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Exercice 1 : Interférences lumineuses

Problème guidé : Étude interférométrique et application à la mesure du taux d’humidité foliaire (Biophysique végétale)

Section titled “Problème guidé : Étude interférométrique et application à la mesure du taux d’humidité foliaire (Biophysique végétale)”

Filière : BCPST
Matière : Physique-Chimie
Chapitre: ** Physique des ondes — Interférences lumineuses
Thème : Dispositif d’interférences à division du front d’onde (fentes d’Young) et capteur optique biologique.


Chez certaines espèces végétales hygrophiles, la face inférieure des feuilles présente des stomates (pores régulateurs des échanges gazeux et de la transpiration) dont l’ouverture est modulée par la turgescence des cellules stomatiques. Lors d’un stress hydrique, la perte d’eau s’accompagne d’une variation microscopique de l’indice optique et de l’épaisseur de la cuticule foliaire sus-jacente, modifiant le chemin optique des rayonnements réfléchis.

Pour concevoir un capteur non destructif mesurant in vivo ce stress hydrique, on modélise la feuille comme un milieu réfléchissant dont on cherche à caractériser les micro-variations d’épaisseur par une méthode interférométrique.

L’objectif de ce problème est d’étudier un dispositif interférentiel de type fentes d’Young éclairé par une source laser, puis d’analyser la perturbation introduite par l’interposition d’un échantillon foliaire dans l’un des faisceaux.


Partie A : Étude du dispositif de référence (Fentes d’Young)

Section titled “Partie A : Étude du dispositif de référence (Fentes d’Young)”

On considère un dispositif des fentes d’Young dans le vide (ou l’air, d’indice n0≈1n_0 \approx 1). Une source laser monochromatique de longueur d’onde dans le vide λ0=633 nm\lambda_0 = 633 \text{ nm} éclaire deux fentes fines F1F_1 et F2F_2 distantes de a=1,0 mma = 1,0 \text{ mm}. Les fentes jouent le rôle de sources secondaires en phase. Un écran d’observation EE est placé à une distance D=1,5 mD = 1,5 \text{ m} des fentes, parallèlement au plan contenant F1F_1 et F2F_2. On repère un point MM de l’écran par sa coordonnée cartésienne xx mesurée à partir de l’axe optique (Ox)(Ox), perpendiculaire au plan des fentes et passant par le milieu II du segment [F1F2][F_1F_2].

Q1. Rappeler la condition d’interférences constructives et destructives en un point MM de l’écran en fonction de la différence de marche δ(M)=r2−r1\delta(M) = r_2 - r_1, où r1=F1Mr_1 = F_1M et r2=F2Mr_2 = F_2M.

Q2. En effectuant un développement limité (approximation des fentes minces et de l’écran lointain : a≪Da \ll D et ∣x∣≪D|x| \ll D), exprimer la différence de marche δ(x)\delta(x) en fonction de xx, aa et DD.

Q3. En déduire l’expression de l’intensité lumineuse I(x)I(x) reçue sur l’écran, notée sous la forme : I(x)=I0(1+mcos⁡(2πxi))I(x) = I_0 \left(1 + m \cos\left(\frac{2\pi x}{i}\right)\right) où l’on explicitera l’interfrange ii et le contraste mm (en supposant les ondes issues de F1F_1 et F2F_2 d’amplitudes égales A0A_0). Calculer la valeur numérique de ii.


Partie B : Introduction d’un échantillon biologique (Feuille végétale)

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On interpose maintenant devant la fente F2F_2 une fine coupe transversale de feuille végétale d’épaisseur géométrique e=20  μme = 20 \;\mu\text{m} et d’indice optique moyen nn (réel, n>1n > 1). La fente F1F_1 reste dans l’air (n0=1n_0 = 1).

Q4. Définir la notion de chemin optique L\mathcal{L} le long d’un trajet géométrique. Exprimer la nouvelle différence de marche δ′(x)\delta'(x) au point MM en tenant compte de la lame végétale traversée par le faisceau 2.

Q5. Comment cette modification se traduit-elle visuellement sur la figure d’interférence observée sur l’écran ?

Q6. On mesure expérimentalement un déplacement de la frange centrale (frange d’ordre zéro) de Δx=1,5 mm\Delta x = 1,5 \text{ mm}. En déduire l’expression puis la valeur numérique de l’indice optique nn de la coupe végétale.


Partie C : Analyse critique du modèle biologique

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Q7. Le modèle utilisé considère un indice nn homogène et réel. Discuter brièvement des limites de ce modèle face à la réalité biologique (hétérogénéité tissulaire, diffusion multiple par les cellules stomatiques, absorption potentielle dans le visible).


  • Q1 & Q2 : Utilisez le théorème de Pythagore sur les triangles formés par les fentes et le point MM, puis l’approximation (1+u)α≈1+αu(1+u)^\alpha \approx 1 + \alpha u valable pour ∣u∣≪1|u| \ll 1.
  • Q3 : L’intensité est proportionnelle au carré de la somme des amplitudes complexes. Le contraste témoigne de la visibilité des franges.
  • Q4 : Le chemin optique dans un milieu d’indice nn sur une épaisseur ee est défini par ∫n(s)ds\int n(s) ds. Attention à retrancher l’épaisseur d’air équivalente.
  • Q6 : La frange centrale correspond à une différence de marche nulle. Écrivez la condition δ′(x0)=0\delta'(x_0) = 0.

Q1. Les ondes issues de F1F_1 et F2F_2 étant en phase, l’interférence en MM dépend de la différence de marche δ=r2−r1\delta = r_2 - r_1 :

  • Interférences constructives (luminosité maximale) si δ=kλ0\delta = k \lambda_0 avec k∈Zk \in \mathbb{Z} (ordre d’interférence).
  • Interférences destructives (extinction) si δ=(k+12)λ0\delta = \left(k + \frac{1}{2}\right) \lambda_0 avec k∈Zk \in \mathbb{Z}.

Q2. Soit M(x,y=0,z=x)M(x, y=0, z=x) dans le repère lié à l’écran. Les coordonnées des fentes dans le plan x=0x=0 sont F1(0,−a/2,0)F_1(0, -a/2, 0) et F2(0,a/2,0)F_2(0, a/2, 0). On a : r12=D2+(x+a2)2=D2[1+(x+a2)2D2]r_1^2 = D^2 + \left(x + \frac{a}{2}\right)^2 = D^2 \left[ 1 + \frac{\left(x + \frac{a}{2}\right)^2}{D^2} \right] En extrayant la racine carrée et en utilisant l’approximation D≫∣x±a/2∣D \gg |x \pm a/2| : r1≈D[1+12D2(x+a2)2]=D+x22D+ax2D+a28Dr_1 \approx D \left[ 1 + \frac{1}{2D^2}\left(x + \frac{a}{2}\right)^2 \right] = D + \frac{x^2}{2D} + \frac{ax}{2D} + \frac{a^2}{8D} De même pour r2r_2 : r2≈D+x22D−ax2D+a28Dr_2 \approx D + \frac{x^2}{2D} - \frac{ax}{2D} + \frac{a^2}{8D} La différence de marche est donc : δ(x)=r2−r1≈−axD\delta(x) = r_2 - r_1 \approx -\frac{ax}{D} (Note : en prenant r1−r2r_1 - r_2 ou axD\frac{ax}{D} selon l’orientation, on retient la valeur absolue ou la convention algébrique. Ici δ(x)=axD\delta(x) = \frac{ax}{D} si l’on pose r1r_1 associé à +a/2+a/2. Restons homogène : δ(x)=axD\delta(x) = \frac{ax}{D} en orientant correctement).

Q3. L’intensité s’écrit I(x)=∣E‾1+E‾2∣2I(x) = |\underline{E}_1 + \underline{E}_2|^2. Avec des amplitudes égales A0A_0 : I(x)=2A02(1+cos⁡(2πδλ0))=I0(1+cos⁡(2πaxλ0D))I(x) = 2 A_0^2 \left( 1 + \cos\left(\frac{2\pi \delta}{\lambda_0}\right) \right) = I_0 \left( 1 + \cos\left(\frac{2\pi a x}{\lambda_0 D}\right) \right)

  • Interfrange ii (distance entre deux maxima successifs) : 2πaiλ0D=2π  ⟹  i=λ0Da\frac{2\pi a i}{\lambda_0 D} = 2\pi \implies i = \frac{\lambda_0 D}{a}.
  • Contraste mm : m=1m = 1 (franges idéalement contrastées).

Application numérique : i=633×10−9×1,51,0×10−3=9,495×10−4 m≈0,95 mmi = \frac{633 \times 10^{-9} \times 1,5}{1,0 \times 10^{-3}} = 9,495 \times 10^{-4} \text{ m} \approx 0,95 \text{ mm}


Q4. Le chemin optique L\mathcal{L} est défini par L=∫(Path)n(s)ds\mathcal{L} = \int_{(Path)} n(s) ds. Pour le faisceau 2, l’onde traverse l’échantillon d’épaisseur ee et d’indice nn, et une épaisseur (D−e)(D - e) dans l’air. Son chemin optique total est : L2=r2−e+n⋅e\mathcal{L}_2 = r_2 - e + n \cdot e Pour le faisceau 1 (entièrement dans l’air d’indice 11) : L1=r1\mathcal{L}_1 = r_1 La nouvelle différence de marche δ′(x)\delta'(x) est par conséquent : δ′(x)=L2−L1=(r2−r1)+(n−1)e=axD+(n−1)e\delta'(x) = \mathcal{L}_2 - \mathcal{L}_1 = (r_2 - r_1) + (n - 1)e = \frac{ax}{D} + (n - 1)e

Q5. L’interposition de la lame entraîne un décalage global de la figure d’interférence. La frange centrale (anciennement en x=0x = 0 où δ=0\delta = 0) se déplace vers une nouvelle position x0x_0 telle que δ′(x0)=0\delta'(x_0) = 0. Le système d’interfranges est rigidement déplacé sans modification de l’interfrange ii.

Q6. La nouvelle position de la frange centrale x0x_0 (qui correspond au déplacement mesuré Δx\Delta x) vérifie : ax0D+(n−1)e=0  ⟹  x0=−(n−1)eDa\frac{a x_0}{D} + (n - 1)e = 0 \implies x_0 = -\frac{(n-1)e D}{a} En valeur absolue, le déplacement est Δx=(n−1)eDa\Delta x = \frac{(n-1)e D}{a}. On isole l’indice nn : n=1+Δx⋅ae⋅Dn = 1 + \frac{\Delta x \cdot a}{e \cdot D}

Application numérique : n=1+1,5×10−3×1,0×10−320×10−6×1,5=1+1,5×10−630×10−6=1+0,05=1,05n = 1 + \frac{1,5 \times 10^{-3} \times 1,0 \times 10^{-3}}{20 \times 10^{-6} \times 1,5} = 1 + \frac{1,5 \times 10^{-6}}{30 \times 10^{-6}} = 1 + 0,05 = 1,05 L’indice optique mesuré de la coupe foliaire est n=1,05n = 1,05.


Q7. Analyse critique (Rigueur BCPST) :

  • Hétérogénéité tissulaire : La feuille n’est pas un milieu diélectrique homogène. Elle est composée d’épidermes, de parenchyme palissadique et lacuneux, et de lacunes remplies d’air. Le modèle de l’indice unique nn macroscopique est une moyenne pondérée (loi des mélanges).
  • Diffusion multiple : Les parois cellulaires et les chloroplastes provoquent de la diffusion (et non seulement de la réfraction spéculaire), ce qui dégrade le contraste mm des franges.
  • Caractère complexe de l’indice : Si le pigment foliaire (chlorophylle) absorbe à la longueur d’onde du laser choisi (λ0=633 nm\lambda_0 = 633 \text{ nm}, proche du pic d’absorption de la chlorophylle a/b), l’indice optique doit être modélisé par une grandeur complexe n‾=n+iχ\underline{n} = n + i\chi, entraînant une atténuation de l’intensité qui complique la mesure interférométrique pure.