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Exercice 1 : Fonction d onde et équation de Schrödinger

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

On s’intéresse à la modélisation quantique d’un électron de masse mm et de charge −e-e (e>0e > 0), contraint de se déplacer sur l’axe (Ox)(Ox). Dans tout le problème, la dynamique de cet électron est décrite par une fonction d’onde ψ(x,t)\psi(x,t), solution de l’équation de Schrödinger unidimensionnelle :

−ℏ22m∂2ψ∂x2+V(x)ψ(x,t)=iℏ∂ψ∂t-\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\partial^2 \psi}{\partial x^2} + V(x)\psi(x,t) = i\hbar \frac{\partial \psi}{\partial t}

où V(x)V(x) représente l’énergie potentielle à laquelle est soumis l’électron.

L’objectif de ce problème est d’étudier les états stationnaires de ce système dans le cas particulier d’un puits de potentiel infini, puis d’analyser l’évolution temporelle d’une superposition de ces états.

Données et constantes utiles : ℏ=h2π\hbar = \frac{h}{2\pi} (constante de Planck réduite), masse de l’électron m≈9,11×10−31 kgm \approx 9,11 \times 10^{-31} \text{ kg}.


  1. Rappel et conditions aux limites : Rappeler la condition de normalisation de la fonction d’onde ψ(x,t)\psi(x,t). Qu’exprime physiquement la quantité ∣ψ(x,t)∣2|\psi(x,t)|^2 ?
  2. États stationnaires : Définir la forme générale d’un état stationnaire ψ(x,t)=φ(x)ϕ(t)\psi(x,t) = \varphi(x)\phi(t) associé à une énergie EE. Montrer que la fonction d’onde spatiale φ(x)\varphi(x) vérifie une équation différentielle linéaire du second ordre que l’on précisera.
  3. Modélisation du puits de potentiel : On considère le puits de potentiel infini défini par : V(x)=0 pour x∈]0,L[V(x) = 0 \text{ pour } x \in ]0, L[ V(x)=+∞ pour x≤0 ou x≥LV(x) = +\infty \text{ pour } x \le 0 \text{ ou } x \ge L Justifier physiquement que φ(0)=0\varphi(0) = 0 et φ(L)=0\varphi(L) = 0.
  4. Résolution et quantification : Résoudre l’équation différentielle pour x∈]0,L[x \in ]0, L[. En déduire l’existence d’une quantification de l’énergie, notée EnE_n, et donner l’expression des fonctions d’onde normalisées φn(x)\varphi_n(x) associées.
  5. Superposition d’états : À l’instant t=0t = 0, la fonction d’onde du système est un mélange des deux premiers états stationnaires : ψ(x,0)=A[φ1(x)+2φ2(x)]\psi(x, 0) = A \left[ \varphi_1(x) + 2\varphi_2(x) \right] Déterminer la constante AA (réelle positive) assurant la normalisation de ψ(x,0)\psi(x,0).
  6. Évolution temporelle et valeur moyenne : Écrire la fonction d’onde ψ(x,t)\psi(x,t) pour t>0t > 0. Calculer la valeur moyenne de l’énergie mesurée dans cet état à un instant tt quelconque. Le résultat dépend-il du temps ? Conclure.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Q1 & Q2 : Pensez à l’analogie avec les ondes classiques et à l’interprétation probabiliste de Born. Pour les états stationnaires, la séparation des variables est la méthode standard.
  • Q3 : La fonction d’onde doit rester continue partout, y compris là où le potentiel est infini (où la probabilité de présence doit s’annuler strictement).
  • Q4 : Posez k2=2mEℏ2k^2 = \frac{2mE}{\hbar^2}. Attention à bien éliminer les solutions triviales en exploitant les conditions aux limites.
  • Q5 : Utilisez l’orthonormalisation des fonctions propres de l’énergie pour calculer l’intégrale de normalisation sans effort.
  • Q6 : L’opérateur hamiltonien H^\hat{H} est indépendant du temps pour ce système. Pensez au théorème d’Ehrenfest ou à la décomposition sur la base des états propres.

1. Normalisation et interprétation physique

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La condition de normalisation de la fonction d’onde s’écrit : ∫−∞+∞∣ψ(x,t)∣2 dx=1\int_{-\infty}^{+\infty} |\psi(x,t)|^2 \, \text{dx} = 1 Physiquement, selon l’interprétation probabiliste de Max Born, la quantité ∣ψ(x,t)∣2|\psi(x,t)|^2 représente la densité de probabilité de présence de l’électron au point xx à l’instant tt.

2. Séparation des variables et équation stationnaire

Section titled “2. Séparation des variables et équation stationnaire”

Recherchons une solution sous la forme ψ(x,t)=φ(x)ϕ(t)\psi(x,t) = \varphi(x)\phi(t). En injectant cette forme dans l’équation de Schrödinger : −ℏ22md2φdx2ϕ(t)+V(x)φ(x)ϕ(t)=iℏφ(x)dϕdt-\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2} \phi(t) + V(x)\varphi(x)\phi(t) = i\hbar \varphi(x) \frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}t} En divisant par ψ(x,t)=φ(x)ϕ(t)\psi(x,t) = \varphi(x)\phi(t), il vient : 1φ(x)[−ℏ22md2φdx2+V(x)φ(x)]=iℏϕ(t)dϕdt\frac{1}{\varphi(x)} \left[ -\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2} + V(x)\varphi(x) \right] = \frac{i\hbar}{\phi(t)} \frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}t} Le membre de gauche ne dépend que de xx et celui de droite que de tt. Cette égalité n’est possible pour tout xx et tout tt que si les deux membres sont égaux à une même constante, notée EE (qui a la dimension d’une énergie). On en déduit l’équation d’évolution pour ϕ(t)\phi(t) : dϕdt=−iEℏϕ(t)  ⟹  ϕ(t)=e−iEℏt\frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}t} = -\frac{iE}{\hbar} \phi(t) \implies \phi(t) = e^{-i\frac{E}{\hbar}t} Et pour la partie spatiale, l’équation de Schrödinger indépendante du temps : −ℏ22md2φdx2+V(x)φ(x)=Eφ(x)-\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2} + V(x)\varphi(x) = E\varphi(x)

À l’extérieur du puits (x≤0x \le 0 et x≥Lx \ge L), le potentiel V(x)=+∞V(x) = +\infty. Pour que l’énergie moyenne du système reste finie, la fonction d’onde φ(x)\varphi(x) doit nécessairement s’annuler strictement dans ces zones. Par ailleurs, la fonction d’onde φ(x)\varphi(x) doit être continue sur tout l’axe (Ox)(Ox). Par conséquent, aux frontières du puits, on doit avoir : φ(0)=0etφ(L)=0\varphi(0) = 0 \quad \text{et} \quad \varphi(L) = 0

4. Résolution et quantification de l’énergie

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À l’intérieur du puits (x∈]0,L[x \in ]0, L[), le potentiel est nul (V(x)=0V(x) = 0). L’équation stationnaire se réécrit : d2φdx2+k2φ(x)=0aveck2=2mEℏ2\frac{\mathrm{d}^2\varphi}{\mathrm{d}x^2} + k^2 \varphi(x) = 0 \quad \text{avec} \quad k^2 = \frac{2mE}{\hbar^2} La solution générale est de la forme : φ(x)=A′cos⁡(kx)+B′sin⁡(kx)\varphi(x) = A' \cos(kx) + B' \sin(kx)

  • Application de la condition en x=0x = 0 : φ(0)=A′=0\varphi(0) = A' = 0.
  • Application de la condition en x=Lx = L : φ(L)=B′sin⁡(kL)=0\varphi(L) = B' \sin(kL) = 0.

Pour obtenir une solution non triviale (B′≠0B' \neq 0), il faut que : kL=nπ(n∈N∗)kL = n\pi \quad (n \in \mathbb{N}^{*}) On en déduit la quantification du nombre d’onde kn=nπLk_n = \frac{n\pi}{L}, ce qui implique la quantification de l’énergie : En=ℏ2kn22m=n2π2ℏ22mL2E_n = \frac{\hbar^2 k_n^2}{2m} = \frac{n^2 \pi^2 \hbar^2}{2mL^2}

Déterminons la constante de normalisation B′B' pour chaque état φn(x)=B′sin⁡(nπxL)\varphi_n(x) = B' \sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right) : ∫0L∣φn(x)∣2 dx=∣B′∣2∫0Lsin⁡2(nπxL)dx=∣B′∣2L2=1  ⟹  B′=2L\int_0^L |\varphi_n(x)|^2 \, \text{dx} = |B'|^2 \int_0^L \sin^2\left(\frac{n\pi x}{L}\right) \text{dx} = |B'|^2 \frac{L}{2} = 1 \implies B' = \sqrt{\frac{2}{L}} Les fonctions d’onde propres normalisées sont donc : φn(x)=2Lsin⁡(nπxL)\varphi_n(x) = \sqrt{\frac{2}{L}} \sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right)

5. Normalisation de la superposition d’états

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La fonction d’onde initiale est ψ(x,0)=A[φ1(x)+2φ2(x)]\psi(x,0) = A \left[ \varphi_1(x) + 2\varphi_2(x) \right]. Exprimons la condition de normalisation à t=0t = 0 en utilisant l’orthonormalisation de la famille (φn)(\varphi_n) : ∫0L∣ψ(x,0)∣2 dx=∣A∣2∫0L[φ1(x)+2φ2(x)]2dx=1\int_0^L |\psi(x,0)|^2 \, \text{dx} = |A|^2 \int_0^L \left[ \varphi_1(x) + 2\varphi_2(x) \right]^2 \text{dx} = 1 En développant et en tenant compte du fait que ∫φiφj dx=δij\int \varphi_i \varphi_j \, \text{dx} = \delta_{ij} : ∫0L(φ12+4φ22+4φ1φ2)dx=∫0Lφ12dx+4∫0Lφ22dx+0=1+4=5\int_0^L \left( \varphi_1^2 + 4\varphi_2^2 + 4\varphi_1\varphi_2 \right) \text{dx} = \int_0^L \varphi_1^2 \text{dx} + 4\int_0^L \varphi_2^2 \text{dx} + 0 = 1 + 4 = 5 Ainsi : ∣A∣2×5=1  ⟹  A=15|A|^2 \times 5 = 1 \implies A = \frac{1}{\sqrt{5}} (en choisissant AA réel positif).

6. Évolution temporelle et valeur moyenne de l’énergie

Section titled “6. Évolution temporelle et valeur moyenne de l’énergie”

Chaque composante stationnaire évolue avec son propre facteur phase ϕn(t)=e−iEnℏt\phi_n(t) = e^{-i\frac{E_n}{\hbar}t}. Par superposition linéaire (principe de superposition), la fonction d’onde à l’instant tt est : ψ(x,t)=1\msqrt5[φ1(x)e−iE1ℏt+2φ2(x)e−iE2ℏt]\psi(x,t) = \frac{1}{\msqrt{5}} \left[ \varphi_1(x) e^{-i\frac{E_1}{\hbar}t} + 2\varphi_2(x) e^{-i\frac{E_2}{\hbar}t} \right]

La valeur moyenne de l’énergie ⟨E⟩\langle E \rangle dans cet état s’obtient par la formule générale : ⟨E⟩=∫0Lψ∗(x,t)H^ψ(x,t) dx\langle E \rangle = \int_0^L \psi^*(x,t) \hat{H} \psi(x,t) \, \text{dx} Puisque H^φn(x)=Enφn(x)\hat{H}\varphi_n(x) = E_n\varphi_n(x), on a directement : ⟨E⟩=∣c1∣2E1+∣c2∣2E2\langle E \rangle = |c_1|^2 E_1 + |c_2|^2 E_2 où c1=15c_1 = \frac{1}{\sqrt{5}} et c2=25c_2 = \frac{2}{\sqrt{5}} sont les coefficients de la superposition normalisée. ⟨E⟩=(15)2E1+(25)2E2=15E1+45E2=15E1+45(4E1)=175E1\langle E \rangle = \left(\frac{1}{\sqrt{5}}\right)^2 E_1 + \left(\frac{2}{\sqrt{5}}\right)^2 E_2 = \frac{1}{5}E_1 + \frac{4}{5}E_2 = \frac{1}{5}E_1 + \frac{4}{5}(4E_1) = \frac{17}{5}E_1

  • Dépendance temporelle : Le calcul ci-dessus montre que les termes temporels de type e±iωte^{\pm i \omega t} se simplifient lors du calcul de la norme au carré des coefficients ∣cn∣2|c_n|^2. Par conséquent, la valeur moyenne de l’énergie ne dépend pas du temps (⟨E\5angle=constante\langle E \5angle = \text{constante}). C’est une illustration directe de la conservation de l’énergie pour un système conservatif isolé.