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Exercice 1 : Rayon de convergence

Problème guidé : Étude fine et comportement aux bornes d’une série entière à coefficients arithmétiques

Section titled “Problème guidé : Étude fine et comportement aux bornes d’une série entière à coefficients arithmétiques”

Filière : PC
Matière : Mathématiques
Chapitre: ** Séries entières
Thème : Rayon de convergence et analyse asymptotique des coefficients


Dans tout le problème, on s’intéresse à la série entière de la variable complexe zz définie par : f(z)=∑n=1+∞anznf(z) = \sum_{n=1}^{+\infty} a_n z^n où la suite de coefficients (an)n≥1(a_n)_{n \ge 1} est donnée par : an=1nαln⁡(n+1)a_n = \frac{1}{n^\alpha \ln(n+1)} avec α\alpha un paramètre réel fixé.

L’objectif de ce problème est de déterminer le rayon de convergence RR de cette série entière, d’étudier son comportement sur le cercle de convergence, et enfin d’analyser les limites de ce modèle mathématique dans le cadre de la modélisation de signaux physiques amortis.


  1. Détermination préliminaire : Rappeler la définition du rayon de convergence d’une série entière et énoncer le critère de d’Alembert (version limite) ainsi que la règle de Cauchy.
  2. Calcul du rayon de convergence : À l’aide d’une règle adaptée, déterminer le rayon de convergence RR de la série entière définissant f(z)f(z), en fonction de la valeur de α\alpha.
  3. Étude sur le bord (Cas α>1\alpha > 1) : On suppose dans cette question que α>1\alpha > 1.
    • a) Étudier la convergence de la série numérique sur le cercle ouvert de convergence ∣z∣=R|z| = R.
    • b) Préciser la nature de la convergence (simple, uniforme) sur le disque fermé D‾(0,R)\overline{D}(0, R).
  4. Comportement aux limites et critique du modèle :
    • a) Que se passe-t-il lorsque α≤1\alpha \le 1 sur le bord du domaine de convergence ?
    • b) Analyse critique : Supposons que ces coefficients ana_n modèlent l’amplitude des modes spectraux d’un système physique transitoire. Discutez des limites physiques et mathématiques de ce modèle lorsque nn tend vers +∞+\infty et lorsque zz s’approche de la frontière du disque de convergence.

  • Question 2 : L’expression avec un ln⁡(n+1)\ln(n+1) se prête bien à l’utilisation du critère de Cauchy ou du critère de d’Alembert discret. Pensez à utiliser des équivalents classiques pour lever les indéterminations.
  • Question 3 : Utilisez les critères de comparaison des séries à termes réels positifs ou le critère de Bertrand pour les séries de Riemann généralisées.
  • Question 4 : Pour l’analyse critique, examinez la régularité de la fonction somme au voisinage de z=Rz=R et questionnez la validité de l’hypothèse de continuité des flux d’énergie.

Le rayon de convergence R∈[0,+∞]R \in [0, +\infty] d’une série entière ∑anzn\sum a_n z^n est le sup (éventuellement infini) des r≥0r \ge 0 tels que la suite (∣an∣rn)(|a_n|r^n) soit bornée.

  • Règle de d’Alembert : Si lim⁡n→∞∣an+1an∣=L\lim_{n\to\infty} \left|\frac{a_{n+1}}{a_n}\right| = L, alors R=1LR = \frac{1}{L} (avec la convention 1/0=+∞1/0 = +\infty et 1/∞=01/\infty = 0).
  • Règle de Cauchy : Si lim⁡n→∞∣an∣n=L\lim_{n\to\infty} \sqrt[n]{|a_n|} = L, alors R=1LR = \frac{1}{L}.

Appliquons la règle de d’Alembert (ou de Cauchy). Calculons le quotient ∣an+1/an∣|a_{n+1}/a_n| : ∣an+1an∣=nαln⁡(n+1)(n+1)αln⁡(n+2)=(nn+1)αln⁡(n+1)ln⁡(n+2)\left|\frac{a_{n+1}}{a_n}\right| = \frac{n^\alpha \ln(n+1)}{(n+1)^\alpha \ln(n+2)} = \left(\frac{n}{n+1}\right)^\alpha \frac{\ln(n+1)}{\ln(n+2)}

Analysons la limite lorsque n→+∞n \to +\infty :

  • (nn+1)α=(1−1n+1)α→1\left(\frac{n}{n+1}\right)^\alpha = \left(1 - \frac{1}{n+1}\right)^\alpha \to 1
  • ln⁡(n+1)ln⁡(n+2)=ln⁡(n)+ln⁡(1+1/n)ln⁡(n)+ln⁡(1+2/n)=1+o(1)1+o(1)→1\frac{\ln(n+1)}{\ln(n+2)} = \frac{\ln(n) + \ln(1 + 1/n)}{\ln(n) + \ln(1 + 2/n)} = \frac{1 + o(1)}{1 + o(1)} \to 1

Ainsi, lim⁡n→∞∣an+1an∣=1\lim_{n\to\infty} \left|\frac{a_{n+1}}{a_n}\right| = 1. Par conséquent, le rayon de convergence de la série entière est R=1R = 1, et ce, quelles que soient les valeurs du paramètre réel α\alpha.

3. Étude sur le bord (Cas α>1\alpha > 1)

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  • a) Convergence sur le cercle ∣z∣=1|z| = 1 : Soit z=eiθz = e^{i\theta}. Le terme général de la série numérique est le module ∣anzn∣=∣an∣=1nαln⁡(n+1)|a_n z^n| = |a_n| = \frac{1}{n^\alpha \ln(n+1)}. Puisque ln⁡(n+1)∼n→∞ln⁡(n)\ln(n+1) \underset{n\to\infty}{\sim} \ln(n), on a : ∣an∣∼n→∞1nαln⁡(n)|a_n| \underset{n\to\infty}{\sim} \frac{1}{n^\alpha \ln(n)} Par le critère de Bertrand (ou comparaison avec une intégrale de type ∫+dttα(ln⁡t)β\int^+\frac{dt}{t^\alpha (\ln t)^\beta}), la série ∑∣an∣\sum |a_n| converge si et seulement si α>1\alpha > 1 (ou si α=1\alpha = 1 et β>1\beta > 1, ici β=1\beta = 1 donc diverge pour α=1\alpha=1). Donc, pour α>1\alpha > 1, la série converge normalement (donc absolument et uniformément) sur le disque fermé D‾(0,1)\overline{D}(0, 1).

  • b) Nature de la convergence : La convergence est normale sur D‾(0,1)\overline{D}(0, 1) car sup⁡∣z∣≤1∣anzn∣=an\sup_{|z|\le 1} |a_n z^n| = a_n et ∑an\sum a_n converge. La somme ff est donc continue sur D‾(0,1)\overline{D}(0, 1).

4. Comportement aux limites et critique du modèle

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  • a) Cas α≤1\alpha \le 1 : Pour α≤1\alpha \le 1, le terme général ne tend pas assez vite vers 0 (ou la minoration par les séries de Bertrand échoue), la série diverge grossièrement ou diverge par non-absolue convergence sur le cercle unité.

  • b) Analyse critique des limites du modèle : Dans une modélisation physique (par exemple en électromagnétisme ou en mécanique des fluides dissipative), les coefficients ana_n représentent l’énergie ou l’amplitude portée par le mode nn.

  1. Limites mathématiques : Le modèle présuppose une transition brutale de comportement en z=1z=1 dictée uniquement par l’asymptotique de nn. En réalité, les systèmes physiques réels lissent ces singularités par des termes dissipatifs non négligeables aux hautes fréquences (nn grand).
  2. Limites physiques du modèle discret : Lorsque z→1−z \to 1^- avec α≤1\alpha \le 1, la fonction f(z)f(z) diverge vers +∞+\infty. Physiquement, cela impliquerait une énergie infinie stockée dans le système, ce qui viole le principe de conservation de l’énergie. Le modèle mathématique de la série entière montre ici sa limite : il néglige les effets non-linéaires de saturation qui, dans la réalité physique, borneraient l’amplitude des modes.