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Exercice 1 : Rayon de convergence et développement en série entière

PROBLÈME GUIDÉ : Analyse asymptotique et développement en série entière d’une intégrale fonction d’un paramètre

Section titled “PROBLÈME GUIDÉ : Analyse asymptotique et développement en série entière d’une intégrale fonction d’un paramètre”

Filière : MP
Matière : Mathématiques
Thème : Séries entières, séries de Fourier et analyse asymptotique.


Dans les problèmes de physique statistique et de thermique, l’évaluation de certaines fonctions définies par des intégrales complexes conduit à l’étude de fonctions génératrices. Ce problème propose d’étudier une fonction définie par une intégrale à paramètre, d’en déterminer le rayon de convergence par des méthodes d’analyse asymptotique réalistes, puis d’expliciter son développement en série entière.


Soit la fonction ff définie pour tout x∈]−1,1[x \in ]-1, 1[ par l’intégrale : f(x)=∫0+∞t2e−t1−2xcos⁡(t)+x2 dtf(x) = \int_{0}^{+\infty} \frac{t^2 e^{-t}}{\sqrt{1 - 2x \cos(t) + x^2}} \, dt

L’objectif de ce problème est de déterminer le rayon de convergence de la série entière associée à ff au voisinage de 00, de relier cette fonction à une somme de séries trigonométriques via Fourier, et d’analyser le comportement du modèle aux limites du domaine de définition.


  1. Étude de la convergence de l’intégrale : Justifier que pour tout x∈[−1,1]x \in [-1, 1], l’intégrale définissant f(x)f(x) est convergente.
  2. Expression sous forme de série entière : a. Rappeler le développement en série entière de la fonction u↦11−uu \mapsto \frac{1}{\sqrt{1-u}} pour ∣u∣<1|u| < 1. Préciser le rayon de convergence. b. En déduire que f(x)f(x) peut s’écrire sous la forme d’une série entière ∑n=0+∞anxn\sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n dont on précisera l’expression générale de ana_n sous forme d’une intégrale.
  3. Calcul des coefficients et rayon de convergence : a. Évaluer la nature de la suite (an)(a_n) en utilisant des estimations de Laplace ou des comparaisons d’intégrales. b. Déterminer le rayon de convergence RR de la série entière ∑anxn\sum a_n x^n.
  4. Analyse critique et limites du modèle physique : a. Que se passe-t-il lorsque x→1−x \to 1^- ? Interpréter physiquement la divergence de l’intégrale ou de la série. b. Discuter la pertinence de l’ordre de grandeur de ana_n pour les grands nn.

  • Q1 : Étudier le comportement du dénominateur lorsque x∈[−1,1]x \in [-1, 1] et t→0t \to 0, puis la domination par le terme en e−te^{-t} en +∞+\infty.
  • Q2 : Utiliser la formule du binôme généralisé pour (1−(2xcos⁡(t)−x2))−1/2\left(1 - (2x\cos(t) - x^2)\right)^{-1/2}. Attention à l’interversion série-intégrale (théorème d’intégration terme à terme).
  • Q3 : Exprimer cos⁡n(t)\cos^n(t) à l’aide de formules d’Euler pour transformer l’intégrale définissant ana_n.
  • Q4 : Analyser le comportement en t=0t=0 de l’intégrant lorsque x=1x=1.

1. Étude de la convergence de l’intégrale

Section titled “1. Étude de la convergence de l’intégrale”

Soit x∈[−1,1]x \in [-1, 1] fixé. L’intégrant est gx(t)=t2e−t1−2xcos⁡(t)+x2g_x(t) = \frac{t^2 e^{-t}}{\sqrt{1 - 2x \cos(t) + x^2}}.

  • En +∞+\infty : Le terme e−te^{-t} l’emporte largement devant toute puissance polynomiale de tt. Plus précisément, pour x∈[−1,1]x \in [-1, 1], le dénominateur est minoré par (1−∣x∣)2=1−∣x∣\sqrt{(1-|x|)^2} = 1-|x| si x≠±1x \neq \pm 1 (cas x=±1x=\pm 1 à traiter à la limite). Pour x=1x=1, le dénominateur vaut 2−2cos⁡(t)=2∣sin⁡(t/2)∣\sqrt{2-2\cos(t)} = 2|\sin(t/2)|. L’intégrale converge en +∞+\infty par comparaison avec des intégrales de Riemann ou par critère de négligeabilité.
  • En 00 : 1−2xcos⁡(t)+x2=(1−x)2+4xsin⁡2(t/2)\sqrt{1 - 2x \cos(t) + x^2} = \sqrt{(1-x)^2 + 4x \sin^2(t/2)}. Si x≠1x \neq 1, cette quantité tend vers ∣1−x∣≠0|1-x| \neq 0. Si x=1x = 1, elle vaut 2sin⁡(t/2)∼t2\sin(t/2) \sim t. Dans ce cas, g1(t)∼t2e−tt=te−tg_1(t) \sim \frac{t^2 e^{-t}}{t} = t e^{-t}, qui tend vers 00. L’intégrale est donc impropre en 00 mais prolongeable par continuité, donc convergente.

2. Expression sous forme de série entière

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a. Pour u∈]−1,1[u \in ]-1, 1[, on a le développement en série entière : 11−u=∑k=0+∞(−1/2k)(−u)k=∑k=0+∞(2k)!22k(k!)2uk\frac{1}{\sqrt{1-u}} = \sum_{k=0}^{+\infty} \binom{-1/2}{k} (-u)^k = \sum_{k=0}^{+\infty} \frac{(2k)!}{2^{2k} (k!)^2} u^k Le rayon de convergence de cette série est 11.

b. Posons u=2xcos⁡(t)−x2u = 2x\cos(t) - x^2. Pour x∈]−1,1[x \in ]-1, 1[ et t∈[0,+∞[t \in [0, +\infty[, on a u∈]−1,1[u \in ]-1, 1[. En substituant : f(x)=∫0+∞t2e−t∑k=0+∞(2k)!22k(k!)2(2xcos⁡(t)−x2)k dtf(x) = \int_{0}^{+\infty} t^2 e^{-t} \sum_{k=0}^{+\infty} \frac{(2k)!}{2^{2k} (k!)^2} (2x\cos(t) - x^2)^k \, dt Par le théorème d’intégration terme à terme (les hypothèses de sommation et d’intégration sur un intervalle quelconque étant validées par domination sur tout compact), on peut permuter somme et intégrale : f(x)=∑n=0+∞anxnf(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n x^n où les coefficients ana_n s’expriment en regroupant les puissances de xx issues du développement du binôme (2xcos⁡(t)−x2)k(2x\cos(t) - x^2)^k.

3. Calcul des coefficients et rayon de convergence

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a. Le terme général ana_n s’obtient en collectant les termes en xnx^n. Par un développement limité ou une formule de Faà di Bruno, ana_n est de la forme : an=∫0+∞t2e−tPn(cos⁡(t)) dta_n = \int_{0}^{+\infty} t^2 e^{-t} P_n(\cos(t)) \, dt où PnP_n est un polynôme trigonométrique de degré nn. Par majoration grossière, ∣an∣≤Mn|a_n| \le M^n pour une certaine constante M>0M > 0, ce qui garantit que le rayon de convergence RR est supérieur ou égal à 11.

b. Plus précisément, la singularité la plus proche de 00 de la fonction sous l’intégrale survient lorsque le dénominateur s’annule, c’est-à-dire pour 1−2xcos⁡(t)+x2=01 - 2x\cos(t) + x^2 = 0. Le minimum de cette expression par rapport à tt est atteint pour cos⁡(t)=1\cos(t) = 1, soit (1−x)2=0  ⟹  x=1(1-x)^2 = 0 \implies x = 1. Par conséquent, la fonction présente une singularité en x=1x=1. Le rayon de convergence de la série entière est donc R=1R = 1.

4. Analyse critique et limites du modèle physique

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a. Lorsque x→1−x \to 1^-, le terme en t=0t=0 du dénominateur disparaît et l’intégrale se comporte au voisinage de 00 comme ∫0t2e−ttdt=∫0te−tdt\int_{0} \frac{t^2 e^{-t}}{t} dt = \int_{0} t e^{-t} dt, qui converge. Cependant, la dérivée de f(x)f(x) diverge en 1−1^-, traduisant une transition critique dans le modèle (comportement non analytique aux limites). b. Ordre de grandeur : Les coefficients ana_n n’exhibent pas de croissance factorielle car la singularité en x=1x=1 est une singularité algébrique (liée à la racine carrée) et non un pôle simple ou un point de branchage exponentiel. Le modèle est donc numériquement stable pour x∈[0,0.9]x \in [0, 0.9], mais nécessite un grand nombre de termes (n>100n > 100) pour approcher les valeurs lorsque xx s’approche de 11 en raison de la lenteur de convergence de la série entière sur le cercle de convergence.