Exercice 2 : Distribution de Maxwell-Boltzmann
Problème guidé : La distribution de Maxwell-Boltzmann et ses limites
Section titled “Problème guidé : La distribution de Maxwell-Boltzmann et ses limites”Énoncé
Section titled “Énoncé”Le modèle du gaz parfait monoatomique à l’équilibre thermodynamique macroscopique permet d’accéder aux propriétés microscopiques des constituants par le biais de la physique statistique de Boltzmann. On s’intéresse dans ce problème à la détermination de la distribution des vitesses des molécules d’un gaz, à l’établissement de la loi de barométrie, et enfin à l’analyse critique des hypothèses du modèle à haute densité ou basse température.
On considère un gaz parfait constitué de molécules identiques de masse , enfermées dans un volume à la température . Le gaz est au repos macroscopique dans le référentiel du laboratoire. On note la constante de Boltzmann.
Questions
Section titled “Questions”Partie I : Fonction de distribution des vitesses et énergies
Section titled “Partie I : Fonction de distribution des vitesses et énergies”- Rappeler l’expression de la probabilité élémentaire qu’une molécule possède un vecteur vitesse dont les composantes cartésiennes sont comprises entre et , et , et . Justifier la factorisation de cette probabilité en fonction des composantes.
- En déduire la fonction de distribution des vitesses telle que représente la probabilité qu’une molécule ait une norme de vitesse comprise entre et . On exprimera en fonction de , , et .
- Calculer la vitesse la plus probable , la vitesse moyenne et la vitesse quadratique moyenne .
- Application numérique : Calculer ces trois vitesses pour du dioxygène () à . On donne et .
Partie II : Effet d’un champ de pesanteur (Atmosphère isotherme)
Section titled “Partie II : Effet d’un champ de pesanteur (Atmosphère isotherme)”- On superpose un champ de pesanteur uniforme à l’ensemble du système. Établir l’expression de la densité volumique de probabilité de présence d’une molécule à l’altitude , notée .
- En déduire la loi de variation de la pression en fonction de l’altitude (loi de la statique des fluides combinée à la loi des gaz parfaits). Comment appelle-t-on ce modèle d’atmosphère ?
Partie III : Limites du modèle et analyse critique
Section titled “Partie III : Limites du modèle et analyse critique”- Évaluer la distance intermoléculaire moyenne dans les conditions normales de température et de pression (CNTP : , ). On modélisera une molécule par une sphère dure de rayon effectif .
- Discuter qualitativement et quantitativement la validité de l’approximation du gaz parfait (et donc de la distribution de Maxwell-Boltzmann) lorsque la température diminue fortement ou lorsque la pression augmente considérablement. Quels effets quantiques ou interactionnels négligés ici commencent à se manifester ?
Pistes et indications
Section titled “Pistes et indications”- Q1 & Q2 : Utiliser la factorisation du facteur de Boltzmann où l’énergie cinétique est la somme des énergies cinétiques suivant chaque axe. Passer en coordonnées sphériques dans l’espace des vitesses pour obtenir .
- Q3 : Rappel d’intégrales utiles : , , et .
- Q5 : L’énergie totale d’une molécule est la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle de pesanteur . Le principe fondamental de la thermodynamique statistique indique que la probabilité est proportionnelle au facteur de Boltzmann .
- Q7 & Q8 : Comparer le volume propre des molécules au volume total disponible (facteur de compacité) et comparer l’énergie cinétique thermique moyenne à l’énergie potentielle d’interaction de Van der Waals.
Corrigé détaillé
Section titled “Corrigé détaillé”Partie I : Fonction de distribution des vitesses et énergies
Section titled “Partie I : Fonction de distribution des vitesses et énergies”-
Selon la statistique de Maxwell-Boltzmann, la probabilité qu’une particule se trouve dans un état d’énergie est proportionnelle à . L’énergie cinétique s’écrivant , la probabilité élémentaire se factorise : La constante de normalisation se détermine en intégrant sur tout l’espace des vitesses (), ce qui donne .
-
Pour passer à la distribution des normes des vitesses , on intègre la probabilité précédente sur toutes les directions, ce qui revient à intégrer sur une coquille sphérique de rayon et d’épaisseur dans l’espace des vitesses () : Soit :
-
- Vitesse la plus probable : On cherche le maximum de , ce qui revient à annuler sa dérivée par rapport à :
- Vitesse moyenne : En posant et en utilisant l’intégrale formulaire :
- Vitesse quadratique moyenne : En utilisant l’intégrale formulaire pour :
-
- A.N. : . . .
Partie II : Effet d’un champ de pesanteur
Section titled “Partie II : Effet d’un champ de pesanteur”-
L’énergie totale d’une molécule à l’altitude est . La probabilité de présence est donc proportionnelle à . En intégrant sur toutes les vitesses, la densité de probabilité est proportionnelle au facteur de Boltzmann potentiel :
-
Par proportionalité entre la densité de probabilité de présence et la densité volumique de molécules (donc la pression via la loi des gaz parfaits ), on obtient : Il s’agit de la loi barométrique, décrivant une atmosphère isotherme.
Partie III : Limites du modèle et analyse critique
Section titled “Partie III : Limites du modèle et analyse critique”-
Dans les CNTP, le volume molaire d’un gaz parfait est . Le volume moyen occupé par une molécule est : La distance intermoléculaire moyenne s’estime par . Cette distance est grande devant la taille caractéristique d’une molécule (), ce qui valide a posteriori l’hypothèse du gaz dilué.
-
Analyse critique des limites :
- À haute pression / forte densité : La distance diminue et devient comparable à la taille des molécules. Le volume propre des molécules (exclu) ne peut plus être négligé (correction de van der Waals ). De plus, les forces intermoléculaires attractives (interactions de van der Waals) entrent en jeu : l’énergie potentielle d’interaction ne peut plus être ignorée face à l’énergie cinétique, invalidant la distribution de Maxwell-Boltzmann pure.
- À basse température : L’agitation thermique diminue fortement (). L’énergie potentielle d’interaction intermoléculaire devient prépondérante devant l’énergie cinétique, ce qui conduit à la condensation du gaz (liquéfaction ou solidification).
- Limites quantiques : Si la température est extrêmement basse ou la densité extrêmement forte, la longueur d’onde thermique de De Broglie devient supérieure à la distance intermoléculaire . Les effets quantiques (statistiques de Bose-Einstein ou Fermi-Dirac) se substituent alors totalement à la physique statistique classique de Maxwell-Boltzmann.