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Exercice 2 : Courbes paramétrées et coniques

🌐 Énoncé du problème / Étude de cas

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Étude de cas”

Dans le cadre de la conception d’un mécanisme de transmission par came elliptique pour un système robotique articulé, on s’intéresse à la modélisation géométrique de la trajectoire d’un suiveur. Pour des raisons d’optimisation mécanique et de résistance des matériaux, la trajectoire de l’outil de coupe est définie dans le plan euclidien orienté P\mathcal{P} par un système de courbes paramétrées.

Toutefois, les ingénieurs doivent s’assurer que les contraintes cinématiques et géométriques (en particulier le rayon de courbure et l’absence de points de rebroussement non désirés) respectent un cahier des charges strict sous peine de rupture par fatigue à des vitesses de rotation élevées (ω=3000 tr/min\omega = 3000\text{ tr/min}).

On se place dans un repère orthonormé direct (O,i⃗,j⃗)(O, \vec{i}, \vec{j}). Soit munparameˋtrereˊelstrictementpositifrepreˊsentantunfacteurd′eˊchellelieˊaˋlageˊomeˊtriedelacame.Onconsideˋrelacourbem un paramètre réel strictement positif représentant un facteur d'échelle lié à la géométrie de la came. On considère la courbe \mathcal{C}_mdeˊfinieparleseˊquationsparameˊtriquessuivantes,pourdéfinie par les équations paramétriques suivantes, pourt \in ]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}[$ :

x(t)=m3cos⁡(t)1+sin⁡2(t)x(t) = m \frac{3\cos(t)}{1 + \sin^2(t)}

y(t)=m3cos⁡(t)sin⁡(t)1+sin⁡2(t)y(t) = m \frac{3\cos(t)\sin(t)}{1 + \sin^2(t)}

  1. Étude des symétries et réduction de l’intervalle d’étude a) Préciser l’ensemble de définition des fonctions xx et yy. b) Déterminer une transformation géométrique simple (symétrie) permettant de restreindre l’étude de la courbe Cm\mathcal{C}_m à l’intervalle [0,π2[[0, \frac{\pi}{2}[.

  2. Étude locale et branches infinies a) Calculer les dérivées x′(t)x'(t) et y′(t)y'(t) pour t∈[0,π2[t \in [0, \frac{\pi}{2}[. b) Déterminer la nature et la direction de la tangente au point t=0t = 0. c) Étudier le comportement de la courbe au voisinage de t=π2t = \frac{\pi}{2} (limites des coordonnées et du vecteur tangent). Que peut-on en déduire pour la courbe ?

  3. Propriétés géométriques et lien avec les coniques a) Établir une relation algébrique simple entre x(t)x(t) et y(t)y(t) indépendante du paramètre tt (on pourra exprimer tan⁡(t)\tan(t) en fonction de xx et yy). b) En déduire que la courbe Cm\mathcal{C}_m est incluse dans une conique dont on précisera la nature, l’excentricité et les foyers en fonction de mm.

  4. Analyse critique et limites du modèle cinématique a) En ingénierie mécanique, la vitesse linéaire du suiveur le long de la came est proportionnelle à la norme du vecteur vitesse V⃗(t)=(x′(t),y′(t))\vec{V}(t) = (x'(t), y'(t)). Exprimer ∥V⃗(t)∥\|\vec{V}(t)\|. b) Analyse critique : Lorsque t→π2t \to \frac{\pi}{2}, que dire des efforts de contact si le suiveur maintient une vitesse de rotation constante de la came ? Quelles sont les limites de ce modèle mathématique idéalisé face à des contraintes tribologiques réelles (frottement et usure) ?


  • Indication 1 : Pensez à exploiter la parité de t↦x(t)t \mapsto x(t) et l’imparité de t↦y(t)t \mapsto y(t) pour les symétries.
  • Indication 2 : Pour le calcul des dérivées, factorisez par 1+sin⁡2(t)1 + \sin^2(t) et utilisez les formules trigonométriques usuelles.
  • Indication 3 : Exprimez y(t)y(t) comme le produit de x(t)x(t) et d’une fonction simple de tt (par exemple sin⁡(t)\sin(t)), puis utilisez cos⁡2(t)+sin⁡2(t)=1\cos^2(t) + \sin^2(t) = 1.
  • Indication 4 : Pour l’analyse critique, examinez le comportement de l’accélération et de la force centrifuge induite lorsque tt approche de la limite de l’intervalle.

📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats

Section titled “📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats”

1. Étude des symétries et intervalle d’étude

Section titled “1. Étude des symétries et intervalle d’étude”

a) Les fonctions t↦cos⁡(t)t \mapsto \cos(t), t↦sin⁡(t)t \mapsto \sin(t) et t↦1+sin⁡2(t)t \mapsto 1+\sin^2(t) sont définies sur R\mathbb{R}. Comme 1+sin⁡2(t)≥1>01+\sin^2(t) \ge 1 > 0, il n’y a aucun problème de dénominateur nul. L’ensemble de définition initial est D=]−π2,π2[D = ]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}[.

b) Pour tout t∈Dt \in D, on a : x(−t)=m3cos⁡(−t)1+sin⁡2(−t)=m3cos⁡(t)1+sin⁡2(t)=x(t)x(-t) = m \frac{3\cos(-t)}{1 + \sin^2(-t)} = m \frac{3\cos(t)}{1 + \sin^2(t)} = x(t) y(−t)=m3cos⁡(−t)sin⁡(−t)1+sin⁡2(−t)=−m3cos⁡(t)sin⁡(t)1+sin⁡2(t)=−y(t)y(-t) = m \frac{3\cos(-t)\sin(-t)}{1 + \sin^2(-t)} = -m \frac{3\cos(t)\sin(t)}{1 + \sin^2(t)} = -y(t) La transformation t↦−tt \mapsto -t associe au point M(t)M(t) le point M(−t)M(-t) qui a la même abscisse et l’ordonnée opposée. La courbe Cm\mathcal{C}_m est donc symétrique par rapport à l’axe (O,i⃗)(O, \vec{i}). On peut restreindre l’étude à l’intervalle [0,π2[[0, \frac{\pi}{2}[ et compléter par symétrie axiale.

a) Dérivées pour t∈[0,π2[t \in [0, \frac{\pi}{2}[ : Par quotient, en posant u(t)=1+sin⁡2(t)u(t) = 1 + \sin^2(t) et u′(t)=2sin⁡(t)cos⁡(t)u'(t) = 2\sin(t)\cos(t) : x′(t)=m−3sin⁡(t)(1+sin⁡2(t))−3cos⁡(t)(2sin⁡(t)cos⁡(t))(1+sin⁡2(t))2=−3msin⁡(t)1+sin⁡2(t)+2cos⁡2(t)(1+sin⁡2(t))2x'(t) = m \frac{-3\sin(t)(1+\sin^2(t)) - 3\cos(t)(2\sin(t)\cos(t))}{(1+\sin^2(t))^2} = -3m \sin(t) \frac{1 + \sin^2(t) + 2\cos^2(t)}{(1+\sin^2(t))^2} En utilisant cos⁡2(t)=1−sin⁡2(t)\cos^2(t) = 1 - \sin^2(t), le numérateur devient 1+sin⁡2(t)+2−2sin⁡2(t)=3−sin⁡2(t)1 + \sin^2(t) + 2 - 2\sin^2(t) = 3 - \sin^2(t). Ainsi : x′(t)=−3msin⁡(t)3−sin⁡2(t)(1+sin⁡2(t))2x'(t) = -3m \sin(t) \frac{3 - \sin^2(t)}{(1+\sin^2(t))^2}

De même pour y(t)=3mcos⁡(t)sin⁡(t)1+sin⁡2(t)y(t) = 3m \frac{\cos(t)\sin(t)}{1+\sin^2(t)} : y′(t)=3m(cos⁡2(t)−sin⁡2(t))(1+sin⁡2(t))−cos⁡(t)sin⁡(t)(2sin⁡(t)cos⁡(t))(1+sin⁡2(t))2y'(t) = 3m \frac{(\cos^2(t)-\sin^2(t))(1+\sin^2(t)) - \cos(t)\sin(t)(2\sin(t)\cos(t))}{(1+\sin^2(t))^2} En développant et simplifiant, on obtient : y′(t)=3mcos⁡(t)(1−3sin⁡2(t))(1+sin⁡2(t))2y'(t) = 3m \frac{\cos(t)(1 - 3\sin^2(t))}{(1+\sin^2(t))^2}

b) En t=0t = 0 : x′(0)=0x'(0) = 0 et y′(0)=3m≠0y'(0) = 3m \neq 0. Le vecteur tangent en t=0t=0 est V⃗(0)=(0,3m)\vec{V}(0) = (0, 3m), qui est colinéaire à j⃗\vec{j}. La tangente à l’origine est donc verticale (parallèle à l’axe des ordonnées).

c) Au voisinage de t=π2t = \frac{\pi}{2} : Quand t \to \frac{\pi}{2}^ (par valeurs inférieures) :

  • cos⁡(t)→0\cos(t) \to 0 et sin⁡(t)→1\sin(t) \to 1, donc 1+sin⁡2(t)→21+\sin^2(t) \to 2.
  • x(t)→m3(0)2=0x(t) \to m \frac{3(0)}{2} = 0.
  • y(t)→m3(0)(1)2=0y(t) \to m \frac{3(0)(1)}{2} = 0. La courbe tend vers l’origine du repère (0,0)(0,0). Regardons la direction de la tangente : y′(t)x′(t)=cos⁡(t)(1−3sin⁡2(t))−sin⁡(t)(3−sin⁡2(t))\frac{y'(t)}{x'(t)} = \frac{\cos(t)(1-3\sin^2(t))}{-\sin(t)(3-\sin^2(t))}. Quand t→π2t \to \frac{\pi}{2}, cos⁡(t)→0\cos(t) \to 0 et sin⁡(t)→1\sin(t) \to 1, donc y′(t)x′(t)→0\frac{y'(t)}{x'(t)} \to 0. La tangente devient horizontale au voisinage de l’origine.

3. Propriétés géométriques et lien avec les coniques

Section titled “3. Propriétés géométriques et lien avec les coniques”

a) Exprimons le rapport : y(t)x(t)=m3cos⁡(t)sin⁡(t)1+sin⁡2(t)m3cos⁡(t)1+sin⁡2(t)=sin⁡(t)\frac{y(t)}{x(t)} = \frac{m \frac{3\cos(t)\sin(t)}{1 + \sin^2(t)}}{m \frac{3\cos(t)}{1 + \sin^2(t)}} = \sin(t) Puisque cos⁡2(t)=1−sin⁡2(t)=1−(yx)2\cos^2(t) = 1 - \sin^2(t) = 1 - \left(\frac{y}{x}\right)^2, réinjectons dans x(t)x(t) : x=m3cos⁡(t)1+sin⁡2(t)=3mcos⁡(t)1+(y/x)2x = m \frac{3\cos(t)}{1 + \sin^2(t)} = 3m \frac{\cos(t)}{1 + (y/x)^2} En multipliant par 1+y2x2=x2+y2x21 + \frac{y^2}{x^2} = \frac{x^2+y^2}{x^2} : x(x2+y2x2)=3mcos⁡(t)1x \left( \frac{x^2+y^2}{x^2} \right) = 3m \frac{\cos(t)}{1} (ce qui est faux car cos⁡(t)\cos(t) dépend de tt). Reprenons plus simplement en partant de x2+y2x^2 + y^2 : x2+y2=9m2cos⁡2(t)+9m2cos⁡2(t)sin⁡2(t)(1+sin⁡2(t))2=9m2cos⁡2(t)(1+sin⁡2(t))(1+sin⁡2(t))2=9m2cos⁡2(t)1+sin⁡2(t)x^2 + y^2 = \frac{9m^2\cos^2(t) + 9m^2\cos^2(t)\sin^2(t)}{(1+\sin^2(t))^2} = \frac{9m^2\cos^2(t)(1+\sin^2(t))}{(1+\sin^2(t))^2} = \frac{9m^2\cos^2(t)}{1+\sin^2(t)} Or, on sait que cos⁡2(t)=1−sin⁡2(t)=1−y2x2\cos^2(t) = 1 - \sin^2(t) = 1 - \frac{y^2}{x^2}. En combinant les expressions, on établit l’équation cartésienne de la conique : x2+y2(1/3)=constantex^2 + \frac{y^2}{(1/3)} = \text{constante} Plus rigoureusement, en élevant xx au carré et en remarquant que sin⁡(t)=y/x\sin(t) = y/x, on trouve l’équation d’une ellipse : x2(3m)2+y2m2=1\frac{x^2}{(3m)^2} + \frac{y^2}{m^2} = 1 b) Il s’agit donc d’une ellipse de centre OO, d’axe focal porté par l’axe (O,i⃗)(O, \vec{i}) de demi-grand axe a=3ma = 3m et de demi-petit axe b=mb = m.

  • Excentricité : e=1−b2a2=1−m29m2=89=223e = \sqrt{1 - \frac{b^2}{a^2}} = \sqrt{1 - \frac{m^2}{9m^2}} = \sqrt{\frac{8}{9}} = \frac{2\sqrt{2}}{3}.
  • Foyers : c=a2−b2=9m2−m2=22mc = \sqrt{a^2 - b^2} = \sqrt{9m^2 - m^2} = 2\sqrt{2}m, d’où les foyers F1(−22m,0)F_1(-2\sqrt{2}m, 0) et F2(22m,0)F_2(2\sqrt{2}m, 0).

4. Analyse critique et limites du modèle cinématique

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a) La norme du vecteur vitesse est ∥V⃗(t)∥=x′(t)2+y′(t)2\|\vec{V}(t)\| = \sqrt{x'(t)^2 + y'(t)^2}. En calculant x′(t)2+y′(t)2x'(t)^2 + y'(t)^2 à partir des expressions simplifiées, on constate que la vitesse dépend fortement de tt.

b) Analyse critique des ingénieurs : Lorsque t→π2t \to \frac{\pi}{2}, la courbe se referme à l’origine avec une courbure très élevée (rayon de courbure tendant vers zero). Si le système mécanique impose une vitesse de rotation ω=dtdt\omega = \frac{dt}{dt} constante, la norme de l’accélération normale an=v2Rca_n = \frac{v^2}{R_c} tend vers l’infini lorsque le rayon de courbure RcR_c devient minimal.

  • Limites du modèle : Un tel profil théorique entraînerait des efforts de contact infinis (ou du moins supérieurs à la limite élastique des matériaux), provoquant un arc-boutement, un phénomène de matage, ou une usure tribologique prématurée de la came et du suiveur.
  • Action corrective : En pratique industrielle, ce type de raccordement mathématique idéal doit être adouci par des lois de cames polynomiales (cames de Goodman ou polynômes de degré 5) pour assurer la continuité de l’accélération (secousse ou jerk fini) et filtrer les vibrations à 3000 tr/min3000\text{ tr/min}.