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Exercice 2 : Résistance des matériaux (RDM)

Problème Guidé : Dimensionnement d’un bras de levier de préhenseur industriel

Section titled “Problème Guidé : Dimensionnement d’un bras de levier de préhenseur industriel”

Filière : PT
Matière : Sciences Industrielles de l’Ingénieur (SII)
Chapitre: ** Conception mécanique / Résistance des Matériaux (RDM)


Dans le cadre de l’automatisation d’une ligne d’emballage à haute cadence, on s’intéresse au bras de levier d’un préhenseur mécanique. Ce bras permet de serrer une charge utile cylindrique de masse mm.

Le bras est modélisé par une poutre rectangulaire de longueur LL, de largeur bb et de hauteur hh. Il est encastré dans un bâti rigide en x=0x = 0 et soumis à l’extrémité x=Lx = L à une force de serrage globale F⃗=−Fy⃗\vec{F} = -F \vec{y}.

La figure ci-dessous schématise le problème :

  • Encastrement en AA (origine x=0x = 0).
  • Application de la force F⃗\vec{F} en BB (x=Lx = L).
  • Section droite rectangulaire constante S=b×hS = b \times h.

Données numériques et caractéristiques du matériau :

  • Masse de la charge : m=50 kgm = 50\text{ kg}
  • Accélération de la pesanteur : g=9,81 m⋅s−2g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}
  • Coefficient de sécurité exigé : s=2,5s = 2{,}5
  • Longueur du bras : L=250 mmL = 250\text{ mm}
  • Largeur de la section : b=30 mmb = 30\text{ mm}
  • Matériau choisi : Acier de construction (Limite d’élasticité Re=235 MPaR_e = 235\text{ MPa}, Module de Young E=210 GPaE = 210\text{ GPa})

  1. Modélisation et Torseur de cohésion 1.1. Déterminer l’effort maximal FF exercé à l’extrémité BB du bras, sachant que le système dynamique maximal engendre une accélération équivalente à 2g2g sur la charge. 1.2. Isoler le tronçon de poutre situé entre une abscisse x∈[0,L]x \in [0, L] et l’extrémité BB. Exprimer le torseur de cohésion {Tcoh(x)}={R⃗coh(x)M⃗S,coh(x)}C\{T_{\text{coh}}(x)\} = \left\{ \begin{array}{c} \vec{R}_{\text{coh}}(x) \\ \vec{M}_{S,\text{coh}}(x) \end{array} \right\}_C au centre de surface CC de la section droite.

  2. Sollicitations et Contraintes 2.1. Identifier la sollicitation simple ou composée subie par cette poutre. 2.2. Exprimer le moment fléchissant maximal Mfy,maxM_{fy,\text{max}} dans la poutre et préciser la section critique. 2.3. Rappeler l’expression de la contrainte normale maximale σmax\sigma_{\text{max}} due à la flexion en fonction de Mfy,maxM_{fy,\text{max}} et du module de flexion IG/vI_G/v. Exprimer ce dernier en fonction de bb et hh.

  3. Dimensionnement et Analyse critique 3.1. En appliquant la condition de résistance (critère de Tresca ou Von Mises adapté à la flexion pure), déterminer la hauteur minimale hminh_{\text{min}} de la section pour respecter le coefficient de sécurité ss. 3.2. Analyse critique et limites du modèle : On choisit finalement une hauteur normalisée h=40 mmh = 40\text{ mm}. * Calculer la flèche maximale (déplacement maximal selon y⃗\vec{y}) subie par l’extrémité du bras. * L’hypothèse des poutres (Bernoulli-Navier) et l’hypothèse des petits déplacements sont-elles rigoureusement validées ? Conclure sur la pertinence du modèle.


  • Q1.1 : Pensez à appliquer le principe fondamental de la dynamique (ou statique ramenée au dynamique par le principe de d’Alembert) avec l’effort dynamique maximal.
  • Q1.2 : Le torseur de cohésion se calcule en coupant la poutre par la pensée et en écrivant l’équilibre du tronçon isolé. Attention au sens des efforts (convention des efforts intérieurs).
  • Q2.3 : Le moment quadratique d’un rectangle de base bb et de hauteur hh par rapport à son axe neutre est IGz=bh312I_{Gz} = \frac{b h^3}{12}.
  • Q3.2 : La flèche maximale d’une poutre en console soumise à une charge concentrée en bout est donnée par ymax=FL33EIGzy_{\text{max}} = \frac{F L^3}{3 E I_{Gz}}. Vérifiez le ratio ymax/Ly_{\text{max}}/L.

1.1. L’effort maximal de serrage intègre l’accélération dynamique : F=m⋅amax=m⋅(2g)=50×(2×9,81)=981 NF = m \cdot a_{\text{max}} = m \cdot (2g) = 50 \times (2 \times 9{,}81) = 981\text{ N}

1.2. Pour une abscisse x∈[0,L]x \in [0, L], en coupant la poutre et en isolant la partie droite x∈[x,L]x \in [x, L] soumise à F⃗=−Fy⃗\vec{F} = -F \vec{y} en x=Lx=L : L’équilibre statique du tronçon donne le torseur de cohésion au centre C(x,0,0)C(x, 0, 0) :

  • Résultante : R⃗coh=+Fy⃗\vec{R}_{\text{coh}} = +F \vec{y}
  • Moment : M⃗C,coh=−CB⃗∧(−Fy⃗)=−((L−x)x⃗)∧(−Fy⃗)=−F(L−x)z⃗\vec{M}_{C,\text{coh}} = -\vec{CB} \wedge (-F \vec{y}) = -((L-x)\vec{x}) \wedge (-F \vec{y}) = -F(L-x)\vec{z}

Soit le torseur : {Tcoh(x)}={Rx=0Mx=0Ry=FMy=0Rz=0Mz=−F(L−x)C\{T_{\text{coh}}(x)\} = \begin{cases} R_x = 0 & M_x = 0 \\ R_y = F & M_y = 0 \\ R_z = 0 & M_z = -F(L-x) \end{cases}_C


2.1. Le torseur se réduit à un effort tranchant RyR_y et un moment fléchissant MzM_z. Néanmoins, face aux dimensions usuelles des poutres en flexion simple, l’effort tranchant a un impact négligeable sur les contraintes normales maximales devant le moment fléchissant. La sollicitation prépondérante est la flexion plane pure.

2.2. Le moment fléchissant en valeur absolue est maximal là où son expression est la plus grande, c’est-à-dire à l’encastrement (x=0x = 0) : Mfy,max=∣Mz(0)∣=F⋅L=981×0,250=245,25 N⋅mM_{fy,\text{max}} = |M_z(0)| = F \cdot L = 981 \times 0{,}250 = 245{,}25\text{ N}\cdot\text{m}

2.3. La contrainte normale maximale s’exprime par : σmax=Mfy,maxIGz/(h/2)=Mfy,maxIG/v\sigma_{\text{max}} = \frac{M_{fy,\text{max}}}{I_{Gz} / (h/2)} = \frac{M_{fy,\text{max}}}{I_G/v} Le module de flexion pour une section rectangulaire b×hb \times h est : IGzv=bh312h2=bh26\frac{I_{Gz}}{v} = \frac{\frac{b h^3}{12}}{\frac{h}{2}} = \frac{b h^2}{6} D’où : σmax=6FLbh2\sigma_{\text{max}} = \frac{6 F L}{b h^2}


3.1. La condition de résistance élastique avec un coefficient de sécurité ss s’écrit : σmax≤σadmavecσadm=Res\sigma_{\text{max}} \le \sigma_{adm} \quad \text{avec} \quad \sigma_{adm} = \frac{R_e}{s} 6FLbh2≤Res  ⟹  h2≥6FLsbRe\frac{6 F L}{b h^2} \le \frac{R_e}{s} \implies h^2 \ge \frac{6 F L s}{b R_e} Application numérique :

  • 6FLs=6×981×0,250×2,5=3678,75 N⋅m6 F L s = 6 \times 981 \times 0{,}250 \times 2{,}5 = 3678{,}75\text{ N}\cdot\text{m}
  • bRe=0,030 m×(235×106 Pa)=7,05×106 N/mb R_e = 0{,}030\text{ m} \times (235 \times 10^6\text{ Pa}) = 7{,}05 \times 10^6\text{ N/m}
  • h2≥3678,757,05×106≈5,218×10−4 m2h^2 \ge \frac{3678{,}75}{7{,}05 \times 10^6} \approx 5{,}218 \times 10^{-4}\text{ m}^2
  • hmin=5,218×10−4≈0,0228 m=22,8 mmh_{\text{min}} = \sqrt{5{,}218 \times 10^{-4}} \approx 0{,}0228\text{ m} = 22{,}8\text{ mm}

3.2. Analyse critique et limites du modèle :

  • On choisit h=40 mmh = 40\text{ mm} (ce qui est supérieur à 22,8 mm22{,}8\text{ mm} et standard en profil).

  • Calcul du moment quadratique IGzI_{Gz} : IGz=0,030×(0,040)312=1,6×10−7 m4I_{Gz} = \frac{0{,}030 \times (0{,}040)^3}{12} = 1{,}6 \times 10^{-7}\text{ m}^4

  • Calcul de la flèche maximale à l’extrémité BB : ymax=FL33EIGz=981×(0,250)33×(210×109)×(1,6×10−7)=981×0,015625100800≈1,52×10−4 m=0,152 mmy_{\text{max}} = \frac{F L^3}{3 E I_{Gz}} = \frac{981 \times (0{,}250)^3}{3 \times (210 \times 10^9) \times (1{,}6 \times 10^{-7})} = \frac{981 \times 0{,}015625}{100800} \approx 1{,}52 \times 10^{-4}\text{ m} = 0{,}152\text{ mm}

  • Vérification des hypothèses :

    1. Petits déplacements : ymax=0,152 mmy_{\text{max}} = 0{,}152\text{ mm} pour L=250 mmL = 250\text{ mm}. Le rapport ymaxL≈6×10−4≪1\frac{y_{\text{max}}}{L} \approx 6 \times 10^{-4} \ll 1. L’hypothèse des petits déplacements est parfaitement validée.
    2. Hypothèse de Navier-Bernoulli (élancement) : Le rapport Lh=25040=6,25\frac{L}{h} = \frac{250}{40} = 6{,}25. Or, le modèle des poutres requiert généralement un élancement Lh>10\frac{L}{h} > 10. Ici, 6,256{,}25 est un peu faible : les effets du cisaillement transverse (négligés par Bernoulli) commencent à devenir non négligeables (effet Timoshenko). Le modèle sous-estime légèrement la déflexion réelle, bien que le dimensionnement en contrainte reste acceptable vu le coefficient de sécurité choisi (s=2,5s = 2{,}5).