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Exercice 1 : Résolution des équations du 1er ordre

PROBLÈME GUIDÉ : Étude qualitative et quantitative d’un modèle cinétique non linéaire perturbé

Section titled “PROBLÈME GUIDÉ : Étude qualitative et quantitative d’un modèle cinétique non linéaire perturbé”

Filière : PCSI
Matière : Mathématiques
Chapitre: ** Équations différentielles linéaires (et équations se ramenant à l’ordre 1)
Thème : Résolution des équations du 1er1^{\text{er}} ordre, méthode de variation de la constante, analyse critique de modèles physiques.


Dans ce problème, on s’intéresse à la modélisation mathématique de la concentration d’un réactif chimique en solution dans un réacteur ouvert. L’évolution de la concentration x(t)x(t) (exprimée en mol⋅L−1\text{mol}\cdot\text{L}^{-1}) au cours du temps tt (exprimé en s\text{s}) est régie par une équation différentielle traduisant les bilans de matière.

L’objectif est de résoudre l’équation différentielle associée, d’étudier l’influence d’un terme de commande externe, puis d’analyser les limites physiques du modèle mathématique obtenu.

Soit I=[0,+∞[I = [0, +\infty[. On considère l’équation différentielle (E)(E) d’inconnue x:I→Rx : I \to \mathbb{R}, de classe C1\mathcal{C}^1 : (E):x′(t)+(1+11+t)x(t)=e−t(E) : \quad x'(t) + \left(1 + \frac{1}{1+t}\right)x(t) = e^{-t}


Partie I : Résolution de l’équation homogène

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  1. Déterminer l’ensemble des solutions sur II de l’équation homogène associée à (E)(E), que l’on notera (H)(H) : (H):x′(t)+(1+11+t)x(t)=0(H) : \quad x'(t) + \left(1 + \frac{1}{1+t}\right)x(t) = 0

Partie II : Recherche d’une solution particulière et solution générale

Section titled “Partie II : Recherche d’une solution particulière et solution générale”
  1. À l’aide de la méthode de la variation de la constante, déterminer une solution particulière de (E)(E) sur II.
  2. En déduire l’expression générale de toutes les solutions de (E)(E) sur II.
  3. Déterminer l’unique solution x0x_0 de (E)(E) vérifiant la condition initiale x0(0)=1x_0(0) = 1.

Partie III : Étude asymptotique et analyse critique du modèle

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  1. Déterminer la limite de x0(t)x_0(t) lorsque tt tend vers +∞+\infty.
  2. Analyse critique : En physique-chimie, une concentration molaire doit nécessairement vérifier la contrainte de positivité, c’est-à-dire x(t)≥0x(t) \ge 0 pour tout t∈It \in I.
    • Supposons que le réacteur soit initialement vide ou que la condition initiale soit modifiée de telle sorte que x(t1)<0x(t_1) < 0 à un instant t1t_1. Que dire de la validité physique du modèle (E)(E) ?
    • Plus généralement, identifier la principale faille conceptuelle de ce modèle mathématique linéaire du premier ordre face à des variations brutales ou à des temps longs, en lien avec les grandeurs thermodynamiques (mol⋅L−1\text{mol}\cdot\text{L}^{-1}).

  • Piste 1 (Q1) : Pensez à utiliser une primitive de la fonction a(t)=1+11+ta(t) = 1 + \frac{1}{1+t} sur l’intervalle [0,+∞[[0, +\infty[. La solution générale de (H)(H) s’exprime sous la forme xH(t)=Ke−A(t)x_H(t) = K e^{-A(t)} où A(t)A(t) est une primitive de a(t)a(t).
  • Piste 2 (Q2) : Posez xp(t)=K(t)e−A(t)x_p(t) = K(t)e^{-A(t)} et injectez cette expression dans (E)(E) pour trouver une équation simple vérifiée par K′(t)K'(t).
  • Piste 3 (Q5) : Pour calculer la limite en +∞+\infty, mettez le terme dominant en facteur ou utilisez les croissances comparées.
  • Piste 4 (Q6) : Interpréter le domaine de définition des concentrations et la linéarité de l’équation qui n’impose aucune barrière naturelle (comme un état d’équilibre chimique stœchiométrique ou une borne supérieure/inférieure stricte) en dehors de la stricte manipulation algébrique.

Partie I : Résolution de l’équation homogène

Section titled “Partie I : Résolution de l’équation homogène”
  1. L’équation homogène est (H):x′(t)+a(t)x(t)=0(H) : x'(t) + a(t)x(t) = 0 avec a(t)=1+11+ta(t) = 1 + \frac{1}{1+t}.
    La fonction aa est continue sur I=[0,+∞[I = [0, +\infty[. Une primitive AA de aa sur II est : A(t)=∫(1+11+t)dt=t+ln⁡(1+t)A(t) = \int \left(1 + \frac{1}{1+t}\right) dt = t + \ln(1+t) Les solutions de (H)(H) sur II sont donc de la forme : xH(t)=Ke−A(t)=Ke−t−ln⁡(1+t)=Ke−te−ln⁡(1+t)=Ke−t1+tx_H(t) = K e^{-A(t)} = K e^{-t - \ln(1+t)} = K e^{-t} e^{-\ln(1+t)} = \frac{K e^{-t}}{1+t} où KK est une constante réelle arbitraire.
    Conclusion: * L’ensemble des solutions de (H)(H) est {t↦Ke−t1+t∣K∈R}\left\{ t \mapsto \frac{K e^{-t}}{1+t} \mid K \in \mathbb{R} \right\}.

Partie II : Recherche d’une solution particulière et solution générale

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  1. On utilise la méthode de la variation de la constante en cherchant une solution sous la forme : xp(t)=K(t)e−t1+tx_p(t) = \frac{K(t) e^{-t}}{1+t} Dérivons xpx_p : xp′(t)=K′(t)e−t1+t+K(t)[−e−t(1+t)−e−t(1+t)2]=K′(t)e−t1+t−K(t)e−t2+t(1+t)2x_p'(t) = \frac{K'(t)e^{-t}}{1+t} + K(t)\left[ \frac{-e^{-t}(1+t) - e^{-t}}{(1+t)^2} \right] = \frac{K'(t)e^{-t}}{1+t} - K(t)e^{-t}\frac{2+t}{(1+t)^2} Injectons xpx_p et xp′x_p' dans (E)(E) : K′(t)e−t1+t−K(t)e−t2+t(1+t)2+(1+11+t)K(t)e−t1+t=e−t\frac{K'(t)e^{-t}}{1+t} - K(t)e^{-t}\frac{2+t}{(1+t)^2} + \left(1 + \frac{1}{1+t}\right)\frac{K(t)e^{-t}}{1+t} = e^{-t} Or, 1+11+t=2+t1+t1 + \frac{1}{1+t} = \frac{2+t}{1+t}, donc le second terme et le troisième terme s’annulent exactement : K′(t)e−t1+t=e−t\frac{K'(t)e^{-t}}{1+t} = e^{-t} Puisque e−t≠0e^{-t} \neq 0 pour tout t∈Rt \in \mathbb{R}, on simplifie par e−te^{-t} : K′(t)1+t=1  ⟹  K′(t)=1+t\frac{K'(t)}{1+t} = 1 \implies K'(t) = 1 + t En intégrant (par exemple avec une constante d’intégration nulle), on obtient : K(t)=t+t22K(t) = t + \frac{t^2}{2} Une solution particulière est donc : xp(t)=(t+t22)e−t1+t=t(2+t)2(1+t)e−tx_p(t) = \frac{\left(t + \frac{t^2}{2}\right)e^{-t}}{1+t} = \frac{t(2+t)}{2(1+t)} e^{-t}

  2. La solution générale de (E)(E) est la somme de la solution générale de l’équation homogène et d’une solution particulière : x(t)=xH(t)+xp(t)=Ke−t1+t+t(2+t)e−t2(1+t)=2K+t(2+t)2(1+t)e−tx(t) = x_H(t) + x_p(t) = \frac{K e^{-t}}{1+t} + \frac{t(2+t)e^{-t}}{2(1+t)} = \frac{2K + t(2+t)}{2(1+t)} e^{-t} où K∈RK \in \mathbb{R}.

  3. Déterminons KK sachant que x0(0)=1x_0(0) = 1 : x0(0)=2K+02(1+0)e0=2K2=Kx_0(0) = \frac{2K + 0}{2(1+0)} e^{0} = \frac{2K}{2} = K On a donc K=1K = 1. L’unique solution vérifiant la condition initiale est : x0(t)=2+2t+t22(1+t)e−tx_0(t) = \frac{2 + 2t + t^2}{2(1+t)} e^{-t} (Note : 2+2t+t2=2(1+t)+t22 + 2t + t^2 = 2(1+t) + t^2, donc x0(t)=(1+t22(1+t))e−tx_0(t) = \left(1 + \frac{t^2}{2(1+t)}\right)e^{-t}).

Partie III : Étude asymptotique et analyse critique du modèle

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  1. Calculons la limite de x0(t)x_0(t) en +∞+\infty : x0(t)=(1+t22(1+t))e−t=e−t+t22(1+t)e−tx_0(t) = \left(1 + \frac{t^2}{2(1+t)}\right)e^{-t} = e^{-t} + \frac{t^2}{2(1+t)}e^{-t} Par croissances comparées, lim⁡t→+∞e−t=0\lim_{t \to +\infty} e^{-t} = 0 et lim⁡t→+∞t22(1+t)e−t=0\lim_{t \to +\infty} \frac{t^2}{2(1+t)}e^{-t} = 0.
    Par conséquent : lim⁡t→+∞x0(t)=0\lim_{t \to +\infty} x_0(t) = 0

  2. Analyse critique des limites du modèle :

    • Non-négativité et cohérence physique : Mathématiquement, l’équation linéaire (E)(E) n’impose aucune barrière de positivité intrinsèque si le second membre ou les conditions initiales conduisaient (pour d’autres choix de paramètres ou de forçages) à des valeurs négatives. Heureusement, pour x0(t)x_0(t), comme 2+2t+t2>02+2t+t^2 > 0 et 1+t>01+t > 0 sur [0,+∞[[0, +\infty[, x0(t)>0x_0(t) > 0. Cependant, un modèle linéaire ne peut pas rendre compte de saturations ou de bilans de matière stœchiométriques complexes (par exemple, des équilibres réversibles où la concentration est bornée supérieurement par la quantité initiale de réactif introduit).
    • Domaine de valadité du modèle ouvert : Le terme 11+t\frac{1}{1+t} traduit mathématiquement un taux de renouvellement du réacteur qui s’annule temporellement de manière hyperbolique. Physiquement, un tel réacteur ouvert verrait son débit d’entrée/sortie s’annuler, ce qui est une modélisation idéalisée. De plus, à très long terme (t→+∞t \to +\infty), le modèle prédit une décroissance exponentielle vers 00 dictée par le terme e−te^{-t}, négligeant les fluctuations statistiques microscopiques (bruit thermique ou fluctuations de débit) inévitables dans un dispositif expérimental réel.