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Exercice 1 : Combinaisons et arrangements

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Dans le cadre de l’étude des modèles stochastiques discrets en première année de CPGE (filière PCSI), le dénombrement combinatoire constitue le socle fondamental de la construction des espaces probabilisés finis. Le présent problème propose d’étudier un protocole de tirages successifs avec des contraintes structurelles, inspiré des urnes de Pólya et des problèmes d’allocations de ressources en informatique.

Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et p∈N∗p \in \mathbb{N}^* tels que p≤np \le n. On dispose d’une urne contenant nn boules indiscernables au toucher, numérotées de 11 à nn. On effectue des tirages successifs de boules selon un protocole que l’on précisera au fil des parties. L’objectif est d’analyser la complexité combinatoire des configurations possibles et de calculer les probabilités d’événements complexes associés à ces tirages.


❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”

Partie I : Dénombrement fondamental et arrangements

Section titled “Partie I : Dénombrement fondamental et arrangements”
  1. [Q1] On effectue kk tirages successifs avec remise d’une boule dans l’urne (où k∈N∗k \in \mathbb{N}^*). Déterminer le cardinal de l’univers Ω1\Omega_1 des résultats possibles.
  2. [Q2] On effectue cette fois kk tirages successifs sans remise (avec k≤nk \le n).
    • Déterminer le nombre d’arrangements possibles, noté AnkA_n^k.
    • Exprimer AnkA_n^k à l’aide de factorielles.
  3. [Q3] On tire simultanément kk boules de l’urne (avec k≤nk \le n). Quel est le nombre de tirages possibles, noté (nk)\binom{n}{k} ? Rappeler la relation de symétrie et la formule de Pascal.

Partie II : Probabilités sur un univers fini et paradoxe de l’anniversaire généralisé

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  1. [Q4] On tire simultanément pp boules dans l’urne contenant nn boules. Quelle est la probabilité P1P_1 que les numéros tirés soient tous consécutifs dans l’ensemble {1,2,…,n}\{1, 2, \dots, n\} (par exemple, {3,4,5}\{3, 4, 5\} pour p=3p=3) ?
  2. [Q5] On considère kk personnes. Chaque personne choisit de manière équiprobable et indépendante un jour de l’année parmi n=365n = 365 jours (on néglige les années bissextiles).
    • Modéliser cette expérience aléatoire par un univers Ω\Omega muni d’une probabilité uniforme P\mathbb{P}.
    • Exprimer la probabilité qkq_k qu’au moins deux personnes partagent la même date d’anniversaire.
    • Écrire un encadrement ou une approximation numérique permettant de trouver le plus petit entier k0k_0 pour lequel qk0>12q_{k_0} > \frac{1}{2}.

Partie III : Analyse critique du modèle d’équiprobabilité

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  1. [Q6] Dans la question Q5, le modèle suppose implicitement que les naissances sont réparties uniformément sur les 365365 jours de l’année et que les choix des individus sont mutuellement indépendants.
    • Discuter la robustesse de ce modèle mathématique au regard de la réalité démographique (saisonnalité des naissances, jumeaux).
    • Quel impact qualitatif une distribution non uniforme des naissances aurait-elle sur la probabilité qkq_k ?

💡 Pistes & Indications méthodologiques

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  • Pour Q1 et Q2 : Utilisez le principe multiplicatif (ou principe fondamental du dénombrement). Pour les arrangements sans remise, remarquez que le choix du ii-ième tirage dépend des résultats des tirages précédents.
  • Pour Q4 : Dénombrez d’abord le nombre de sous-ensembles de pp entiers consécutifs parmi {1,2,…,n}\{1, 2, \dots, n\}. Attention aux cas aux bornes.
  • Pour Q5 : Il est souvent plus simple de calculer la probabilité de l’événement contraire (“toutes les personnes ont des dates d’anniversaire différentes”), qui se ramène directement au calcul d’un arrangement sans remise. Utilisez l’approximation ln⁡(1+x)≈x\ln(1+x) \approx x pour xx petit.

Partie I : Dénombrement fondamental et arrangements

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  1. [Corrigé Q1] Puisque les tirages s’effectuent avec remise, à chaque tirage, il y a nn issues possibles. Les kk tirages étant indépendants, le nombre total de résultats possibles (l’univers Ω1\Omega_1) est donné par le produit cartésien : Card(Ω1)=n×n×⋯×n⏟k fois=nk\text{Card}(\Omega_1) = \underbrace{n \times n \times \dots \times n}_{k \text{ fois}} = n^k

  2. [Corrigé Q2] Pour le premier tirage, il y a nn choix possibles. Pour le deuxième tirage, la boule précédente ne pouvant être remise, il reste n−1n-1 choix, et ainsi de suite. Par le principe multiplicatif, le nombre d’arrangements de kk éléments parmi nn est : Ank=n(n−1)(n−2)…(n−k+1)=∏i=0k−1(n−i)A_n^k = n(n-1)(n-2)\dots(n-k+1) = \prod_{i=0}^{k-1} (n-i) En multipliant et divisant par (n−k)!(n-k)!, on obtient la forme close : Ank=n!(n−k)!A_n^k = \frac{n!}{(n-k)!}

  3. [Corrigé Q3] Un tirage simultané de kk boules correspond à un sous-ensemble de {1,2,…,n}\lbrace 1, 2, \dots, n \rbrace de cardinal kk (l’ordre n’importe pas). Comme un arrangement de kk boules ordonne un sous-ensemble de kk boules de k!k! manières différentes, on a la relation : Ank=k!(nk)  ⟹  (nk)=Ankk!=n!k!(n−k)!A_n^k = k! \binom{n}{k} \implies \binom{n}{k} = \frac{A_n^k}{k!} = \frac{n!}{k!(n-k)!}

    • Relation de symétrie : (nk)=(nn−k)\binom{n}{k} = \binom{n}{n-k} (choisir kk boules à inclure revient à choisir n−kn-k boules à exclure).
    • Formule de Pascal : Pour 1≤k≤n−11 \le k \le n-1, (nk)=(n−1k−1)+(n−1k)\binom{n}{k} = \binom{n-1}{k-1} + \binom{n-1}{k}

Partie II : Probabilités sur un univers fini et paradoxe de l’anniversaire généralisé

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  1. [Corrigé Q4] L’univers Ω\Omega est l’ensemble des parties de cardinal pp prises parmi les nn boules. Le nombre total de tirages possibles est Card(Ω)=(np)\text{Card}(\Omega) = \binom{n}{p}. Soit AA l’événement “les numéros tirés sont tous consécutifs”. Un ensemble de pp entiers consécutifs est entièrement déterminé par son plus petit élément mm. Si le plus petit élément est mm, les pp boules sont {m,m+1,…,m+p−1}\{m, m+1, \dots, m+p-1\}. Pour que cet ensemble soit inclus dans {1,2,…,n}\{1, 2, \dots, n\}, il faut et il suffit que le plus grand élément m+p−1≤nm+p-1 \le n, soit m≤n−p+1m \le n-p+1. Puisque mm peut varier de 11 à n−p+1n-p+1, il y a exactement n−p+1n-p+1 choix possibles pour le plus petit élément. Ainsi, Card(A)=n−p+1\text{Card}(A) = n-p+1. La probabilité recherchée est donc : P1=Card(A)Card(Ω)=n−p+1(np)P_1 = \frac{\text{Card}(A)}{\text{Card}(\Omega)} = \frac{n - p + 1}{\binom{n}{p}}

  2. [Corrigé Q5]

    • Modélisation : L’univers est Ω={1,2,…,365}k\Omega = \{1, 2, \dots, 365\}^k. Chaque element de Ω\Omega représente un kk-uplet des dates d’anniversaire. L’hypothèse d’équiprobabilité attribue à chaque issue la probabilité 1365k\frac{1}{365^k}.
    • Événement contraire : Soit EE l’événement “au moins deux personnes partagent la même date d’anniversaire”. L’événement contraire E‾\overline{E} est “toutes les kk personnes ont des dates d’anniversaire différentes”. La réalisation de E‾\overline{E} signifie que l’on choisit kk jours distincts parmi 365365, ce qui correspond à un arrangement sans remise. On a donc : Card(E‾)=A365k=365!(365−k)!\text{Card}(\overline{E}) = A_{365}^k = \frac{365!}{(365-k)!} Par conséquent, la probabilité de l’événement contraire est : P(E‾)=A365k365k=365!365k(365−k)!=∏i=0k−1(1−i365)\mathbb{P}(\overline{E}) = \frac{A_{365}^k}{365^k} = \frac{365!}{365^k (365-k)!} = \prod_{i=0}^{k-1} \left(1 - \frac{i}{365}\right) La probabilité recherchée est qk=1−P(E‾)=1−∏i=0k−1(1−i365)q_k = 1 - \mathbb{P}(\overline{E}) = 1 - \prod_{i=0}^{k-1} \left(1 - \frac{i}{365}\right).
    • Recherche de k0k_0 : On cherche le plus petit entier kk tel que qk>12q_k > \frac{1}{2}, soit P(E‾)<12\mathbb{P}(\overline{E}) < \frac{1}{2}. En utilisant l’approximation ln⁡(1+x)≈x\ln(1+x) \approx x pour xx petit, on a : ln⁡(P(E‾))=∑i=0k−1ln⁡(1−i365)≈−∑i=0k−1i365=−k(k−1)2×365\ln(\mathbb{P}(\overline{E})) = \sum_{i=0}^{k-1} \ln\left(1 - \frac{i}{365}\right) \approx -\sum_{i=0}^{k-1} \frac{i}{365} = -\frac{k(k-1)}{2 \times 365} On résout l’inéquation : −k2730<ln⁡(12)≈−0.693  ⟹  k2>0.693×730≈506  ⟹  k>506≈22.5-\frac{k^2}{730} < \ln\left(\frac{1}{2}\right) \approx -0.693 \implies k^2 > 0.693 \times 730 \approx 506 \implies k > \sqrt{506} \approx 22.5 Le calcul exact donne k0=23k_0 = 23. Dès 2323 personnes, il y a plus d’une chance sur deux pour que deux personnes partagent la même date d’anniversaire.

Partie III : Analyse critique du modèle d’équiprobabilité

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  1. [Corrigé Q6]
    • Robustesse du modèle : L’hypothèse d’une distribution uniforme des naissances sur l’année est un biais statistique fort. En réalité, les naissances ne sont pas uniformément réparties (on observe des variations saisonnières, un creux les weekends ou certains jours fériés, et des pics particuliers). De plus, la présence de jumeaux introduit une dépendance directe entre individus qui contredit l’hypothèse d’indépendance des choix.
    • Impact qualitatif : Si la distribution des naissances n’est pas uniforme (c’est-à-dire si certains jours ont une probabilité d’occurrence plus élevée que d’autres), l’entropie globale du système diminue. Par l’inégalité de réarrangement ou via le principe de concentration, une distribution non uniforme augmente la collision de paires. Par conséquent, la probabilité réelle qkq_k d’avoir au moins une coïncidence pour un nombre kk donné de personnes sera strictement supérieure à celle prédite par le modèle uniforme. Le seuil k0=23k_0 = 23 serait donc potentiellement abaissé dans une population réelle.