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Exercice 1 : Premier et second principes

🌐 Énoncé du problème / Étude de cas

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Étude de cas”

On s’intéresse à un dispositif thermique innovant destiné à la valorisation de la chaleur fatale (chaleur perdue par les processus industriels) à basse température. Le système étudié modélise un cycle thermodynamique fermé utilisant un gaz parfait diatomique (N2N_2 ou air sec assimilé à un gaz parfait, avec γ=1,40\gamma = 1{,}40).

Le fluide subit un cycle de transformations quasi-statiques réversibles et irréversibles que l’on se propose d’analyser. L’installation est conçue pour fonctionner entre une source chaude industrielle de température constante TC=400 KT_C = 400\text{ K} et l’atmosphère extérieure jouant le rôle de source froide à la température TF=300 KT_F = 300\text{ K}.

L’ingénieur responsable du projet propose un cycle à quatre étapes pour n=1 moln = 1\text{ mol} de gaz parfait :

  1. Compression adiabatique réversible (1→21 \to 2) : le gaz passe d’une pression initiale P1=1,0 barP_1 = 1{,}0\text{ bar} et d’une température T1=TF=300 KT_1 = T_F = 300\text{ K} à une pression P2=3,0 barP_2 = 3{,}0\text{ bar}.
  2. Chauffage isobare (2→32 \to 3) au contact de la source chaude, amenant le gaz à la température T3=TC=400 KT_3 = T_C = 400\text{ K}.
  3. Détente isotherme (3→43 \to 4) à la température TCT_C au cours de laquelle le gaz reçoit du travail et de la chaleur de la source chaude.
  4. Refroidissement isochore (4→14 \to 1) ramenant le système à son état initial.

Avant d’accepter ce cycle, la direction technique demande une étude thermodynamique rigoureuse, incluant l’évaluation des bilans énergétiques et entropiques, ainsi qu’une analyse critique des hypothèses retenues face aux contraintes industrielles réelles.


❓ Questions progressives (incluant des questions d’analyse critique)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant des questions d’analyse critique)”
  1. Représentation et thermodynamique de base

    • Représenter qualitativement le cycle 1→2→3→4→11 \to 2 \to 3 \to 4 \to 1 dans un diagramme de Clapeyron (P,V)(P, V).
    • Exprimer les températures T2T_2 et T4T_4 en fonction des données du problème (P1,P2,T1,T3,γP_1, P_2, T_1, T_3, \gamma). Calculer numériquement T2T_2 et T4T_4.
  2. Bilan énergétique par étape

    • Calculer le travail W12W_{12} et le transfert thermique Q12Q_{12} reçus par le gaz lors de la transformation 1→21 \to 2.
    • Exprimer et calculer les transferts thermiques Q23Q_{23}, Q34Q_{34} et Q41Q_{41} reçus par le gaz au cours des étapes 2→32 \to 3, 3→43 \to 4 et 4→14 \to 1.
  3. Bilan global et second principe

    • Établir l’expression du travail total WcycleW_{\text{cycle}} reçu par le gaz au cours d’un cycle complet, en fonction des quantités thermiques ou des grandeurs d’état. Le cycle est-il moteur ou récepteur ?
    • Calculer la variation d’entropie de l’univers ΔSuniv\Delta S_{\text{univ}} pour un cycle complet. Le modèle choisi est-il thermodynamiquement admissible ?
  4. Analyse critique et limites du modèle

    • L’étape 1→21 \to 2 est qualifiée d’adiabatique réversible. Dans une machine réelle tournant à haute fréquence, les frottements mécaniques et les transferts thermiques avec les parois ne sont pas nuls. Qualifie-t-on cette transformation de réelle ? Quel est l’impact qualitatif sur l’entropie créée ΔScr\Delta S_{\text{cr}} ?
    • L’hypothèse d’un gaz parfait est-elle valide à P2=3,0 barP_2 = 3{,}0\text{ bar} et T2≈410 KT_2 \approx 410\text{ K} pour l’azote ? Justifier en citant les ordres de grandeur des forces intermoléculaires et du volume propre des molécules.

  • Pour l’étape 1→21 \to 2, utiliser la loi de Laplace sous la forme liant PP et TT (P1−γTγ=cteP^{1-\gamma} T^\gamma = \text{cte}).
  • Pour le travail d’une transformation isobare ou isotherme, se rappeler des définitions fondamentales issues du premier principe (dU=δW+δQdU = \delta W + \delta Q).
  • Pour l’entropie, l’état initial et l’état final étant identiques sur un cycle complet (ΔScycle=0\Delta S_{\text{cycle}} = 0), se concentrer sur l’entropie échangée avec les thermostats.
  • Pour l’analyse critique de l’adiabaticité, penser au terme d’entropie créée ΔScr>0\Delta S_{\text{cr}} > 0 pour un processus irréversible.

📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats

Section titled “📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats”

1. Représentation et températures intermédiaires

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  • Diagramme (P,V)(P, V) : L’isotherme à TCT_C passe par 3 et 4. L’adiabatique 1→21 \to 2 est plus raide que l’isotherme. L’isobare 2→32 \to 3 est horizontale. L’isochore 4→14 \to 1 est verticale.
  • Calcul de T2T_2 (1→21 \to 2 adiabatique réversible de gaz parfait) : La loi de Laplace P1−γTγ=cteP^{1-\gamma} T^\gamma = \text{cte} donne : T2=T1(P2P1)γ−1γT_2 = T_1 \left(\frac{P_2}{P_1}\right)^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} A.N. : T2=300×(3,0)0,41,4=300×(3)27≈300×1,368=410,4 KT_2 = 300 \times (3{,}0)^{\frac{0{,}4}{1{,}4}} = 300 \times (3)^{\frac{2}{7}} \approx 300 \times 1{,}368 = 410{,}4\text{ K}.
  • Calcul de T4T_4 (4→14 \to 1 isochore) : Puisque le volume V4=V1V_4 = V_1, la loi des gaz parfaits appliquée aux états 4 et 1 donne : P4T4=P1T1\frac{P_4}{T_4} = \frac{P_1}{T_1} Or, l’état 3 est connecté à l’état 4 par une isotherme (T3=T4=400 KT_3 = T_4 = 400\text{ K}). Donc T4=T3=400 KT_4 = T_3 = 400\text{ K}. (La pression P4P_4 s’en déduit : P4=P1T4T1=1×400300=43 barP_4 = P_1 \frac{T_4}{T_1} = 1 \times \frac{400}{300} = \frac{4}{3}\text{ bar}).
  • Étape 1→21 \to 2 (Adiabatique réversible) : Q12=0Q_{12} = 0. D’après le premier principe fermé (ΔU=W+Q\Delta U = W + Q) : W12=ΔU12=nCv(T2−T1)W_{12} = \Delta U_{12} = n C_v (T_2 - T_1) Avec Cv=Rγ−1C_v = \frac{R}{\gamma - 1}. A.N. : W12=1×8,3140,4×(410,4−300)≈2291 J≈2,29 kJW_{12} = 1 \times \frac{8{,}314}{0{,}4} \times (410{,}4 - 300) \approx 2291\text{ J} \approx 2{,}29\text{ kJ}.

  • Étape 2→32 \to 3 (Isobare à P2P_2) : Q23=ΔH23=nCp(T3−T2)Q_{23} = \Delta H_{23} = n C_p (T_3 - T_2) Avec Cp=γRγ−1C_p = \frac{\gamma R}{\gamma - 1}. A.N. : Q23=1×1,4×8,3140,4×(400−410,4)=29,1×(−10,4)≈−303 JQ_{23} = 1 \times \frac{1{,}4 \times 8{,}314}{0{,}4} \times (400 - 410{,}4) = 29{,}1 \times (-10{,}4) \approx -303\text{ J}. (Le gaz cède de la chaleur à la source chaude car T2>T3T_2 > T_3, ce qui met en évidence une incohérence physique mineure dans le sens des transferts du cycle proposé, mais purement calculatoire ici).

  • Étape 3→43 \to 4 (Isotherme à TCT_C) : ΔU34=0  ⟹  Q34=−W34=nRTCln⁡(V4V3)\Delta U_{34} = 0 \implies Q_{34} = -W_{34} = n R T_C \ln\left(\frac{V_4}{V_3}\right) Or V3=nRT3P2V_3 = \frac{n R T_3}{P_2} et V4=V1=nRT1P1V_4 = V_1 = \frac{n R T_1}{P_1}. On calcule Q34Q_{34} directement via les pressions/volumes si nécesssaire.

  • Étape 4→14 \to 1 (Isochore) : W41=0etQ41=ΔU41=nCv(T1−T4)W_{41} = 0 \quad \text{et} \quad Q_{41} = \Delta U_{41} = n C_v (T_1 - T_4) A.N. : Q41=1×8,3140,4×(300−400)≈−2079 JQ_{41} = 1 \times \frac{8{,}314}{0{,}4} \times (300 - 400) \approx -2079\text{ J}.

  • Sur un cycle complet, ΔUcycle=0\Delta U_{\text{cycle}} = 0, donc : Wcycle+Qcycle=0  ⟹  Wcycle=−(Q12+Q23+Q34+Q41)W_{\text{cycle}} + Q_{\text{cycle}} = 0 \implies W_{\text{cycle}} = - (Q_{12} + Q_{23} + Q_{34} + Q_{41})
  • Entropie de l’univers : ΔSuniv=ΔSsysteˋme+ΔSext\Delta S_{\text{univ}} = \Delta S_{\text{système}} + \Delta S_{\text{ext}}. Puisque le cycle est parcouru de manière quasi-statique dans l’énoncé théorique, ΔSsysteˋme, cycle=0\Delta S_{\text{système, cycle}} = 0. L’entropie créée est nulle (ΔScr=0\Delta S_{\text{cr}} = 0), le modèle est réversible.
  • Irréversibilités réelles : Dans un compresseur ou une détente réelle, les frottements visqueux et mécaniques transforment une partie du travail en chaleur interne : c’est l’irréversibilité. D’après le second principe, l’entropie créée est strictement positive (ΔScr>0\Delta S_{\text{cr}} > 0). Cela se traduit par une baisse du rendement global de l’installation par rapport au cycle réversible idéalisé.
  • Validité de l’approximation du gaz parfait : À P2=3,0 barP_2 = 3{,}0\text{ bar} et T2≈410 KT_2 \approx 410\text{ K}, l’azote (N2N_2) se comporte de manière très proche d’un gaz parfait. En effet, la pression de 3 bar3\text{ bar} reste faible devant la pression critique du diazote (Pc≈34 barP_c \approx 34\text{ bar}), et la température est suffisamment élevée pour que les forces intermoléculaires attractives soient négligeables devant l’agitation thermique. L’écart relatif sur le facteur de compressibilité Z=PVnRTZ = \frac{P V}{n R T} est inférieur à 1%1\%. Le modèle est donc rigoureusement acceptable d’un point de vue quantitatif.