Skip to content

Cours : Circuits électriques en régime continu/transitoire

Le cadre d’étude de l’électrocinétique en première année de BCPST repose sur l’approximation des régimes quasi-permanents (ARQP). Cette approximation est valide tant que les dimensions caractéristiques dd du circuit sont très inférieures à la longueur d’onde λ\lambda associée aux signaux temporels étudiés (λ=c/ν\lambda = c/\nu), soit d≪cνd \ll \frac{c}{\nu}. Sous cette condition, les retards de propagation sont négligeables et les lois de l’électromagnétisme se simplifient en l’approximation quasi-statique.

Modèle des états de l’art (composants idéaux)

Section titled “Modèle des états de l’art (composants idéaux)”
  • Résistance RR (en Ω\text{en }\Omega) : Composant dissipatif régi par la loi d’Ohm locale intégrée : u(t)=R⋅i(t)u(t) = R \cdot i(t). Convention récepteur.
  • Condensateur CC (en F\text{en }\text{F}) : Composant stockant l’énergie électrostatique, défini par sa charge q(t)=C⋅uc(t)q(t) = C \cdot u_c(t) et l’intensité i(t)=dqdt=Cducdti(t) = \frac{\text{d}q}{\text{d}t} = C \frac{\text{d}u_c}{\text{d}t}.
  • Bobine idéale LL (en H\text{en }\text{H}) : Composant stockant l’énergie magnétique, régi par la relation flux-courant Φ(t)=L⋅i(t)\Phi(t) = L \cdot i(t) et la tension aux bornes ul(t)=dΦdt=Ldidtu_l(t) = \frac{\text{d}\Phi}{\text{d}t} = L \frac{\text{d}i}{\text{d}t}.
  1. Loi des nœuds (conservation de la charge) : ∑nœudsik(t)=0\sum_{\text{nœuds}} i_k(t) = 0 (en orientant les courants sortants positivement et entrants négativement).
  2. Loi des mailles (conservativité du champ électrostatique irrotationnel en ARQP) : ∑mailleuk(t)=0\sum_{\text{maille}} u_k(t) = 0 le long d’un parcours fermé orienté.

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

Établissement des équations différentielles (RC et RL)

Section titled “Établissement des équations différentielles (RC et RL)”

1. Circuit RC série soumis à un échelon de tension

Section titled “1. Circuit RC série soumis à un échelon de tension”

Considérons un générateur idéal de tension délivrant EE pour t≥0t \geq 0, branché en série avec une résistance RR et un condensateur CC initialement déchargé (uc(0−)=0u_c(0^-) = 0).

Par la loi des mailles : E=uR(t)+uc(t)=R⋅i(t)+uc(t)E = u_R(t) + u_c(t) = R \cdot i(t) + u_c(t)

En substituant la relation constitutive du condensateur i(t)=Cducdti(t) = C \frac{\text{d}u_c}{\text{d}t}, on obtient l’équation différentielle linéaire du premier ordre : τducdt+uc(t)=E\tau \frac{\text{d}u_c}{\text{d}t} + u_c(t) = E

où τ=R⋅C\tau = R \cdot C est le temps caractéristique (ou constante de temps) du circuit (dimensionnellement homogène à un temps, en s\text{en }\text{s}).

Résolution générale : La solution est la somme d’une solution générale de l’équation sans second membre et d’une solution particulière : uc(t)=Aexp⁡(−tτ)+Eu_c(t) = A \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right) + E

À l’aide de la condition initiale uc(0+)=uc(0−)=0u_c(0^+) = u_c(0^-) = 0 (continuité de la tension aux bornes d’un condensateur, car l’énergie stockée ne peut être infinie), on trouve A=−EA = -E. uc(t)=E(1−exp⁡(−tτ))u_c(t) = E \left(1 - \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)\right)

Considérons un circuit formé d’une résistance RR, d’une bobine LL et d’un condensateur CC en série, bouclé sur lui-même après charge préalable du condensateur. La loi des mailles s’écrit : Ldidt+R⋅i(t)+uc(t)=0L \frac{\text{d}i}{\text{d}t} + R \cdot i(t) + u_c(t) = 0

En remplaçant i(t)=Cducdti(t) = C \frac{\text{d}u_c}{\text{d}t}, on obtient l’équation différentielle du second ordre : d2ucdt2+RLducdt+1LCuc(t)=0\frac{\text{d}^2 u_c}{\text{d}t^2} + \frac{R}{L} \frac{\text{d}u_c}{\text{d}t} + \frac{1}{LC} u_c(t) = 0

Posons la pulsation propre ω0=1LC\omega_0 = \frac{1}{\sqrt{LC}} (en rad⋅s−1\text{en }\text{rad}\cdot\text{s}^{-1}) et le facteur de qualité Q=1RLCQ = \frac{1}{R}\sqrt{\frac{L}{C}} (ou le coefficient d’amortissement λ=R2L=ω02Q\lambda = \frac{R}{2L} = \frac{\omega_0}{2Q}). L’équation canonique devient : d2ucdt2+ω0Qducdt+ω02uc(t)=0\frac{\text{d}^2 u_c}{\text{d}t^2} + \frac{\omega_0}{Q} \frac{\text{d}u_c}{\text{d}t} + \omega_0^2 u_c(t) = 0

L’équation caractéristique associée est : r2+ω0Qr+ω02=0r^2 + \frac{\omega_0}{Q} r + \omega_0^2 = 0

Le discriminant réduit Δ′\Delta' est : Δ′=(ω02Q)2−ω02=ω02(14Q2−1)\Delta' = \left(\frac{\omega_0}{2Q}\right)^2 - \omega_0^2 = \omega_0^2 \left(\frac{1}{4Q^2} - 1\right)

  • Régime apériodique (Q<1/2Q < 1/2, Δ′>0\Delta' > 0) : Amortissement fort. Les racines sont réelles et distinctes.
  • Régime critique (Q=1/2Q = 1/2, Δ′=0\Delta' = 0) : Retour à l’équilibre le plus rapide sans dépassement.
  • Régime pseudo-périodique (Q>1/2Q > 1/2, Δ′<0\Delta' < 0) : Oscillations amorties de pseudo-pulsation ω=ω01−14Q2\omega = \omega_0 \sqrt{1 - \frac{1}{4Q^2}}. La solution générale est de la forme : uc(t)=exp⁡(−ω0t2Q)[Acos⁡(ωt)+Bsin⁡(ωt)]u_c(t) = \exp\left(-\frac{\omega_0 t}{2Q}\right) \left[ A \cos(\omega t) + B \sin(\omega t) \right]

Méthode systématique d’analyse d’un circuit linéaire

Section titled “Méthode systématique d’analyse d’un circuit linéaire”
  1. Orientation : Fixer arbitrairement les flèches de tension et de courant pour chaque dipôle en respectant la convention récepteur (recommandée) ou générateur.
  2. Recensement des variables d’état : Identifier les condensateurs (variables : ucu_c) et les bobines (variables : ili_l). Ce sont les éléments dynamiques qui dictent l’ordre du système.
  3. Application des lois de Kirchhoff : Écrire un système d’équations algébrico-différentielles (Loi des nœuds, Loi des mailles, relations constitutives).
  4. Réduction : Substituer les courants et tensions intermédiaires pour obtenir une unique équation différentielle portant sur la grandeur d’intérêt.
  5. Exploitation des conditions de continuité :
    • La tension aux bornes d’un condensateur uc(t)u_c(t) est toujours continue au cours du temps (sauf si i(t)i(t) est une impulsion de Dirac, hors programme BCPST).
    • L’intensité traversant une bobine il(t)i_l(t) est toujours continue au cours du temps (sauf si u(t)u(t) est une impulsion de Dirac).
  6. Détermination des constantes : Utiliser l’état initial (t=0+t = 0^+) juste après la commutation et l’état final (régime permanent établi, t→+∞t \to +\infty, où les dérivées temporelles s’annulent : condensateur = circuit ouvert, bobine = fil).

  1. Oubli de la continuité des grandeurs d’état : Utiliser abusivement la valeur en t=0−t = 0^- directement dans l’équation différentielle au lieu de l’utiliser pour déterminer les constantes d’intégration après résolution générale.
  2. Confusions dimensionnelles : Négliger de vérifier l’homogénéité de τ=RC\tau = RC ou ω0=1/LC\omega_0 = 1/\sqrt{LC} par analyse dimensionnelle (piège fréquent aux questions de type QCM ou pré-calculs).
  3. Erreurs de signe dans les lois des mailles : Ne pas respecter rigoureusement l’orientation des flèches. Une tension fléchée dans le sens opposé au parcours de la maille entre de façon négative dans la somme algébrique.
  4. Mauvaise interprétation du régime permanent : En régime permanent continu (t→+∞t \to +\infty), un condensateur se comporte comme un circuit ouvert (i=0i = 0) et une bobine idéale se comporte comme un fil (u=0u = 0). L’oubli de ces équivalences bloque la détermination des conditions finales.