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Exercice 1 : Machine à courant continu

PROBLÈME GUIDÉ : Étude d’un actionneur à Machine à Courant Continu (MCC) pour axe asservi

Section titled “PROBLÈME GUIDÉ : Étude d’un actionneur à Machine à Courant Continu (MCC) pour axe asservi”

Filière : PSI
Matière : Sciences Industrielles de l’Ingénieur (SII)
Chapitre: ** Conversion électromécanique
Thème : Machine à courant continu et critique des modèles


Dans le cadre de la conception d’un système de positionnement industriel de haute précision (type axe XX d’une machine-outil), on s’intéresse à l’actionneur principal constitué d’une machine à courant continu (MCC) à aimants permanents.

L’induit de la machine est alimenté par un hacheur à quatre quadrants fonctionnant à la fréquence de découpage fdf_d. Le rotor entraîne une charge via un réducteur mécanique parfait de rapport de réduction k=Ωcω=110k = \frac{\Omega_c}{\omega} = \frac{1}{10} (où ω\omega est la vitesse de rotation du moteur et Ωc\Omega_c celle de la charge).

L’objectif du problème est de modéliser le comportement électromécanique de l’ensemble, d’évaluer ses performances en régime permanent et transitoire, puis d’analyser de manière critique les limites du modèle linéaire usuel face aux réalités physiques industrielles.

Données constructeur et caractéristiques :

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  • Résistance de l’induit : R=1,2 ΩR = 1,2\ \Omega
  • Inductance de l’induit : L=5 mHL = 5\ \text{mH}
  • Constante de force contre-électromotrice (et de couple) : K=0,25 V⋅s⋅rad−1K = 0,25\ \text{V}\cdot\text{s}\cdot\text{rad}^{-1} (ou N⋅m⋅A−1\text{N}\cdot\text{m}\cdot\text{A}^{-1})
  • Moment d’inertie propre du rotor : Jm=2×10−3 kg⋅m2J_m = 2 \times 10^{-3}\ \text{kg}\cdot\text{m}^2
  • Moment d’inertie de la charge rapporté sur l’arbre moteur : Jc=3×10−3 kg⋅m2J_c = 3 \times 10^{-3}\ \text{kg}\cdot\text{m}^2
  • Coefficient de frottement visqueux total ramené sur l’arbre moteur : f=10−3 N⋅m⋅rad−1⋅sf = 10^{-3}\ \text{N}\cdot\text{m}\cdot\text{rad}^{-1}\cdot\text{s}
  • Tension nominale d’induit : Un=48 VU_n = 48\ \text{V}

Partie A : Modélisation et régime permanent

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  1. Établir les équations électriques et mécaniques de la MCC dans le cadre du modèle linéaire de kenntelly-Blondel.
  2. Exprimer la vitesse de rotation ω\omega en fonction de la tension d’induit UU, du courant II et des paramètres de la machine. En déduire l’expression de la vitesse à vide ω0\omega_0 pour une tension UnU_n.
  3. Calculer le courant absorbé InI_n et le couple électromagnétique CemC_em de la machine lorsqu’elle délivre son couple nominal C_{n} = 1\ \text{N}\cdot\text{m}} en régime permanent.

Partie B : Étude dynamique et fonction de transfert

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  1. Établir l’équation différentielle reliant la vitesse ω(t)\omega(t) à la tension d’induit U(t)U(t) et au couple résistant Cr(t)C_r(t).
  2. Mettre cette équation sous forme canonique et identifier la constante de temps électrique τe\tau_e et la constante de temps mécanique τm\tau_m. Conclure quant à l’hypothèse usuelle de simplification (négligeabilité de LL).

Partie C : Analyse critique des limites du modèle (Attendu Concours)

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  1. Analyse critique : Le modèle linéaire utilisé néglige plusieurs phénomènes physiques réels (saturation magnétique, réaction d’induit, pertes fer, seuil de tension des balais). Discuter qualitativement et quantitativement de l’impact de la saturation magnétique et de la résistance des balais sur la linéarité de la constante KK et sur le rendement global de l’actionneur.

  • Q1 & Q2 : Pensez à la loi des mailles pour l’induit et au théorème du moment dynamique appliqué au rotor.
  • Q4 & Q5 : Réalisez la transformée de Laplace des équations (conditions initiales nulles) pour obtenir le bloc diagramme ou la fonction de transfert H(p)=Ω(p)U(p)H(p) = \frac{\Omega(p)}{U(p)} à couple résistant nul.
  • Q6 : Pour la critique, pensez à l’évolution de la courbe B(H)B(H) du fer et à la chute de tension aux bornes des balais en carbone (souvent estimée constante autour de 2 V2\text{ V}).

Partie A : Modélisation et régime permanent

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1. Équations du modèle :

  • Électrique (loi des mailles) : U(t)=R⋅i(t)+Ldi(t)dt+e(t)U(t) = R \cdot i(t) + L \frac{di(t)}{dt} + e(t) Avec e(t)=K⋅ω(t)e(t) = K \cdot \omega(t) (force contre-électromotrice).
  • Mécanique (Théorème du moment dynamique sur l’arbre moteur) : Cem(t)−Cr(t)−f⋅ω(t)=Jeqdω(t)dtC_{em}(t) - C_r(t) - f \cdot \omega(t) = J_{eq} \frac{d\omega(t)}{dt} Avec Cem(t)=K⋅i(t)C_{em}(t) = K \cdot i(t) et Jeq=Jm+Jc=5×10−3 kg⋅m2J_{eq} = J_m + J_c = 5 \times 10^{-3}\ \text{kg}\cdot\text{m}^2.

2. Vitesse à vide : En régime permanent, les dérivées sont nulles et le couple résistant est nul (Cr=0  ⟹  I=0C_r = 0 \implies I = 0). U=E=K⋅ω0  ⟹  ω0=UnKU = E = K \cdot \omega_0 \implies \omega_0 = \frac{U_n}{K} A.N. : ω0=480,25=192 rad⋅s−1\omega_0 = \frac{48}{0,25} = 192\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}.

3. Courant et couple nominal : En régime permanent sous couple nominal Cn=1 N⋅mC_n = 1\ \text{N}\cdot\text{m} : Cem=K⋅In=Cn  ⟹  In=CnK=10,25=4 AC_{em} = K \cdot I_n = C_n \implies I_n = \frac{C_n}{K} = \frac{1}{0,25} = 4\ \text{A} La tension d’induit étant UnU_n : Un=R⋅In+K⋅ωn+f⋅ωn  ⟹  ωn=Un−R⋅InK+f≈Un−R⋅InKU_n = R \cdot I_n + K \cdot \omega_n + f \cdot \omega_n \implies \omega_n = \frac{U_n - R \cdot I_n}{K + f} \approx \frac{U_n - R \cdot I_n}{K} A.N. : ωn=48−1,2×40,25=43,20,25=172,8 rad⋅s−1\omega_n = \frac{48 - 1,2 \times 4}{0,25} = \frac{43,2}{0,25} = 172,8\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}.


Partie B : Étude dynamique et fonction de transfert

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4. & 5. Équations et constantes de temps : En passant dans le domaine de Laplace (conditions initiales nulles) : {U(p)=(R+Lp)I(p)+KΩ(p)KI(p)=(Jeqp+f)Ω(p)+Cr(p)\begin{cases} U(p) = (R + L p)I(p) + K\Omega(p) \\ K I(p) = (J_{eq} p + f)\Omega(p) + C_r(p) \end{cases}

En éliminant I(p)I(p) : U(p)=(R+Lp)(Jeqp+f)Ω(p)+Cr(p)K+KΩ(p)U(p) = (R + L p)\frac{(J_{eq} p + f)\Omega(p) + C_r(p)}{K} + K\Omega(p)

Si l’on considère Cr(p)=0C_r(p) = 0 : Ω(p)U(p)=K(R+Lp)(Jeqp+f)+K2=KLJeqp2+(RJeq+Lf)p+(Rf+K2)\frac{\Omega(p)}{U(p)} = \frac{K}{(R + L p)(J_{eq} p + f) + K^2} = \frac{K}{LJ_{eq} p^2 + (RJ_{eq} + Lf) p + (Rf + K^2)}

  • Constante de temps électrique : τe=LR=5×10−31,2≈4,17 ms\tau_e = \frac{L}{R} = \frac{5 \times 10^{-3}}{1,2} \approx 4,17\ \text{ms}
  • Constante de temps mécanique : τm=R⋅JeqRf+K2≈R⋅JeqK2\tau_m = \frac{R \cdot J_{eq}}{Rf + K^2} \approx \frac{R \cdot J_{eq}}{K^2} (car Rf≪K2Rf \ll K^2)
    A.N. : τm=1,2×5×10−30,252=6×10−30,0625=0,096 s=96 ms\tau_m = \frac{1,2 \times 5 \times 10^{-3}}{0,25^2} = \frac{6 \times 10^{-3}}{0,0625} = 0,096\ \text{s} = 96\ \text{ms}. Conclusion: ** On constate que τm\tau_m (96 ms96\ \text{ms}) est environ 23 fois plus grande que τe\tau_e (4,17 ms4,17\ \text{ms}). Dans le cadre d’une étude de commande ou d’asservissement en position, il est donc classique et rigoureux de négliger la dynamique électrique (L≈0L \approx 0), ce qui simplifie la fonction de transfert du moteur en un système du premier ordre.

Partie C : Analyse critique des limites du modèle (Attendu Concours)

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Le modèle linéaire étudié repose sur des hypothèses fortes qui s’avèrent limitées en conditions industrielles sévères :

  1. La saturation magnétique :
    Le modèle suppose que le flux magnétique Φ\Phi produit par les aimants (ou l’inducteur) est constant, ce qui implique K=cteK = \text{cte}. Or, pour des fortes valeurs du courant d’induit II (lors des phases d’accélération maximale), le champ magnétique induit par l’induit (réaction d’induit) peut saturer le circuit magnétique. Il en résulte une diminution effective de la constante KK. Le couple réel fourni devient alors inférieur à celui prédit par le modèle linéaire (Cem<K⋅IC_{em} < K \cdot I), nécessitant une surintensité transitoire non anticipée par le modèle idéal.

  2. La chute de tension aux balais :
    Le contact glissant entre les balais en charbon et le collecteur engendre une chute de tension de contact quasi-constante (souvent évaluée à ΔUb≈2 V\Delta U_b \approx 2\text{ V} pour l’ensemble des balais), peu dépendant du courant. L’équation de maille réelle est donc : U=R⋅I+E+ΔUbU = R \cdot I + E + \Delta U_b Négliger ΔUb\Delta U_b conduit à surestimer la vitesse réelle ω\omega de la machine, particulièrement sensible à faible charge ou en régime établi à vide partiel.

  3. Pertes Joule et rendement :
    Les pertes par effet Joule (R⋅I2R \cdot I^2) augmentent rapidement avec la charge. Couplées aux pertes fer (hystérésis et courants de Foucault proportionnels à ω2\omega^2 et ω1.6\omega^{1.6}) et aux pertes mécaniques, le rendement réel de l’actionneur chute drastiquement loin du point nominal, induisant un échauffement thermique critique non modélisé ici par un schéma équivalent de type Cauer (thermique).