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Exercice 1 : Bézout, Gauss et congruences

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

L’arithmétique dans l’anneau principal (Z,+,×)(\mathbb{Z}, +, \times) constitue un pilier fondamental de la formation en mathématiques en filière MP2I. Ce problème se propose d’explorer des applications avancées des théorèmes de Bézout et de Gauss, ainsi que la résolution de systèmes de congruences linéaires. L’étude débute par des propriétés structurelles du pgcd, se poursuit par la résolution d’une équation diophantienne à paramètre, et s’achève par l’analyse d’un système de congruences inspiré du célèbre théorème des restes chinois.

Soient aa et bb deux entiers relatifs non tous nuls. On note a∧ba \land b leur plus grand commun diviseur (PGCD) et a∨ba \lor b leur plus petit commun multiple (PPCM).


❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”
  1. Propriétés fondamentales Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^*. Démontrer que pour tout a,b∈Za, b \in \mathbb{Z}, on a l’égalité : pgcd(an,bn)=∣n∣pgcd(a,b)\text{pgcd}(an, bn) = |n| \text{pgcd}(a, b)

  2. Application du théorème de Bézout Soit a,b∈Z∗a, b \in \mathbb{Z}^* tels que pgcd(a,b)=1\text{pgcd}(a, b) = 1. Démontrer que pour tout entier k∈Nk \in \mathbb{N}, on a pgcd(a+b,a2−ab+b2)∣3\text{pgcd}(a+b, a^2 - ab + b^2) \mid 3. Application critique : La condition pgcd(a,b)=1\text{pgcd}(a, b) = 1 est-elle nécessaire pour que le diviseur commun divise 33 ? Justifier par un contre-exemple.

  3. Résolution d’une équation diophantienne On considère l’équation (E):7x−12y=5(E) : 7x - 12y = 5, d’inconnue (x,y)∈Z2(x,y) \in \mathbb{Z}^2. a) Déterminer une solution particulière de (E)(E) dans Z2\mathbb{Z}^2. b) Résoudre (E)(E) dans Z2\mathbb{Z}^2.

  4. Système de congruences et généralisation On s’intéresse au système de congruences suivant, d’inconnue X∈ZX \in \mathbb{Z} : (S){X≡2(mod7)X≡3(mod12)(S) \quad \begin{cases} X \equiv 2 \pmod 7 \\ X \equiv 3 \pmod{12} \end{cases} a) Montrer que le système (S)(S) admet des solutions et exprimer la solution générale sous la forme d’une congruence modulo un entier à préciser. b) Analyse critique du modèle : Si l’on remplace 1212 par 1414 dans le système (S)(S), que se passe-t-il ? Formuler une condition nécessaire et suffisante générale d’existence de solutions pour un système de la forme {X≡u(moda)X≡v(modb)\begin{cases} X \equiv u \pmod a \\ X \equiv v \pmod b \end{cases}.


💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 1 : Utiliser la caractérisation du PGCD par l’idéal engendré dans Z\mathbb{Z} (i.e., Ia+Ib=Ipgcd(a,b)I_a + I_b = I_{\text{pgcd}(a,b)}) ou revenir à la définition par divisibilité et positivité.
  • Question 2 : Poser d=pgcd(a+b,a2−ab+b2)d = \text{pgcd}(a+b, a^2 - ab + b^2). Exprimer a2−ab+b2a^2 - ab + b^2 en fonction de (a+b)(a+b) et de abab, puis exploiter le fait que pgcd(a,b)=1\text{pgcd}(a, b) = 1 implique pgcd(a+b,ab)=1\text{pgcd}(a+b, ab) = 1.
  • Question 3 : Utiliser l’algorithme d’Euclide étendu pour trouver une solution particulière.
  • Question 4 : Traduire le système en une équation diophantienne linéaire, puis appliquer les résultats de la question 3.

Soit d=pgcd(a,b)d = \text{pgcd}(a, b). Par définition, l’idéal engendré par anan et bnbn dans Z\mathbb{Z} est : Ian,bn={u(an)+v(bn)∣(u,v)∈Z2}=n({ua+vb∣(u,v)∈Z2})=nIa,bI_{an, bn} = \{u(an) + v(bn) \mid (u,v) \in \mathbb{Z}^2\} = n(\{ua + vb \mid (u,v) \in \mathbb{Z}^2\}) = n I_{a, b} Puisque Ia,b=Id=dZI_{a, b} = I_d = d\mathbb{Z}, on a : Ian,bn=n(dZ)=(nd)ZI_{an, bn} = n(d\mathbb{Z}) = (nd)\mathbb{Z} Le générateur positif de cet idéal est ∣nd∣=∣n∣d=∣n∣pgcd(a,b)|nd| = |n|d = |n|\text{pgcd}(a, b). Par unicité du PGCD positif, on conclut que : pgcd(an,bn)=∣n∣pgcd(a,b)\text{pgcd}(an, bn) = |n| \text{pgcd}(a, b)


Soit d=pgcd(a+b,a2−ab+b2)d = \text{pgcd}(a+b, a^2 - ab + b^2). On remarque l’identité algébrique : a2−ab+b2=(a+b)2−3aba^2 - ab + b^2 = (a+b)^2 - 3ab Puisque dd divise a+ba+b, il divise (a+b)2(a+b)^2. De plus, dd divise a2−ab+b2a^2 - ab + b^2. Par combinaison linéaire, dd divise la différence : 3ab=(a+b)2−(a2−ab+b2)3ab = (a+b)^2 - (a^2 - ab + b^2) Ainsi, dd divise 3ab3ab.

Or, on sait que pgcd(a+b,a)=pgcd(b,a)=1\text{pgcd}(a+b, a) = \text{pgcd}(b, a) = 1 (car pgcd(a,b)=1\text{pgcd}(a,b)=1). De même, pgcd(a+b,b)=1\text{pgcd}(a+b, b) = 1. Par le lemme de Gauss (ou par propriété multiplicative du PGCD), comme pgcd(a+b,a)=1\text{pgcd}(a+b, a) = 1 et pgcd(a+b,b)=1\text{pgcd}(a+b, b) = 1, on a : pgcd(a+b,ab)=1\text{pgcd}(a+b, ab) = 1 Puisque dd divise 3ab3ab et que pgcd(d,ab)=1\text{pgcd}(d, ab) = 1 (car dd divise a+ba+b), le lemme de Gauss permet de conclure que : d∣3d \mid 3

Analyse critique : La condition pgcd(a,b)=1\text{pgcd}(a, b) = 1 est suffisante mais non nécessaire pour que le diviseur divise 33. Contre-exemple: * Prenons a=2a = 2 et b=2b = 2. Alors pgcd(2,2)=2≠1\text{pgcd}(2, 2) = 2 \neq 1. Calculons a+b=4a+b = 4 et a2−ab+b2=4−4+4=4a^2 - ab + b^2 = 4 - 4 + 4 = 4. Leur PGCD est 44. On constate que 44 ne divise pas 33. En revanche, si l’on prend a=2a=2 et b=4b=4 (donc pgcd(2,4)=2\text{pgcd}(2,4)=2), a+b=6a+b = 6 et a2−ab+b2=4−8+16=12a^2-ab+b^2 = 4 - 8 + 16 = 12, le PGCD est 66 (qui n’est pas 33). Si l’on prend a=1a=1 et b=2b=2 (pgcd(1,2)=1\text{pgcd}(1,2)=1), a+b=3a+b=3 et 1−2+4=31-2+4=3, pgcd(3,3)=3\text{pgcd}(3,3)=3.


3. Résolution d’une équation diophantienne

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a) On cherche une solution particulière de 7x−12y=57x - 12y = 5. Remarquons d’abord que pgcd(7,12)=1\text{pgcd}(7, 12) = 1. Par l’algorithme d’Euclide étendu : 12=1×7+5  ⟹  5=12−712 = 1 \times 7 + 5 \implies 5 = 12 - 7 En multipliant par 55, on obtient : 5=7(−5)−12(−5)(attention au signe)5 = 7(-5) - 12(-5) \quad \text{(attention au signe)} Vif calcul : 7×(−5)−12(−5)=−35+60=25≠57 \times (-5) - 12(-5) = -35 + 60 = 25 \neq 5. Reprenons : On cherche 7x0−12y0=17x_0 - 12y_0 = 1. 12=1×7+5  ⟹  5=12−712 = 1 \times 7 + 5 \implies 5 = 12 - 7 7=1×5+2  ⟹  2=7−5=7−(12−7)=2×7−127 = 1 \times 5 + 2 \implies 2 = 7 - 5 = 7 - (12 - 7) = 2 \times 7 - 12 5=2×2+1  ⟹  1=5−2×2=(12−7)−2(2×7−12)=3×12−5×75 = 2 \times 2 + 1 \implies 1 = 5 - 2 \times 2 = (12 - 7) - 2(2 \times 7 - 12) = 3 \times 12 - 5 \times 7 Donc 7(−5)−12(−3)=17(-5) - 12(-3) = 1. En multipliant par 55 : 7(−25)−12(−15)=57(-25) - 12(-15) = 5 Une solution particulière est donc (x0,y0)=(−25,−15)(x_0, y_0) = (-25, -15).

b) Soit (x,y)(x, y) une solution quelconque de (E)(E). On a : 7x−12y=7(−25)−12(−15)  ⟹  7(x+25)=12(y+15)7x - 12y = 7(-25) - 12(-15) \implies 7(x + 25) = 12(y + 15) Puisque 77 divise 12(y+15)12(y+15) et que pgcd(7,12)=1\text{pgcd}(7, 12) = 1, le lemme de Gauss implique que 77 divise y+15y + 15. Il existe donc k∈Zk \in \mathbb{Z} tel que y+15=7ky + 15 = 7k, soit y=−15+7ky = -15 + 7k. En reportant dans l’égalité : 7(x+25)=12(7k)  ⟹  x+25=12k  ⟹  x=−25+12k7(x + 25) = 12(7k) \implies x + 25 = 12k \implies x = -25 + 12k Réciproquement, pour tout k∈Zk \in \mathbb{Z}, le couple (−25+12k,−15+7k)(-25 + 12k, -15 + 7k) est solution. L’ensemble des solutions de (E)(E) est donc : S={(−25+12k,−15+7k)∣k∈Z}\mathcal{S} = \{(-25 + 12k, -15 + 7k) \mid k \in \mathbb{Z}\}


4. Système de congruences et généralisation

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a) Le système (S)(S) se traduit par l’existence de x,y∈Zx, y \in \mathbb{Z} tels que : {X=7x+2X=12y+3\begin{cases} X = 7x + 2 \\ X = 12y + 3 \end{cases} On en déduit l’équation diophantienne : 7x+2=12y+3  ⟺  7x−12y=17x + 2 = 12y + 3 \iff 7x - 12y = 1 D’après la question 3, une solution particulière de 7x−12y=17x - 12y = 1 est (x0,y0)=(−5,−3)(x_0, y_0) = (-5, -3). La solution générale pour xx est x=−5+12kx = -5 + 12k (k∈Zk \in \mathbb{Z}). On remplace pour trouver XX : X=7(−5+12k)+2=−35+84k+2=84k−33X = 7(-5 + 12k) + 2 = -35 + 84k + 2 = 84k - 33 En modulo, cela s’écrit : X≡−33≡51(mod84)X \equiv -33 \equiv 51 \pmod{84} La solution générale est donc X∈51+84ZX \in 51 + 84\mathbb{Z}.

b) Analyse critique du modèle : Si l’on remplace 1212 par 1414, le système devient : {X≡2(mod7)X≡3(mod14)\begin{cases} X \equiv 2 \pmod 7 \\ X \equiv 3 \pmod{14} \end{cases} Ceci implique qu’il existe k,l∈Zk, l \in \mathbb{Z} tels que X=7k+2X = 7k + 2 et X=14l+3X = 14l + 3, soit : 7k+2=14l+3  ⟺  7k−14l=1  ⟺  7(k−2l)=17k + 2 = 14l + 3 \iff 7k - 14l = 1 \iff 7(k - 2l) = 1 Le membre de gauche est un multiple de 77, tandis que le membre de droite vaut 11. C’est absurde. Le système n’admet donc aucune solution.

Condition nécessaire et générale : Considérons le système {X≡u(moda)X≡v(modb)\begin{cases} X \equiv u \pmod a \\ X \equiv v \pmod b \end{cases}. Ce système admet des solutions si et seulement si : u≡v(modpgcd(a,b))u \equiv v \pmod{\text{pgcd}(a, b)} En effet, la condition X=au+u=bv+v′X = au + u = bv + v' équivaut à au−bv=v−uau - bv = v - u, ce qui admet des solutions si et seulement si pgcd(a,b)\text{pgcd}(a, b) divise v−uv - u (théorème de Bézout).