Exercice 2 : Oscillateurs mécaniques
🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude
Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”Les systèmes oscillants amortis couplés à des dispositifs de dissipation d’énergie sont au cœur de nombreuses applications industrielles, allant de la suspension automobile aux sismographes.
On s’intéresse dans ce problème à un dispositif original d’oscillateur mécanique vertical composé d’un solide ponctuel de masse , suspendu à un ressort idéal de raideur et de longueur à vide . Le solide est immergé dans un fluide visqueux qui exerce sur lui une force de frottement fluide linéaire de la forme , où est le coefficient de frottement et la vitesse du solide dans le référentiel terrestre , supposé galiléen.
L’objectif du problème est d’établir l’équation différentielle du mouvement, d’étudier l’influence de l’amortissement sur le régime transitoire, puis d’analyser la réponse du système soumis à une excitation sinusoïdale extérieure (régime stationnaire forcé).
Données numériques et littérales :
- Masse :
- Constante de raideur du ressort :
- Intensité de la pesanteur :
- Le mouvement est restreint à la verticale orientée vers le bas.
❓ Questions progressives
Section titled “❓ Questions progressives”-
Étude statique 1.1. Définir le référentiel d’étude et préciser les hypothèses permettant de le supposer galiléen. 1.2. Déterminer l’expression de l’allongement statique du ressort à l’équilibre, en fonction de , et . Calculer sa valeur numérique.
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Établissement du modèle dynamique 2.1. On repère la position du centre de masse du solide à l’instant par sa coordonnée sur l’axe , l’origine étant choisie au position d’équilibre stable du système. Exprimer la position du ressort à l’instant en fonction de , et . 2.2. Appliquer le Principe Fondamental de la Dynamique (PFD) à dans le référentiel . En déduire l’équation différentielle régissant le mouvement de sous la forme canonique : Exprimer la pulsation propre et le coefficient d’amortissement (ou le facteur de qualité ) en fonction des paramètres du système.
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Analyse énergétique et régimes transitoires 3.1. Établir l’expression de l’énergie mécanique du système (ressort + masse + pesanteur). 3.2. En déduire la puissance des forces non conservatives et montrer que la variation temporelle de l’énergie mécanique s’écrit . Interpréter physiquement ce signe. 3.3. Pour une valeur du coefficient de frottement , calculer la valeur de , de la pulsation propre , et préciser le régime d’amortissement correspondant.
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Excitation harmonique et analyse critique du modèle 4.1. On soumet maintenant le point d’attraction supérieur du ressort à un mouvement vertical sinusoïdal d’équation . Établir la nouvelle équation différentielle pour l’élongation . 4.2. Établir l’expression de l’amplitude du régime permanent et de la phase par rapport à l’excitation. 4.3. Analyse critique du modèle : Le modèle linéaire de frottement fluide est-il toujours valide pour de grandes amplitudes d’oscillation ? Justifier en citant un phénomène physique négligé ici.
💡 Pistes & Indications méthodologiques
Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”- Q1.2 : Penser à projeter la condition d’équilibre statique sur l’axe vertical.
- Q2.2 : Veillez à bien exprimer la force de rappel élastique en fonction de la position et de . La simplification par la condition d’équilibre statique est une étape clé.
- Q3.2 : Dériver l’énergie mécanique par rapport au temps et utiliser l’équation différentielle établie à la question 2.2.
- Q4.2 : L’utilisation de la notation complexe (representation phasorielle) simplifie grandement la recherche de la solution stationnaire pour l’équation différentielle linéaire avec second membre sinusoïdal.
📋 Corrigé détaillé pas à pas
Section titled “📋 Corrigé détaillé pas à pas”1. Étude statique
Section titled “1. Étude statique”1.1. Le référentiel d’étude est le référentiel terrestre, supposé galiléen pour une durée d’expérience courte devant les effets de la rotation terrestre (approximation valide par le théorème de Coriolis/entraînement). 1.2. À l’équilibre statique, la somme des forces agissant sur est nulle : En projection sur l’axe orienté vers le bas : A.N. : .
2. Établissement du modèle dynamique
Section titled “2. Établissement du modèle dynamique”2.1. La longueur du ressort à l’instant est . 2.2. Le PFD appliqué au solide dans donne : En projection sur : Puisque , l’équation devient : Par identification avec la forme canonique, on obtient :
- Pulsation propre :
- Coefficient d’amortissement : (ou facteur de qualité )
3. Analyse énergétique et régimes transitoires
Section titled “3. Analyse énergétique et régimes transitoires”3.1. L’énergie mécanique est la somme de l’énergie cinétique , de l’énergie potentielle élastique et de l’énergie potentielle de pesanteur : 3.2. En dérivant par rapport au temps : Or, d’après l’équation du mouvement, et . Donc : Interprétation : Le terme est strictement négatif (ou nul si ). Il représente la puissance des forces de frottement, qui sont non conservatives. L’énergie mécanique du système décroît au cours du temps : le système dissipe de l’énergie sous forme thermique.
3.3. Application numérique avec :
Comparaison : ( et ). Le système se trouve donc dans le régime pseudo-périodique (ou amorti).
4. Excitation harmonique et analyse critique du modèle
Section titled “4. Excitation harmonique et analyse critique du modèle”4.1. Si le point d’attache bouge, la longueur du ressort devient . Le PFD conduit à : Soit :
4.2. En utilisant la représentation complexe avec l’excitation , l’équation devient : L’amplitude réelle en régime permanent est : Et la phase est donnée par :
4.3. Analyse critique du modèle : Le modèle linéaire de frottement fluide () est une approximation valable uniquement pour les faibles vitesses (régime laminaire, nombre de Reynolds faible). Pour de grandes amplitudes d’oscillation, les vitesses augmentent et les effets inertiels du fluide deviennent prépondérants (régime turbulent). La force de frottement s’écrit alors plutôt , ce qui rend l’équation différentielle non linéaire et inintelligible par les méthodes analytiques simples de superposition. Le modèle linéaire n’est donc qu’une idéalisation locale.