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Exercice 2 : Bilan d énergie et rendement

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Les moteurs à combustion interne restent au cœur des préoccupations énergétiques et environnementales actuelles. L’objectif de ce problème est d’étudier un modèle thermodynamique idéalisé décrivant le cycle de fonctionnement d’un moteur Diesel à quatre temps.

Le fluide caloporteur est l’air, assimilé à un gaz parfait diatomic de masse molaire MM et de capacité thermique massique à pression constante cpc_p (ou molaire Cp=γR/(γ−1)C_p = \gamma R / (\gamma - 1)), dont le coefficient isentropique γ=cp/cv\gamma = c_p / c_v est supposé constant sur la plage de température considérée (γ=1,4\gamma = 1,4).

Le cycle théorique de Diesel comprend quatre transformations réversibles subies par nn moles d’air (système fermé) :

  1. A→BA \to B : Compression adiabatique réversible (isentropique) de l’état 11 (P1,V1,T1P_1, V_1, T_1) à l’état 22 (P2,V2,T2P_2, V_2, T_2).
  2. B→CB \to C : Chauffage isobare réversible de l’état 22 à l’état 33 (P3=P2,V3,T3P_3 = P_2, V_3, T_3).
  3. C→DC \to D : Détente adiabatique réversible (isentropique) de l’état 33 à l’état 44 (P4,V4,T4P_4, V_4, T_4), avec V4=V1V_4 = V_1.
  4. D→AD \to A : Refroidissement isochore réversible ramenant le fluide à l’état initial 11.

On définit les paramètres caractéristiques suivants :

  • Le taux volumique de compression : α=V1V2\alpha = \frac{V_1}{V_2}
  • Le taux de isobare de coupure (ou taux d’injection) : β=V3V2\beta = \frac{V_3}{V_2}

❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”
  1. Représentation graphique : Tracer l’allure du cycle de Diesel dans le diagramme de Clapeyron (P,V)(P, V) en indiquant clairement les quatre états AA (ou 11), BB (ou 22), CC (ou 33) et DD (ou 44).
  2. Bilan énergétique élémentaire : Exprimer les quantités de chaleur Q rec¸ueQ_{\text{ reçue}} échangée par le gaz au cours de la transformation isobar B→CB \to C et Q ceˊdeˊeQ_{\text{ cédée}} au cours de la transformation isochore D→AD \to A en fonction de nn, CpC_p, CvC_v et des températures extrêmes de chaque transformation.
  3. Expression du rendement : Établir l’expression littérale du rendement thermique η\eta du cycle en fonction de γ\gamma, α\alpha et β\beta. Montrer que ce rendement peut se mettre sous la forme : η=1−1γαγ−1βγ−1β−1\eta = 1 - \frac{1}{\gamma \alpha^{\gamma-1}} \frac{\beta^\gamma - 1}{\beta - 1}
  4. Étude comparative : Retrouver qualitativement comment évolue le rendement si le taux d’injection β\beta tend vers 11 (à taux de compression α\alpha fixé). Quel est alors le cycle thermodynamique associé ?
  5. Analyse critique du modèle : Discuter brièvement la validité des hypothèses d’isochorie et d’isobarie pour les transferts thermiques dans un véritable moteur Diesel rapide, ainsi que l’hypothèse de l’indépendance de γ\gamma vis-à-vis de la température.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 1 : Rappeler l’allure des adiabatiques (plus pentues en valeur absolue que les isothermes) et des isobares (horizontales) dans le diagramme (P,V)(P,V).
  • Question 2 : Utiliser le premier principe de la thermodynamique appliqué à un système fermé en régime quasi-statique : dU=δW+δQ\mathrm{d}U = \delta W + \delta Q. Pour une transformation isobare, δQ=nCpdT\delta Q = n C_p \mathrm{d}T. Pour une isochore, δQ=nCvdT\delta Q = n C_v \mathrm{d}T.
  • Question 3 : Le rendement s’exprime par η=WcycleQ rec¸ue=1+Q ceˊdeˊeQ rec¸ue\eta = \frac{W_{\text{cycle}}}{Q_{\text{ reçue}}} = 1 + \frac{Q_{\text{ cédée}}}{Q_{\text{ reçue}}} (en comptant les transferts thermiques algébriquement). Relier les températures T1,T2,T3,T4T_1, T_2, T_3, T_4 en utilisant la loi de Laplace pour les compressions/détentes isentropiques et la loi des gaz parfaits pour les états de transition.
  • Question 4 : Faire un développement limité ou une analyse de la limite β→1\beta \to 1 par la règle de l’Hôpital.

1. Représentation graphique dans le diagramme (P,V)(P,V)

Section titled “1. Représentation graphique dans le diagramme (P,V)(P,V)(P,V)”

Le cycle comporte :

  • 1→21 \to 2 : Courbe d’allure hyperbolique abrupte (adiabatique réversible, PVγ=cteP V^\gamma = \text{cte}).
  • 2→32 \to 3 : Segment de droite horizontal (isobare, P=P2P = P_2).
  • 3→43 \to 4 : Courbe d’allure hyperbolique abrupte (adiabatique réversible, PVγ=cteP V^\gamma = \text{cte}).
  • 4→14 \to 1 : Segment de droite vertical (isochore, V=V1V = V_1).
  • Pendant la transformation 2→32 \to 3 (isobare) : Le système reçoit de la chaleur de la part de la source chaude (combustion du gazole). Comme la transformation est isobare réversible : Q23=∫T2T3nCp dT=nCp(T3−T2)>0Q_{23} = \int_{T_2}^{T_3} n C_p \, \mathrm{d}T = n C_p (T_3 - T_2) > 0 C’est la chaleur reçue : Q rec¸ue=nCp(T3−T2)Q_{\text{ reçue}} = n C_p (T_3 - T_2).

  • Pendant la transformation 4→14 \to 1 (isochore) : Le système cède de la chaleur à l’atmosphère extérieure (refroidissement). La transformation est isochore réversible : Q41=∫T4T1nCv dT=nCv(T1−T4)<0Q_{41} = \int_{T_4}^{T_1} n C_v \, \mathrm{d}T = n C_v (T_1 - T_4) < 0 La chaleur cédée en valeur absolue est donc ∣Q41∣=nCv(T4−T1)|Q_{41}| = n C_v (T_4 - T_1).

3. Expression du rendement thermique η\eta

Section titled “3. Expression du rendement thermique η\etaη”

Par définition, le rendement du cycle est le rapport de l’énergie mécanique utile fournie sur l’énergie thermique reçue : η=WcycleQ rec¸ue=Q rec¸ue+Q ceˊdeˊeQ rec¸ue=1−∣Q41∣Q23\eta = \frac{W_{\text{cycle}}}{Q_{\text{ reçue}}} = \frac{Q_{\text{ reçue}} + Q_{\text{ cédée}}}{Q_{\text{ reçue}}} = 1 - \frac{|Q_{41}|}{Q_{23}} η=1−nCv(T4−T1)nCp(T3−T2)=1−1γT4−T1T3−T2\eta = 1 - \frac{n C_v (T_4 - T_1)}{n C_p (T_3 - T_2)} = 1 - \frac{1}{\gamma} \frac{T_4 - T_1}{T_3 - T_2}

Exprimons toutes les températures en fonction de T1T_1, α\alpha et β\beta :

  • Transformation 1→21 \to 2 (adiabatique réversible) : T1V1γ−1=T2V2γ−1  ⟹  T2=T1(V1V2)γ−1=T1αγ−1T_1 V_1^{\gamma-1} = T_2 V_2^{\gamma-1} \implies T_2 = T_1 \left(\frac{V_1}{V_2}\right)^{\gamma-1} = T_1 \alpha^{\gamma-1}
  • Transformation 2\tothe32 \tothe \text{3} (isobare) : V2T2=V3T3  ⟹  T3=T2V3V2=T2β=T1αγ−1β\frac{V_2}{T_2} = \frac{V_3}{T_3} \implies T_3 = T_2 \frac{V_3}{V_2} = T_2 \beta = T_1 \alpha^{\gamma-1} \beta
  • Transformation 3→43 \to 4 (adiabatique réversible) : T3V3γ−1=T4V4γ−1  ⟹  T4=T3(V3V4)γ−1T_3 V_3^{\gamma-1} = T_4 V_4^{\gamma-1} \implies T_4 = T_3 \left(\frac{V_3}{V_4}\right)^{\gamma-1} Or V4=V1V_4 = V_1 et V3V4=V3V2V2V1=βα\frac{V_3}{V_4} = \frac{V_3}{V_2} \frac{V_2}{V_1} = \frac{\beta}{\alpha}. Donc : T4=T1αγ−1β(βα)γ−1=T1βγT_4 = T_1 \alpha^{\gamma-1} \beta \left(\frac{\beta}{\alpha}\right)^{\gamma-1} = T_1 \beta^\gamma

Injectons T2,T3,T4T_2, T_3, T_4 dans l’expression du rendement : η=1−1γT1βγ−T1T1αγ−1β−T1αγ−1\eta = 1 - \frac{1}{\gamma} \frac{T_1 \beta^\gamma - T_1}{T_1 \alpha^{\gamma-1} \beta - T_1 \alpha^{\gamma-1}} En simplifiant par T1T_1 et en factorisant : η=1−1γαγ−1βγ−1β−1\eta = 1 - \frac{1}{\gamma \alpha^{\gamma-1}} \frac{\beta^\gamma - 1}{\beta - 1} C’est bien la formule demandée.

4. Étude comparative et limite β→1\beta \to 1

Section titled “4. Étude comparative et limite β→1\beta \to 1β→1”

Lorsque le taux d’injection β=V3V2\beta = \frac{V_3}{V_2} tend vers 11, cela signifie que le volume V3V_3 tend vers V2V_2 : le chauffage isobare se réduit à un point, et la combustion est instantanée. En effectuant un développement limité de βγ\beta^\gamma au voisinage de β=1\beta = 1 (ou en appliquant la règle de l’Hôpital) : lim⁡β→1βγ−1β−1=γ\lim_{\beta \to 1} \frac{\beta^\gamma - 1}{\beta - 1} = \gamma Le rendement devient alors : ηlim⁡=1−1γαγ−1γ=1−1αγ−1\eta_{\lim} = 1 - \frac{1}{\gamma \alpha^{\gamma-1}} \gamma = 1 - \frac{1}{\alpha^{\gamma-1}} On reconnait l’expression exacte du rendement du cycle de Beau de Rochas (ou cycle à allumage par commande / essence) pour le même taux de compression α\alpha.

  • Hypothèses thermiques : Les transferts thermiques par B→CB \to C (isobare) et D→AD \to A (isochore) sont des idéalisations. Dans un vrai moteur Diesel, la combustion est étalée dans le temps et ne se fait pas à pression strictement constante. De même, l’évacuation des gaz brûlés par l’ouverture de la soupape d’échappement ne correspond pas à un refroidissement isochore réversible.
  • Capacités thermiques : L’hypothèse de γ\gamma constant est mise en défaut aux hautes températures atteintes dans la chambre de combustion (T>2000 KT > 2000\text{ K}), où les vibrations moléculaires et la dissociation chimique modifient les capacités thermiques massiques cpc_p et cvc_v.