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Exercice 1 : Hacheurs

Problème GUIDÉ : Étude d’un hacheur série alimentant une charge inductive

Section titled “Problème GUIDÉ : Étude d’un hacheur série alimentant une charge inductive”

Les hacheurs sont des convertisseurs statiques continu-continu très utilisés en électrotechnique pour faire varier la vitesse des moteurs à courant continu ou pour adapter des niveaux de tension (systèmes embarqués, énergies renouvelables).

On s’intéresse dans ce problème à un hacheur série (ou abaisseur de tension, ou buck) alimentant une charge industrielle modélisée par une association en série d’une résistance RR, d’une inductance LL et d’une f.e.m. EE (modèle d’un moteur à courant continu).

Le schéma de principe est le suivant :

  • Une source de tension continue idéale E0=100 VE_0 = \text{100 V}.
  • Un interrupteur parfait KK commandé électroniquement (transistor de type IGBT ou MOSFET), ouvert ou fermé périodiquement à la fréquence f=20 kHzf = \text{20 kHz}.
  • La période de découpage est notée T=1/fT = 1/f. Sur une période, KK est fermé durant l’intervalle [0,αT][0, \alpha T] et ouvert durant [αT,T][\alpha T, T], où α∈]0,1[\alpha \in ]0, 1[ est le rapport cyclique.
  • Une diode de roue libre DD idéale, montée en antiparallèle aux bornes de la charge.
  • La charge est caractérisée par : R=2 ΩR = \text{2 }\Omega, L=10 mHL = \text{10 mH} et E=20 VE = \text{20 V}.

On se place en régime permanent établi. On note i(t)i(t) le courant traversant la charge et uN(t)u_N(t) la tension aux bornes de l’ensemble de la charge (R,L,E)(R, L, E).


I. Analyse préliminaire et régimes de fonctionnement

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  1. Rappeler le rôle de la diode de roue libre DD dans ce montage. Que se passerait-il en son absence lors de l’ouverture de l’interrupteur KK ?
  2. Exprimer la tension uN(t)u_N(t) aux bornes de la charge en fonction de E0E_0, de l’état de l’interrupteur KK et de la conduction de la diode DD.

On suppose dans cette partie que le courant i(t)i(t) reste strictement positif sur toute la période (conduction continue). On pose Imin⁡=i(0)I_{\min} = i(0) et Imax⁡=i(αT)I_{\max} = i(\alpha T).

  1. Établir l’équation différentielle régissant l’évolution du courant i(t)i(t) lorsque l’interrupteur KK est fermé (0<t<αT0 < t < \alpha T).
  2. Résoudre cette équation et exprimer i(t)i(t) en fonction de E0E_0, EE, RR, τ=L/R\tau = L/R, Imin⁡I_{\min} et du temps tt.
  3. Établir de même l’expression du courant i(t)i(t) lorsque l’interrupteur KK est ouvert (αT<t<T\alpha T < t < T).
  4. En écrivant la condition de périodicité du courant i(0)=i(T)i(0) = i(T), exprimer explicitement Imin⁡I_{\min} et Imax⁡I_{\max} en fonction de E0E_0, EE, RR, α\alpha, τ\tau et TT.
  5. Calculer la valeur moyenne ⟨uN⟩\langle u_N \rangle de la tension aux bornes de la charge sur une période. Conclure sur la fonction du convertisseur.

III. Analyse critique et limites du modèle

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  1. Déterminer la condition analytique portant sur les paramètres du système pour que l’hypothèse de conduction continue soit valide (min⁡(i(t))>0\min(i(t)) > 0).
  2. Calculer la valeur limite αlim\alpha_{\text{lim}} du rapport cyclique en deçà de laquelle le hacheur entre en conduction discontinue pour les valeurs numériques de l’énoncé.
  3. Esprit Concours (Analyse critique) : Les composants utilisés (interrupteur KK, diode DD, source E0E_0) ont été qualifiés d’« idéaux ». Discuter qualitativement de l’impact des non-idéalités réelles sur le rendement du convertisseur et sur la forme des signaux à haute fréquence (f=20 kHzf = \text{20 kHz}).

  • Q1 : Penser à la surtension aux bornes d’une inductance parcourue par un courant lors d’une interruption brutale (loi de Lenz:u=Ldidt\text{loi de Lenz} : u = L \frac{di}{dt}).
  • Q4 & Q5 : Séparer l’étude en deux phases temporelles. La solution générale d’une équation linéaire du 1er ordre est la somme d’une solution particulière (régime permanent) et d’une solution homogène (transitoire en exp⁡(−t/τ)\exp(-t/\tau)).
  • Q6 : Utiliser la continuité du courant à t=αTt = \alpha T et la périodicité. Résoudre le système linéaire en (Imin⁡,Imax⁡)(I_{\min}, I_{\max}).
  • Q8 : Évaluer Imin⁡I_{\min} en fonction de α\alpha. La condition de non-annulation du courant s’écrit Imin⁡>0I_{\min} > 0.

I. Analyse préliminaire et régimes de fonctionnement

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  1. Rôle de la diode de roue libre : L’inductance LL s’oppose à toute variation brusque du courant. Si KK s’ouvre brutalement sans chemin de repli pour le courant, didt\frac{di}{dt} tend vers −∞-\infty, générant une surtension destructrice u=Ldidtu = L \frac{di}{dt} susceptible de claquer l’interrupteur KK. La diode DD, polarisée en direct lors de l’ouverture de KK, assure la continuité du courant en formant une boucle fermée (« roue libre ») avec la charge.
  2. Expression de uN(t)u_N(t) :
    • Lorsque KK est fermé et DD bloquée : uN(t)=E0u_N(t) = E_0.
    • Lorsque KK est ouvert et DD passante : uN(t)=0u_N(t) = 0 (aux chutes de tension près dans la diode).
  1. Équation différentielle (Phase 1 : 0<t<αT0 < t < \alpha T) : La loi des mailles donne : E0=Ri(t)+Ldidt+E  ⟹  Ldidt+Ri=E0−EE_0 = Ri(t) + L\frac{di}{dt} + E \implies L\frac{di}{dt} + Ri = E_0 - E

  2. Résolution Phase 1 : La solution générale est de la forme i(t)=E0−ER+Ae−t/τi(t) = \frac{E_0 - E}{R} + A e^{-t/\tau} avec τ=L/R\tau = L/R. En utilisant la condition initiale i(0)=Imin⁡i(0) = I_{\min} : A=Imin⁡−E0−ERA = I_{\min} - \frac{E_0 - E}{R} D’où, pour t∈[0,αT]t \in [0, \alpha T] : i(t)=E0−ER+(Imin⁡−E0−ER)e−t/τi(t) = \frac{E_0 - E}{R} + \left(I_{\min} - \frac{E_0 - E}{R}\right)e^{-t/\tau}

  3. Résolution Phase 2 (αT<t<T\alpha T < t < T) : L’interrupteur KK est ouvert, la source E0E_0 est déconnectée (uN=0u_N = 0). L’équation devient : Ldidt+Ri=−EL\frac{di}{dt} + Ri = -E La solution avec la condition à l’origine de cette phase i(αT)=Imax⁡i(\alpha T) = I_{\max} s’écrit, pour t′=t−αT∈[0,(1−α)T]t' = t - \alpha T \in [0, (1-\alpha)T] : i(t′)=−ER+(Imax⁡+ER)e−t′/τi(t') = -\frac{E}{R} + \left(I_{\max} + \frac{E}{R}\right)e^{-t'/\tau}

  4. Calcul de Imin⁡I_{\min} et Imax⁡I_{\max} : Par périodicité, i(T)=Imin⁡i(T) = I_{\min}. Évaluons i(αT)=Imax⁡i(\alpha T) = I_{\max} et i(T)=Imin⁡i(T) = I_{\min} : Imax⁡=E0−ER+(Imin⁡−E0−ER)e−αT/τI_{\max} = \frac{E_0 - E}{R} + \left(I_{\min} - \frac{E_0 - E}{R}\right)e^{-\alpha T/\tau} Imin⁡=−ER+(Imax⁡+ER)e−(1−α)T/τI_{\min} = -\frac{E}{R} + \left(I_{\max} + \frac{E}{R}\right)e^{-(1-\alpha)T/\tau} La résolution de ce système linéaire permet d’obtenir analytiquement Imin⁡I_{\min} et Imax⁡I_{\max}.

  5. Valeur moyenne de la tension : Par définition de la valeur moyenne sur une période TT : ⟨uN⟩=1T(∫0αTE0 dt+∫αTT0 dt)=αE0\langle u_N \rangle = \frac{1}{T} \left( \int_{0}^{\alpha T} E_0 \, dt + \int_{\alpha T}^{T} 0 \, dt \right) = \alpha E_0 Conclusion: * Le hacheur série se comporte comme un transformateur idéal de tension continue réglable puisque ⟨uN⟩=αE0\langle u_N \rangle = \alpha E_0 avec α∈]0,1[\alpha \in ]0, 1[.

III. Analyse critique et limites du modèle

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  1. Condition de conduction continue : Le régime est continu si et seulement si Imin⁡>0I_{\min} > 0. En injectant les expressions de Imin⁡I_{\min} issues du système précédent, la condition limite Imin⁡=0I_{\min} = 0 donne l’expression du rapport cyclique limite αlim\alpha_{\text{lim}}.

  2. Application numérique : Avec E0=100 VE_0 = \text{100 V}, E=20 VE = \text{20 V}, R=2 ΩR = \text{2 }\Omega, L=10 mHL = \text{10 mH} (τ=5 ms\tau = \text{5 ms}) et f=20 kHzf = \text{20 kHz} (T=50 μsT = \text{50 }\mu\text{s}). On remarque que T≪τT \ll \tau (50 μs≪5 ms50\,\mu\text{s} \ll 5\,\text{ms}). Le courant varie très peu sur une période (ondulation faible). L’ondulation de courant Δi=Imax⁡−Imin⁡≈(E0−αE0)αTL\Delta i = I_{\max} - I_{\min} \approx \frac{(E_0 - \alpha E_0) \alpha T}{L} (approximation linéaire valable car T≪τT \ll \tau). Pour que Imin⁡>0I_{\min} > 0, il faut que ⟨i⟩>Δi2\langle i \rangle > \frac{\Delta i}{2}. Le calcul numérique conduit à αlim≈EE0=20100=0,2\alpha_{\text{lim}} \approx \frac{E}{E_0} = \frac{20}{100} = 0{,}2. En deçà de α=0,2\alpha = 0{,}2, le hacheur entre en conduction discontinue (le courant s’annule à chaque période).

  3. Analyse critique et limites des modèles idéaux (Esprit Concours) :

    • Pertes par commutation : L’interrupteur et la diode réels ne commutent pas instantanément. Le produit u(t)i(t)u(t)i(t) n’est pas nul pendant les durées de transition, ce qui génère des pertes énergétiques proportionnelles à la fréquence ff. À 20 kHz\text{20 kHz}, ces pertes deviennent prépondérantes.
    • Chutes de tension directes : La diode présente une tension de seuil Ud≈0,7 VU_d \approx \text{0,7 V} et l’interrupteur une résistance à l’état passant RonR_{\text{on}}, réduisant le rendement réel par rapport au modèle parfait ⟨uN⟩=αE0\langle u_N \rangle = \alpha E_0.
    • Compatibilité Électromagnétique (CEM) : Les fortes pentes didt\frac{di}{dt} et dvdt\frac{dv}{dt} à 20 kHz20\text{ kHz} génèrent des parasites conduits et rayonnés, nécessitant l’adjonction de filtres en entrée et en sortie, absents du modèle d’étude.