Skip to content

📌 1. DĂ©finitions & Cadre d'Ă©tude

Le programme de premiĂšre annĂ©e de PCSI introduit l’étude des ensembles munis de lois de composition interne, permettant de formaliser les structures de groupes, d’anneaux et de corps.

Soit EE un ensemble. Une loi de composition interne (l.c.i.) sur EE est une application ⋆:E×E→E\star : E \times E \to E, notĂ©e (x,y)↩x⋆y(x, y) \mapsto x \star y.

  • AssociativitĂ© : ∀(x,y,z)∈E3,  (x⋆y)⋆z=x⋆(y⋆z)\forall (x,y,z) \in E^3, \; (x \star y) \star z = x \star (y \star z).
  • CommutativitĂ© : ∀(x,y)∈E2,  x⋆y=y⋆x\forall (x,y) \in E^2, \; x \star y = y \star x.
  • ÉlĂ©ment neutre : Un Ă©lĂ©ment e∈Ee \in E est neutre pour ⋆\star si : ∀x∈E,  e⋆x=x⋆e=x\forall x \in E, \; e \star x = x \star e = x S’il existe, l’élĂ©ment neutre est unique.
  • ÉlĂ©ment symĂ©trisable : Soit ee le neutre de (E,⋆)(E, \star). Un Ă©lĂ©ment x∈Ex \in E est symĂ©trisable s’il existe xâ€Č∈Ex' \in E tel que : x⋆xâ€Č=xâ€Č⋆x=ex \star x' = x' \star x = e Si ⋆\star est associative, le symĂ©trique d’un Ă©lĂ©ment est unique.

Un couple (G,⋆)(G, \star) est un groupe si :

  1. ⋆\star est associative.
  2. GG possÚde un élément neutre ee.
  3. Tout élément de GG est symétrisable.

Si de plus ⋆\star est commutative, le groupe est dit abĂ©lien.

Exemples fondamentaux : (Z,+)(\mathbb{Z}, +), (R,+)(\mathbb{R}, +), (R∗,×)(\mathbb{R}^*, \times), (Sn,∘)(\mathcal{S}_n, \circ) (groupe symĂ©trique pour n≄3n \ge 3, non abĂ©lien).

  • Un triplet (A,+,×)(A, +, \times) est un anneau si :

    1. (A,+)(A, +) est un groupe abĂ©lien (d’élĂ©ment neutre notĂ© 0A0_A).
    2. La loi ×\times est associative.
    3. La loi ×\times possĂšde un Ă©lĂ©ment neutre (notĂ© 1A1_A, anneau unitaire).
    4. La loi ×\times est distributive par rapport à la loi ++.
  • Un anneau (A,+,×)(A, +, \times) non rĂ©duit Ă  {0A}\{0_A\} est un corps si tout Ă©lĂ©ment de A∖{0A}A \setminus \{0_A\} est inversible pour ×\times.

  • Si de plus la multiplication est commutative, le corps est dit commutatif (ex: R\mathbb{R}, C\mathbb{C}).


📐 2. ThĂ©orĂšmes fondamentaux & DĂ©monstrations clĂ©s

Section titled “📐 2. ThĂ©orĂšmes fondamentaux & DĂ©monstrations clĂ©s”

ThĂ©orĂšme : UnicitĂ© de l’élĂ©ment neutre et des symĂ©triques

Section titled “ThĂ©orĂšme : UnicitĂ© de l’élĂ©ment neutre et des symĂ©triques”

Soit (E,⋆)(E, \star) une loi associative.

  1. S’il existe deux Ă©lĂ©ments neutres ee et eâ€Če' dans EE, alors e=eâ€Če = e'.
  2. Si x∈Ex \in E possÚde deux symétriques yy et zz, alors y=zy = z.

Démonstration :

  1. Soit ee et eâ€Če' deux neutres. Par dĂ©finition du neutre eâ€Če', on a e⋆eâ€Č=ee \star e' = e. Par dĂ©finition du neutre ee, on a e⋆eâ€Č=eâ€Če \star e' = e'. Par transitivitĂ©, e=eâ€Če = e'.
  2. Soit yy et zz deux symĂ©triques de xx pour la loi ⋆\star associative, d’élĂ©ment neutre ee. ConsidĂ©rons le produit y⋆(x⋆z)y \star (x \star z) :
    • D’une part, y⋆(x⋆z)=(y⋆x)⋆zy \star (x \star z) = (y \star x) \star z (associativitĂ©) =e⋆z=z= e \star z = z.
    • D’autre part, y⋆(x⋆z)=y⋆(z⋆x)−1y \star (x \star z) = y \star (z \star x)^{-1} (selon l’ordre) ou plus simplement, en utilisant x⋆z=ex \star z = e, on a y⋆(x⋆z)=y⋆e=yy \star (x \star z) = y \star e = y. Donc y=zy = z. ■\blacksquare

Proposition : Propriété des inversibles dans un anneau

Section titled “Proposition : PropriĂ©tĂ© des inversibles dans un anneau”

Soit (A,+,×)(A, +, \times) un anneau unitaire. L’ensemble des Ă©lĂ©ments inversibles de AA (notĂ© A×A^\times) muni de la multiplication est un groupe.

Démonstration :

  • StabilitĂ© : Soit (x,y)∈(A×)2(x, y) \in (A^\times)^2. Il existe x−1x^{-1} et y−1y^{-1} tels que x×x−1=1Ax \times x^{-1} = 1_A et y×y−1=1Ay \times y^{-1} = 1_A. Alors (x×y)×(y−1×x−1)=x×(y×y−1)×x−1=x×1A×x−1=x×x−1=1A(x \times y) \times (y^{-1} \times x^{-1}) = x \times (y \times y^{-1}) \times x^{-1} = x \times 1_A \times x^{-1} = x \times x^{-1} = 1_A. De mĂȘme dans l’autre sens. Donc x×y∈A×x \times y \in A^\times.
  • AssociativitĂ© : HĂ©ritĂ©e de l’anneau AA.
  • Neutre : 1A×1A=1A1_A \times 1_A = 1_A, donc 1A∈A×1_A \in A^\times.
  • SymĂ©trique : Par dĂ©finition, tout Ă©lĂ©ment de A×A^\times possĂšde un inverse dans A×A^\times. ■\blacksquare

A. Comment dĂ©montrer qu’une partie est un sous-groupe ?

Section titled “A. Comment dĂ©montrer qu’une partie est un sous-groupe ?”

Soit (G,⋆)(G, \star) un groupe et H⊂GH \subset G. Pour montrer que (H,⋆)(H, \star) est un sous-groupe de GG, on utilise la caractĂ©risation en une seule Ă©tape :

  1. Non-vacuité : Vérifier que eG∈He_G \in H (ou expliciter un élément).
  2. StabilitĂ© et symĂ©trie : Montrer que ∀(x,y)∈H2,  x⋆y−1∈H\forall (x, y) \in H^2, \; x \star y^{-1} \in H.

Exemple fondamental : L’ensemble des matrices SLn(R)={M∈Mn(R)∣det⁡(M)=1}SL_n(\mathbb{R}) = \{M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) \mid \det(M) = 1\} est un sous-groupe de (GLn(R),×)(GL_n(\mathbb{R}), \times).

B. RĂ©solution d’équations dans un anneau intĂšgre

Section titled “B. RĂ©solution d’équations dans un anneau intĂšgre”

Un anneau (A,+,×)(A, +, \times) est dit intĂšgre si AA n’est pas rĂ©duit Ă  {0A}\{0_A\} et si : ∀(x,y)∈A2,  x×y=0A  âŸč  (x=0A ou y=0A)\forall (x, y) \in A^2, \; x \times y = 0_A \implies (x = 0_A \text{ ou } y = 0_A)

MĂ©thode : Pour rĂ©soudre x2−3x+2=0Ax^2 - 3x + 2 = 0_A dans un anneau intĂšgre, on factorise : (x−1A)×(x−2A)=0A(x - 1_A) \times (x - 2_A) = 0_A Par intĂ©gritĂ©, x−1A=0Ax - 1_A = 0_A ou x−2A=0Ax - 2_A = 0_A, soit x=1Ax = 1_A ou x=2Ax = 2_A.


  1. Oublier la non-vacuitĂ© : Lors d’une preuve de sous-structure, ne jamais oublier de vĂ©rifier que l’ensemble n’est pas vide (gĂ©nĂ©ralement en montrant que le neutre y appartient).
  2. Confondre loi additive et multiplicative : Dans un groupe gĂ©nĂ©ral, la loi est notĂ©e ⋆\star ou ++. Attention Ă  ne pas appliquer les rĂšgles des espaces vectoriels ou des corps commutatifs (comme la distributivitĂ© gĂ©nĂ©rale ou l’intĂ©gritĂ©) dans des anneaux non intĂšgres (par exemple, l’anneau des matrices Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) pour n≄2n \ge 2 possĂšde des diviseurs de zĂ©ro : A×B=0A \times B = 0 avec A≠0A \neq 0 et B≠0B \neq 0).
  3. Inversion de l’ordre des Ă©lĂ©ments : Dans un groupe non commutatif, le symĂ©trique d’un produit est l’inverse des Ă©lĂ©ments dans l’ordre inversĂ© : (x⋆y)−1=y−1⋆x−1(x \star y)^{-1} = y^{-1} \star x^{-1} Une erreur classique consiste Ă  Ă©crire x−1⋆y−1x^{-1} \star y^{-1}.