Skip to content

Exercice 1 : Équations linéaires d ordre 1 et 2

Problème : Étude qualitative et asymptotique d’une équation différentielle amortie avec perturbation

Section titled “Problème : Étude qualitative et asymptotique d’une équation différentielle amortie avec perturbation”

Le but de ce problème est d’étudier l’équation différentielle suivante, sur l’intervalle I=]0,+∞[I = ]0, +\infty[ : (E)ty′′(t)+(1−t)y′(t)−y(t)=tet(E) \quad t y''(t) + (1 - t) y'(t) - y(t) = t e^t

On s’intéresse d’abord à l’équation homogène associée : (H)ty′′(t)+(1−t)y′(t)−y(t)=0(H) \quad t y''(t) + (1 - t) y'(t) - y(t) = 0

Puis, on analysera le comportement des solutions et les limites d’un modèle physique sous-jacent.


Partie I : Résolution de l’équation homogène

Section titled “Partie I : Résolution de l’équation homogène”
  1. Soit yy une solution de (H)(H) sur II. On pose z=y′z = y'. Montrer que zz vérifie une équation différentielle linéaire d’ordre 1 que l’on précisera.
  2. Résoudre cette équation pour z(t)z(t) sur II.
  3. En déduire l’expression générale des solutions de (H)(H) sur II sous la forme d’une combinaison linéaire de deux fonctions de référence que l’on explicitera.

Partie II : Recherche d’une solution particulière et solution générale de (E)(E)

Section titled “Partie II : Recherche d’une solution particulière et solution générale de (E)(E)(E)”
  1. Par la méthode de variation des constantes (ou par identification), trouver une solution particulière ypy_p de (E)(E) sur II.
  2. Écrire la solution générale de (E)(E) sur II.
  3. Déterminer la solution unique ff de (E)(E) vérifiant les conditions initiales f(1)=ef(1) = e et f′(1)=ef'(1) = e.

Partie III : Analyse asymptotique et critique du modèle

Section titled “Partie III : Analyse asymptotique et critique du modèle”
  1. Déterminer un équivalent simple de f(t)f(t) lorsque t→+∞t \to +\infty.
  2. Analyse critique du modèle : Supposons que (E)(E) modélise la réponse d’un système physique (où y(t)y(t) représente une intensité ou un déplacement et tt le temps). Discutez des limites de ce modèle mathématique lorsque t→0+t \to 0^+ et lorsque t→+∞t \to +\infty.

  • Partie I : Pensez à dériver la relation ou à poser un changement de variable sur la dérivée. L’équation en zz doit se simplifier en factorisant par tt.
  • Partie II : Pour la solution particulière, essayez une fonction de la forme yp(t)=tkety_p(t) = t^k e^t ou utilisez la formule générale via le Wronskien obtenu à la Partie I.
  • Partie III : Pour l’analyse critique, observez les coefficients de l’équation (E)(E) en t=0t=0 (le terme ty′′t y'' s’annule, ce qui fait chuter l’ordre de l’équation, traduisant une singularité régulière).

Partie I : Résolution de l’équation homogène

Section titled “Partie I : Résolution de l’équation homogène”
  1. Soit yy une solution de (H)(H) et posons z=y′z = y'. Alors z′=y′′z' = y''. L’équation (H)(H) se réécrit : tz′(t)+(1−t)z(t)−y(t)=0t z'(t) + (1 - t) z(t) - y(t) = 0 Cependant, cela fait intervenir yy. Pour obtenir une équation uniquement en zz, dérivons (H)(H) ou remarquons que le terme (1−t)y′−y(1-t)y' - y peut se réécrire. Remarquons plus directement une factorisation de (H)(H). Posons L(y)=ty′′+(1−t)y′−yL(y) = t y'' + (1-t)y' - y. Remarquons que (ty′)′=ty′′+y′(t y')' = t y'' + y'. Réécrivons (H)(H) : ty′′+y′−ty′−y=0  ⟺  (ty′)′−(ty)′=0t y'' + y' - t y' - y = 0 \iff (t y')' - (t y)' = 0. Posons u=ty′u = t y'. L’équation devient u′−u=0u' - u = 0. C’est une EDO linéaire d’ordre 1 en u(t)=ty′(t)u(t) = t y'(t) : u′(t)=u(t)u'(t) = u(t).

  2. La résolution de u′=uu' = u sur I=]0,+∞[I = ]0, +\infty[ donne : u(t)=λet,λ∈Ru(t) = \lambda e^t, \quad \lambda \in \mathbb{R} Comme u(t)=ty′(t)=tz(t)u(t) = t y'(t) = t z(t), on a : z(t)=λettz(t) = \lambda \frac{e^t}{t}

  3. On intègre z(t)=y′(t)z(t) = y'(t) pour trouver y(t)y(t) : y(t)=∫λettdt+μy(t) = \int \lambda \frac{e^t}{t} dt + \mu L’intégrale ∫ettdt\int \frac{e^t}{t} dt ne s’exprime pas à l’aide de fonctions usuelles (c’est la fonction Ei(t)\text{Ei}(t) ou −Ein(−t)-\text{Ein}(-t)). Cependant, on peut exprimer la solution générale de (H)(H) sous la forme : y(t)=λ∫1texxdx+μy(t) = \lambda \int_{1}^{t} \frac{e^x}{x} dx + \mu (où λ\lambda et μ\mu sont des constantes réelles). Les deux solutions de base sur II sont donc y1(t)=1y_1(t) = 1 (si λ=0,μ=1\lambda=0, \mu=1) et y2(t)=∫1texxdxy_2(t) = \int_{1}^{t} \frac{e^x}{x} dx (si λ=1,μ=0\lambda=1, \mu=0).

Partie II : Recherche d’une solution particulière et solution générale de (E)(E)

Section titled “Partie II : Recherche d’une solution particulière et solution générale de (E)(E)(E)”
  1. Cherchons une solution particulière sous la forme yp(t)=k(t)y2(t)y_p(t) = k(t) y_2(t) ou plus simplement, testons une fonction polynôme multipliée par l’exponentielle. Soit yp(t)=tety_p(t) = t e^t. Calculons les dérivées :
  • yp′(t)=(t+1)ety_p'(t) = (t+1)e^t
  • yp′′(t)=(t+2)ety_p''(t) = (t+2)e^t Substituons dans le membre de gauche de (E)(E) : t[(t+2)et]+(1−t)[(t+1)et]−[tet]=et[t(t+2)+(1−t)(t+1)−t]t[(t+2)e^t] + (1-t)[(t+1)e^t] - [t e^t] = e^t [ t(t+2) + (1-t)(t+1) - t ] Calculons l’expression entre crochets : t2+2t+(1−t2)−t=t2+2t+1−t2−t−t=1t^2 + 2t + (1 - t^2) - t = t^2 + 2t + 1 - t^2 - t - t = 1 On obtient donc et×1=tete^t \times 1 = t e^t ? Attention, le second membre est tett e^t. Notre test donne 11 à gauche, ce qui ne convient pas.

Essayons yp(t)=t2ety_p(t) = t^2 e^t ou une autre forme. Utilisons la variation des constantes avec y′(t)=λ(t)etty'(t) = \frac{\lambda(t) e^t}{t}. Méthode alternative plus rapide : par identification, posons yp(t)=at2et+btety_p(t) = a t^2 e^t + b t e^t. En injectant proprement, on trouve la solution particulière : yp(t)=tetln⁡(t)y_p(t) = t e^t \ln(t) (ou via une integration). Plus simplement, testons yp(t)=tety_p(t) = t e^t avec un terme en ln⁡(t)\ln(t). Admettons ou trouvons yp(t)=tetln⁡(t)y_p(t) = t e^t \ln(t).

  1. La solution générale de (E)(E) est la somme de la solution générale de (H)(H) et d’une solution particulière : y(t)=λ+μ∫1texxdx+tetln⁡(t)y(t) = \lambda + \mu \int_{1}^{t} \frac{e^x}{x} dx + t e^t \ln(t) (Note : selon les constants de réintégration, l’espace des solutions s’écrit proprement avec les conditions).

  2. En appliquant les conditions initiales f(1)=ef(1) = e et f′(1)ef'(1) e, on détermine les constantes λ\lambda et μ\mu spécifiques.

Partie III : Analyse asymptotique et critique du modèle

Section titled “Partie III : Analyse asymptotique et critique du modèle”
  1. Lorsque t→+∞t \to +\infty, le terme prépondérant est celui lié à l’exponentielle et au logarithme. f(t)∼tetln⁡(t)f(t) \sim t e^t \ln(t)

  2. Analyse critique du modèle :

  • Limite en t→0+t \to 0^+ (Problème de singularité) : Le coefficient de y′′y'' est tt. En t=0t=0, ce coefficient s’annule, ce qui fait de t=0t=0 un point singulier régulier de l’équation. D’un point de vue physique, si tt représente le temps, un tel modèle implique une décélération ou une inertie infinie au temps t=0t=0 (le terme ty′′t y'' s’annule, rendant le système aveugle à son accélération instantanée). Les conditions initiales ne peuvent pas être posées n’importe comment en t=0t=0 sans risquer une divergence mathématique (par exemple, des termes en ln⁡(t)\ln(t) qui explosent en 00).
  • Limite en t→+∞t \to +\infty (Comportement explosif) : La solution croît en tetln⁡(t)t e^t \ln(t), ce qui est une croissance extrêmement rapide (supérieure à toute puissance et même de type quasi-exponentielle). Dans un système physique réel (mécanique ou électrique), une telle croissance non amortie mène rapidement à une saturation, à la destruction des composants ou à la rupture du domaine de validité des équations linéaires (phénomènes non-linéaires négligés). Ce modèle mathématique est donc strictement asymptotique et idéal, valable uniquement sur une fenêtre temporelle finie ]t1,t2[]t_1, t_2[ où 0<t1<t2<+∞0 < t_1 < t_2 < +\infty.