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Exercice 1 : Circuits RLC et régimes de relaxation

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

On considère un circuit électrique destiné à l’étude des régimes transitoires, modélisé par l’association en série d’une résistance RR, d’une bobine parfaite d’inductance LL et d’un condensateur de capacité CC. Le circuit est alimenté par un générateur idéal de tension délivrant un échelon de tension.

L’interrupteur KK, initialement ouvert depuis une durée infinie, est fermé à l’instant t=0t = 0.

  • À t<0t < 0, le condensateur est totalement déchargé (uC(0−)=0u_C(0^-) = 0) et aucun courant ne circule dans le circuit (i(0−)=0i(0^-) = 0).
  • À t≥0t \geq 0, le générateur impose une tension constante EE.

On pose ω0=1LC\omega_0 = \frac{1}{\sqrt{LC}} la pulsation propre du circuit et Q=1RLCQ = \frac{1}{R}\sqrt{\frac{L}{C}} le facteur de qualité.


  1. Établissement de l’équation différentielle : En appliquant les lois générales de l’électrocinétique, établir l’équation différentielle régissant l’évolution temporelle de la tension aux bornes du condensateur uC(t)u_C(t) pour t>0t > 0. Mettre cette équation sous la forme canonique faisant intervenir ω0\omega_0 et QQ.
  2. Conditions initiales : Préciser les valeurs de uC(0+)u_C(0^+) et de sa dérivée première duCdt(0+)\frac{\text{d}u_C}{\text{d}t}(0^+) en justifiant soigneusement par la continuité des grandeurs énergétiques.
  3. Étude du régime apériodique (fort amortissement) :
    • a. Donner la forme générale de la solution uC(t)u_C(t) lorsque le facteur de qualité QQ est inférieur à une valeur limite que l’on précisera.
    • b. Déterminer l’expression de uC(t)u_C(t) pour Q=12Q = \frac{1}{2} (régime critique) sous l’échelon de tension EE.
  4. Étude énergétique : On définit l’énergie totale du circuit par Etot(t)=12Li(t)2+12CuC(t)2E_{\text{tot}}(t) = \frac{1}{2} L i(t)^2 + \frac{1}{2} C u_C(t)^2. Exprimer la puissance instantanée cédée par le dipôle dissipatif (la résistance) et montrer que dEtotdt=−Ri(t)2\frac{\text{d}E_{\text{tot}}}{\text{dt}} = -R i(t)^2. Comment qualifie-t-on ce bilan ?

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Pour la question 1 : Pensez à utiliser la loi des mailles (loi d’additivité des tensions) et les relations constitutives des dipôles (uR=Riu_R = Ri, uL=Ldidtu_L = L \frac{\text{d}i}{\text{d}t}, i=CduCdti = C \frac{\text{d}u_C}{\text{d}t}).
  • Pour la question 2 : La continuité de l’énergie emmagasinée dans le condensateur et la bobine impose des conditions de continuité sur uC(t)u_C(t) et i(t)i(t). Ne confondez pas la continuité de uCu_C avec celle de sa dérivée.
  • Pour la question 3 : Le discriminant de l’équation caractéristique détermine la nature du régime (apériodique, critique, pseudo-périodique). Pour le régime critique, l’équation caractéristique possède une racine double.
  • Pour la question 4 : Dérivez directement l’expression de Etot(t)E_{\text{tot}}(t) par rapport au temps et utilisez l’équation différentielle établie à la question 1.

1. Établissement de l’équation différentielle

Section titled “1. Établissement de l’équation différentielle”

Par la loi des mailles orientée dans le sens du courant i(t)i(t), on a : E=uR(t)+uL(t)+uC(t)E = u_R(t) + u_L(t) + u_C(t) En utilisant les relations constitutives des composants :

  • uR(t)=R i(t)u_R(t) = R \, i(t)
  • uL(t)=Ldidtu_L(t) = L \frac{\text{d}i}{\text{d}t}
  • i(t)=CduCdti(t) = C \frac{\text{d}u_C}{\text{d}t}

On en déduit les tensions aux bornes de la résistance et de la bobine en fonction de uCu_C : uR(t)=RCduCdtetuL(t)=LCd2uCdt2u_R(t) = R C \frac{\text{d}u_C}{\text{d}t} \quad \text{et} \quad u_L(t) = L C \frac{\text{d}^2u_C}{\text{d}t^2}

En remplaçant dans la loi des mailles, on obtient l’équation différentielle : LCd2uCdt2+RCduCdt+uC=EL C \frac{\text{d}^2u_C}{\text{d}t^2} + R C \frac{\text{d}u_C}{\text{d}t} + u_C = E

En divisant par LCLC et en introduisant les paramètres canoniques ω0=1LC\omega_0 = \frac{1}{\sqrt{LC}} et Q=1RLCQ = \frac{1}{R}\sqrt{\frac{L}{C}}, l’équation se réécrit sous la forme normalisée : d2uCdt2+ω0QduCdt+ω02uC=ω02E\frac{\text{d}^2u_C}{\text{d}t^2} + \frac{\omega_0}{Q} \frac{\text{d}u_C}{\text{d}t} + \omega_0^2 u_C = \omega_0^2 E

  • Continuité de la tension aux bornes du condensateur : L’énergie électrostatique emmagasinée dans le condensateur est EC=12CuC2\mathcal{E}_C = \frac{1}{2} C u_C^2. Cette énergie ne pouvant pas être discontinue (car cela impliquerait une puissance infinie i=CduCdti = C \frac{\text{d}u_C}{\text{d}t}), la tension uCu_C est une fonction continue du temps. Par conséquent : uC(0+)=uC(0−)=0 Vu_C(0^+) = u_C(0^-) = 0 \text{ \text{V}}

  • Continuité du courant dans la bobine : L’énergie magnétique emmagasinée dans la bobine est EL=12Li2\mathcal{E}_L = \frac{1}{2} L i^2. De même, elle ne peut être discontinue, ce qui implique la continuité de l’intensité du courant i(t)i(t) : i(0+)=i(0−)=0 Ai(0^+) = i(0^-) = 0 \text{ \text{A}} Or, le courant traversant le condensateur est lié à uCu_C par i(t)=CduCdti(t) = C \frac{\text{d}u_C}{\text{d}t}. On en déduit directement la dérivée première à 0+0^+ : \frac{\text{d}u_C}{\text{d}t}(0^+) = \frac{i(0^+)}{C} = 0 \text{ \text{V}\cdot\text{s}^{-1}}

3. Étude du régime apériodique et critique

Section titled “3. Étude du régime apériodique et critique”

L’équation caractéristique associée à l’équation différentielle homogène est : r2+ω0Qr+ω02=0r^2 + \frac{\omega_0}{Q} r + \omega_0^2 = 0 Le discriminant réduit (ou discriminant classique) est Δ=(ω0Q)2−4ω02=ω02(1Q2−4)\Delta = \left(\frac{\omega_0}{Q}\right)^2 - 4\omega_0^2 = \omega_0^2 \left(\frac{1}{Q^2} - 4\right).

  • a. Le régime est apériodique (fort amortissement) si Δ>0\Delta > 0, c’est-à-dire si Q<12Q < \frac{1}{2}. Les racines de l’équation caractéristique sont réelles distinctes r1r_1 et r2r_2. La solution générale est de la forme : uC(t)=E+Aer1t+Ber2tu_C(t) = E + A e^{r_1 t} + B e^{r_2 t} où AA et BB sont des constantes déterminées par les conditions initiales uC(0+)u_C(0^+) et duCdt(0+)\frac{\text{d}u_C}{\text{d}t}(0^+).

  • b. Le régime critique correspond à Δ=0\Delta = 0, soit Q=12Q = \frac{1}{2}. L’équation caractéristique possède une racine double r=−ω02Q=−ω0r = -\frac{\omega_0}{2Q} = -\omega_0. La solution générale de l’équation avec second membre s’écrit alors : uC(t)=E+(A+Bt)e−ω0tu_C(t) = E + (A + Bt) e^{-\omega_0 t}

    Appliquons les conditions initiales :

    1. À t=0+t = 0^+ : uC(0+)=E+A=0  ⟹  A=−Eu_C(0^+) = E + A = 0 \implies A = -E.
    2. Dérivée : duCdt(t)=Be−ω0t−ω0(A+Bt)e−ω0t\frac{\text{d}u_C}{\text{d}t}(t) = B e^{-\omega_0 t} - \omega_0 (A + Bt) e^{-\omega_0 t}. À t=0+t = 0^+ : duCdt(0+)=B−ω0A=0  ⟹  B=ω0A=−ω0E\frac{\text{d}u_C}{\text{d}t}(0^+) = B - \omega_0 A = 0 \implies B = \omega_0 A = -\omega_0 E.

    Finalement, l’expression de la tension pour le régime critique est : uC(t)=E[1−(1+ω0t)e−ω0t] Vu_C(t) = E \left[ 1 - (1 + \omega_0 t) e^{-\omega_0 t} \right] \text{ \text{V}}

Exprimons la dérivée temporelle de l’énergie totale Etot(t)=12Li(t)2+12CuC(t)2E_{\text{tot}}(t) = \frac{1}{2} L i(t)^2 + \frac{1}{2} C u_C(t)^2 : dEtotdt=Li(t)didt+CuC(t)duCdt\frac{\text{d}E_{\text{tot}}}{\text{dt}} = L i(t) \frac{\text{d}i}{\text{d}t} + C u_C(t) \frac{\text{d}u_C}{\text{d}t}

Sachant que i(t)=CduCdti(t) = C \frac{\text{d}u_C}{\text{d}t}, on a didt=Cd2uCdt2\frac{\text{d}i}{\text{d}t} = C \frac{\text{d}^2u_C}{\text{d}t^2}, et l’équation différentielle s’écrit : Ldidt+Ri+uC=E  ⟹  Ldidt=−Ri−uC+EL \frac{\text{d}i}{\text{d}t} + R i + u_C = E \implies L \frac{\text{d}i}{\text{d}t} = -R i - u_C + E

En remplaçant LdidtL \frac{\text{d}i}{\text{d}t} dans l’expression de la puissance : dEtotdt=i(t)(Ldidt)+uC(t)i(t)\frac{\text{d}E_{\text{tot}}}{\text{dt}} = i(t) \left( L \frac{\text{d}i}{\text{d}t} \right) + u_C(t) i(t) dEtotdt=i(t)(−Ri(t)−uC(t)+E)+uC(t)i(t)=−Ri(t)2+Ei(t)\frac{\text{d}E_{\text{tot}}}{\text{dt}} = i(t) \left( -R i(t) - u_C(t) + E \right) + u_C(t) i(t) = -R i(t)^2 + E i(t)

Note rigoureuse : Si l’on considère le système fermé {Circuit RLC}, la puissance fournie par le générateur est Pgen=Ei(t)P_{\text{gen}} = E i(t). Le bilan s’écrit donc : dEtotdt=−Ri(t)2+Pgen\frac{\text{d}E_{\text{tot}}}{\text{dt}} = -R i(t)^2 + P_{\text{gen}} Le terme −Ri(t)2=−PJoule-R i(t)^2 = -P_{\text{Joule}} représente la puissance thermique dissipée par effet Joule dans la résistance (loi de Joule). C’est un bilan énergétique dissipatif : l’énergie totale du système décroît ou se convertit en chaleur en raison de la présence de la résistance RR.