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Problème : Extrema sous contrainte et multiplicateurs de Lagrange

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Soit n≥2n \ge 2 un entier. On munit l’espace vectoriel Rn\mathbb{R}^n de sa structure euclidienne canonique, notée ⟨⋅,⋅⟩\langle \cdot, \cdot \rangle et associée à la norme euclidienne ∥⋅∥\| \cdot \|.

On considère la fonction f:Rn→Rf : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} définie par : f(x1,x2,…,xn)=∑i=1nxi3f(x_1, x_2, \dots, x_n) = \sum_{i=1}^n x_i^3

L’objectif de ce problème est d’étudier l’existence et la nature des extrema de la fonction ff restreinte à la sphère unité Sn−1={x∈Rn∣∥x∥=1}S^{n-1} = \{ x \in \mathbb{R}^n \mid \|x\| = 1 \}.


  1. Préliminaires topologiques : Justifier que la fonction ff admet un maximum et un minimum global sur la sphère Sn−1S^{n-1}.
  2. Calcul différentiel : Calculer le gradient ∇f(x)\nabla f(x) pour tout x=(x1,…,xn)∈Rnx = (x_1, \dots, x_n) \in \mathbb{R}^n.
  3. Application du théorème des extrema liés : On introduit la fonction de contrainte g(x)=∥x∥2−1g(x) = \|x\|^2 - 1. À l’aide du théorème des multiplicateurs de Lagrange, montrer que si x0∈Sn−1x_0 \in S^{n-1} est un extremum local de ff sur Sn−1S^{n-1}, alors il existe un réel λ\lambda (le multiplicateur de Lagrange) tel que : ∇f(x0)=λ∇g(x0)\nabla f(x_0) = \lambda \nabla g(x_0)
  4. Résolution du système critique : a. Expliciter le système d’équations vérifié par les coordonnées (x1,…,xn)(x_1, \dots, x_n) d’un point critique lié x0x_0 et le multiplicateur λ\lambda. b. En déduire que pour tout i∈{1,…,n}i \in \{1, \dots, n\}, soit xi=0x_i = 0, soit xi2x_i^2 est indépendant de ii (pour les composantes non nulles).
  5. Identification des extrema : a. Déterminer tous les candidats possibles pour être des extrema de ff sur Sn−1S^{n-1}. b. Conclure en donnant les valeurs maximales et minimales de ff sur Sn−1S^{n-1}.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

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  • Question 1 : Pensez à invoquer un théorème général d’analyse sur les fonctions continues définies sur des parties remarquables de Rn\mathbb{R}^n.
  • Question 2 & 3 : Vérifiez que les fonctions ff et gg sont de classe C1\mathcal{C}^1. Calculez soigneusement les gradients. Quelle est la condition sur la différentielle de la contrainte pour appliquer le théorème ?
  • Question 4 : Multipliez chaque équation par xix_i pour faire apparaître xi3x_i^3 et exploitez la contrainte ∑xi2=1\sum x_i^2 = 1.
  • Question 5 : Évaluez ff sur les différents points candidats trouvés pour identifier les extrema globaux.

La fonction ff est une fonction polynomiale en les variables (x1,…,xn)(x_1, \dots, x_n), elle est donc de classe C∞\mathcal{C}^\infty (et en particulier continue) sur Rn\mathbb{R}^n. La sphère Sn−1={x∈Rn∣∥x∥=1}S^{n-1} = \{ x \in \mathbb{R}^n \mid \|x\| = 1 \} est l’image réciproque du singleton {1}\{1\} par l’application continue ∥⋅∥2\|\cdot\|^2. Par conséquent, Sn−1S^{n-1} est un fermé de Rn\mathbb{R}^n. De plus, elle est clairement bornée (tous ses éléments sont de norme 1). Dans l’espace vectoriel normé de dimension finie Rn\mathbb{R}^n, la sphère Sn−1S^{n-1} est donc un compact (théorème de Heine-Borel). Par le théorème des bornes atteintes (Weierstrass), toute fonction continue sur un compact à valeurs dans R\mathbb{R} y atteint ses bornes (maximum et minimum). Ainsi, ff admet un maximum et un minimum global sur Sn−1S^{n-1}.

Pour tout x=(x1,…,xn)∈Rnx = (x_1, \dots, x_n) \in \mathbb{R}^n et pour tout i∈{1,…,n}i \in \{1, \dots, n\}, les dérivées partielles de ff sont : ∂f∂xi(x)=3xi2\frac{\partial f}{\partial x_i}(x) = 3x_i^2 Le gradient de ff est donc le vecteur : ∇f(x)=3(x12,x22,…,xn2)\nabla f(x) = 3 (x_1^2, x_2^2, \dots, x_n^2)

3. Application du théorème des extrema liés

Section titled “3. Application du théorème des extrema liés”

Soit g:Rn→Rg : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} définie par g(x)=∥x∥2−1=∑i=1nxi2−1g(x) = \|x\|^2 - 1 = \sum_{i=1}^n x_i^2 - 1. La sphère Sn−1S^{n-1} est exactement la surface de niveau g−1({0})g^{-1}(\{0\}). Les fonctions ff et gg sont de classe C1\mathcal{C}^1 sur Rn\mathbb{R}^n. Le gradient de la contrainte est ∇g(x)=2x\nabla g(x) = 2x. Pour tout point x0∈Sn−1x_0 \in S^{n-1}, on a ∇g(x0)=2x0≠0\nabla g(x_0) = 2x_0 \neq 0. La différentielle de gg en x0x_0 est donc surjective (rang 1). D’après le théorème des extrema liés (multiplicateurs de Lagrange), si x0x_0 est un extremum local de ff sur Sn−1S^{n-1}, il existe un réel λ\lambda tel que : ∇f(x0)=λ∇g(x0)\nabla f(x_0) = \lambda \nabla g(x_0)

a. L’équation vectorielle ∇f(x0)=λ∇g(x0)\nabla f(x_0) = \lambda \nabla g(x_0) se traduit par le système de nn scalaires (pour i∈{1,…,n}i \in \{1, \dots, n\}) : 3xi2=2λxi3x_i^2 = 2\lambda x_i Auxquelles s’ajoute la condition de liaison (la contrainte) : ∑i=1nxi2=1\sum_{i=1}^n x_i^2 = 1

b. Réécrivons l’équation sous la forme xi(3xi−2λ)=0x_i(3x_i - 2\lambda) = 0. Pour chaque indice ii, cela impose deux cas :

  1. Soit xi=0x_i = 0.
  2. Soit 3xi−2λ=03x_i - 2\lambda = 0, c’est-à-dire xi=2λ3x_i = \frac{2\lambda}{3}.

Ainsi, pour tous indices ii et jj pour lesquels les composantes xix_i et xjx_j sont non nulles, on a obligatoirement xi=xj=2λ3x_i = x_j = \frac{2\lambda}{3}. En d’autres termes, les composantes non nulles ont toutes la même valeur absolue (et même le même signe si λ≠0\lambda \neq 0).

Soit kk le nombre de composantes non nulles de cx0cx_0, avec 1≤k≤n1 \le k \le n (puisque ∥x0∥=1\|x_0\| = 1, kk ne peut pas être nul). Si kk composantes valent cc en valeur absolue, alors la contrainte ∑xi2=1\sum x_i^2 = 1 s’écrit : k⋅c2=1  ⟹  c2=1kk \cdot c^2 = 1 \implies c^2 = \frac{1}{k} La valeur de la fonction ff en un tel point critique est : f(x0)=∑i=1nxi3=∑i∈supportxi3f(x_0) = \sum_{i=1}^n x_i^3 = \sum_{i \in \text{support}} x_i^3 Selon le signe de cc, cc vaut 1k\frac{1}{\sqrt{k}} ou −1k-\frac{1}{\sqrt{k}}.

  • Si c=1kc = \frac{1}{\sqrt{k}}, alors f(x0)=k×(1k)3=kk3/2=1kf(x_0) = k \times \left(\frac{1}{\sqrt{k}}\right)^3 = \frac{k}{k^{3/2}} = \frac{1}{\sqrt{k}}.
  • Si c=−1kc = -\frac{1}{\sqrt{k}}, alors f(x0)=−1kf(x_0) = -\frac{1}{\sqrt{k}}.

Puisque kk est un entier compris entre 11 et nn :

  • La valeur maximale de ff sur Sn−1S^{n-1} est obtenue pour k=1k = 1 (par exemple en (1,0,…,0)(1, 0, \dots, 0) ou ses permutations avec des signes appropriés), et vaut 11=1\frac{1}{\sqrt{1}} = 1.
  • La valeur minimale de ff sur Sn−1S^{n-1} est obtenue lorsque c=−11c = -\frac{1}{\sqrt{1}}, et vaut −1-1. Conclusion: **
  • Le maximum global de ff sur Sn−1S^{n-1} est 11, atteint aux points de la base canonique (1,0,…,0),(0,1,0,… ),…(1, 0, \dots, 0), (0, 1, 0, \dots), \dots
  • Le minimum global de ff sur Sn−1S^{n-1} est −1-1, atteint aux points (−1,0,…,0),(0,−1,0,… ),…(-1, 0, \dots, 0), (0, -1, 0, \dots), \dots