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Cours : Suites et séries numériques

Le programme de mathématiques de première année de la filière PTSI impose l’étude approfondie des suites et des séries de nombres réels ou complexes. Soit K\mathbb{K} le corps R\mathbb{R} ou C\mathbb{C}.

  • Suite numérique : Une suite (un)n∈N(u_n)_{n \in \mathbb{N}} est une application de N\mathbb{N} (ou d’une partie de N\mathbb{N}) dans K\mathbb{K}.
  • Série numérique : Soit (un)n∈N(u_n)_{n \in \mathbb{N}} une suite. On appelle série numérique, notée ∑un\sum u_n, la suite (Sn)n∈N(S_n)_{n \in \mathbb{N}} des sommes partielles définie par : Sn=∑k=0nuk=u0+u1+⋯+unS_n = \sum_{k=0}^{n} u_k = u_0 + u_1 + \dots + u_n
  • Convergence et divergence :
    • La série ∑un\sum u_n est dite convergente si la suite de ses sommes partielles (Sn)n∈N(S_n)_{n \in \mathbb{N}} admet une limite finie SS dans K\mathbb{K}. On note alors ∑n=0+∞un=S\sum_{n=0}^{+\infty} u_n = S.
    • Si (Sn)(S_n) diverge (vers l’infini ou sans limite), la série est dite divergente.
  • Reste d’une série convergente : Pour une série convergente de somme SS, le reste d’ordre nn, noté RnR_n, est défini par Rn=S−Sn=∑k=n+1+∞ukR_n = S - S_n = \sum_{k=n+1}^{+\infty} u_k. On a lim⁡n→+∞Rn=0\lim_{n \to +\infty} R_n = 0.

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”
  • Convergence des suites monotones : Toute suite réelle croissante et majorée est convergente. Toute suite réelle décroissante et minorée est convergente.
  • Suites adjacentes : Deux suites (un)(u_n) et (vn)(v_n) sont dites adjacentes si l’une est croissante, l’autre est décroissante, et lim⁡n→+∞(vn−un)=0\lim_{n \to +\infty} (v_n - u_n) = 0.
    • Théorème : Deux suites adjacentes convergent vers la même limite.
  • Condition nécessaire de convergence :
    • Théorème : Si la série ∑un\sum u_n converge, alors la suite (un)(u_n) tend vers 00 lorsque nn tend vers +∞+\infty.
    • Piège classique : La réciproque est fausse (exemple de la série harmonique ∑1n\sum \frac{1}{n}).
  • Linéarité des séries convergentes : Si ∑un\sum u_n et ∑vn\sum v_n convergent, alors pour tous λ,μ∈K\lambda, \mu \in \mathbb{K}, la série ∑(λun+μvn)\sum (\lambda u_n + \mu v_n) converge et : ∑n=0+∞(λun+μvn)=λ∑n=0+∞un+μ∑n=0+∞vn\sum_{n=0}^{+\infty} (\lambda u_n + \mu v_n) = \lambda \sum_{n=0}^{+\infty} u_n + \mu \sum_{n=0}^{+\infty} v_n

C. Démonstration clé : Divergence de la série harmonique

Section titled “C. Démonstration clé : Divergence de la série harmonique”
  • Énoncé : La série ∑n≥11n\sum_{n \ge 1} \frac{1}{n} diverge vers +∞+\infty.
  • Démonstration (par minoration des sommes partielles) : Considérons les sommes partielles d’indices 2p2^p pour p∈Np \in \mathbb{N}. Soit Sn=∑k=1n1kS_n = \sum_{k=1}^n \frac{1}{k}. Regroupons les termes par paquets de taille 22 : S2p=1+12+(13+14)+(15+16+17+18)+⋯+(12p−1+1+⋯+12p)S_{2^p} = 1 + \frac{1}{2} + \left(\frac{1}{3} + \frac{1}{4}\right) + \left(\frac{1}{5} + \frac{1}{6} + \frac{1}{7} + \frac{1}{8}\right) + \dots + \left(\frac{1}{2^{p-1}+1} + \dots + \frac{1}{2^p}\right) Chaque paquet de la forme ∑k=2m+12m+11k\sum_{k=2^{m}+1}^{2^{m+1}} \frac{1}{k} comporte 2m2^m termes, et le plus petit terme de ce paquet est 12m+1\frac{1}{2^{m+1}}. Ainsi, chaque paquet est minoré par : 2m×12m+1=122^m \times \frac{1}{2^{m+1}} = \frac{1}{2} Par conséquent, pour tout p∈Np \in \mathbb{N}, on a la minoration : S2p≥1+p2S_{2^p} \ge 1 + \frac{p}{2} Par passage à la limite lorsque pp tend vers +∞+\infty, la suite (S2p)(S_{2^p}) diverge vers +∞+\infty. La suite des sommes partielles (Sn)(S_n) étant croissante et non majorée, elle diverge vers +∞+\infty. ■\blacksquare

A. Étude et calcul des séries de référence

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  1. Séries géométriques : Pour q∈Kq \in \mathbb{K} tel que ∣q∣<1|q| < 1, la série ∑qn\sum q^n converge et sa somme vaut : ∑n=0+∞qn=11−q\sum_{n=0}^{+\infty} q^n = \frac{1}{1-q} Si ∣q∣≥1|q| \ge 1 (avec q≠1q \neq 1), la condition nécessaire n’est pas vérifiée, la série diverge.
  2. Séries de Riemann : Pour α∈R\alpha \in \mathbb{R}, la série ∑1nα\sum \frac{1}{n^\alpha} converge si et seulement si α>1\alpha > 1.
  3. Séries télescopiques : Soit (un)(u_n) une suite telle que un=vn+1−vnu_n = v_{n+1} - v_n. La série ∑un\sum u_n converge si et seulement si la suite (vn)(v_n) admet une limite finie. Dans ce cas : ∑n=0+∞un=lim⁡n→+∞vn+1−v0\sum_{n=0}^{+\infty} u_n = \lim_{n \to +\infty} v_{n+1} - v_0

B. Séries à termes positifs (∀n,un≥0\forall n, u_n \ge 0)

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Pour ces séries, la suite des sommes partielles (Sn)(S_n) est croissante. La convergence équivaut donc à la majoration de (Sn)(S_n).

  • Règle des équivalents : Si un∼vnu_n \sim v_n avec un≥0u_n \ge 0 et vn≥0v_n \ge 0, alors les séries ∑un\sum u_n et ∑vn\sum v_n ont la même nature.
  • Règle des majorations (comparaison) :
    • Si 0≤un≤vn0 \le u_n \le v_n et si ∑vn\sum v_n converge, alors ∑un\sum u_n converge.
    • Si 0≤vn≤un0 \le v_n \le u_n et si ∑vn\sum v_n diverge, alors ∑un\sum u_n diverge.
  • Convergence absolue : Une série ∑un\sum u_n est dite absolument convergente si la série des valeurs (ou modules) absolues ∑∣un∣\sum |u_n| converge.
  • Théorème fondamental : Toute série absolument convergente est convergente. Si ∑∣un∣ converge, alors ∑un converge.(∣∑n=0+∞un∣≤∑n=0+∞∣un∣)\text{Si } \sum |u_n| \text{ converge, alors } \sum u_n \text{ converge.} \quad \left( \left| \sum_{n=0}^{+\infty} u_n \right| \le \sum_{n=0}^{+\infty} |u_n| \right)

  1. Confondre suite et série : Écrire lim⁡un=0\lim u_n = 0 pour conclure à la convergence de la série ∑un\sum u_n. C’est une condition nécessaire mais non suffisante (contre-exemple : ∑1n\sum \frac{1}{n}).
  2. Utilisation abusive des équivalents : Appliquer la règle des équivalents sur des séries à termes de signes quelconques. Les théorèmes de comparaison par équivalence ou par majoration/minoration exigent que les termes soient de signe constant (au moins à partir d’un certain rang).
  3. Erreur d’indice dans les sommes télescopiques : Oublier d’écrire explicitement la somme partielle SnS_n avant de passer à la limite, ce qui conduit à des erreurs de décalage d’indices sur les termes extrêmes.
  4. Mauvaise manipulation des séries divergentes : Effectuer des opérations algébriques (comme soustraire deux séries divergentes terme à terme) en oubliant que les règles de calcul des limites finies ne s’appliquent pas aux formes indéterminées.