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Exercice 2 : Ondes électromagnétiques dans le vide

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Le cadre de cette étude est celui de la théorie macroscopique de l’électromagnétisme de Maxwell. On se place dans le vide, qui constitue un milieu idéal dépourvu de charges électriques libres (ρlib=0⃗\rho_{\text{lib}} = \vec{0}) et de courants électriques libres (j⃗lib=0⃗\vec{j}_{\text{lib}} = \vec{0}).

L’objectif de ce problème est d’établir l’équation de propagation régissant le champ électromagnétique dans le vide, d’étudier les ondes planes monochromatiques (OPM) associées et de caractériser le transport d’énergie par ces ondes en lien avec le vecteur de Poynting.


❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”
  1. Rappels des équations de Maxwell : Écrire les équations de Maxwell locales dans le vide pour le champ électrique E⃗(M,t)\vec{E}(M,t) et le champ magnétique B⃗(M,t)\vec{B}(M,t). On introduira la constante universelle cc, célérité de la lumière dans le vide, liée à la permittivité électrique ε0\varepsilon_0 et à la perméabilité magnétique μ0\mu_0.
  2. Équations de d’Alembert : En appliquant l’opérateur rotationnel aux équations de Maxwell locales, établir que le champ électrique E⃗\vec{E} et le champ magnétique B⃗\vec{B} satisfont tous deux une équation de propagation d’onde (équation de d’Alembert) que l’on précisera.
  3. Structure des ondes planes harmoniques : On s’intéresse à une onde plane monochromatique (OPM) se propageant selon la direction u⃗z\vec{u}_z, de pulsation ω>0\omega > 0 et de vecteur d’onde k⃗=ku⃗z\vec{k} = k \vec{u}_z. Les champs sont de la forme complexe associée : E⃗‾(z,t)=E⃗‾0exp⁡(j(ωt−kz))\underline{\vec{E}}(z,t) = \underline{\vec{E}}_0 \exp\left(j(\omega t - kz)\right) Exprimer le champ magnétique complexe associé B⃗‾(z,t)\underline{\vec{B}}(z,t) en fonction de ω\omega, kk et E⃗‾0\underline{\vec{E}}_0. En déduire la relation de dispersion liant ω\omega et kk.
  4. Polarisation et transversalité : À l’aide des équations de Maxwell, préciser la structure vectorielle de l’onde (transversalité du champ électrique et du champ magnétique par rapport à la direction de propagation). Quelle est la relation d’orthogonalité entre E⃗\vec{E}, B⃗\vec{B} et u⃗z\vec{u}_z ?
  5. Bilan énergétique et vecteur de Poynting :
    • Définir le vecteur de Poynting Π⃗\vec{\Pi} et exprimer sa valeur dans le cas de l’onde plane étudiée.
    • Calculer la moyenne temporelle ⟨Π⃗⟩\langle \vec{\Pi} \rangle sur une période.
  6. Analyse critique du modèle : Le modèle du vide parfait est-il strictement réalisable expérimentalement ? Discuter brièvement des limites de ce modèle à l’échelle microscopique et en présence de matière raréfiée (interstellaire par exemple).

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 2 : Penser à utiliser l’identité vectorielle rot⃗(rot⃗A⃗)=grad⃗(divA⃗)−ΔA⃗\vec{\text{rot}}(\vec{\text{rot}}\vec{A}) = \vec{\text{grad}}(\text{div}\vec{A}) - \Delta \vec{A} valable pour tout champ vectoriel A⃗\vec{A} de classe C2\mathcal{C}^2.
  • Question 3 & 4 : Traduire les opérateurs de dérivation spatiale et temporelle dans le formalisme complexe (∂t↔jω\partial_t \leftrightarrow j\omega et ∇⃗↔−jk⃗\vec{\nabla} \leftrightarrow -j\vec{k}).
  • Question 5 : Le vecteur de Poynting s’exprime par Π⃗=1μ0E⃗∧B⃗\vec{\Pi} = \frac{1}{\mu_0} \vec{E} \wedge \vec{B}. Pour la moyenne temporelle d’un produit de grandeurs harmoniques réelles, utiliser la partie réelle des amplitudes complexes : ⟨A(t)B(t)⟩=12Re(A‾B‾∗)\langle A(t) B(t) \rangle = \frac{1}{2} \text{Re}(\underline{A} \underline{B}^*).

Dans le vide, en absence de charges et de courants libres, les équations de Maxwell locales s’écrivent :

  • Équation de Maxwell-Gauss : divE⃗=0\text{div}\vec{E} = 0
  • Équation de Maxwell-Thomson : divB⃗=0\text{div}\vec{B} = 0
  • Équation de Maxwell-Faraday : rot⃗E⃗=−∂B⃗∂t\vec{\text{rot}}\vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}
  • Équation de Maxwell-Ampère : rot⃗B⃗=ε0μ0∂E⃗∂t\vec{\text{rot}}\vec{B} = \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}

Avec c=1ε0μ0c = \frac{1}{\sqrt{\varepsilon_0 \mu_0}} représentant la vitesse de la lumière dans le vide.

2. Établissement des équations de d’Alembert

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Appliquons l’opérateur rotationnel à l’équation de Maxwell-Faraday : rot⃗(rot⃗E⃗)=rot⃗(−∂B⃗∂t)=−∂∂t(rot⃗B⃗)\vec{\text{rot}}(\vec{\text{rot}}\vec{E}) = \vec{\text{rot}}\left(-\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}\right) = -\frac{\partial}{\partial t}(\vec{\text{rot}}\vec{B})

En utilisant l’identité vectorielle rot⃗(rot⃗E⃗)=grad⃗(divE⃗)−ΔE⃗\vec{\text{rot}}(\vec{\text{rot}}\vec{E}) = \vec{\text{grad}}(\text{div}\vec{E}) - \Delta \vec{E}, et sachant que divE⃗=0\text{div}\vec{E} = 0 (Maxwell-Gauss), il vient : −ΔE⃗=−∂∂t(ε0μ0∂E⃗∂t)-\Delta \vec{E} = -\frac{\partial}{\partial t}\left(\varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}\right)

Soit l’équation de d’Alembert pour le champ électrique : ΔE⃗−ε0μ0∂2E⃗∂t2=0⃗ouΔE⃗−1c2∂2E⃗∂t2=0⃗\Delta \vec{E} - \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0} \quad \text{ou} \quad \Delta \vec{E} - \frac{1}{c^2} \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0}

En procédant de même en appliquant le rotationnel à l’équation de Maxwell-Ampère, on obtient l’équation analogue pour le champ magnétique : ΔB⃗−1c2∂2B⃗∂t2=0⃗\Delta \vec{B} - \frac{1}{c^2} \frac{\partial^2 \vec{B}}{\partial t^2} = \vec{0}

3. Structure des ondes planes harmoniques et relation de dispersion

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Pour l’onde E⃗‾(z,t)=E⃗‾0exp⁡(j(ωt−kz))\underline{\vec{E}}(z,t) = \underline{\vec{E}}_0 \exp\left(j(\omega t - kz)\right), injectons-la dans l’équation de Maxwell-Faraday rot⃗E⃗‾=−∂B⃗‾∂t\vec{\text{rot}}\underline{\vec{E}} = -\frac{\partial \underline{\vec{B}}}{\partial t}. La dérivation spatiale se traduit par −jk⃗∧E⃗‾-j\vec{k} \wedge \underline{\vec{E}} et la dérivation temporelle par jωj\omega : −jk⃗∧E⃗‾=−jωB⃗‾  ⟹  B⃗‾=k⃗ω∧E⃗‾-j\vec{k} \wedge \underline{\vec{E}} = -j\omega \underline{\vec{B}} \implies \underline{\vec{B}} = \frac{\vec{k}}{\omega} \wedge \underline{\vec{E}}

Avec k⃗=ku⃗z\vec{k} = k \vec{u}_z, on a : B⃗‾(z,t)=kωu⃗z∧E⃗‾(z,t)\underline{\vec{B}}(z,t) = \frac{k}{\omega} \vec{u}_z \wedge \underline{\vec{E}}(z,t)

Injectons à présent l’expression du champ électrique ou magnétique dans l’équation de d’Alembert : −k2E⃗‾−1c2(−ω2)E⃗‾=0⃗  ⟹  −k2+ω2c2=0-k^2 \underline{\vec{E}} - \frac{1}{c^2}(-\omega^2)\underline{\vec{E}} = \vec{0} \implies -k^2 + \frac{\omega^2}{c^2} = 0

La relation de dispersion est donc : ω=ck\omega = c k

  • Transversalité de E⃗\vec{E} : L’équation de Maxwell-Gauss divE⃗=0\text{div}\vec{E} = 0 donne en notation complexe −jk⃗⋅E⃗‾=0-j\vec{k} \cdot \underline{\vec{E}} = 0, soit −kE0z=0  ⟹  E0z=0-k E_{0z} = 0 \implies E_{0z} = 0. Le champ électrique est strictement orthogonal à la direction de propagation u⃗z\vec{u}_z : l’onde est transversale.
  • Transversalité de B⃗\vec{B} : De même, divB⃗=0  ⟹  B0z=0\text{div}\vec{B} = 0 \implies B_{0z} = 0. Le champ magnétique est également transversal.
  • Orthogonalité : La relation B⃗‾=1cu⃗z∧E⃗‾\underline{\vec{B}} = \frac{1}{c} \vec{u}_z \wedge \underline{\vec{E}} montre que les vecteurs E⃗\vec{E}, \سبB\سب{B} et u⃗z\vec{u}_z forment un trièdre direct à tout instant et en tout point, avec ∥B⃗∥=∥E⃗∥c\|\vec{B}\| = \frac{\|\vec{E}\|}{c}.

5. Bilan énergétique et vecteur de Poynting

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Le vecteur de Poynting Π⃗\vec{\Pi} représente la densité de flux de puissance électromagnétique : Π⃗=1μ0E⃗∧B⃗\vec{\Pi} = \frac{1}{\mu_0} \vec{E} \wedge \vec{B}

Pour une OPM se propageant selon u⃗z\vec{u}_z : Π⃗(z,t)=1μ0E⃗(z,t)∧(1cu⃗z∧E⃗(z,t))=1μ0c∥E⃗(z,t)∥2u⃗z=ε0μ0∥E⃗(z,t)∥2u⃗z\vec{\Pi}(z,t) = \frac{1}{\mu_0} \vec{E}(z,t) \wedge \left(\frac{1}{c} \vec{u}_z \wedge \vec{E}(z,t)\right) = \frac{1}{\mu_0 c} \|\vec{E}(z,t)\|^2 \vec{u}_z = \sqrt{\frac{\varepsilon_0}{\mu_0}} \|\vec{E}(z,t)\|^2 \vec{u}_z

La moyenne temporelle sur une période s’obtient via : ⟨Π⃗⟩=12ε0μ0∣E‾0∣2u⃗z\langle \vec{\Pi} \rangle = \frac{1}{2} \sqrt{\frac{\varepsilon_0}{\mu_0}} |\underline{E}_0|^2 \vec{u}_z

  • Limites macroscopiques : Le “vide” absolu n’existe pas. À l’échelle microscopique, le vide quantique est le siège de fluctuations électromagnétiques (émissions/absorptions spontanées, effet Casimir).
  • Limites astrophysiques / géophysiques : Même dans l’espace intersidéral, il existe une densité résiduelle de matière (particules du vent solaire, gaz interstellaire) qui confère au milieu un comportement plasma (la fréquence plasma ωp\omega_p devient non nulle, modifiant la relation de dispersion ω2=c2k2+ωp2\omega^2 = c^2 k^2 + \omega_p^2). Le modèle du vide parfait est donc une approximation excellente mais asymptotique (valable lorsque la densité particulaire tend vers zéro ou à des fréquences très supérieures aux fréquences caractéristiques du milieu).