Cours : Suites numériques et réelles
📌 1. Définitions & Cadre d’étude
Section titled “📌 1. Définitions & Cadre d’étude”A. Définitions générales
Section titled “A. Définitions générales”Une suite numérique est une application définie d’une partie de (le plus souvent ou \mathbb{N}_n_0) à valeurs dans (où ou ).
- Si , la suite est dite réelle.
- Si , la suite est dite complexe.
On note traditionnellement ou simplement . L’élément est le terme général de la suite.
B. Convergence et bornitude
Section titled “B. Convergence et bornitude”-
Suite bornée : Une suite est dite bornée s’il existe tel que :
-
Convergence dans : Soit une suite réelle et . On dit que converge vers si : On note alors . Si la suite ne converge pas, elle est dite divergente.
-
Cas complexe : Une suite complexe converge vers si et seulement si la suite réelle des parties réelles converge vers et la suite des parties imaginaires converge vers .
C. Propriétés topologiques de utiles
Section titled “C. Propriétés topologiques de R\mathbb{R}R utiles”- Unicité de la limite : Si une suite converge, sa limite est unique.
- Toute suite convergente est bornée. La réciproque est fausse (ex: ).
- Caractérisation séquentielle de la relation d’ordre : Si et convergent vers et et que , alors . (Attention : l’inégalité stricte ne se conserve pas à la limite).
📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés
Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”A. Théorème de la limite monotone (TLM)
Section titled “A. Théorème de la limite monotone (TLM)”Théorème : Toute suite réelle croissante et majorée est convergente. De même, toute suite décroissante et minorée est convergente.
Démonstration (dans le cas d’une suite croissante et majorée) : Soit une suite réelle croissante et majorée par .
- Considérons l’ensemble des valeurs de la suite : .
- L’ensemble est non vide (puisqu’il contient ) et majoré par .
- Par la propriété de la borne supérieure (axiome de completeness de ), admet une borne supérieure dans , que l’on note . Montrons que .
- Soit . Par définition de la borne supérieure, n’est pas un majorant de . Il existe donc un entier tel que :
- La suite étant croissante, pour tout , on a . De plus, par définition de comme majorant, . Ainsi, pour tout :
- La condition de convergence est donc vérifiée : .
B. Théorème des suites adjacentes
Section titled “B. Théorème des suites adjacentes”Définition : Deux suites réelles et sont dites adjacentes si :
- est croissante et est décroissante.
- .
- .
Théorème : Si et sont adjacentes, alors elles convergent vers une même limite commune .
C. Théorème de Bolzano-Weierstrass
Section titled “C. Théorème de Bolzano-Weierstrass”Théorème : De toute suite bornée, on peut extraire une sous-suite convergente.
💡 3. Méthodes classiques de résolution
Section titled “💡 3. Méthodes classiques de résolution”A. Étude d’une suite récurrente explicite
Section titled “A. Étude d’une suite récurrente explicite un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n)un+1=f(un)”- Domaine de définition et stabilité : Déterminer l’ensemble tel que et .
- Monotonie : Étudier le signe de ou utiliser la monotonie de si elle est préservée par récurrence.
- Convergence :
- Si est monotone et bornée, le TLM garantit la convergence vers une limite .
- Par continuité de , la limite vérifie l’équation de point fixe : .
- Encadrement et taux d’accroissement : Pour trouver la vitesse de convergence, on majore avec (théorème des accroissements finis).
B. Calcul des limites par encadrement
Section titled “B. Calcul des limites par encadrement”- Théorème des gendarmes : Si et , alors .
- Opérations algébriques sur les limites : Utiliser les formes indéterminées avec précaution (factorisation par le terme prépondérant, quantité conjuguée, utilisation de , etc.).
C. Suites arithmético-géométriques et linéaires d’ordre 2
Section titled “C. Suites arithmético-géométriques et linéaires d’ordre 2”- Pour (), on détermine le point fixe et on pose qui est géométrique.
- Pour une récurrence linéaire d’ordre 2 : , on résout l’équation caractéristique rattachée : .
⚠️ 4. Pièges classiques aux Concours
Section titled “⚠️ 4. Pièges classiques aux Concours”- Confusion entre convergence et monotonicité : Une suite bornée n’est pas nécessairement convergente (ex : ). Une suite non majorée tend vers est fausse en général (penser à ou à une suite qui oscille de plus en plus haut sans limite).
- Passage à la limite dans les inégalités strictes : Si pour tout , on a seulement . L’inégalité stricte ne se conserve pas (ex : et ).
- Oubli de la vérification de la stabilité : Pour une suite définie par , affirmer que sans avoir prouvé au préalable que la suite converge est une faute logique majeure. La convergence doit être établie avant d’injecter la limite dans l’équation.
- Mauvaise manipulation des équivalents : Interdit d’additionner des équivalents. L’utilisation des relations de comparaison () ne s’effectue rigoureusement que par multiplication, division, ou sous certaines conditions par composition, mais jamais directement sur des sommes infinies sans précautions (divergence/convergence des séries associées).