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Exercice 2 : Équations du 2nd ordre à coefficients constants

Problème guidé : Oscillateur harmonique amorti soumis à une excitation sinusoïdale et analyse critique

Section titled “Problème guidé : Oscillateur harmonique amorti soumis à une excitation sinusoïdale et analyse critique”

On étudie le comportement dynamique d’un système mécanique modélisé par une masse mm attachée à un ressort de raideur kk et soumise à une force de frottement fluide de coefficient hh ainsi qu’à une force extérieure d’excitation sinusoïdale de pulsation ω\omega et d’amplitude F0F_0.

Soit x(t)x(t) le déplacement de la masse par rapport à sa position d’équilibre à l’instant t≥0t \ge 0. L’application de la relation fondamentale de la dynamique conduit à l’équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants suivante :

md2xdt2+hdxdt+kx=F0cos⁡(ωt)m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2} + h \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} + kx = F_0 \cos(\omega t)

On introduit les paramètres caractéristiques du système :

  • La pulsation propre non amortie : ω0=km\omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}}
  • Le facteur d’amortissement (ou taux d’amortissement) : ξ=h2mω0\xi = \frac{h}{2m\omega_0}
  • La pulsation réduite : X=ωω0X = \frac{\omega}{\omega_0}

On se place dans le régime physique usuel des oscillations amorties, c’est-à-dire dans le cas où ξ∈]0,1[\xi \in ]0, 1[.


Partie I : Résolution de l’équation homogène

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  1. Écrire l’équation différentielle homogène associée (E0)(E_0) et donner son équation caractéristique.
  2. Exprimer les racines de l’équation caractéristique en fonction de ω0\omega_0 et ξ\xi.
  3. En déduire l’expression générale de la solution xh(t)x_h(t) de (E0)(E_0) dans le cas où ξ∈]0,1[\xi \in ]0, 1[.

Partie II : Recherche d’une solution particulière

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  1. À l’aide de la méthode des complexifiés, on considère l’équation à second membre complexe : md2z‾dt2+hdz‾dt+kz‾=F0ejωtm \frac{\mathrm{d}^2 \underline{z}}{\mathrm{d}t^2} + h \frac{\mathrm{d}\underline{z}}{\mathrm{d}t} + k\underline{z} = F_0 e^{j\omega t} Chercher une solution sous la forme z‾(p)=Aejωt\underline{z}(p) = A e^{j\omega t} où AA est une amplitude complexe.
  2. Exprimer AA en fonction de F0F_0, kk, ξ\xi et de la pulsation réduite XX. Mettre AA sous la forme A=∣A∣ejφA = |A| e^{j\varphi}.
  3. En déduire la solution particulière réelle xp(t)x_p(t) de l’équation initiale.

Partie III : Solution générale et régime permanent/transitoire

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  1. Écrire la solution générale x(t)x(t) de l’équation complète. Identifier clairement le terme correspondant au régime transitoire et celui correspondant au régime permanent.
  2. Étudier l’amplitude du régime permanent en fonction de la pulsation réduite XX. Mettre en évidence le phénomène de résonance et déterminer la pulsation de résonance ωr\omega_r ainsi que le facteur de surtension QQ.

Partie IV : Analyse critique des limites du modèle

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  1. Discuter la validité physique du modèle lorsque l’amplitude des oscillations devient très grande ou lorsque la fréquence d’excitation tend vers l’infini. Quelles non-linéarités ou phénomènes physiques négligés ici interviendraient dans un dispositif réel ?

  • Piste 1 (Partie I) : Le discriminant de l’équation caractéristique est strictement négatif si ξ<1\xi < 1, ce qui conduit à des racines complexes conjuguées.
  • Piste 2 (Partie II) : L’identification des parties réelles permet de passer de l’équation complexe à l’équation réelle grâce à Re(F0ejωt)=F0cos⁡(ωt)\text{Re}(F_0 e^{j\omega t}) = F_0 \cos(\omega t).
  • Piste 3 (Partie III) : Pour trouver le maximum de l’amplitude, étudiez la dérivée du carré de l’amplitude par rapport à XX.
  • Piste 4 (Partie IV) : Pensez aux limites des lois de Hooke (ressort) et de Stokes (frottement fluide), ainsi qu’à la résistance des matériaux pour de grands déplacements.

Partie I : Résolution de l’équation homogène

Section titled “Partie I : Résolution de l’équation homogène”
  1. L’équation homogène associée est : (E0):md2xdt2+hdxdt+kx=0(E_0) : m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2} + h \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} + kx = 0 Son équation caractéristique est : mr2+hr+k=0m r^2 + h r + k = 0.

  2. En divisant par mm et en introduisant ω02=km\omega_0^2 = \frac{k}{m} et hm=2ξω0\frac{h}{m} = 2\xi\omega_0, l’équation devient : r2+2ξω0r+ω02=0r^2 + 2\xi\omega_0 r + \omega_0^2 = 0 Le discriminant réduit est Δ′=(ξω0)2−ω02=ω02(ξ2−1)\Delta' = (\xi\omega_0)^2 - \omega_0^2 = \omega_0^2(\xi^2 - 1). Puisque ξ∈]0,1[\xi \in ]0, 1[, Δ′<0\Delta' < 0. Les racines complexes conjuguées sont : r1=−ξω0+jω01−ξ2etr2=−ξω0−jω01−ξ2r_1 = -\xi\omega_0 + j\omega_0\sqrt{1-\xi^2} \quad \text{et} \quad r_2 = -\xi\omega_0 - j\omega_0\sqrt{1-\xi^2} où j2=−1j^2 = -1.

  3. La solution générale de (E0)(E_0) est de la forme : xh(t)=e−ξω0t(C1cos⁡(ω1t)+C2sin⁡(ω1t))x_h(t) = e^{-\xi\omega_0 t} \left( C_1 \cos(\omega_1 t) + C_2 \sin(\omega_1 t) \right) avec ω1=ω01−ξ2\omega_1 = \omega_0\sqrt{1-\xi^2} la pulsation propre amortie, et (C1,C2)∈R2(C_1, C_2) \in \mathbb{R}^2 des constantes arbitraires déterminées par les conditions initiales.

Partie II : Recherche d’une solution particulière

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  1. En posant z‾(t)=Aejωt\underline{z}(t) = A e^{j\omega t}, on a dz‾dt=jωAejωt\frac{\mathrm{d}\underline{z}}{\mathrm{d}t} = j\omega A e^{j\omega t} et d2z‾dt2=−ω2Aejωt\frac{\mathrm{d}^2\underline{z}}{\mathrm{d}t^2} = -\omega^2 A e^{j\omega t}. En injectant dans l’équation complexe : Aejωt(−mω2+jhω+k)=F0ejωtA e^{j\omega t} \left( -m\omega^2 + j h\omega + k \right) = F_0 e^{j\omega t} En simplifiant par ejωte^{j\omega t} (≠0\neq 0), on obtient : A((k−mω2)+jhω)=F0A \left( (k - m\omega^2) + j h\omega \right) = F_0

  2. En factorisant par kk et en utilisant X=ωω0X = \frac{\omega}{\omega_0} et ω02=km\omega_0^2 = \frac{k}{m} (donc mω2=kX2m\omega^2 = kX^2) et h=2ξkmh = 2\xi\sqrt{km}, on a : A=F0/k(1−X2)+j(2ξX)A = \frac{F_0 / k}{(1 - X^2) + j(2\xi X)} L’amplitude complexe s’écrit sous forme polaire A=∣A∣ejφA = |A| e^{j\varphi} avec : ∣A∣=F0/k(1−X2)2+(2ξX)2etφ=−arctan⁡(2ξX1−X2)|A| = \frac{F_0 / k}{\sqrt{(1 - X^2)^2 + (2\xi X)^2}} \quad \text{et} \quad \varphi = -\arctan\left(\frac{2\xi X}{1 - X^2}\right)

  3. La solution particulière réelle xp(t)x_p(t) est la partie réelle de z‾(t)=∣A∣ej(ωt+φ)\underline{z}(t) = |A| e^{j(\omega t + \varphi)} : xp(t)=∣A∣cos⁡(ωt+φ)x_p(t) = |A| \cos(\omega t + \varphi)

Partie III : Solution générale et régime permanent/transitoire

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  1. La solution générale est x(t)=xh(t)+xp(t)x(t) = x_h(t) + x_p(t), soit : x(t)=e−ξω0t(C1cos⁡(ω1t)+C2sin⁡(ω1t))⏟Reˊgime transitoire xtrans(t)+∣A∣cos⁡(ωt+φ)⏟Reˊgime permanent xperm(t)x(t) = \underbrace{e^{-\xi\omega_0 t} \left( C_1 \cos(\omega_1 t) + C_2 \sin(\omega_1 t) \right)}_{\text{Régime transitoire } x_{\text{trans}}(t)} + \underbrace{|A| \cos(\omega t + \varphi)}_{\text{Régime permanent } x_{\text{perm}}(t)} Puisque ξ>0\xi > 0, le terme transitoire tend vers 00 lorsque t→+∞t \to +\infty.

  2. L’amplitude du régime permanent est g(X)=∣A∣=F0/k(1−X2)2+(2ξX)2g(X) = |A| = \frac{F_0/k}{\sqrt{(1-X^2)^2 + (2\xi X)^2}}. Pour trouver le maximum de g(X)g(X), on étudie le minimum de la fonction sous radical u(X)=(1−X2)2+(2ξX)2=1+(4ξ2−2)X2+X4u(X) = (1-X^2)^2 + (2\xi X)^2 = 1 + (4\xi^2 - 2)X^2 + X^4. Sa dérivée par rapport à XX s’annule en XrX_r tel que : 2(4ξ2−2)Xr+4Xr3=0  ⟹  Xr2=1−2ξ22(4\xi^2 - 2)X_r + 4X_r^3 = 0 \implies X_r^2 = 1 - 2\xi^2 Il y a résonance si 1−2ξ2>01 - 2\xi^2 > 0, c’est-à-dire ξ<12≈0,707\xi < \frac{1}{\sqrt{2}} \approx 0{,}707. La pulsation de résonance est alors : ωr=ω01−2ξ2\omega_r = \omega_0\sqrt{1-2\xi^2} Le facteur de surtension QQ correspond à l’amplification maximale à la résonance : Q=12ξ1−ξ2Q = \frac{1}{2\xi\sqrt{1-\xi^2}}

Partie IV : Analyse critique des limites du modèle

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  1. Limites physiques et critiques du modèle linéaire :
    • Domaine de validité de la loi de Hooke (kxkx) : Si l’amplitude F0F_0 est très grande ou si le système est à la résonance avec un faible amortissement (ξ≪1\xi \ll 1), l’amplitude des oscillations ∣A∣|A| peut devenir très grande. Dans ce cas, l’hypothèse des petits déplacements n’est plus vérifiée, et la raideur du ressort kk ne peut plus être considérée comme constante (termes non-linéaires d’ordre supérieur en x3x^3).
    • Modèle de frottement fluide (hx˙h\dot{x}) : Le frottement est supposé strictement proportionnel à la vitesse. Pour des vitesses élevées (atteintes à la résonance), des régimes turbulents apparaissent, impliquant une force de frottement en x˙∣x˙∣\dot{x}|\dot{x}| (frottement quadratique), invalidant la linéarité de l’équation.
    • Comportement asymptotique (X→+∞X \to +\infty) : Le modèle mathématique prédit que l’amplitude ∣A∣|A| tend vers 00 lorsque la fréquence d’excitation tend vers l’infini. Physiquement, le système ne peut plus suivre l’excitation rapide en raison de l’inertie, mais à très haute fréquence, des modes propres supérieurs de structure (flexions du ressort lui-même, ondes stationnaires) ou des phénomènes de délignage/rupture mécanique apparaissent, non décrits par un oscillateur à un seul degré de liberté.