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Cours : Arithmétique dans Z

Fiche de Cours : Arithmétique dans Z\mathbb{Z}

Section titled “Fiche de Cours : Arithmétique dans Z\mathbb{Z}Z”

Niveau: ** MPSI (Première année)
Matière : Mathématiques


1. Divisibilité et Division Euclidienne dans Z\mathbb{Z}

Section titled “1. Divisibilité et Division Euclidienne dans Z\mathbb{Z}Z”

A. Définitions et premières propriétés

Section titled “A. Définitions et premières propriétés”

Soit (a,b)∈Z2(a, b) \in \mathbb{Z}^2.

Définition (Divisibilité) :
On dit que aa divise bb (noté a∣ba \mid b) s’il existe un entier k∈Zk \in \mathbb{Z} tel que b=kab = ka.

Propriétés fondamentales :

  1. La relation ∣\mid est une relation préordre sur Z\mathbb{Z} (réflexive, transitive). Elle n’est pas antisymétrique, mais si a∣ba \mid b et b∣ab \mid a, alors a=±ba = \pm b.
  2. ∀a∈Z,±1∣a\forall a \in \mathbb{Z}, \pm 1 \mid a et a∣0a \mid 0. Si a∣1a \mid 1, alors a∈{−1,1}a \in \{-1, 1\}.
  3. Si a∣ba \mid b et c∣dc \mid d, alors ac∣bdac \mid bd.
  4. Si a∣ba \mid b et b∣cb \mid c, alors a∣ca \mid c.
  5. Si a∣ba \mid b et a∣ca \mid c, alors pour tous (u,v)∈Z2(u, v) \in \mathbb{Z}^2, a∣(ub+vc)a \mid (ub + vc) (principe de superposition).

Théorème (Division euclidienne) :
Soit a∈Za \in \mathbb{Z} et b∈N∗b \in \mathbb{N}^*. Il existe un unique couple (q,r)∈Z×N(q, r) \in \mathbb{Z} \times \mathbb{N} tel que : a=bq+ret0≤r<ba = bq + r \quad \text{et} \quad 0 \le r < b

Démonstration (Esquisse) :

  • Existence : On considère l’ensemble E={a−bk∣k∈Z et a−bk≥0}E = \{a - bk \mid k \in \mathbb{Z} \text{ et } a - bk \ge 0\}. Par le principe du bon ordre dans N\mathbb{N}, cet ensemble non vide (Archimédianité) possède un plus petit élément r=a−bqr = a - bq. Par construction r≥0r \ge 0. Si r≥br \ge b, alors r−b=a−b(q+1)≥0r - b = a - b(q+1) \ge 0, ce qui contredit la minimalité de rr. Donc r<br < b.
  • Ununicité : Supposons a=bq1+r1=bq2+r2a = bq_1 + r_1 = bq_2 + r_2 avec 0≤r1,r2<b0 \le r_1, r_2 < b. Alors b(q1−q2)=r2−r1b(q_1 - q_2) = r_2 - r_1. En prenant la valeur absolue, si q1≠q2q_1 \neq q_2, b≤∣b(q1−q2)∣=∣r2−r1∣<bb \le |b(q_1 - q_2)| = |r_2 - r_1| < b, ce qui est absurde. Donc q1=q2q_1 = q_2 puis r1=r2r_1 = r_2. ■\blacksquare

2. Plus Grand Commun Diviseur (PGCD) et Plus Petit Commun Multiple (PPCM)

Section titled “2. Plus Grand Commun Diviseur (PGCD) et Plus Petit Commun Multiple (PPCM)”

Définition (Idéal) :
Un sous-ensemble IdeZI de \mathbb{Z} est un idéal si :

  1. 0∈I0 \in I
  2. ∀(x,y)∈I2,x+y∈I\forall (x, y) \in I^2, x + y \in I
  3. ∀x∈I,∀k∈Z,kx∈I\forall x \in I, \forall k \in \mathbb{Z}, kx \in I

Théorème :
Tout idéal de Z\mathbb{Z} est principal, c’est-à-dire de la forme aZ={ak∣k∈Z}a\mathbb{Z} = \{ak \mid k \in \mathbb{Z}\} pour un certain a∈Na \in \mathbb{N}.


Définition :
Soit a,b∈Za, b \in \mathbb{Z}. L’idéal aZ+bZa\mathbb{Z} + b\mathbb{Z} est principal, noté dZd\mathbb{Z}. L’unique entier d∈Nd \in \mathbb{N} ainsi défini est appelé le PGCD de aa et bb, noté PGCD(a,b)\text{PGCD}(a, b) ou a∧ba \wedge b.

Propriétés caractérisant le PGCD d=a∧bd = a \wedge b (si a,ba,b non tous nuls) :

  1. d∈N∗d \in \mathbb{N}^*
  2. d∣ad \mid a et d∣bd \mid b
  3. Si c∣ac \mid a et c∣bc \mid b, alors c∣dc \mid d.

Théorème de Bézout :
Soit a,b∈Za, b \in \mathbb{Z}. a∧b=1  ⟺  ∃(u,v)∈Z2,au+bv=1a \wedge b = 1 \iff \exists (u, v) \in \mathbb{Z}^2, au + bv = 1.
Plus généralement : a∧b=d  ⟺  ∃(u,v)∈Z2,au+bv=da \wedge b = d \iff \exists (u, v) \in \mathbb{Z}^2, au + bv = d et ad∧bd=1\frac{a}{d} \wedge \frac{b}{d} = 1.

Identité de Bézout (forme générale) :
L’ensemble des combinaisons linéaires au+bvau + bv (pour u,v∈Zu, v \in \mathbb{Z}) est exactement l’idéal (a∧b)Z(a \wedge b)\mathbb{Z}.

Lemme de Gauss :
Soit a,b,c∈Za, b, c \in \mathbb{Z}. Si a∣bca \mid bc et a∧b=1a \wedge b = 1, alors a∣ca \mid c.

Théorème de Gauss :
Si a∣ca \mid c, b∣cb \mid c et a∧b=1a \wedge b = 1, alors ab∣cab \mid c.


Méthode effective pour calculer le PGCD de deux entiers aa et bb (avec b≠0b \neq 0).
On pose r0=∣a∣r_0 = |a| et r1=∣b∣r_1 = |b|. On effectue des divisions euclidiennes successives :

  • r0=r1q1+r2r_0 = r_1 q_1 + r_2 avec 0≤r2<r10 \le r_2 < r_1
  • r1=r2q2+r3r_1 = r_2 q_2 + r_3 avec 0≤r3<r20 \le r_3 < r_2
  • …\dots
  • rn−2=rn−1qn−1+rnr_{n-2} = r_{n-1} q_{n-1} + r_n avec 0≤rn<rn−10 \le r_n < r_{n-1}
  • rn−1=rnqn+0r_{n-1} = r_n q_n + 0

Le dernier reste non nul rnr_n est le PGCD de aa et bb. Les coefficients de Bézout s’obtiennent par remontée de l’algorithme d’Euclide.


Définition :
L’intersection de deux idéaux aZ∩bZa\mathbb{Z} \cap b\mathbb{Z} est un idéal de Z\mathbb{Z}, donc principal, de la forme mZm\mathbb{Z}. L’unique entier m∈Nm \in \mathbb{N} est le PPCM de aa et bb, noté a∨ba \vee b.

Propriété fondamentale :
Pour tous a,b∈N∗a, b \in \mathbb{N}^* : (a∧b)×(a∨b)=ab(a \wedge b) \times (a \vee b) = ab


Définition :
Un entier p∈Np \in \mathbb{N} est dit premier s’admet exactement 4 diviseurs distincts dans Z\mathbb{Z} : ±1,±p\pm 1, \pm p. Par convention, 11 n’est pas premier et p≥2p \ge 2.
On note P\mathcal{P} l’ensemble des nombres premiers. L’ensemble P\mathcal{P} est infini (démonstration classique par l’absurde d’Euclide).

Lemme d’Euclide (pour les premiers) :
Soit p∈Pp \in \mathcal{P} et (a,b)∈Z2(a, b) \in \mathbb{Z}^2. Si p∣abp \mid ab, alors p∣ap \mid a ou p∣bp \mid b.

Théorème Fondamental de l’Arithmétique (Existence et Unicité de la décomposition en facteurs premiers) :
Tout entier n≥2n \ge 2 se décompose de manière unique sous la forme : n=∏p∈Ppvp(n)=p1α1p2α2…pkαkn = \prod_{p \in \mathcal{P}} p^{v_p(n)} = p_1^{\alpha_1} p_2^{\alpha_2} \dots p_k^{\alpha_k} où vp(n)∈Nv_p(n) \in \mathbb{N} (appelée valuation pp-adique de nn) est non nul pour un nombre fini de pp, et les pip_i sont des nombres premiers distincts.

Conséquence sur le PGCD et PPCM via les valuations :
Si a=∏pvp(a)a = \prod p^{v_p(a)} et b=∏pvp(b)b = \prod p^{v_p(b)}, alors :

  • a∧b=∏pmin⁡(vp(a),vp(b))a \wedge b = \prod p^{\min(v_p(a), v_p(b))}
  • a∨b=∏pmax⁡(vp(a),vp(b))a \vee b = \prod p^{\max(v_p(a), v_p(b))}

Définition :
Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^*. On dit que aa est congruent à bb modulo nn si n∣(a−b)n \mid (a - b). On note : a≡b(modn)a \equiv b \pmod n

Propriétés algébriques : La relation ≡(modn)\equiv \pmod n est une relation d’équivalence sur Z\mathbb{Z}. De plus, elle est compatible avec l’addition et la multiplication : Si a1≡b1(modn)a_1 \equiv b_1 \pmod n et a2≡b2(modn)a_2 \equiv b_2 \pmod n, alors :

  1. a1+a2≡b1+b2(modn)a_1 + a_2 \equiv b_1 + b_2 \pmod n
  2. a1a2≡b1b2(modn)a_1 a_2 \equiv b_1 b_2 \pmod n
  3. ∀k∈N,a1k≡b1k(modn)\forall k \in \mathbb{N}, a_1^k \equiv b_1^k \pmod n

Définition (Anneau Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}) :
L’ensemble des classes d’équivalence modulo nn est noté Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}. Il possède une structure d’anneau commutatif.

Caractérisation des inversibles de Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} :
Un élément aˉ∈Z/nZ\bar{a} \in \mathbb{Z}/n\mathbb{Z} est inversible (on dit aussi premier à nn) si et seulement si a∧n=1a \wedge n = 1.


Théorème de Fermat (dit “Petit théorème de Fermat”) :
Soit p∈Pp \in \mathcal{P} et a∈Za \in \mathbb{Z}. Si p∤ap \nmid a, alors : ap−1≡1(modp)a^{p-1} \equiv 1 \pmod p Forme alternative : ∀a∈Z,ap≡a(modp)\forall a \in \mathbb{Z}, \quad a^p \equiv a \pmod p.

Théorème des Chinois (的版本 / Sun Zi) :
Soient m,n∈N∗m, n \in \mathbb{N}^* tels que m∧n=1m \wedge n = 1. Alors pour tous a,b∈Za, b \in \mathbb{Z}, le système de congruences : {x≡a(modm)x≡b(modn)\begin{cases} x \equiv a \pmod m \\ x \equiv b \pmod n \end{cases} possède une unique solution modulo mnmn.


  1. Prouver qu’un entier divise un autre :

    • Méthode 1 : Trouver explicitement kk tel que b=kab = ka.
    • Méthode 2 : Utiliser la transitivité ou les combinaisons linéaires.
    • Méthode 3 (Congruences) : Montrer que b≡0(moda)b \equiv 0 \pmod a.
    • Méthode 4 (Valuations) : Montrer que pour tout premier pp, vp(a)≤vp(b)v_p(a) \le v_p(b).
  2. Résoudre une équation diophantienne linéaire (ax+by=cax + by = c) :

    • Étape 1 : Calculer d=a∧bd = a \wedge b par l’algorithme d’Euclide.
    • Étape 2 : Vérifier si d∣cd \mid c. Si non, pas de solution.
    • Étape 3 : Diviser l’équation par dd pour se ramener à adx+bdy=cd\frac{a}{d}x + \frac{b}{d}y = \frac{c}{d} avec ad∧bd=1\frac{a}{d} \wedge \frac{b}{d} = 1.
    • Étape 4 : Trouver une solution particulière (x0,y0)(x_0, y_0) par Bézout (remontée d’Euclide).
    • Étape 5 : Conclure avec l’ensemble des solutions : S={(x0+kbd,y0−kad)  |  k∈Z}S = \left\{ \left(x_0 + k\frac{b}{d}, y_0 - k\frac{a}{d}\right) \;\middle|\; k \in \mathbb{Z} \right\}.
  3. Démontrer qu’une propriété est vraie pour tout nn :

    • Penser à une disjonction de cas modulo nn (tableaux de congruences).

7. Pièges Classiques et Erreurs à Éviter

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  • Attention au PGCD de 0 et aa : Par définition, a∧0=∣a∣a \wedge 0 = |a| (car l’idéal est aZ+0Z=aZa\mathbb{Z} + 0\mathbb{Z} = a\mathbb{Z}). En particulier, 0∧0=00 \wedge 0 = 0.
  • Implication fausse de Gauss : a∣bca \mid bc ne implique pas a∣ba \mid b ou a∣ca \mid c si aa et bb ne sont pas premiers entre eux ! (Contre-exemple : 4∣2×64 \mid 2 \times 6, mais 4∤24 \nmid 2 et 4∤64 \nmid 6).
  • Division par un entier dans une congruence : On n’a pas le droit d’écrire ac≡bc(modn)  ⟹  a≡b(modn)ac \equiv bc \pmod n \implies a \equiv b \pmod n, sauf si c∧n=1c \wedge n = 1. (Exemple : 2×2≡2×5(mod6)2 \times 2 \equiv 2 \times 5 \pmod 6 donne 4≡10(mod6)4 \equiv 10 \pmod 6 soit 4≡44 \equiv 4, mais 2≢5(mod6)2 \not\equiv 5 \pmod 6).