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Exercice 1 : Loi d Ohm et lois de Kirchhoff

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Les réseaux électriques complexes rencontrés en électronique de puissance ou en électrotechnique nécessitent une maîtrise rigoureuse des lois fondamentales de l’électrocinétique. L’objectif de ce problème est l’étude d’un circuit pont schoélisé, comportant des sources réelles de tension et de courant, en régime permanent continu.

On considère le circuit de la Figure 1, alimenté par une source idéale de tension de force électromotrice EE et une source idéale de courant I0I_0. Le réseau comporte quatre résistors de résistance RR et une résistance variable RcR_c (dite de charge). Le système est référencé par rapport à une masse (potentiel nul en un nœud de référence).

Données numériques et paramétriques :

  • E=12 VE = 12\text{ V}
  • I0=50 mAI_0 = 50\text{ mA}
  • R=100 ΩR = 100\,\Omega
  • RcR_c variable entre 0 Ω0\,\Omega et 500 Ω500\,\Omega.

❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

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  1. Analyse topologique du circuit : Déterminer le nombre de nœuds NN et de branches BB du circuit. En déduire le nombre d’équations indépendantes nécessaires issues des lois de Kirchhoff.
  2. Application des lois de Kirchhoff : Écrire la loi des nœuds (LKC) en chaque nœud pertinent et la loi des mailles (LKM) permettant de caractériser le comportement du réseau.
  3. Étude par la méthode des potentiels aux nœuds :
    • Choisir un nœud de référence (masse, potentiel V=0 VV = 0\text{ V}).
    • Exprimer le potentiel des autres nœuds en fonction des paramètres du circuit.
    • En déduire l’expression générale du courant IcI_c traversant la charge RcR_c.
  4. Application numérique et étude de la charge : Calculer la puissance PcP_c dissipée dans la charge RcR_c pour Rc=RR_c = R et tracer l’allure de Pc(Rc)P_c(R_c).
  5. Analyse critique du modèle : Les sources réelles sont modélisées ici par des générateurs idéaux. Quel est l’impact de l’ajout d’une résistance interne rr en série avec la source de tension EE sur le comportement asymptotique du circuit lorsque Rc→∞R_c \to \infty ?

💡 Pistes & Indications méthodologiques

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  • Question 1 & 2 : Pensez à la formule d’Euler pour les graphes plans B=N+L−1B = N + L - 1 où LL est le nombre de mailles indépendantes.
  • Question 3 : La méthode des potentiels aux nœuds (théorème de Millman) est particulièrement efficace pour réduire le nombre d’équations à résoudre.
  • Question 4 : Pour l’étude de la puissance Pc=RcIc2P_c = R_c I_c^2, déterminez s’il existe une valeur de RcR_c maximisant cette puissance (théorème d’adaptation d’impédance).
  • Question 5 : Analysez la dimension des grandeurs et l’effet d’un dépassement de modèle (non-linéarités, échauffement Joule).

Soit NN le nombre de nœuds et BB le nombre de branches. Le circuit comporte N=4N = 4 nœuds principaux et B=6B = 6 branches (incluant les générateurs et les résistors).

  • Le nombre d’équations indépendantes fournies par la loi des nœuds est N−1=3N - 1 = 3.
  • Le nombre d’équations indépendantes par la loi des mailles est L=B−(N−1)=6−3=3L = B - (N - 1) = 6 - 3 = 3.

Notons A,B,C,DA, B, C, D les nœuds du circuit.

  • En appliquant la Loi des Nœuds (LKC) au nœud AA (en orientant les courants sortants) : ∑sortantsI=0  ⟹  VA−VBR+VA−VCR−I0=0\sum_{\text{sortants}} I = 0 \implies \frac{V_A - V_B}{R} + \frac{V_A - V_C}{R} - I_0 = 0
  • En appliquant la Loi des Mailles (LKM), toute maille fermée vérifie ∑mailleUi=0\sum_{\text{maille}} U_i = 0. Par exemple, pour la maille contenant le générateur EE et les résistances de branches adjacentes : E−RI1−RI2=0E - R I_1 - R I_2 = 0

Fixons le potentiel du nœud de référence DD à VD=0 VV_D = 0\text{ V}. Soit VAV_A le potentiel du nœud amont de la charge RcR_c. En appliquant le théorème de Millman au nœud AA interconnectant la source de courant I0I_0, la branche de tension EE (de résistance équivalente RR) et la charge RcR_c :

VA=ER+I01R+1R+1Rc=ER+I02R+1RcV_A = \frac{\frac{E}{R} + I_0}{\frac{1}{R} + \frac{1}{R} + \frac{1}{R_c}} = \frac{\frac{E}{R} + I_0}{\frac{2}{R} + \frac{1}{R_c}}

Le courant IcI_c traversant la charge RcR_c (reliée entre le nœud AA et la masse DD) s’exprime simplement par la loi d’Ohm : Ic=VARc=ER+I0Rc(2R+1Rc)=E+RI02Rc+RI_c = \frac{V_A}{R_c} = \frac{\frac{E}{R} + I_0}{R_c \left(\frac{2}{R} + \frac{1}{R_c}\right)} = \frac{E + R I_0}{2 R_c + R}

Vérification dimensionnelle : [E]=V[E] = \text{V}, [RI0]=Ω×A=V[R I_0] = \Omega \times \text{A} = \text{V}, [2Rc+R]=Ω[2 R_c + R] = \Omega. Le rapport donne bien des ampères (A\text{A}). L’expression est homogène.

4. Application numérique et étude de la charge

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Pour Rc=R=100 ΩR_c = R = 100\,\Omega : Ic=12+100×50×10−32(100)+100=12+5300=17300≈56,7 mAI_c = \frac{12 + 100 \times 50 \times 10^{-3}}{2(100) + 100} = \frac{12 + 5}{300} = \frac{17}{300} \approx 56{,}7\text{ mA}

La puissance électrique dissipée dans la charge est : Pc=RcIc2=Rc(E+RI02Rc+R)2P_c = R_c I_c^2 = R_c \left( \frac{E + R I_0}{2 R_c + R} \right)^2

Pour trouver la condition de puissance maximale, dérivons PcP_c par rapport à RcR_c et annulons la dérivée : dPcdRc=(E+RI0)2(2Rc+R)2−Rc⋅2(2Rc+R)(2)(2Rc+R)4=0\frac{\mathrm{d}P_c}{\mathrm{d}R_c} = (E + R I_0)^2 \frac{(2 R_c + R)^2 - R_c \cdot 2(2 R_c + R)(2)}{(2 R_c + R)^4} = 0   ⟹  2Rc+R−4Rc=0  ⟹  Rc=R2\implies 2 R_c + R - 4 R_c = 0 \implies R_c = \frac{R}{2} La puissance maximale est donc délivrée pour Rc=50 ΩR_c = 50\,\Omega (application du théorème de Thévenin/Adaptation d’impédance).

Si l’on considère une résistance interne rr non nulle en série avec le générateur de tension EE, le potentiel VAV_A devient : VA=ER+r+I01R+r+1R+1RcV_A = \frac{\frac{E}{R+r} + I_0}{\frac{1}{R+r} + \frac{1}{R} + \frac{1}{R_c}}

  • Limite Rc→∞R_c \to \infty (circuit ouvert) : Le modèle idéal (r=0r=0) conduit à une tension de circuit ouvert constante. L’ajout de rr modifie l’ordonnée à l’origine de la caractéristique externe de Thévenin (Uth=RR+rEU_{th} = \frac{R}{R+r}E), traduisant une chute de tension interne due au courant de polarisation.
  • Limites du modèle : Les composants réels présentent des limites thermiques (P>Pmax⁡  ⟹  destruction par effet JouleP > P_{\max} \implies \text{destruction par effet Joule}) et des non-linéarités (phénomènes d’avalanche ou de saturation pour les semi-conducteurs modélisant les sources). Le modèle linéaire par morceaux reste donc valide uniquement dans un domaine restreint de tension et de courant.