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Cours : Stéréochimie et spectroscopie

Fiche de Cours : Stéréochimie et Spectroscopie (PCSI)

Section titled “Fiche de Cours : Stéréochimie et Spectroscopie (PCSI)”

Professeur: ** CPGE - PCSI
Matière : Physique-Chimie


I. Stéréochimie moléculaire et chiralité

Section titled “I. Stéréochimie moléculaire et chiralité”
  • Stéréoisomères : Molécules de même formule semi-développée mais dont les atomes sont disposés différemment dans l’espace.
  • Chiralité : Une entité chimique est dite chirale si elle n’est superposable à son image miroir. Par extension, elle ne possède aucun plan, centre ou axe alterné de symétrie.
  • Carbone asymétrique (C∗C^*) : Atome de carbone tétraédrique lié à quatre groupes d’atomes (ou ligands) tous différents.

Définition (Énantiomères) : Deux stéréoisomères qui sont l’image miroir l’un de l’autre sans être superposables sont appelés des énantiomères. Leurs propriétés physiques et chimiques sont identiques, sauf leur interaction avec la lumière polarisée et avec d’autres molécules chirales (reconnaissance stéréospécifique).

Définition (Diastéréoisomères) : Stéréoisomères qui ne sont pas énantiomères. Cela inclut les composés cis/trans (ou Z/EZ/E) et les molécules possédant plusieurs carbones asymétriques sans être images miroirs l’une de l’autre. Leurs propriétés physiques (température d’ébullition, solubilité) et chimiques sont différentes.


2. Configuration absolue : Règles de Cahn, Ingold et Prelog (CIP)

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Pour chaque carbone asymétrique, on attribue un ordre de priorité (1 à 4) aux quatre groupements liés, selon le numéro atomique ZZ décroissant des atomes liés directement au carbone. En cas d’égalité, on examine les atomes suivants par cheminement de proche en proche.

  • Règle d’orientation : On place le groupement de plus faible priorité (le n° 4) vers l’arrière (en pointillés).
  • Détermination : On observe les groupements 1, 2 et 3.
    • Si l’ordre 1 →\rightarrow 2 →\rightarrow 3 est dans le sens des aiguilles d’une montre : configuration RR (Rectus).
    • Si l’ordre 1 →\rightarrow 2 →\rightarrow 3 est dans le sens trigonométrique (anti-horaire) : configuration SS (Sinister).

Une substance chirale est optiquement active : elle fait tourner le plan de polarisation d’une lumière polarisée rectilignement d’un angle α\alpha proportionnel à la longueur du trajet optique ll et à la concentration CC (ou à la masse volumique pour un liquide pur).

α=[α]λT⋅l⋅C\alpha = [\alpha]_\lambda^T \cdot l \cdot C

  • Énantiomères : Possèdent des pouvoirs rotatoires spécifiques [α][\alpha] opposés (valeur absolue égale, signes contraires : dextrogyre (+)(+) ou lévogyre (−)(-)).
  • Mélange racémique : Mélange équimolaire de deux énantiomères. Son pouvoir rotatoire net est nul (compensation externe).

Théorème (Propriétés des diastéréoisomères) : Les diastéréoisomères n’ont pas les mêmes propriétés physico-chimiques, ce qui permet leur séparation par des méthodes usuelles (distillation, chromatographie, cristallisation fractionnée), contrairement aux énantiomères qui nécessitent une résolution (utilisation d’un agent chiral).


La spectroscopie étudie l’interaction entre la matière et les rayonnements électromagnétiques. Elle permet l’élucidation structurale des molécules organiques.

L’interaction matière-lumière met en jeu des transitions entre niveaux d’énergie quantifiés de la molécule :

ΔE=hν=hcλ\Delta E = h\nu = \frac{hc}{\lambda}

  • Avec hh la constante de Planck, cc la célérité de la lumière dans le vide, ν\nu la fréquence et λ\lambda la longueur d’onde.

Les radiations infrarouges (4000 cm−14000\text{ cm}^{-1} à 400 cm−1400\text{ cm}^{-1}) provoquent des vibrations des liaisons chimiques (élongations, déformations). Chaque liaison absorbe à des fréquences caractéristiques exprimées en nombre d’onde σ\sigma (en cm−1\text{cm}^{-1}) :

σ=1λ=νc\sigma = \frac{1}{\lambda} = \frac{\nu}{c}


2. Bandes d’absorption caractéristiques (Tableau de référence)

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Liaison / GroupementNombre d’onde σ\sigma (cm−1\text{cm}^{-1})Intensité et forme
O-H\text{O-H} (alcool libre)3600−36503600 - 3650Fine et forte
O-H\text{O-H} (alcool lié / liaison H)3200−34003200 - 3400Large et forte
O-H\text{O-H} (acide carboxylique)2500−32002500 - 3200Très large (“chapeau de gendarme”)
N-H\text{N-H} (amine, amide)3300−35003300 - 3500Moyenne (un ou deux pics)
C-H\text{C-H} (alcane, aliphatique)2850−29602850 - 2960Forte
C≡C\text{C}\equiv\text{C} ou C≡N\text{C}\equiv\text{N}2100−22602100 - 2260Fine, variable
C=O\text{C=O} (carbonyle)1650−17501650 - 1750Fine et très forte
C=C\text{C=C} (alcène, aromatique)1450−16501450 - 1650Moyenne

IV. Spectroscopie de Résonance Magnétique Nucléaire du proton (1H-RMN^1\text{H-RMN})

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Le noyau d’hydrogène (1H^1\text{H}, spin I=1/2I = 1/2) placé dans un champ magnétostatique extérieur B0B_0 lève sa dégénérescence énergétique en deux états de spin (α\alpha et β\beta). L’absorption d’ondes radiofréquences permet de basculer d’un état à l’autre.


2. Grandeurs caractéristiques d’un spectre RMN

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  • Le déplacement chimique (δ\delta) : Exprimé en ppm (partie par million). Il dépend de l’environnement électronique du proton (effets inductifs et mésomères).
    • Un proton déblindé (proche d’un groupement attracteur comme −O,−NO2,−Cl-\text{O}, -\text{NO}_2, -\text{Cl}) a un δ\delta élevé (vers la gauche du spectre).
    • Un proton blindé (proche de groupements alkyles donneurs) a un δ\delta faible (vers la droite).
  • L’intégration (ou aire du pic) : Proportionnelle au nombre de protons équivalents responsables du signal.
  • La multiplicité (Structure fine) : Due au couplage spin-spin entre protons voisins non équivalents.
    • Règle des n+1n+1 : Si un groupe de protons équivalents a nn protons voisins équivalents (portés par les carbones adjacents), son signal est éclaté en un multiplet de n+1n+1 pics.

  • n=0→n = 0 \rightarrow Singulet (ss)
  • n=1→n = 1 \rightarrow Duplet (dd)
  • n=2→n = 2 \rightarrow Triplet (tt)
  • n=3→n = 3 \rightarrow Quadruplet (qq)

Méthode : Exploitation conjointe IR et RMN pour l’élucidation structurale

  1. Analyse de la formule brute : Calculer le degré d’insaturation (ou Indice d’Insaturation II). I=C+1−H2+N2I = C + 1 - \frac{H}{2} + \frac{N}{2} (où C,H,NC, H, N représentent le nombre d’atomes respectifs, les halogènes comptant pour un Hydrogène).
  2. Analyse IR : Identifier la présence de fonctions majeures (C=O\text{C=O}, O-H\text{O-H}, N-H\text{N-H}).
  3. Analyse RMN :
    • Compter le nombre de signaux (environnements chimiques différents).
    • Utiliser les intégrations pour connaître la stœchiométrie des protons.
    • Utiliser les déplacements chimiques δ\delta pour identifier le voisinage chimique.
    • Utiliser la multiplicité (n+1n+1) pour déterminer le nombre de voisins immédiats.
  4. Assemblage : Proposer une structure cohérente validant l’ensemble des données.

V. Pièges et erreurs classiques à éviter en PCSI

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⚠️ Piège 1 : Confondre énantiomères et diastéréoisomères lors de l’application des règles CIP. Pour être énantiomères, tous les centres chiraux d’une molécule doivent être inversés (R→SR \rightarrow S et S→RS \rightarrow R). Si un seul change et pas l’autre, ce sont des diastéréoisomères.

⚠️ Piège 2 : Oublier que les plans ou centres de symétrie annulent la chiralité d’une molécule, même si elle possède des carbones asymétriques (cas des composés méso).

⚠️ Piège 3 en RMN : Le couplage spin-spin ne s’observe qu’entre protons non équivalents et généralement séparés de 3 liaisons maximum (H−C−C−HH-C-C-H, couplage dite 3J^3J). Les protons équivalents ne se coupent pas entre eux (pas d’éclatement visible pour un groupe −CH3-\text{CH}_3 isolé ou un signal de protons équivalents d’un cycle benzénique symétrique).

⚠️ Piège 4 en IR : Ne pas confondre une bande O-H\text{O-H} d’alcool (fine si libre, large si liée) avec la bande O-H\text{O-H} d’acide carboxylique qui est extrêmement large et englobe la zone des C-H\text{C-H} aliphatiques (vers 3000 cm−13000\text{ cm}^{-1}).