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Exercice 2 : Équation de la chaleur et résistance thermique en régime stationnaire

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

En tant qu’examinateur, cet exercice vise à tester votre maîtrise de la mise en équation de la thermique (bilan d’énergie, équation de la chaleur) ainsi que l’analogie entre conduction thermique et électricité (notion de résistance thermique), outils indispensables lors des épreuves écrites et orales des concours Mines-Ponts, Centrale-Supélec et CCINP.

On s’intéresse à la modélisation thermique d’un mur composite plan et infini (assimilé à un milieu unidimensionnel selon l’axe (Ox)(Ox)), destiné à l’isolation thermique d’un bâtiment.

Le mur est constitué de trois couches planes d’épaisseur respective e1e_1, e2e_2 et e3e_3, collées parfaitement entre elles :

  • Couche 1 (0≤x≤e10 \le x \le e_1) : béton, de conductivité thermique λ1\lambda_1.
  • Couche 2 (e1≤x≤e1+e2e_1 \le x \le e_1 + e_2) : isolant (laine de verre), de conductivité thermique λ2\lambda_2.
  • Couche 3 (e1+e2≤x≤e1+e2+e3e_1 + e_2 \le x \le e_1 + e_2 + e_3) : plâtre, de conductivité thermique λ3\lambda_3.

Le milieu extérieur (x<0x < 0) est à la température TextT_{ext} et l’air intérieur (x>e1+e2+e3x > e_1 + e_2 + e_3) est à la température TintT_{int}. Les échanges thermiques par convection aux interfaces extrêmes (avec l’air extérieur et l’air intérieur) sont modélisés par des coefficients de convection thermique hexth_{ext} et hinth_{int}.

On se place en régime permanent (stationnaire). Les grandeurs physiques ne dépendent que de la coordonnée d’espace xx.


  1. Établissement de l’équation locale : En effectuant un bilan thermique infinitésimal sur une tranche d’épaisseur dx\mathrm{d}x d’un milieu homogène de conductivité λ\lambda siège d’une volumique de puissance thermique pthp_{th} (en W⋅m−3\text{W}\cdot\text{m}^{-3}), établir l’équation de la chaleur en régime stationnaire.
  2. Résolution dans une couche : Dans le cas d’une couche homogène sans source de chaleur interne (pth=0p_{th} = 0), exprimer le profil de température T(x)T(x) et le vecteur densité surfacique de flux thermique φ⃗\vec{\varphi}. Commenter l’allure de T(x)T(x).
  3. Analogie électrique : Définir la résistance thermique RthR_{th} (en K⋅W−1\text{K}\cdot\text{W}^{-1}) d’une couche plane de surface SS, d’épaisseur ee et de conductivité λ\lambda. Exprimer de même la résistance thermique équivalente RconvR_{conv} due à un échange par convection de coefficient hh sur une surface SS.
  4. Résistance globale et flux thermique : En déduire l’expression de la résistance thermique globale RtotR_{tot} du mur composite de surface SS mis en série entre l’extérieur et l’intérieur. Exprimer le flux thermique total traversant le mur PthP_{th} en fonction de TintT_{int}, TextT_{ext} et RtotR_{tot}.
  5. Application numérique : On donne Text=−10 °CT_{ext} = -10\,\text{°C}, Tint=20 °CT_{int} = 20\,\text{°C}, S=20 m2S = 20\,\text{m}^2, e1=0,20 me_1 = 0{,}20\,\text{m} (λ1=1,5 W⋅m−1⋅K−1\lambda_1 = 1{,}5\,\text{W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}), e2=0,10 me_2 = 0{,}10\,\text{m} (λ2=0,040 W⋅m−1⋅K−1\lambda_2 = 0{,}040\,\text{W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}), e3=0,02 me_3 = 0{,}02\,\text{m} (λ3=0,35 W⋅m−1⋅K−1\lambda_3 = 0{,}35\,\text{W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}), hext=25 W⋅m−2⋅K−1h_{ext} = 25\,\text{W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} et hint=10 W⋅m−2⋅K−1h_{int} = 10\,\text{W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}. Calculer la résistance globale et le flux thermique perdu.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

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  • Question 1 : Pensez à utiliser le premier principe de la thermodynamique ou un bilan d’énergie sur un volume V\mathcal{V} délimité par xx et x+dxx+\mathrm{d}x, de section SS. Reliez la densité de flux thermique au gradient de température via la loi de Fourier : φ⃗=−λgrad⁡⃗T\vec{\varphi} = -\lambda \vec{\operatorname{grad}} T.
  • Question 2 : Une simple double integration de l’équation différentielle par rapport à xx suffit. Les constantes d’intégration s’obtiennent à l’aide des conditions aux limites en température.
  • Questions 3 & 4 : Utilisez l’analogie entre la loi d’Ohm (U=R⋅IU = R \cdot I) et la loi thermique (T1−T2=Rth⋅PthT_1 - T_2 = R_{th} \cdot P_{th}). Les résistances thermiques en régime stationnaire s’additionnent lorsqu’elles sont traversées par le même flux thermique (montage en série).
  • Attention aux unités : Convertissez systématiquement en unités SI si nécessaire, mais ici les données sont cohérentes.

1. Établissement de l’équation locale de la chaleur

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Considérons une tranche de milieu homogène comprise entre xx et x+dxx + \mathrm{d}x, de section SS. Le volume élémentaire est dV=S dx\mathrm{d}\mathcal{V} = S\,\mathrm{d}x. En régime stationnaire, l’énergie interne du système se conserve, le bilan thermique sur ce volume s’écrit : Φentrant−Φsortant+Pgeˊneˊreˊe=0\Phi_{\text{entrant}} - \Phi_{\text{sortant}} + \mathcal{P}_{\text{générée}} = 0

  • Le flux thermique entrant en xx est Φ(x)=φ⃗(x)⋅(−u⃗x)S=−φx(x)S\Phi(x) = \vec{\varphi}(x) \cdot (-\vec{u}_x) S = -\varphi_x(x) S.
  • Le flux thermique sortant en x+dxx + \mathrm{d}x est Φ(x+dx)=φx(x+dx)S\Phi(x+\mathrm{d}x) = \varphi_x(x+\mathrm{d}x) S.
  • La puissance thermique générée est Pgeˊneˊreˊe=pthS dx\mathcal{P}_{\text{générée}} = p_{th} S\,\mathrm{d}x.

Le bilan s’écrit donc : φx(x)S−φx(x+dx)S+pthS dx=0  ⟹  −∂φx∂x+pth=0\varphi_x(x)S - \varphi_x(x+\mathrm{d}x)S + p_{th}S\,\mathrm{d}x = 0 \implies -\frac{\partial \varphi_x}{\partial x} + p_{th} = 0 En injectant la loi de Fourier (φx=−λ∂T∂x\varphi_x = -\lambda \frac{\partial T}{\partial x}), on obtient l’équation de la chaleur en régime stationnaire : d2Tdx2+pthλ=0\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 T}{\mathrm{d}x^2} + \frac{p_{th}}{\lambda} = 0}

2. Résolution dans une couche sans source (pth=0p_{th} = 0)

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L’équation devient d2Tdx2=0\frac{\mathrm{d}^2 T}{\mathrm{d}x^2} = 0. Par double intégration : T(x)=Ax+BT(x) = A x + B où AA et BB sont des constantes déterminées par les conditions aux limites (températures imposées aux bornes de la couche). Le profil de température est strictement affine (linéaire) dans une couche homogène sans source. Le vecteur densité de flux thermique est uniforme et vaut : φ⃗=−λdTdxu⃗x=−λAu⃗x=constante\vec{\varphi} = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} \vec{u}_x = -\lambda A \vec{u}_x = \text{constante}

3. Définition des résistances thermiques

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  • Résistance thermique par conduction pour une tranche d’épaisseur ee, de surface SS et de conductivité λ\lambda : Le flux thermique à travers la couche est Pth=φS=λSe(T1−T2)P_{th} = \varphi S = \frac{\lambda S}{e} (T_1 - T_2). Par analogie avec la loi d’Ohm (U=RthIU = R_{th} I avec U=T1−T2U = T_1 - T_2 et I=PthI = P_{th}) : Rcond=eλS\boxed{R_{\text{cond}} = \frac{e}{\lambda S}}

  • Résistance thermique par convection à l’interface avec un fluide de coefficient d’échange hh : Le flux de chaleur échangé est Pth=hS(Tparoi−Tfluide)P_{th} = h S (T_{\text{paroi}} - T_{\text{fluide}}). Par analogie : Rconv=1hS\boxed{R_{\text{conv}} = \frac{1}{h S}}

4. Résistance globale et flux thermique total

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Le mur est constitué de 5 éléments en série (convection ext, béton, isolant, plâtre, convection int). Les résistances s’ajoutent : Rtot=Rconv, ext+R1+R2+R3+Rconv, intR_{tot} = R_{\text{conv, ext}} + R_{1} + R_{2} + R_{3} + R_{\text{conv, int}} Soit : Rtot=1hextS+e1λ1S+e2λ2S+e3λ3S+1hintS\boxed{R_{tot} = \frac{1}{h_{ext}S} + \frac{e_1}{\lambda_1 S} + \frac{e_2}{\lambda_2 S} + \frac{e_3}{\lambda_3 S} + \frac{1}{h_{int}S}}

Le flux thermique traversant l’ensemble du système entre l’air extérieur et l’air intérieur est : Pth=Tint−TextRtot\boxed{P_{th} = \frac{T_{int} - T_{ext}}{R_{tot}}}

Calculons d’abord les différentes résistances thermiques (en K⋅W−1\text{K}\cdot\text{W}^{-1}) :

  • Rconv, ext=125×20=1500=2,00×10−3 K⋅W−1R_{\text{conv, ext}} = \frac{1}{25 \times 20} = \frac{1}{500} = 2{,}00 \times 10^{-3}\,\text{K}\cdot\text{W}^{-1}
  • R1 (beˊton)=0,201,5×20=0,2030≈6,67×10−3 K⋅W−1R_1 \text{ (béton)} = \frac{0{,}20}{1{,}5 \times 20} = \frac{0{,}20}{30} \approx 6{,}67 \times 10^{-3}\,\text{K}\cdot\text{W}^{-1}
  • R2 (isolant)=0,100,040×20=0,100,8=125×10−3=0,125 K⋅W−1R_2 \text{ (isolant)} = \frac{0{,}10}{0{,}040 \times 20} = \frac{0{,}10}{0{,}8} = 125 \times 10^{-3} = 0{,}125\,\text{K}\cdot\text{W}^{-1}
  • R3 (plaˆtre)=0,020,35×20=0,027≈2,86×10−3 K⋅W−1R_3 \text{ (plâtre)} = \frac{0{,}02}{0{,}35 \times 20} = \frac{0{,}02}{7} \approx 2{,}86 \times 10^{-3}\,\text{K}\cdot\text{W}^{-1}
  • Rconv, int=110×20=1200=5,00×10−3 K⋅W−1R_{\text{conv, int}} = \frac{1}{10 \times 20} = \frac{1}{200} = 5{,}00 \times 10^{-3}\,\text{K}\cdot\text{W}^{-1}

(Remarque d’examinateur : On observe immédiatement que la résistance de l’isolant R2R_2 est écrasante devant les autres, ce qui valide physiquement son rôle).

Somme des résistances : Rtot=(0,002+0,00667+0,125+0,00286+0,005) K⋅W−1≈0,1415 K⋅W−1R_{tot} = (0{,}002 + 0{,}00667 + 0{,}125 + 0{,}00286 + 0{,}005)\,\text{K}\cdot\text{W}^{-1} \approx 0{,}1415\,\text{K}\cdot\text{W}^{-1}

Calcul du flux thermique total PthP_{th} : Pth=20−(−10)0,1415=300,1415≈212 WP_{th} = \frac{20 - (-10)}{0{,}1415} = \frac{30}{0{,}1415} \approx 212\,\text{W}

Le flux thermique total perdu à travers ce mur est de l’ordre de 212 W212\,\text{W}.