text{If}_{12} = 5 (1 rotation permise).
    • L23\text{L}_{23} : Liaison Pivot entre S2\text{S}_2 et S3\text{S}_3 d’axe (B,z⃗0)(B, \vec{z}_0). Centre BB.
      • If23=5\text{If}_{23} = 5 (1 rotation permise).
    • L30\text{L}_{30} : Liaison Glissière entre S3\text{S}_3 et S0\text{S}_0 d’axe (O,y⃗0)(O, \vec{y}_0).
      • If30=5\text{If}_{30} = 5 (1 translation permise).
  • Graphe des liaisons : S0≡Pivot (O,z⃗0)S1≡Pivot (A,z⃗0)S2≡Pivot (B,z⃗0)S3≡Glissieˋre (O,y⃗0)S0\text{S}_0 \quad \stackrel{\text{Pivot } (O, \vec{z}_0)}{\equiv} \quad \text{S}_1 \quad \stackrel{\text{Pivot } (A, \vec{z}_0)}{\equiv} \quad \text{S}_2 \quad \stackrel{\text{Pivot } (B, \vec{z}_0)}{\equiv} \quad \text{S}_3 \quad \stackrel{\text{Glissière } (O, \vec{y}_0)}{\equiv} \quad \text{S}_0 (Le graphe forme une boucle unique fermée).


Le nombre total d’inconnues statiques (ou cinématiques) cumulées des liaisons est : ∑Ifi=If01+If12+If23+If30=5+5+5+5=20\sum \text{If}_i = \text{If}_{01} + \text{If}_{12} + \text{If}_{23} + \text{If}_{30} = 5 + 5 + 5 + 5 = 20

Appliquons la formule liant la mobilité mm, l’hyperstatisme hh et les caractéristiques du mécanisme spatial : m−h=6(N−1)−∑Ifim - h = 6(N - 1) - \sum \text{If}_i m−h=6(4−1)−20=18−20=−2m - h = 6(4 - 1) - 20 = 18 - 20 = -2 Donc : m−h=−2m - h = -2

  • Recherche de la mobilité utile (mum_u) : En pilotant le système par la liaison L01\text{L}_{01} (rotation du bras S1\text{S}_1), le coulisseau S3\text{S}_3 se déplace de manière univoque. La mobilité utile est donc de mu=1m_u = 1.
  • Recherche des mobilités internes (mim_i) : La bielle S2\text{S}_2 peut-elle tourner sur elle-même autour de l’axe (AB)(AB) ? Aucune liaison ne l’empêche explicitement si l’on considère les liaisons pivots parfaites dans l’espace à 3 dimensions. Il y a donc une rotation possible de S2\text{S}_2 autour de son propre axe (AB)(AB), qui n’affecte pas la fonction globale du mécanisme. Cette rotation constitue une mobilité interne : mi=1m_i = 1.

La mobilité totale cinématique est donc m=mu+mi=1+1=2m = m_u + m_i = 1 + 1 = 2.


Reprenons l’équation cinématique/statique globale avec m=2m = 2 : 2−h=−2  ⟹  h=2−(−2)=42 - h = -2 \implies h = 2 - (-2) = 4

Vérifions par la méthode statique (fermeture des torseurs d’effort) dans le cas planaire (puisque le mécanisme fonctionne entièrement dans des plans parallèles au plan (O,x⃗0,y⃗0)(O, \vec{x}_0, \vec{y}_0)) : En projection planaire :

  • Nombre de solides mobiles : Nmobiles=3N_{\text{mobiles}} = 3 (S1,S2,S3\text{S}_1, \text{S}_2, \text{S}_3).
  • Nombre d’inconnues scalaires de liaison dans le plan :
    • Pivot L01\text{L}_{01} : 2 (forces en OO)
    • Pivot L12\text{L}_{12} : 2 (forces en AA)
    • Pivot L23\text{L}_{23} : 2 (forces en BB)
    • Glissière L30\text{L}_{30} : 2 (1 force normale, 1 moment de guidage)
    • Total des inconnues scalaires Ec=2+2+2+2=8E_c = 2 + 2 + 2 + 2 = 8.
  • Nombre d’équations scalaires d’équilibre statique pour 3 solides plans : 3×3=93 \times 3 = 9 équations.
  • Degré d’hyperstatisme plan hplan=Ec−Eˊquations=(Attention aux torseurs plans)h_{\text{plan}} = E_c - \text{Équations} = \text{(Attention aux torseurs plans)}. Plus rigoureusement, via la formule plane : Ec=2+2+2+2=8E_c = 2 + 2 + 2 + 2 = 8 Eˊquations=3×(N−1)=3×3=9 ? Non, attention au nombre de cycles.\text{Équations} = 3 \times (N - 1) = 3 \times 3 = 9 \text{ ? Non, attention au nombre de cycles}. Formule par les cycles pour le plan : h=Ec−3⋅γh = E_c - 3 \cdot \gamma où γ\gamma est le nombre de cycles indépendants. Ici γ=1\gamma = 1 (un seul cycle S0−S1−S2−S3−S0\text{S}_0-\text{S}_1-\text{S}_2-\text{S}_3-\text{S}_0). Le nombre d’inconnues scalaires utiles dans le plan est de 8, mais le nombre d’équations apportées par un cycle fermé plan est de 3. (Note de correction : L’analyse spatiale stricte donne h=4h=4 car les liaisons pivots et glissières introduisent des surcontraintes sur les orientations hors-plan z⃗0\vec{z}_0).

4. Conclusion et synthèse pour l’ingénieur

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  • Le mécanisme est hautement hyperstatique (h=4h = 4 en spatial).
  • Conséquence industrielle : Un tel degré d’hyperstatisme signifie qu’au montage, les axes des liaisons pivots (OO, AA, BB) et le guidage de la glissière doivent être usinés avec des tolérances géométriques extrêmement serrées (coaxialité parfaite des axes de pivotement). Au moindre défaut de fabrication, des efforts contraignants anormaux (forces de theorie des poutres transversales non désirées) vont apparaître, menant à l’grippage ou à l’usure prématurée des liaisons.
  • Amélioration technologique : Pour rendre le système isostatique (h=0h=0), il conviendrait de remplacer certaines liaisons par des liaisons sphériques (rotules) ou d’introduire des articulations élastiques pour tolérer les défauts d’alignement tridimensionnels.