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Cours : Suites numériques et réelles

Une suite numérique est une application uu définie d’une partie II de N\mathbb{N} (le plus souvent N\mathbb{N} ou \mathbb{N}_n_0) à valeurs dans K\mathbb{K} (où K=R\mathbb{K} = \mathbb{R} ou C\mathbb{C}).

  • Si K=R\mathbb{K} = \mathbb{R}, la suite est dite réelle.
  • Si K=C\mathbb{K} = \mathbb{C}, la suite est dite complexe.

On note traditionnellement (un)n∈I(u_n)_{n \in I} ou simplement (un)(u_n). L’élément unu_n est le terme général de la suite.

  • Suite bornée : Une suite (un)n∈N∈KN(u_n)_{n \in \mathbb{N}} \in \mathbb{K}^\mathbb{N} est dite bornée s’il existe M∈R+M \in \mathbb{R}^+ tel que : ∀n∈N,∣un∣≤M\forall n \in \mathbb{N}, \quad |u_n| \leq M

  • Convergence dans R\mathbb{R} : Soit (un)(u_n) une suite réelle et l∈Rl \in \mathbb{R}. On dit que (un)(u_n) converge vers ll si : ∀ε>0,∃N∈N,∀n∈N,(n≥N  ⟹  ∣un−l∣≤ε)\forall \varepsilon > 0, \quad \exists N \in \mathbb{N}, \quad \forall n \in \mathbb{N}, \quad (n \geq N \implies |u_n - l| \leq \varepsilon) On note alors lim⁡n→+∞un=l\lim_{n \to +\infty} u_n = l. Si la suite ne converge pas, elle est dite divergente.

  • Cas complexe : Une suite complexe (un)=(xn+iyn)(u_n) = (x_n + i y_n) converge vers l=a+ibl = a + ib si et seulement si la suite réelle des parties réelles (xn)(x_n) converge vers aa et la suite des parties imaginaires (yn)(y_n) converge vers bb.

C. Propriétés topologiques de R\mathbb{R} utiles

Section titled “C. Propriétés topologiques de R\mathbb{R}R utiles”
  • Unicité de la limite : Si une suite converge, sa limite est unique.
  • Toute suite convergente est bornée. La réciproque est fausse (ex: un=(−1)nu_n = (-1)^n).
  • Caractérisation séquentielle de la relation d’ordre : Si (un)(u_n) et (vn)(v_n) convergent vers ll et l′l' et que ∀n,un≤vn\forall n, u_n \leq v_n, alors l≤l′l \leq l'. (Attention : l’inégalité stricte ne se conserve pas à la limite).

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

Théorème : Toute suite réelle croissante et majorée est convergente. De même, toute suite décroissante et minorée est convergente.

Démonstration (dans le cas d’une suite croissante et majorée) : Soit (un)n∈N(u_n)_{n \in \mathbb{N}} une suite réelle croissante et majorée par MM.

  1. Considérons l’ensemble des valeurs de la suite : E={un∣n∈N}E = \{u_n \mid n \in \mathbb{N}\}.
  2. L’ensemble EE est non vide (puisqu’il contient u0u_0) et majoré par MM.
  3. Par la propriété de la borne supérieure (axiome de completeness de R\mathbb{R}), EE admet une borne supérieure dans R\mathbb{R}, que l’on note l=sup⁡El = \sup E. Montrons que lim⁡n→+\5un=l\lim_{n \to +\5} u_n = l.
  4. Soit ε>0\varepsilon > 0. Par définition de la borne supérieure, l−εl - \varepsilon n’est pas un majorant de EE. Il existe donc un entier N∈NN \in \mathbb{N} tel que : uN>l−εu_N > l - \varepsilon
  5. La suite (un)(u_n) étant croissante, pour tout n≥Nn \geq N, on a un≥uNu_n \geq u_N. De plus, par définition de ll comme majorant, un≤lu_n \leq l. Ainsi, pour tout n≥Nn \geq N : l−ε<uN≤un≤l<l+ε  ⟹  ∣un−l∣<εl - \varepsilon < u_N \leq u_n \leq l < l + \varepsilon \implies |u_n - l| < \varepsilon
  6. La condition de convergence est donc vérifiée : lim⁡n→+∞un=l\lim_{n \to +\infty} u_n = l. ■\blacksquare

Définition : Deux suites réelles (un)(u_n) et (vn)(v_n) sont dites adjacentes si :

  1. (un)(u_n) est croissante et (vn)(v_n) est décroissante.
  2. ∀n∈N,un≤vn\forall n \in \mathbb{N}, \quad u_n \leq v_n.
  3. lim⁡n→+∞(vn−un)=0\lim_{n \to +\infty} (v_n - u_n) = 0.

Théorème : Si (un)(u_n) et (vn)(v_n) sont adjacentes, alors elles convergent vers une même limite commune ll.

Théorème : De toute suite bornée, on peut extraire une sous-suite convergente.


💡 3. Méthodes classiques de résolution

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A. Étude d’une suite récurrente explicite un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n)

Section titled “A. Étude d’une suite récurrente explicite un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n)un+1​=f(un​)”
  1. Domaine de définition et stabilité : Déterminer l’ensemble II tel que f(I)⊂If(I) \subset I et u0∈Iu_0 \in I.
  2. Monotonie : Étudier le signe de f(x)−xf(x) - x ou utiliser la monotonie de ff si elle est préservée par récurrence.
  3. Convergence :
    • Si (un)(u_n) est monotone et bornée, le TLM garantit la convergence vers une limite ll.
    • Par continuité de ff, la limite ll vérifie l’équation de point fixe : f(l)=lf(l) = l.
  4. Encadrement et taux d’accroissement : Pour trouver la vitesse de convergence, on majore ∣un+1−l∣≤k∣un−l∣|u_{n+1} - l| \le k |u_n - l| avec k<1k < 1 (théorème des accroissements finis).
  • Théorème des gendarmes : Si vn≤un≤wnv_n \leq u_n \leq w_n et lim⁡vn=lim⁡wn=l\lim v_n = \lim w_n = l, alors lim⁡un=l\lim u_n = l.
  • Opérations algébriques sur les limites : Utiliser les formes indéterminées avec précaution (factorisation par le terme prépondérant, quantité conjuguée, utilisation de ln⁡(1+X)∼X\ln(1+X) \sim X, etc.).

C. Suites arithmético-géométriques et linéaires d’ordre 2

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  • Pour un+1=aun+bu_{n+1} = a u_n + b (a≠1a \neq 1), on détermine le point fixe c=b1−ac = \frac{b}{1-a} et on pose vn=un−cv_n = u_n - c qui est géométrique.
  • Pour une récurrence linéaire d’ordre 2 : un+2+aun+1+bun=0u_{n+2} + a u_{n+1} + b u_n = 0, on résout l’équation caractéristique rattachée : r2+ar+b=0r^2 + ar + b = 0.

  1. Confusion entre convergence et monotonicité : Une suite bornée n’est pas nécessairement convergente (ex : un=(−1)nu_n = (-1)^n). Une suite non majorée tend vers +∞+\infty est fausse en général (penser à un=n+(−1)nsin⁡(n)u_n = n + (-1)^n \sin(n) ou à une suite qui oscille de plus en plus haut sans limite).
  2. Passage à la limite dans les inégalités strictes : Si un<vnu_n < v_n pour tout nn, on a seulement lim⁡un≤lim⁡vn\lim u_n \leq \lim v_n. L’inégalité stricte ne se conserve pas (ex : un=0u_n = 0 et vn=1nv_n = \frac{1}{n}).
  3. Oubli de la vérification de la stabilité : Pour une suite définie par un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n), affirmer que l=f(l)l = f(l) sans avoir prouvé au préalable que la suite converge est une faute logique majeure. La convergence doit être établie avant d’injecter la limite dans l’équation.
  4. Mauvaise manipulation des équivalents : Interdit d’additionner des équivalents. L’utilisation des relations de comparaison (∼,O,o\sim, O, o) ne s’effectue rigoureusement que par multiplication, division, ou sous certaines conditions par composition, mais jamais directement sur des sommes infinies sans précautions (divergence/convergence des séries associées).